Have a good time !


Je passai le week-end avachi dans mon lit à chercher des meubles et à préparer la formation de lundi. J'allais être avec Carina, c'est indéniable. Il faut donc que je trouve une parure pour éviter de trop la faire souffrir. Elle veut quelque chose de sérieux mais, il m'ait difficile de l'être. Tout le monde pleure systématiquement.

Je pris un bain tout en pensant à Carina. Comment ça se fait qu'elle ne puisse pas sortir de ma tête ? Je fermai les yeux et rentrai entièrement dans le bain.

Je sortis rapidement avant de retourner à l'hôpital.

Les personnes participant à la formation se dirigeaient vers la salle de conférence tandis que je me dépêchai à aller chercher ma blouse dans mon bureau.

A chaque fois, je suis en retard alors que j'essaie désespérément de ne pas me faire repérer.

Tout le monde est arrivé lorsque j'entrai dans la salle de conférence.

« Dès à présent, l'hôpital sera dirigé d'une autre façon que précédemment. Tous les chefs de services seront membres à par entière du conseil de décision et leur avis pourront être défendu par vous-même au lieu de passer par moi. Vous êtes là afin de vous munir des premiers sujets à traiter que vous tous m'avait fait passer.

-On va devoir défendre nos projets devant les investisseurs ?

-Exactement, vous devez vous vendre et montrer que votre projet à de véritable conséquence positive, qu'il peut faire bouger les choses. »

Autrement dit, je vais devoir préparer ma présentation du projet de consultation gratuite, en lien avec les lycées ou autre avec Carina.

C'est le pompon ! J'avais tout prévu. Je bosse l'idée de mon côté et je lui envoie pour qu'elle rajoute des infos. Malheureusement, Bailey a ensuite précisé que cela devait être une présentation orale. Je ne peux pas tricher et éviter toute confrontation.

Elle va alors vouloir que je lui parle de moi, chose que je déteste faire. Elle va me demander si j'ai de la famille. Que vais-je répondre ? Oui, j'ai une sœur enterrée. Ma mère ne me parle plus. Je vois seulement ma nièce la plus âgée qui habite à Los Angeles. Pourquoi ? Même moi je l'ignore. Ça doit avoir un lien avec mon choix de partir, ou depuis la mort de Kat, ou depuis que je connais la vérité à propos de ma mère et du fait que le père de Kat est également le mien. Curieuse question qui vaut le détour mais je n'ai pas de réponses qui ne font pas remonter des sentiments douloureux.

Revenons à nos moutons ! Carina avait l'air ravi de la nouvelle car elle s'empressa de venir me voir dès la distribution des formulaires.

« Ce soir chez moi ?

-Pour ?

-La présentation de notre projet de prévention. Mais je ne serai pas contre des prolongations.

-Il faut qu'on parle

-Tu penses qu'on peut attendre ce soir ?

-Oui mais ….

-Je te récupère ici à 20h

-D'accord mais…

-A ce soir »

Elle venait de s'imposer, comme ça, sans gêne apparente.

La journée se passa relativement bien. Je fis la connaissance de l'ex-femme d'Avery, une jolie rousse, accompagnée d'une jeune fille métisse. J'en déduisis qu'il s'agissait de leur fille. Leur divorce avait été compliqué mais aujourd'hui ils paraissent même être toujours ensemble même si la mère de famille a déménagé.

A 19h50, j'allai aux toilettes et réappliquai du rouge à lèvre sur celui restant. Je pris soin de bien mettre mes cheveux et de retirer les cheveux roux tombés sur mon gilet noir. Je me regardai une dernière fois dans le miroir avant de partir. Je revois ma mère et ma sœur. Elles étaient toutes les deux aussi rousses que moi. Seule la couleur de leurs yeux changeait.

Je descendis à l'endroit prévu. Elle était là, toujours aussi jolie, même plus que d'habitude. Nous prîmes la direction de son appartement situé dans le cœur de Seattle.

« Ça fait combien de temps que tu es arrivée ici ? demandais-je à Carina pour briser le silence qui régnait dans la voiture

-Un an ou deux.

-Tu es directement venue d'Italie ?

-Oui »

Apparemment, elle n'a pas très envie de discuter. Je freinai fort et me garai :

« Qu'est ce qu'il se passe Carina ? Qu'est ce que je t'ai fait ?

-Rien justement ! Ça fait des jours que j'attends que tu me rappelles, que tu me bipes ou que tu me croises et quand ça arrive, tu es froide et tu n'oses même pas me regarder dans les yeux.

-Je m'en doutais

-Qu'est ce que tu veux toi ?

-Justement, il est là le problème, je n'en sais rien alors je ne veux pas te promettre quelque chose qui s'avère être faux.

-Même pour essayer ?

-ça reviendrai à ne pas avoir une relation sérieuse, le contraire de ce que tu veux !

-Mais ce n'est pas la chose que je veux le plus ! »

Elle se pencha et m'embrassa délicatement avant de rompre le baiser.


XoXo