SIXIÈME CHAPITRE
Attaque ! Mais défend...
Albus n'arrivait pas à trouver le sommeil.
Voilà une semaine qu'ils avaient accueilli le jeune Potter et, surtout, une semaine que les deux mages se tournaient le dos dans le lit, au grand damn du sorcier qui désirait ardemment se rapprocher de son froid acolyte. Il se retourna une fois de plus dans le lit et un sifflement agacé le fit sursauter. Gellert se redressa subitement.
Son regard de glace balaya la chambre, une pièce large, dotée de deux gigantesque fenêtres qui donnaient une vue sur des collines lointaines. Les murs bleu roi rappelaient la couleur préféré du mage noir, et le mobilier ancien l'attrait d'Albus pour les vieilleries. Le tout avait été élégamment agencé, nettoyé et fait sur mesure, de sorte à ce que les deux sorciers s'y sentent "chez eux".
Albus se redressa à son tour et fixa de ses prunelles grises, brillantes d'un désespoir profond qu'il ne prenait pas la peine de cacher, les orbes atypique de son amant, futur mari, fiancé et ennemi. Ce dernier soutenait ce regard, miroir de l'ensemble des sentiments qui agitait son propriétaire.
— Qu'est-ce que nous faisons ? Qu'allons-nous devenir, Gellert ? Depuis ce début de semaine, nous ne nous sommes pas parlé… et tu es de nouveau distant. À mon grand damn, je dois te l'avouer.
Gellert ne cilla pas, renforçant cet air dur qu'il appréciait arborer. Enfin, il poussa un faible soupir et prit finalement la parole :
— En attendant de trouver un moyen de retourner à notre époque, je me disais que nous pourrions, peut-être, ensemble-
— Nous occuper de ce fameux Voldemort ? sourit Albus. J'y pensais également.
Gellert esquissa ce fameux petit sourire en coin, celui-là même qui faisait chavirer le coeur de ce pauvre Albus. Ce dernier en rougit, d'ailleurs.
— Amusons nous, Professeur Dumbledore, ou devrais-je dire… Directeur ? susurra la voix fourbe et sensuelle de Grindelwald.
Son interlocuteur sentit de petits frissons lui parcourir l'échine. Ne pouvant lui résister, il se rapprocha et pencha la tête sur le côté, de sorte à ce que ses lèvres effleurent celles de son camarade. Gellert glissa une main rugueuse sur la nuque d'Albus, tout en appuyant ses lèvres contre les siennes, pour un tendre baiser, chaste au début, puis passionné sur la fin.
Les deux sorciers basculèrent sur le lit, leurs corps bien trop vêtus à leur goût pressés l'un contre l'autre, à la recherche désespéré de contact.
— Et toi, Gellert… ? murmura Albus d'une voix essoufflée par ce baiser.
— Un assistant ? proposa-t-il.
L'idée séduit le mage blanc, qui partit de nouveau explorer les lèvres de son compagnon.
Les deux hommes s'étreignirent de plus belle, se lovèrent l'un contre l'autre, avec cet incontrôlable désir, celui de sentir l'autre. Ce comportement "atypique", preuve pourtant d'un amour réel, avait quelque chose de rassurant pour les deux hommes qui avaient passés plus de la moitié de leur vie à s'affronter dans une gigantesque partie d'échec.
Aussi n'était-il pas étonnant que les deux sorciers se retrouvent nus, chacun caressant et explorant le corps de l'autre avec une étonnante et infinie tendresse. Même Gellert se montrait doux, au plus grand plaisir d'Albus qui ne demandait finalement qu'un peu de tendresse de sa part.
Les soupirs et gémissements emplirent la pièce quelques minutes plus tard, les deux hommes s'unissant une nouvelle fois, prouvant à l'autre son amour dans une danse endiablée et dans laquelle nul ne pouvait les stopper.
Au beau milieu de la nuit, alors profondément assoupis, un petit sifflement se fit entendre. Celui-ci ne réveilla point les deux mages.
Nagini se faufilait habilement entre les habits et les baguettes, jusqu'à se retrouver sur le lit des deux hommes. À travers ses yeux d'un rouge ardent, brillant de malveillance, Voldemort observait la version jeune de l'homme qu'il craignait le plus en ce monde. Albus Dumbledore dormait à poings fermés, blotti contre le torse de celui qu'il devina sans trop de mal être le célébrissime Grindelwald. Un frisson lui traversa l'échine : ce spectacle l'écoeurait. L'amour, lui donnait la nausée. C'était une faiblesse ! Comment cet homme à la chevelure de neige pouvait s'abaisser à une telle… infamie ?! Il devait mourir, décida-t-il. Et le plus tôt serait le mieux. Nagini savait ce qu'elle devait faire.
Contrôlée par le Lord, elle ne faisait preuve d'aucune pitié ni hésitation, quand bien même elle reconnaissait ce visage. Elle n'avait pas le choix et, l'esprit alors totalement embrouillé, rien ne lui faisait plus plaisir que d'obéir aveuglément à son maître.
Un grincement attira cependant son attention, l'empêchant d'accomplir sa mission. Le serpent se tourna vers la source de ce bruit, la porte de la chambre et découvrit le garçon, Harry Potter, pointant sa baguette vers elle. Le souffle court, la cicatrice plus rouge que jamais et le front en sueur, il dégageait de lui une force tranquille qui l'aurait probablement fait fuir, si elle n'avait pas été sous le contrôle du mage noir.
Ni Voldemort, ni Nagini ne virent les paupière de Gellert s'ouvrir.
Albus dormait toujours paisiblement, inconscient du danger environnant. Il se sentait en sécurité, protégé dans l'étreinte de l'être aimé, si bien que rien ne pouvait le réveiller. Gellert, en revanche, ne dormait que d'un oeil. Il était constamment sur le qui-vive et, de fait, avait sentit le serpent ramper sur le lit. Reconnaissant l'amie du garçon qu'il avait manipulé dans le seul but de tuer l'homme assoupi à son côté, il avait choisi de ne pas la tuer sur le champs. Il voulait, avant, quelques explications. Il n'avait pas prévu que le gamin ne se montre, en revanche.
Il se redressa alors très délicatement, de sorte à ne pas réveiller Albus. Son regard atypique croisa celui perdu de l'enfant. Nagini ne lui prêtait plus la moindre attention, ce qui était somme toute une excellente chose.
Sans émettre le moindre son, ne mouvant seulement ses lèvres, Grindelwald fit venir à lui la baguette de sureau, dans un accio informulé.
Posant le bout de sa baguette sur la tête du serpent, qui s'immobilisa sous la sensation, il prononça d'une voix forte et autoritaire :
— Impero !
Albus se redressa brusquement et, sourcil levés de stupeur, découvrit et comprit très vite ce qu'il venait de se passer.
— Nagini… ? murmura-t-il en fixant le serpent.
— Contrôlée par un autre, susurra grindelwald.
— Voldemort, grogna Harry.
Albus se pinça l'arrête du nez. Les événements récents l'épuisaient et voilà que maintenant on tentait de l'assassiner. Il porta finalement son attention sur le jeune sorcier, encore tremblotant.
— Mon garçon, va dans la cuisine. Je vais te préparer un chocolat chaud. D'accord ?
Harry hocha la tête, mais peina à baisser sa baguette, et plus encore à partir.
Lorsqu'ils se retrouvèrent seuls, Gellert quitta le lit et s'empressa de se vêtir un minimum. Albus fit de même, tout aussi rapidement. Aucun mot ne fut échangé. Ils n'en avaient pas besoin. Gellert savait pertinemment qu'Albus refuserait de tuer cette pauvre femme et de fait, il ne le ferait pas. Et Albus avait suffisamment confiance pour lui confier la vie de cet horripilant serpent. Vêtu d'un pantalon en toile bleu et d'un peignoire vert, il quitta la chambre et rejoignit l'étage inférieur, la cuisine où il retrouva un garçon effrayé, luttant contre une force qui le surpassait.
Ce monde dans lequel ils étaient apparus, avec ses problèmes et ce mage ennemi qui le rapprochait de Gellert, le rendait à la fois heureux et excité. Il se sentait l'âme d'un petit garçon, un jour de noël, face à une montagne de cadeaux. Ce qui s'avérait être un tantinet malsain. Mais Albus n'avait jamais été très sain d'esprit, alors il ne s'en inquiéta pas.
Il prépara à Harry un délicieux chocolat chaud, que le garçon s'empressa de déguster. Le silence qui planait autour d'eux était des plus agréable et permettait à ce dernier de se détendre.
C'est Albus qui brisa ce même silence, notamment lorsqu'un grand bruit résonna au dessus de leur tête, semblable à celui de deux personnes qui se battent.
— Tu es comme connecté à lui, n'est-ce pas ?
Le garçon hocha lentement la tête, cessant de boire pour fixer son vis à vis d'un air des plus sérieux.
— Veux-tu bien m'expliquer ? lui demanda-t-il alors sur un ton particulièrement doux.
— Oui… En fait, c'est…. c'est bizarre. A certain moment, c'est comme s'il était à côté de moi, qu'il pouvait me voir, mais qu'il n'en avait pas encore conscience. Moi, par contre, je le vois, je le sens et… et je vis ce qu'il vis.
Il se gratta la tête, incertain quant à ses propos. C'était là une chose qu'il lui était assez difficile à expliquer correctement. Et c'était aussi un tantinet gênant.
De son côté, le professeur et directeur en devenir se caressait la barbe. Son regard pétillait d'une lueur de convoitise en fixant le garçon. Il savait pertinemment à quoi il avait affaire et c'était là quelque chose d'exceptionnel et d'excitant tout à la fois.
Gellert avait-il deviné ? Il se doutait bien que oui. Il lui faudrait lui en parler.
— Je vois. Ça ira Harry, détends toi. Tu as de la famille ? Autre que les "moldus" ? Des sorciers ?
— Oui, mon parrain. Sirius Black.
La famille Black ? Albus en ressentit une légère appréhension, qui disparut au sourire heureux du garçon à la mention de cet homme qui comptait tant pour lui.
— Nous t'y emmènerons demain, dans ce cas. Tu ne peux rester avec nous. C'est dangereux… et nous avons beaucoup à faire.
— Vous comptez arrêter Voldemort ?
— Gellert semble ravi par cette idée, oui.
— Je vous reverrai… ?
— Bien évidemment, mon jeune ami, répondu Albus d'un ton à la fois doux et paternaliste.
Harry scrutait le vieil homme de ses prunelles brillant d'espoir. Le coeur battant, l'esprit s'emballant peut-être un peu, il n'hésita pas.
— J'ai confiance en vous.
Note : L'univers et ses personnages ne m'appartiennent pas. L'histoire en revanche...
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