Partie 3 : Et elle tomba.
ND'A : Smut et probablement « chute » de Wendy aussi dans ce chapitre (c'est là que le tag dark!Wendy va vraiment prendre tout son sens), moments malsains, mind control, non-con, tout ça, tout ça... Ça devrait être l'avant-dernière partie de ce (long) One Shot.
Bonne lecture.
Elle savait parfaitement ce qu'il voulait.
Un frisson mêlé de dégoût la traversa, alors qu'elle voyait devant elle la baignoire, qui semblait presque la considérer avec une ironie moqueuse – si tant est que les objets puissent être conscients d'une quelconque manière – et elle avait l'impression que tout dans cette pièce se moquait à présent ouvertement d'elle.
Peter Pan le premier.
Dégageant sa main de la sienne le plus vite possible, elle se dirigea malhabilement en direction de la baignoire, ne sachant pas encore comment les choses allaient tourner, même si elle en avait déjà une petite idée.
Elle déglutit avec difficulté, comprenant qu'elle ne pourrait pas y échapper.
Wendy se retourna vers celui qu'elle appelait son ami autrefois, et qu'elle aimait, de tout son cœur, malgré ce qu'elle avait dit plus tôt, qu'elle avait aimé, avant que Pan ne se décide à tout détruire sur son passage.
Elle sentit des larmes sur le point de couler le long de ses yeux, et elle ne les essuya même pas alors que celles-ci tombaient tout doucement.
C'était la perte complète de son innocence qu'elle pleurait, la perte de son enfance, même si celle-ci avait déjà été en grande partie réduite en cendres deux ans plus tôt, quand Pan et son ombre avaient emporté Baelfire loin d'elle.
Elle se moquait de pleurer devant lui, elle se moquait de tout désormais, et alors qu'elle tentait d'empêcher son corps de trembler (de peur, de colère, d'horreur), enfonçant ses ongles dans ses mains pour se faire, se moquant également de la douleur, elle lui lança un regard meurtrier.
Et, alors que ses repères moraux s'effondraient tous les uns après les autres, elle se jura que un jour, si elle en avait l'occasion, elle tuerait Peter Pan par elle-même, de ses propres mains.
Inconscient de cette fureur qui l'animait, le jeune homme se mit à sourire.
« Hé bien ? Lui demanda-t-il. Qu'est-ce que tu attends ? Continua-t-il, la regardant avec intérêt. »
Pour écarter le brouillard qui lui bouchait les yeux, elle passa ses doigts sur ses yeux, essuyant du mieux possible les larmes qui désormais ne coulaient déjà plus.
Les yeux rougis, elle regarda à nouveau Pan.
« Quoi ? Lança-t-elle, tentant d'être la moins agressive possible.
Cela ne servirait à rien de le mettre en colère maintenant.
Ça ne rendrait que tout cela bien pire encore.
- Aurais-tu oublié pourquoi nous sommes là ?
Parce que tu es un foutu pervers doublé d'un salop... pensa-t-elle avec hargne.
Il voyait la rage en train de la consumer, et il se mit à sourire, à nouveau.
Oh, comme il serait bon de la détruire, un jour.
Et il allait commencer dès à présent.
Ce que Wendy ne savait pas, c'est que Peter Pan n'avait pas toujours été un enfant immortel et éternellement jeune. Elle ne savait pas qu'il avait été enfant, puis adulte, puis de nouveau enfant (ce qui n'est pas habituel, puisque normalement, c'est dans l'autre sens que cela se passe), elle ne savait pas que la situation était en fait encore plus malsaine qu'elle ne le pensait déjà.
Peter Pan n'était pas juste un jeune homme obsédé par elle, il était aussi Malcolm, sans plus vraiment l'être, mais toujours obsédé par la jeunesse éternelle, et par l'enfance, et surtout par le côté insouciant de celle-ci.
Ce qui ne l'empêcherait pas de tout faire pour qu'elle perde son âme d'enfant, bien sûr...
- Pas du tout !
- Alors dans ce cas...
- Pourrais-tu me laisser un peu de temps ? Histoire de... me préparer ?
- Te préparer à quoi ? Tout ce que tu as à faire, c'est enlever tes vêtements, et te glisser dans ce bain ! Dépêche-toi d'ailleurs, l'eau va bientôt se refroidir.
- Ça ne devrait pas être un souci pour toi, avec ta si puissante magie, tu devrais pouvoir réussir à la réchauffer, le railla-t-elle, ignorant le double-sens flagrant que sa phrase pouvait posséder si on y réfléchissait un peu (ou si l'on faisait juste preuve d'une perversité avancée...).
Son sourire à lui devint soudainement glacial et ironique.
- Wendy, ma chère Wendy... Tu sais que tu devrais te méfier, à force. Ma patience a des limites, et il serait bon qu'elle ne se retourne pas contre toi... Ou contre ce cher Baelfire, dit-il, en lui lançant sa menace au visage avec l'air le plus nonchalant du monde. »
La jeune fille se figea, à la fois effrayée et rassurée, parce que, si la perspective que ce monstre fasse du mal à Baelfire ne la réjouissait en aucun cas, le fait de savoir qu'au moins il était en vie lui redonnait imperceptiblement de la force pour se battre.
Elle hocha la tête, obéissante.
« Bien, maintenant que nous sommes d'accord...
La jeune fille se mordit la langue de colère, tachant de ne pas faire encore plus de vagues, mais n'en pensant pas moins.
Oh, comme elle le haïssait.
Se débarrassant rapidement des vêtements qu'elle portait, elle se glissa ensuite dans le bain préparé pour elle par Peter, ne pouvant s'empêcher de pousser un soupir de satisfaction alors que son corps sale et depuis trop longtemps délaissé entrait en contact avec l'eau brûlante qui l'accueillait enfin.
Cela faisait tellement longtemps que son corps n'avait pas connu autre chose que la souffrance et les privations, elle pouvait se permettre de souffler un peu !
Perdue dans ses pensées, elle parvint presque à complètement oublier la présence de Peter Pan, qui finit par se rappeler à son bon souvenir.
Rassemblant ses dernières forces, la jeune fille épuisée aussi bien physiquement que moralement se saisit alors du bras de celui qui prétendait l'aimer.
Surpris, il fronça les sourcils.
« Qu'est-ce que...
- Avons-nous un accord Peter ? Fit-elle, ne le laissant même pas finir. Une fois que... que ce... que ça sera fini, complètement terminé, une fois que tu m'auras donné les informations que je te demande, tu m'emmèneras voir Baelfire. C'est clair ? S'exclama-t-elle, faisant tout pour que sa voix ne tremble pas. »
Il se mit à sourire.
Elle n'avait toujours pas changé, malgré tout ce qu'il lui avait fait subir.
Elle était toujours elle-même, encore si forte, si courageuse, si vaillante.
Merveilleuse.
« Soit... Ça me paraît tout à fait raisonnable. Mais surtout, Wendy, n'oublie pas que, si tu me désobéis ou me résistes, quelque chose de terrible arrivera à Baelfire. Ou, à tes petits frères... »
Je te hais, je te hais, je te hais.
« Très bien, murmura-t-elle en serrant les dents. »
Quand il posa ses lèvres sur les siennes quelques secondes plus tard, elle fut frappée par cette certitude : celle qu'il était certain d'être réellement amoureux d'elle, et réaliser cela aurait pu la faire pleurer si elle avait été seule.
Ce n'est pas de l'amour Peter.
Ce n'en sera jamais.
C'est juste de l'obsession.
§§§§
Elle avait envie de sombrer.
Elle était là, dans cet enfer qu'elle ne pouvait pas quitter, loin de tout ceux qu'elle aimait, et elle avait envie de mourir.
Ça aurait été si facile, réalisa-t-elle soudainement quelques secondes plus tard.
Plus simple d'abandonner, de se laisser tomber pour de bon, d'arrêter de se battre, et de se laisser couler au fond de la baignoire, pour fuir ce baiser forcé que Pan était en train de lui imposer à l'instant même.
Ça lui aurait donné l'impression d'avoir enfin de nouveau le contrôle sur sa vie pour la première fois depuis des mois.
Mais honnêtement, qu'est-ce que ça aurait changé au juste ?
Peter Pan l'aurait rattrapée bien avant qu'elle ne puisse réellement mettre son plan à exécution, il l'aurait remontée aussi sec, et tout ça aurait été fait pour rien.
Et cela n'aurait fait qu'empirer sa situation, déjà suffisamment précaire comme ça.
Pourtant, ce ne fut pas cela qui la poussa à ne pas renoncer.
Pense à Baelfire.
Pense à Jean, à Michel, à papa et maman.
Tu n'es pas seule, ne l'oublie pas, c'est ce que Pan veut que tu penses, mais il a tort.
Il te ment.
Je sais.
Wendy ne sortit de son état de quasi-transe que quelques secondes plus tard, quand Peter se décida enfin à rompre le baiser qu'il l'avait forcée à partager avec lui, et, reprenant son souffle avec difficulté, elle fit tout ce qu'elle pouvait pour ne pas se mettre à vomir.
Puis, comme si rien d'affreux ne venait de se passer, Pan lui adressa un grand sourire.
« Bien... Et si nous commencions pour de bon ? »
Ah oui, c'est vrai, je suis censée me laver, en fait.
« Ah, oui, j'oubliais... ajouta-t-il, en claquant soudainement des doigts, utilisant sa magie et l'épilant complètement par la même occasion. »
Wendy haussa un sourcil circonspect.
« C'était vraiment nécessaire ça ?
Il haussa les épaules.
- J'ai bien dit que j'allais prendre soin de toi, non ? Ça aussi, ça en fait partie. »
Elle frissonna une nouvelle fois.
Oh, dieux, pensait-il réellement que ça allait suffire à la faire s'attacher à lui ?
Si c'est vraiment ce que tu veux faire, laisse-moi partir, bordel !
Sans prévenir son bourreau, elle plongea sous l'eau pendant quelques secondes, afin d'échapper, sans doute illusoirement, à ce véritable cauchemar qu'était devenue sa vie.
Quand il se saisit de son bras, Wendy faillit tenter de se dégager, avant de se rappeler qu'elle n'avait pas le droit de s'échapper.
Et la menace de Peter Pan résonna alors une nouvelle fois à ses oreilles, la faisant se figer sur place.
Si tu me désobéis ou me résistes, quelque chose de terrible arrivera à Baelfire. Ou, à tes petits frères...
Alors elle se contenta de serrer les dents, prête à endurer ce qui allait suivre.
« Ne te crispes donc pas à ce point Wendy ! Ce n'est qu'un bain, rien de plus, pas la peine d'avoir peur à ce point ! »
Elle décida de l'écouter, malgré son désir de violemment lui dire d'aller se faire voir, avec poing dans la gueule en prime.
La jeune fille retint avec difficulté un soupir de soulagement en le voyant s'attaquer à ses cheveux, et non pas à une autre partie plus intime de son corps.
Il n'empêche qu'elle avait toujours aussi peur.
Ayant la certitude qu'il profiterait de cette occasion rêvée pour lui faire mal, en lui tirant les cheveux par exemple, ou en faisant tout autre chose, Wendy ne put s'empêcher de se sentir surprise en constatant que Pan se contenta de... de lui laver les cheveux, tout simplement.
Ceux-ci en avaient par ailleurs bien besoin, soit dit en passant, après environ plus de six mois (au moins) à ne pas être soignés, lavés, ou bien traités, et qui devaient réellement avoir une sale tête.
Elle grimaça un peu de douleur pendant le processus, pendant lequel Peter s'aida de sa magie en plus du savon, pour rendre à ses cheveux leur apparence d'autrefois, mais au bout du compte, ce traitement lui fit plus de bien que de mal.
Même si cela ne lui fit en aucun cas oublier que c'était Pan lui-même qui était responsable de tout ce beau bordel.
En parlant de lui, celui-ci, voulant sans doute honorer sa part du marché, en voyant que sa captive s'était décidée à ne pas se débattre, comme convenu, commença alors à parler.
« Bien... Puisque que ton but actuel est de comprendre pourquoi je fais tout ce que je fais en ce moment, t'enlever, enlever Baelfire et le garder ici, enlever tout ces enfants... Je vais te le dire, et surtout, je vais te raconter toute mon histoire.
Wendy hocha distraitement la tête, semblant presque sur le point de perdre conscience, tant les mains de Peter sur ses cheveux, qui lui caressaient la tête avec une certaine douceur, formaient un véritable contraste en comparaison avec tout ce qu'elle avait souffert avant.
Pour elle, ne plus souffrir pendant une certaine période de temps était plus l'exception que la norme, au point qu'elle aurait presque pu finir par oublier que tout cela n'avait été mis en place que pour la briser.
Une part d'elle-même avait envie de s'abandonner, de ne plus résister, mais le regard de Baelfire qu'elle pouvait presque voir dans son esprit la dissuadait de le faire.
- Très bien, fit-elle. Vas-y, je t'écoute.
- Je ne me suis pas toujours appelé Peter Pan. Autrefois, je m'appelais Malcolm, et j'étais un humain comme les autres. Un homme médiocre, reconnut-il, mortel, qui a dû grandir malgré lui et devenir adulte, époux, et père.
Wendy sursauta, manquant presque de jaillir hors de la baignoire, et elle se tourna vers lui avec un regard surpris.
- Que... Tu as été adulte un jour ? Mais, comment... comment est-ce possible ?
Il lui offrit un sourire amusé.
- La magie, bien sûr.
- Et... tu as eu un enfant ? Une famille ?
- Pendant un temps, oui. Et puis, un jour, peu de temps après la naissance de mon fils, ma femme est morte. Son visage se ferma instantanément. Et j'ai échoué à élever mon fils, j'ai échoué à assumer mes responsabilités.
Aujourd'hui plus que jamais, Wendy comprit alors que les monstres ne venaient pas de nulle part, et, à sa plus grande surprise, elle ressentit une certaine compassion à son égard.
Ça n'excusait rien, c'est vrai, mais ça expliquait beaucoup de choses.
- Je suis désolée...
Il eut un léger sourire, avant de poser sa main sur sa joue, et elle ne put s'empêcher de frissonner, n'ayant toujours pas occulté de sa mémoire le fait qu'il l'avait enfermée et torturée.
Puis, il haussa les épaules.
- Je m'en suis remis, avec le temps.
- Et après, ton fils... qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?
- Je l'ai abandonné et je l'ai échangé contre l'immortalité et la jeunesse éternelle, s'exclama-t-il avec cynisme.
Wendy se dégagea immédiatement de tout contact avec son bourreau, sentant toute sa compassion envers lui s'envoler en un instant.
Elle blêmit.
- Alors c'est comme ça... que tu es devenu Peter Pan ? En abandonnant ton fils ?
Le sourire de l'immortel se fit sardonique cette fois-ci.
- En effet. »
Il lui vola un nouveau baiser forcé, et une profonde nausée s'empara alors d'elle, tandis qu'elle comprenait quel genre de monstre se trouvait en face d'elle.
« Et après ? Demanda-t-elle ensuite, tandis que Peter s'attaquait à ses bras et au reste de son corps, qu'il commença à laver avec une douceur presque obscène.
- Oh, c'est très simple, j'ai commencé à enlever et recruter divers jeunes garçons à travers différents mondes, les emmenant jusqu'ici par le biais de mon ombre.
- Pour quoi faire ? »
C'est presque fini, se força-t-elle à croire, c'est presque terminé.
« Mon immortalité n'est pas immuable, lâcha-t-il alors avec nonchalance. D'ici quelques siècles, elle sera terminée, et je mourrai, enfin, seulement si j'accepte mon destin sans rien faire.
Wendy ressentit alors un terrible espoir l'envahir.
- Est-ce qu'il y a un moyen de te sauver ?
Y-a-t-il un moyen de te tuer ?
- Oui, il y en a un. Je suis à la recherche d'un garçon particulier, qui possède le cœur du plus pur des croyants. Grâce à lui, je pourrai rester jeune pour toujours.
La jeune fille comprit immédiatement que de terribles conséquences se produiraient si jamais il réussissait à trouver cet enfant.
- Quand tu le trouveras, qu'est-ce que tu lui feras ?
Lorsqu'elle vit quel sourire ornait désormais son visage, elle sentit une peur terrible se saisir d'elle.
- Je le tuerai ! Je lui arracherai le cœur, et je le placerai dans ma propre poitrine. Et toi, Wendy, tu m'aideras dans cette quête, fit-il avec la certitude que seuls les fous bloqués sur une idée fixe peuvent avoir.
Elle se força à sourire.
- Jamais !
- Nous verrons bien, princesse. »
Quand il l'embrassa pour la troisième fois de la journée, elle dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas lui mordre la langue.
§§§§
Sentant les mains de Peter Pan se balader librement sur son corps, Wendy comprit que c'était là que l'horreur allait véritablement commencer.
Non pas qu'il exprime une quelconque violence à son égard (il savait parfaitement qu'il n'en avait pas besoin pour avoir ce qu'il voulait), en fait, c'était même tout le contraire.
Il était en train de s'approprier son corps, ou tout du moins d'essayer, avec ses foutues mains, et tout ça, ses caresses, cette douceur obscène, cette tendresse qui n'avait aucun sens, son sourire, cette folie dans son regard, ça lui donnait juste envie de vomir.
L'eau lui semblait comme être soudainement devenue gelée, maintenant qu'elle sentait l'emprise de son bourreau sur elle s'intensifier.
Elle voulait partir, courir, s'enfuir, échapper à ce qui allait lui arriver.
Mais elle ne pouvait pas.
La menace de Pan résonna une nouvelle fois dans son esprit, et elle prit une profonde inspiration.
Elle s'en faisait la promesse, Pan ne la détruirait pas.
« Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je veux, pas vrai ?
Il se mit à sourire, sans arrêter de la toucher, à son grand désarroi.
- Maintenant oui, mais un jour ce sera le cas. »
Elle leva les yeux au ciel, avant de pousser un cri de surprise en le sentant se rapprocher d'elle, sa bouche commençant à parsemer son cou de baisers, et la sensation en elle-même n'était pas vraiment désagréable, et c'était justement ça le pire.
Son corps avait souffert pendant des mois des mains de cet enfoiré, et tout ce qu'il voulait, le sale traître, c'était ne plus ressentir aucune douleur, de ce fait, tout ce qui s'éloignait de la souffrance était plus que bienvenu.
Que pouvait-elle faire exactement, à part accepter toutes ces sensations que Pan lui offrait ?
(Elle ne pouvait pas fuir, ou se débattre, ou elle souffrirait encore plus, autant l'éviter.)
Ce qui ne la faisait pas oublier, à nouveau, que c'était lui le responsable de sa détresse actuelle.
Alors qu'il continuait à l'embrasser, elle ne put nier qu'elle...
Oui, qu'elle se sentait bien.
À vrai dire, au vue de sa position, c'était assez surprenant, puisqu'elle était en ce moment-même allongée dans une baignoire remplie d'eau, sans oreiller ni rien, pas vraiment l'endroit le plus confortable au monde non plus.
Mais c'était sans compter sur la magie de Pan, qui lui permettait de se sentir comme... comme si elle était allongée sur un lit de nuages, si du moins c'était possible, et en tout cas, c'était vraiment merveilleux.
Enfin, merveilleux n'aurait pas dû être l'adjectif approprié, mais étonnamment, c'était le premier qui lui était venu à l'esprit.
Ce n'était pas normal.
La jeune fille rouvrit les yeux, qu'elle ne se souvenait même pas avoir fermés, à vrai dire, et elle posa un regard critique sur le jeune homme allongé au-dessus d'elle (et qui flottait « dans l'air », un peu comme elle, mais ce n'était pas ça le plus étonnant), fronçant les sourcils.
« Peter... Dis-moi que tu n'es pas en train d'utiliser ta magie sur moi pour me plier à tes désirs. »
Qu'il le fasse sur elle ne la surprenait même pas à vrai dire.
Elle le connaissait trop bien pour ignorer le fait qu'il était près à tout pour arriver à ses fins, et ça ne la terrifiait même plus, ça l'écœurait seulement.
Si elle avait été plus détachée de tout ça, elle aurait presque pu se sentir soulagée de le voir prendre le contrôle, peut-être l'aurait-elle fait si elle avait été plus désespérée, et véritablement brisée, ça aurait signifié ne plus souffrir, ne plus être malheureuse, ne même plus avoir conscience de la situation terrible dans laquelle elle se trouvait.
Mais ça aurait aussi voulu dire la perte de son identité, de sa volonté, de son libre-arbitre, cette chose à la fois fondamentale et si importante, cela signerait la fin définitive de sa liberté, cela ferait d'elle une autre personne, elle ne serait plus Wendy Darling, elle ne serait plus que la poupée de Peter Pan.
Et elle s'y refusait.
Il se mit à sourire.
« Voyons Wendy... Tu sais tout comme moi qu'ici, nous jouons selon mes règles.
Jouer.
Tout ne se réduisait donc qu'à ça pour lui ?
Pourquoi cela l'étonnait-il encore ?
- Ce n'est pas un jeu Peter... Ça n'en a jamais été un d'ailleurs. »
Elle n'abandonnerait pas, se promit-elle.
Quoi qu'il fasse, jamais elle ne se laisserait sombrer, elle ferait tout pour rester elle-même.
Elle serait toujours là, malgré la magie, malgré ce que Pan lui faisait subir.
Et pourtant... une part d'elle-même avait envie de le faire, juste pendant un temps.
Elle était tellement fatiguée.
Alors, peut-être que... qu'elle pouvait se laisser aller, pendant quelques heures ?
Et accepter ce que Peter lui donnait, aussi malsain cela soit-il.
Tout ce qu'elle voulait, c'était ne plus souffrir.
Elle céda.
§§§§
Peter Pan jubilait.
La magie était réellement une chose merveilleuse, quand elle était bien utilisée.
Wendy, les yeux toujours grands ouverts, semblait désormais beaucoup plus apaisée qu'elle ne l'était quelques secondes plus tôt, et Peter sentit son sourire s'agrandir face à ce constat.
Il se pencha sur elle, et l'embrassa délicatement.
Quand elle répondit au baiser, il sut alors qu'il avait gagné, momentanément du moins.
Il plaça alors sa main entre ses cuisses, commençant à doucement la caresser, la touchant là où jamais personne auparavant ne l'avait touchée, pas même elle-même.
En la voyant commencer à se tordre de plaisir, presque malgré elle, il en ricana presque.
Elle était presque touchante en un sens, perdue dans le plaisir, sans même plus s'en rendre compte.
Encore que, ça n'allait pas durer très longtemps.
Malheureusement pour lui.
Le sortilège cesserait d'ici peu, et d'un instant à l'autre, elle retrouverait ses esprits.
Dommage.
Après quelques minutes de cette délicieuse torture, elle se mit à crier de plaisir cette fois, et son sourire se transforma en rictus.
Une bonne chose de faite...
Quelques secondes plus tard, elle cligna des yeux, sortant de cette douce torpeur dans laquelle l'avait plongée l'orgasme fulgurant qui venait à peine de la traverser.
Son expression changea instantanément.
Se chargeant désormais d'horreur pure.
Lui, toujours le sourire aux lèvres, se lécha les doigts, l'air satisfait.
La jeune fille se redressa, et, sans mot dire, lui flanqua une gifle magistrale, qu'il reçut sans broncher.
« Espèce de salopard ! Hurla-t-elle, horrifiée. Comment as-tu osé...
Sans la laisser continuer, il claqua des doigts une nouvelle fois, faisant disparaître l'eau, la baignoire, utilisant sa magie pour la sécher et l'habiller, la laissant complètement muette.
- Je peux savoir ce que tu fais ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Je t'ai fait une promesse, non ?
- Je ne comprends pas...
- Hé bien, je t'avais promis de te laisser voir Baelfire ! Il est temps, tu ne crois pas ? Le pauvre, il doit se sentir bien seul là où il est.
Wendy le regarda d'un air soupçonneux.
- Tu as également mentionné le fait qu'il n'avait pas le droit de me voir.
- Certes oui, et ça n'a pas changé. »
Elle avait envie de vomir.
« Tu penses réellement que je vais oublier ce que tu m'as fait juste parce que tu comptes tenir une promesse ?
Il haussa les épaules.
- Peu importe... Allons-y. »
Pour la première fois depuis son arrivée, Wendy se trouva être d'accord avec lui.
§§§§§
Il l'avait rendue invisible, en fait, même si elle avait hurlé son nom en étant juste à côté de lui, Baelfire n'aurait même pas pu l'entendre.
Et ça lui brisait le cœur, parce que Baelfire était persuadé d'être seul, sur cette foutue île, dans cette foutue cave, sans alliés, sans amis, et qu'elle était là, juste à côté de lui, et qu'elle ne pouvait rien faire.
Et le sourire sadique de Peter Pan n'aidait pas à atténuer son désespoir.
Ils étaient seuls et misérables, et tout cela lui faisait tellement mal qu'elle ne resta sur place que quelques minutes.
« J'aurais un marché à te proposer...
- Quel genre ? Lui demanda-t-elle sans aucune amabilité.
- Rejoins les Lost Boys... En échange, tu seras bien traitée, et Baelfire aussi. Et, qui sait, peut-être qu'un jour, tu considéreras cet endroit comme ta maison.
- Même pas en rêve, susurra-t-elle, les dents serrées. »
§§§§
Les années passèrent.
Et si, à Neverland, le passage du temps ne se faisait pas sentir, il n'en était pas de même dans le monde sans magie.
À Londres, Jean et Michel avaient bien grandi, avaient perdu leurs parents quelques années plus tôt, et ils étaient désormais deux jeunes adultes âgés de vingt-quatre et vingt-deux ans.
Quatorze années avaient passé depuis la disparition de Wendy, et à force, ils avaient fini par complètement oublier que toute cette histoire avec l'ombre de Peter Pan avait jamais été réelle.
Ainsi, le jour où l'ombre revint les voir et où ils rencontrèrent pour la première fois Peter Pan en chair et en os, tout leur revint en mémoire.
Devant eux se trouvait le monstre qui avait enlevé Baelfire, et qui était le responsable de la disparition de leur sœur.
« Jean, Michel, les salua-t-il en souriant. Je suis ravi d'enfin vous rencontrer.
- Qu'est-ce que tu leur as fait ? L'interrogea Jean, blême. À Baelfire et à Wendy ?
- Oh, ne t'en fais pas, ils vont bien. À ce propos, j'aurais un marché à vous proposer, à vous aussi... Dites-moi les garçons, connaissez-vous une ville nommée Storybrooke ? »
Et c'est alors que commença la longue servitude des deux frères Darling.
§§§§
D'autres années passèrent, aussi douloureuses que les précédentes pour tout le monde.
Jean et Michel servaient les desseins mystérieux de Pan en attendant que Storybrooke n'apparaisse, et que la malédiction ne soit brisée, Baelfire était toujours aussi seul, quant à Wendy...
Wendy était aussi misérable qu'auparavant, peut-être même plus encore.
Elle s'était faite une raison.
Plus jamais elle ne repartirait d'ici.
Ça n'en rendait pas cette vérité moins douloureuse.
Cela faisait quoi... une bonne centaine d'années qu'elle était coincée ici ?
Ses parents et ses frères étaient très certainement morts depuis bien longtemps, et pourtant, elle n'était toujours pas devenue une Lost Girl.
Dans son cœur, elle restait une Darling, et elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour se rappeler de la voix de son père, du visage de sa mère, et du rire de ses petits frères.
Elle refusait d'abandonner.
Depuis la scène du bain, Peter Pan ne l'avait plus touchée, à son grand soulagement.
Il avait semble-t-il fini par comprendre qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec lui.
Ensuite, puisqu'elle n'avait pas d'autre choix que de rester ici, autant qu'elle se serve des armes de son bourreau, non ?
« Puis-je savoir ce que tu fais ici, petite ? Lui demanda l'ombre, et elle frissonna de peur.
- Je souhaiterais... je voudrais apprendre la magie, reprit-elle avec plus d'assurance.
- Et... pourquoi donc ? Reprit l'entité avec sa voix gutturale.
Pour pouvoir tuer Peter Pan un jour et fuir avec Baelfire.
Elle soutint le regard de l'ombre.
- Ce ne sont pas vos affaires. »
Un semblant de sourire se dessina alors sur le... visage de la créature.
« Très bien ! Je t'apprendrai tout ce que tu as besoin de savoir sur la magie... Mais je dois t'avertir... Sois prudente avec cela, tu pourrais très facilement sombrer dans les ténèbres, si tu n'y fais pas attention.
- Pas de danger, répliqua-t-elle. Je sais prendre soin de moi-même. Et je sais parfaitement pour quoi je me bats.
- Hé bien, nous verrons cela... »
§§§§
Maintenant qu'elle apprenait la magie, Wendy ne comprenait plus pourquoi Baelfire éprouvait tant de haine et de crainte à son égard.
Ce sentiment de pouvoir, cette sensation de puissance qu'elle éprouvait à chaque fois qu'elle utilisait ses nouveaux pouvoirs, tout cela était terriblement... grisant.
Elle avait le sentiment de reprendre enfin le contrôle de sa vie, après toutes les horreurs que Peter Pan lui avait faites subir.
Ce qu'elle ne comprenait pas encore, c'est qu'elle était en train de sombrer, dangereusement.
Ce qu'elle ignorait également, c'est que c'était exactement ce que Peter avait prévu.
Plus le temps passait, plus Wendy perdait pied sans même le réaliser.
Ce qui comptait le plus pour elle désormais, c'était de devenir de plus en plus puissante, sa vengeance contre Pan devenant à ses yeux de plus en plus dérisoire.
Pourtant, malgré cela, une colère brûlante l'animait parfois encore contre lui.
La nuit, il lui arrivait par moments de se toucher, de la même manière que lui l'avait touchée autrefois, des décennies plus tôt, en s'entourant d'une bulle d'invisibilité, afin de lui montrer, en un sens, que ça au moins, il ne le lui avait pas pris.
Qu'il lui restait au moins une once de liberté dans ce monde maudit.
Cependant, alors qu'elle commença à penser à Peter Pan en faisant cela, elle aurait peut-être dû commencer à se dire que quelque chose clochait.
Pourtant, il n'en fut rien.
Ce qui ne fut pas non plus aidé par les propres manigances de Peter, et par certains événements qui s'enchaînèrent les uns après les autres.
Notamment le départ de Baelfire, qui parvint enfin à s'évader de Neverland.
Peter en profita pour recommencer à utiliser sa magie sur la jeune fille qui, se sachant désormais encore plus seule qu'avant, se sentait encore plus mal, et brisée comme elle l'était, elle était bien plus fragile psychologiquement qu'autrefois.
De ce fait, elle était plus vulnérable à ses manipulations, et en réalité, le fait d'avoir appris la magie ne l'aida en rien, au contraire.
Elle était bien plus réceptive à la magie noire, et Peter Pan étant bien plus puissant qu'elle, elle ne put aucunement résister face à ce qu'il lui fit : à savoir, modifier ses souvenirs pour lui faire croire que Baelfire l'avait abandonnée volontairement, tout comme ses frères et ses parents, et que seul lui, Peter Pan, avait jamais pris soin d'elle.
C'était un mensonge, bien évidemment, mais désormais, elle y croyait dur comme fer.
Après toutes ces années, voire ces siècles de tortures, de mauvais traitements, de manipulations et de chantage, il avait enfin réussi à la changer à son image.
En fin de compte, Peter Pan avait eu raison.
En un sens, elle était à lui maintenant...
A suivre...
