Partie 2 : Je ne suis personne.
- Défis de l'Enfer de Dante : Et si : Cent vingt deuxième Et si : Et si Baelfire avait également atterri à Storybrooke la première fois que le sort avait été jeté.
- Si tu l'oses : 36. Brousse australienne.
- Mot du jour :Mot du 11/07/2020 Retrouvailles.
- Qui est-ce : Écrire sur quelqu'un qui a une canne.
- Fusionner : Fusion de 4 défis.
ND'A : Oui j'ai donné à Milah, Clochette et Wendy les prénoms de leurs actrices parce que j'avais pas d'idées.
Rachel Jones n'était pas vraiment heureuse.
Oh, dans les faits, elle n'était pas réellement malheureuse non plus, mais rien dans sa vie ne l'exaltait particulièrement à dire vrai.
La jeune femme vivait depuis toujours à Storybrooke, depuis sa naissance même, pour ce qu'elle s'en souvenait, elle ne l'avait jamais quittée, et n'avait jamais eu les moyens de le faire de toute façon.
Les raisons ne manquaient pas en revanche.
Mais elle n'avait jamais eu la force ou le courage d'en partir, n'avait jamais osé ne serait-ce qu'essayer.
Elle avait beau posséder un bateau à elle et travailler au port de Storybrooke, et de plus, elle rêvait depuis son enfance de voguer sur les mers, elle n'avait cependant jamais pris le large.
Alors, même si elle aurait voulu qu'il en soit autrement (elle rêvait de se rendre dans la brousse australienne par exemple), elle vivait encore dans cette ville qu'elle n'aimait pas plus que cela, et où elle était toute seule.
Oui, voilà un autre aspect de sa vie qu'elle déplorait, sa solitude, elle n'avait personne, pas réellement d'ami(e)s en dehors de Ruby (qui était son ex, tout comme le docteur Whale l'était par exemple, donc ça ne comptait pas trop) et le fait qu'elle la voyait principalement sur son lieu de travail, lorsque Rachel traînait au Granny's pour boire plus que de raison, ou encore au Rabbit Hole, où elle faisait de même, n'arrangeait rien.
Des années plus tôt, elle avait perdu sa main gauche dans un accident sur son bateau, et portait désormais une prothèse à la place (il y avait par ailleurs un crochet posé quelque part sur une des commodes de son appartement, mais elle n'avait aucune idée de ce qu'il faisait là, pourtant, quand elle posait son regard sur l'objet, sans savoir pourquoi, elle sentait qu'il était important pour elle), et n'avait que peu de souvenirs de l'incident en question.
Elle se souvenait seulement de la douleur, et de ce fait, n'aimait pas trop y penser ou en parler.
En fait, de manière générale, elle n'aimait que peu évoquer son passé, ses parents morts quand elle était jeune, ses problèmes d'alcool ou sa solitude, son métier peu épanouissant, bref, elle n'aimait pas parler de sa vie tout court.
Elle n'aimait pas Storybrooke non plus, mais il lui arrivait certains jours de s'y balader, et un jour, sans savoir vraiment pourquoi, elle était entrée dans la boutique de Mr Gold.
L'homme l'avait saluée, elle en avait fait de même avec une politesse teintée d'une certaine crainte qu'elle ne s'expliquait toujours pas, malgré les années, et qui, de ce qu'elle savait, était partagée par la majorité des habitants de la ville.
Tout le monde craignait cet homme, probablement parce qu'il était riche, puissant, qu'il possédait toute la ville, et qu'il pouvait expulser n'importe lequel d'entre eux s'il le désirait…
Non, c'était définitif, Rachel Jones ne l'aimait pas, et elle n'avait aucune idée de si c'était réciproque ou non.
Elle s'en moquait.
Mais si il y avait bien une chose que l'on ne pouvait pas nier au sujet de l'homme, c'était que sa boutique regorgeait d'objets les plus incroyables les uns que les autres, et elle avait alors fureté, jusqu'à ce que son regard ne tombe sur une figurine posée sur le bureau de l'antiquaire.
Il lui semblait terriblement… familier, en quelque sorte, bien qu'elle soit sure et certaine de n'avoir jamais beaucoup mis les pieds dans cet endroit, et donc de ne jamais avoir vu l'objet avant.
Pourtant… elle l'avait déjà vu, quelque part, une chose en elle le lui hurlait, ce jouet qui aurait pu appartenir à son enfant, si jamais elle en avait eu un, ce qui n'était pas le cas, et, clignant des yeux quelques secondes plus tard, l'impression finit par disparaître.
(Elle ne savait pas alors, que l'objet avait appartenu à son fils, ni même qu'elle en avait eu un tout court, et qu'elle l'avait abandonné, et surtout qu'il était proche d'elle, si proche que ça lui en aurait donné le vertige si elle l'avait su.
Elle ne savait pas non plus que l'homme qui se trouvait devant elle était son ancien époux, qui la haïssait de toutes ses forces, ni même qu'elle en faisait de même.)
« Elle n'est pas à vendre, lui indiqua le prêteur sur gage en réalisant où son regard se portait, avec un sourire de requin qu'elle eut bien du mal à interpréter. »
Elle faillit lui répondre qu'elle s'en doutait déjà, puisque ce qu'elle regardait ne se trouvait pas sur une des vitrines devant elle, mais elle préféra se taire et hocher prudemment la tête, montrant qu'elle avait compris.
Elle se rabattit sur un autre objet, et sortit, tandis que l'étrange impression disparaissait de plus en plus, au point où elle l'aurait oubliée (oubliée une nouvelle fois peut-être, qui sait ?) le lendemain, ignorant le regard sombre et soupçonneux de Mr Gold.
Il ne savait pas encore pourquoi, mais il n'aimait pas cette femme, pas du tout même.
Une chance pour elle qu'il ait perdu la mémoire…
§§§§
Rose Faye était une femme qui se considérait comme étant plutôt heureuse.
Elle avait un travail correct et bien payé dans la principale agence immobilière de Storybrooke, était depuis peu la mère adoptive d'une jeune fille de treize ans nommée Freya Smith, et même si elle était célibataire (et qu'elle avait le béguin pour Ruby, elle se l'avouait bien volontiers, bien que n'ayant jamais fait quoi que ce soit à ce sujet), elle ne se sentait pas particulièrement seule ou triste.
Elle avait ses collègues, même si ils n'étaient pas réellement ses amis, et elle pouvait sans difficulté affirmer qu'elle était la seule amie de la mairesse Regina Mills, qui n'était pas réellement connue pour en avoir beaucoup.
Elle n'était pas réellement amie avec Ruby, mais il lui arrivait de discuter avec elle lorsqu'elle passait au Granny's, et la serveuse semblait bien l'aimer, et en dehors d'une animosité pour la Mère Supérieure (qu'elle ne voyait par chance pas souvent) qu'elle ne s'expliquait toujours pas, un mélange de malaise, de colère et de rage dont elle ne pouvait déterminer la provenance, il n'y avait personne en ville avec qui elle avait du mal.
À part peut-être Mr Gold, mais c'était un sentiment général et plutôt justifié, vu l'attitude de l'homme avec ses clients ou ses locataires.
Alors oui, la jeune femme se pensait plutôt chanceuse.
§§§§
Freya Smith était une enfant tout ce qu'il y avait de plus normale.
Contrairement à Henry Mills, qui avait été adopté par Regina lorsqu'il était encore bébé, et qui n'avait donc appris son adoption que peu de temps auparavant, juste après ses dix ans, l'adolescente, quant à elle, avait été adoptée quand elle avait dix ans (même si Henry répétait à qui voulait l'entendre qu'elle avait toujours été là, que c'était à cause de la malédiction si elle ne s'en souvenait pas) et savait donc bel et bien que Rose n'était pas sa vraie mère.
Ses parents, tout comme ses petits frères, étaient morts dans un accident de voiture trois ans plus tôt, et, si elle n'appelait pas encore Rose « maman », elle la considérait comme son unique famille désormais.
Enfin…
Il y avait bien quelqu'un d'autre, un jeune garçon de quatorze ans nommé Neal Cassidy, garçon des rues, qu'elle hébergeait parfois dans la chambre d'ami quand sa mère n'y prêtait pas attention, et qu'elle avait surpris un jour en train de voler chez elles.
Croyant au début que ce n'était qu'un simple cambrioleur, elle avait rapidement déchanté en réalisant non seulement qu'il avait son âge, mais aussi qu'il était là simplement… parce qu'il avait faim.
Cela faisait déjà plusieurs mois qu'il vivait ainsi (non, vingt-huit ans, vingt-huit ans, leur aurait dit Henry si il avait su), seul, dans les rues, depuis que ses parents l'avaient abandonné et quitté la ville, le laissant là, il n'allait même plus à l'école, survivant comme il le pouvait, et Freya avait alors décidé de faire la seule bonne chose à faire.
L'aider.
Elle l'avait fait, avait caché à Rose le fait que Neal squattait régulièrement leur maison, ne sachant pas non plus que sa mère adoptive était déjà au courant, cette dernière ne sachant pas vraiment quoi faire pour améliorer la situation du jeune garçon.
Aucun d'eux quatre ne s'attendait à ce que leur vie change du tout au tout le jour où Emma Swan arriva à Storybrooke.
Et pourtant…
§§§§
« A quel nom ?
- Emma… Emma Swan.
- Emma ! Quel prénom charmant ! »
Voilà tout ce qu'il avait fallu au Ténébreux pour qu'il récupère enfin cette mémoire qu'il avait perdue pendant vingt-huit longues années.
Oh, en comparaison des deux cents et quelques années pendant lesquelles il avait perdu (abandonné tu veux dire Rumple, abandonné, tu l'as abandonné ! Lui susurra la voix de son ex-femme, celle qui, ironiquement, avait fait de même) et cherché à retrouver son fils, ce n'était rien, rien du tout.
D'ailleurs, l'oubli avait été assez libérateur, et bien au contraire, le fait de retrouver pour la première fois ses souvenirs, de redevenir lui-même lui avait fait l'effet d'un coup de poing dans la figure.
Il était Rumplestiltskin.
Il était le Ténébreux.
Belle était morte, morte pour toujours, parce qu'il l'avait rejetée, chassée, et parce que son père l'avait rejetée à son tour, et ça faisait mal, si mal, mais il ne pouvait rien y faire, rien y changer, alors il essaya d'ignorer la douleur, de la mettre de côté, il y penserait plus tard.
Il avait un fils.
Et il ne savait pas où était Baelfire…
Peu importe, il le retrouverait où qu'il soit, c'était bien pour ça qu'il était venu dans ce monde après tout.
Sans compter que…
Il reçut un autre coup de massue, en réalisant autre chose.
Milah était ici.
Son ex-femme tant honnie était à Storybrooke !
Comment cela pouvait-il bien être possible, comment pouvait-elle être là, et surtout comment avait-elle fait pour survivre aussi longtemps ?
Il se souvint alors de Neverland, du fait qu'elle avait un haricot magique avec elle, et réalisa qu'elle n'avait pu que se rendre là-bas et aussi… qu'elle en était revenue.
Vraiment, si son père avait pu le débarrasser d'elle, il lui en aurait été reconnaissant…
Enfin, peu importe le pourquoi du comment, son ex-femme était ici, et elle l'avait oublié, en fait elle avait tout oublié de son ancienne vie, mais ça n'avait pas d'importance, elle devait payer pour ce qu'elle lui avait fait, ce qu'elle avait fait à leur fils.
Un sourire narquois apparut sur son visage en réalisant que, maintenant qu'il se souvenait de tout, il allait pouvoir lui pourrir la vie.
Oh, comme il allait bien s'amuser…
Leurs retrouvailles allaient être tout sauf joyeuses (enfin pour elle en tout cas).
§§§§
Quelques semaines plus tard.
Rachel ne rencontra pour de bon Emma Swan que suite à d'étranges et douloureuses circonstances.
Certes, elles s'étaient déjà rapidement croisées à quelques reprises au Granny's, que ce soit lorsque la jeune femme y louait encore une chambre, ou quand elle venait y boire un café ou un chocolat chaud ou pour déjeuner, mais rien de plus.
Sauf que, quelques heures plus tôt, M. Gold avait saisi son bateau parce qu'elle n'avait toujours pas payé son loyer, son bien le plus précieux, son outil de travail, et il n'y avait absolument rien qu'elle puisse faire contre cela, et puis…
Regina Mills l'avait engagée pour qu'elle cambriole l'antiquaire au cours de la nuit suivante, ayant besoin d'argent, elle avait accepté et elle l'avait fait, et si elle n'avait pas manqué la lueur de triomphe dans le regard de la mairesse quand elle lui avait tendu la tasse ébréchée, elle ne l'avait absolument pas comprise.
Elle avait pensé que c'était bon, c'était terminé, fin de l'histoire, mais c'était sans compter sur l'opiniâtreté de Gold pour retrouver cette fameuse tasse ainsi que sa colère contre elle.
Elle aurait dû savoir qu'il saurait que c'était elle qui avait fait cela.
Elle aurait dû savoir qu'il la retrouverait.
(Il l'avait retrouvée dans la Forêt Enchantée après tout.)
§§§§
La terreur qui s'était saisie d'elle quelques heures plus tôt ne l'avait pas quittée, et ne s'effaça aucunement lorsque la jeune femme ouvrit enfin les yeux pour tomber sur le prêteur sur gages en personne.
Oh, elle aurait dû comprendre qu'elle ne s'en sortirait pas comme ça, elle aurait dû refuser la proposition de Regina quand elle en avait encore la possibilité.
« M. Gold ? S'écria-t-elle avec une surprise qu'elle savait déjà fausse. Qu'est-ce que… Où est-ce que je suis ?
- Bonsoir miss Jones… Fit l'homme sans répondre à sa question, et avec un sourire de requin qui la fit frissonner de crainte, l'incertitude et la précarité de sa situation lui apparaissant désormais pleinement.
- Qu'est-ce que vous voulez ? Lui demanda-t-elle, se forçant à garder une voix assurée.
Il se rapprocha d'elle, le bruit de sa canne résonnant dans le silence assourdissant de la pièce.
- Il me semblerait, très chère, que vous possédiez quelque chose qui m'appartient, siffla-t-il en la regardant froidement.
Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas, tous les objets qu'elle avait dérobés chez son interlocuteur n'étaient plus chez elle, soit récupérés par la nouvelle shérif, soit par Regina, mais il ne pouvait pas parler de cette petite tasse insignifiante, qu'est-ce que l'homme le plus riche de la ville pouvait bien en avoir à faire exactement ?
(Oh si elle avait su.)
- Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler.
Il serra nerveusement sa canne dans son poing, sentant sa rage décupler de plus en plus alors qu'il faisait face à son ex-femme.
Oh, Regina avait bien joué son coup en décidant de la choisir elle et personne d'autre, plus il la regardait, plus le souvenir de ce qu'elle lui avait fait, ce qu'elle leur avait fait réveillait une haine qui avait dormi pendant près de vingt-huit ans.
Et il n'y avait besoin que de quelques étincelles pour qu'elle se rallume et explose.
- Ne me mentez pas ! S'exclama-t-il, la colère l'empêchant de maîtriser sa voix. Vous m'avez dérobé quelque chose l'autre jour, quelque chose qui m'appartient, et qui m'est très précieux, une chose qu'Emma Swan n'a pas retrouvée, et je veux que vous me le rendiez ! Hurla-t-il.
Milah, qui ne pouvait déjà plus bouger, se figea encore plus, tétanisée.
- Je… je suis navrée, mais je n'ai absolument plus rien ! Fit-elle, réalisant qu'il ne lui servirait à rien de mentir.
- Oh, alors c'est Regina dans ce cas-là, enchaîna-t-il, c'est forcément elle, c'est elle qui vous envoie, oh j'aurais dû savoir qu'elle se douterait de quelque chose, mais pas qu'elle serait assez cruelle pour me faire ça… »
Cruel, il l'avait été avec elle lui aussi, elle ne faisait que lui renvoyer l'ascenseur…
« Je ne comprends pas…
- TAIS-TOI ! Ne put-il s'empêcher de crier, alors qu'il continuait de serrer convulsivement sa canne dans sa main gauche, et que se rejouaient devant ses yeux diverses scènes de son passé, toutes ces fois où Milah l'avait rabaissé, ce jour terrible où elle les avait abandonnés, et soudainement, sa rage contre Regina, ou même contre Moe, ainsi que sa frustration de ne pas avoir récupéré sa tasse ne furent plus rien à côté de sa haine de son ancienne épouse. »
Et Baelfire aussi, son petit garçon qu'elle avait abandonné, qu'ils avaient tous les deux abandonné, perdu, qui s'était retrouvé dans le monde sans magie, seul, sans personne pour le guider, et où était-il ?
Tout ça c'était de sa faute à elle aussi, il n'était pas le seul responsable dans cette triste histoire, il avait besoin de quelqu'un à blâmer d'autre que lui-même, et elle était là.
Elle était là et Baelfire ne l'était pas.
Et. Ce. N'était. Pas. Juste !
Alors il commença à la frapper.
Une volée de coups de canne impitoyable, il voulait la faire souffrir, comme elle l'avait fait souffrir autrefois, il voulait qu'elle comprenne ce que cela faisait, ce qu'il avait ressenti quand elle était partie, puis quand il avait effectivement su qu'elle les avait abandonnés, il voulait qu'elle paye pour tout ça, il voulait surtout évacuer sa culpabilité quant à la mort de Belle, et le fait qu'il ne savait toujours pas où était Baelfire.
Et elle était la personne idéale pour ça.
Il frappa, il frappa encore et encore et encore et encore, ne prenant même plus garde aux hurlements de douleur qu'elle poussait, il n'en avait cure, il voulait seulement la détruire, la faire souffrir le plus possible, peu importe jusqu'où il allait aller, hurlant des reproches de plus en plus fort, et…
« GOLD ! Hurla une voix, tandis qu'une main se posait sur son bras, l'empêchant de frapper Milah une nouvelle fois. Arrêtez ça, tout de suite ! »
Il se retourna.
C'était Emma Swan, le regard empli d'horreur et en regardant l'état dans lequel il avait mis sans ancienne femme, en voyant tout le sang qui maculait maintenant sa canne, il comprit pourquoi.
Il se figea, tenant toujours sa canne serrée dans sa main, et il hocha la tête.
Il se sentait… vide.
Si frapper Milah lui avait fait éprouver une profonde satisfaction au début, désormais, il n'éprouvait plus rien du tout, parce que ça n'avait rien changé, Belle était toujours morte, et Bae était introuvable.
Il la haïssait toujours autant, c'est vrai, mais en voyant son regard terrorisé, il éprouva presque… de la pitié pour elle.
Il l'avait aimée autrefois, après tout, et il avait l'impression de se revoir en elle, le tisserand lâche d'autrefois qui avait fuit le champ de bataille, et il éprouva un pincement au cœur.
Les choses auraient pu être tellement différentes si ils avaient été originaires de ce monde et non de la Forêt Enchantée, et de cette époque, ils se seraient sûrement séparés, leur famille ne serait pas effondrée sur elle-même, et leur fils n'aurait pas eu à souffrir de tout ça.
Enfin, à quoi bon avoir des regrets, il était trop tard pour ça de toute façon…
§§§§
« M. Gold ?
- Quoi donc miss Swan ?
- Je voulais savoir… quand vous frappiez Rachel Jones, vous avez dit… enfin, vous avez plutôt hurlé… « Tu nous abandonnés, tu l'as abandonné… » De qui est-ce que vous parliez ?
- De rien, mentit-il. Ce ne sont pas vos affaires, ajouta-t-il quand elle lui lança un regard soupçonneux. »
Elle haussa les épaules, avant de se rendre à l'hôpital.
§§§§
Le corps de Rachel n'était actuellement plus que douleur et souffrance, et quand elle se réveilla plusieurs heures plus tard, la douleur, bien que plus faible, était toujours là.
Elle ouvrit les yeux, et se sentit infiniment soulagée en réalisant que c'était Emma Swan qui se trouvait là, et pas M. Gold, et qu'elle se trouvait à l'hôpital.
Elle tenta de bouger et grimaça.
« Comment vous allez ? En dehors de l'évidente douleur physique je veux dire ?
- J'ai l'impression d'être passé sous un camion, marmonna-t-elle en se redressant, mais à part ça, ça va, et elle eut au moins la satisfaction d'entendre Emma rire.
- Désolée, fit la shérif avec un peu plus de sérieux, de ne pas être arrivée plus tôt.
- C'est plutôt à moi de vous dire merci, rétorqua la jeune femme, si vous n'étiez pas arrivée tout cours, je pense qu'il…
Elle ne termina jamais sa phrase.
Aurait-il été jusqu'à la tuer ?
(Il avait failli le faire autrefois, il y a longtemps.)
- Alors heureusement que je suis arrivée dans ce cas-là, fit Emma avec un petit sourire, et malgré la douleur encore présente, elle ne put s'empêcher d'y répondre. Bien… j'aurais quelques questions à vous poser au sujet du cambriolage. C'était bien vous, n'est-ce pas ?
Rachel acquiesça.
- Oui c'était moi…
- Pourquoi l'avoir cambriolé ? Est-ce que c'était par vengeance ?
Elle aurait pu mentir, déclarer que c'était bien le cas, mais…
Mais Emma Swan semblait avoir réellement envie de changer les choses dans cette ville, alors elle décida de lui faire confiance.
- Regina Mills m'a engagée pour le faire, et surtout, elle voulait que je dérobe un objet en particulier, une tasse… Je n'ai pas vraiment compris pourquoi.
La shérif fronça les sourcils, guère plus avancée qu'elle.
- Très bien… Je vous remercie de votre collaboration, par ailleurs, sachez que M. Gold a pour obligation de vous rendre votre bateau, et de vous laisser un délai pour vous permettre de rembourser votre loyer. »
Rachel hocha la tête, soulagée, et Emma la salua une dernière fois, avant de se lever pour sortir de la pièce.
« Emma ? Lança la navigatrice une dernière fois, et la shérif se retourna. Encore merci.
Emma lui sourit.
- Oh mais de rien. »
A suivre…
