SEPTIÈME CHAPITRE
Un espoir naissant
— Harry ! Mon garçon !
Molly n'hésita pas un instant et se précipita sur le jeune Potter, qui avançait alors timidement à l'entrée de la demeure des Black.
Albus et Gellert restaient pour l'instant en retrait, la main sur leurs baguettes, prêts à se défendre à la moindre attaque.
Sirius se trouvait à l'entrée. Il les observait avec une fascination des plus inquiétante. Son regard, mélange de perplexité et de peur, accentuait cet air sombre.
Ce qui inquiétait Albus, c'était la poussière présente en abondance. L'endroit semblait avoir été investi que très récemment, et la présence de magie noire n'était pas pour le rassurer. La main libre de Gellert trouva la sienne et leurs doigts s'entremêlèrent, donnant un regain de courage au professeur et directeur en devenir.
Le mage noir passa devant lui et s'avança de sorte à se retrouver juste derrière le jeune Potter, attirant l'attention de la mère Weasley sur sa personne. Cette dernière le fixait longuement, sans ciller, pas le moins du monde impressionnée. Elle ne savait pas encore à qui elle avait affaire, mais elle pouvait sentir une grande puissance s'agiter chez cet homme à l'apparence atypique. Cette même puissance augmenta soudainement et Gellert sortit sa baguette, qu'il agita dans les airs, désactivant tous les pièges et toutes les sécurités mises en place par l'Ordre.
Tous les sorciers se levèrent et pointèrent de leurs bâtons le porteur de la baguette de sureau.
Albus intervint à cette instant, se plaçant à côté de son compère.
— Nous sommes vos alliés. Nous ne venons pas pour vous attaquer, leur dit-il.
Harry intervint également et leur demanda à tous de baisser leurs armes et d'écouter.
Sirius, le seul qui avait conscience de l'identité des deux inconnus, rajouta alors :
— Je vous ai vu dans mes vieux livres d'histoire. On vous étudie à Poudlard encore aujourd'hui…
— Merlin, Patmol, de quoi tu parles ?! s'exclama Remus, qui avait à contrecœur baissé le bras.
— Il s'agit de Gellert Grindelwald et d'Albus Dumbledore, jeunes.
Un long silence suivit cette fantasque révélation. C'était absolument impossible, et même impensable. Aussi incroyable pouvait être la magie, les voyages dans le temps et les potions de "rajeunissement" soit n'existaient pas, soit demandaient une puissance si grande qu'elles en devenaient irréalisables. Quand bien même il s'agissait des deux plus puissants mages que le monde de la magie ait connue. C'était tout simplement impossible.
Albus brisa ce silence qui devenait à la fois gênant et pesant.
— Nous avons sauvé ce garçon d'une attaque de détraqueurs. Nous ne pouvons cependant pas le garder, nous avons beaucoup à faire avec Voldemort.
Les sorciers présent se regardèrent. 'Beaucoup à faire avec Voldemort' ? Ils n'en revenaient pas et n'étaient pas même sûrs de comprendre ce que cette réplique impliquait.
— Aussi je vous demanderai de ne plus intervenir. De ne pas vous mettre inutilement en danger.
C'en devenait presque vexant.
Sirius s'exclama qu'il était hors de question qu'il soit spectateur. Il se battrait, quoiqu'il lui en coûte. Gellert pris un malin plaisir à lui répondre qu'il les ralentirait. Sirius n'appreciait pas Gellert.
— Professeur Dumbledore, que faites-vous avec… lui ? questionna courageusement Hermione, en désignant Grindelwald.
Ce dernier posa sur elle un regard curieux, qu'elle parvint à bravement soutenir. Cependant, avant que le professeur ne puisse répondre, une lettre du ministère de la magie se précipita vers Harry, lui expliquant qu'il était convoqué au ministère pour usage de la magie.
Albus et Gellert se jetèrent un regard de connivence. Un petit sourire apparut sur leur visage. Les évènements prenaient une tournure qui les amusait grandement.
— Très cher ami, puis-je vous proposer une petite visite au ministère ?
Albus gloussa et, à ce rire, plusieurs yeux ronds de surprise tournèrent vers lui. La scène était surréaliste.
— Mais avec grand plaisir, s'amusa le mage blanc en saisissant le bras du mage noir.
— Harry, mon garçon, reste donc en sécurité ici. Nous nous reverrons très vite, n'ait crainte, confia Gellert au jeune homme inquiet.
Les deux mages transplanèrent et les sécurités de la demeure se remirent en place.
La puissance qu'une telle chose demandait était follement élevée.
— Harry… tu dois tout nous dire. Et surtout, surtout ne plus jamais les approcher, murmura Molly, en accueillant le garçon dans ses bras.
oOo
Une armée d'aurors accueillit les deux mages lorsqu'ils apparurent dans le hall d'entrée du ministère. Transplaner au sein de cette grande et majestueuse bâtisse ? C'était absolument impensable ! Alors tous crurent à une attaque du Lord Noir.
Et tous furent surpris de découvrir les versions jeunes de Grindelwald et Dumbledore.
Evidemment, la panique gagna bien vite les rangs du ministère. Gellert Grindelwald venait donc d'être retrouvé, en compagnie de l'intouchable Directeur, mais avec près de cinquante ans de moins ! Beaucoup de têtes curieuses s'empressèrent de gagner le hall d'entrée pour constater de leurs propres yeux cette fantasque histoire.
Albus lança à son comparse un regard pétillant d'amusement. Une légère rougeur tinta ses joues quand il surprit le regard de son vis-à-vis, plein d'affection et d'amour, pétillant de cette petite lueur amoureuse, comme avant. Son cœur rata un battement. Comme il aimait quand Gellert le fixait de ses prunelles incandescentes, brillante d'un amour quasi-infini pour lui, lui seul. Comme dans le miroir du Risèd. Comme dans ses souvenirs de jeunesse.
Albus en perdit l'usage de la parole, notamment lorsque le Ministre de la Magie vint à eux en catastrophe.
Gellert prit donc le relais, plutôt satisfait de l'effet qu'il avait sur le professeur.
Il se dit que ce monde serait à lui. Ce monde, et Albus Dumbledore.
— Ve-veuillez décliner votre identité ! s'écria le ministre, baguette sortie.
Gellert lâcha Albus et s'avança, son regard brillait méchamment et son corps transpirait une certaine animosité. Deux aurors encadraient le ministre pour le protéger.
— Gellert Grindelwald et Albus Dumbledore. Nous représentons le jeune Potter, au motif d'une attaque de détraqueurs.
Des chuchotement s'élevèrent parmis la marée de sorciers, mais s'estompa lorsque le ministre exigea le silence.
— C'est impossible… impossible… Revelio ! lança-t-il alors.
Rien ne se produisit.
Le rire d'Albus retentit dans le silence qui suivit le lancement de ce sortilège. Gellert lui adressa un regard à la fois surpris et amusé. Le mage blanc se laissait vraisemblablement aller, pour son plus grand bonheur.
— Aussi difficile cela soit-il de nous croire, je peux vous assurer que nous sommes bel et bien ceux que nous prétendons être. Nous acceptons de mettre à votre disposition nos souvenirs du sauvetage de Monsieur Potter des détraqueurs que le ministère, ou tout autre organisme, semble lui avoir envoyé.
De nouveau, des chuchotement retentirent.
— Nous venons également vous prévenir que le professeur Dumbledore reprendra ses fonctions de directeur à Poudlard, pour la rentrée, et que je l'accompagnerai. Sauf si… Monsieur le ministre… s'y oppose.
Tout en disant cela, le mage noir s'était rapproché de son interlocuteur, dont les yeux écarquillés ne cessaient de faire l'aller-retour entre lui et son comparse, Albus. Bien évidemment, il trépignait d'envie de le leur refuser et d'enfermer les deux hommes à Azkaban. Mais c'était stratégiquement une erreur. Les deux hommes respiraient la puissance. Ils avaient brisé les protections du Ministère de la Magie, ensemble. Étaient-ils réellement ceux qu'ils prétendaient être ? Où étaient passés Gellert et Albus ? Les versions plus âgées ?
Gellert recula de quelques pas pour retourner aux côtés d'Albus qui saisit son bras. Il serrait le bras du mage noir avec une force alimentée par un profond désespoir et une peur intense, celle de le perdre de nouveau et de se retrouver séparé de lui. Ces années de séparation et ce terrible incident, à la fin de son adolescence, l'avaient d'une certaine façon brisé. Alors l'optique de pouvoir retrouver cet amour qu'il pensait perdu à tout jamais ne le rendait que plus désespéré encore. Et Gellert se servait de cela. Albus n'ayant d'autre choix que d'être avec lui, il comptait sur ce rapprochement soudain pour le remodeler et le garder à tout jamais à ses côtés. Ensemble, ils étaient si puissants. Rien ni personne ne pourrait jamais s'opposer à eux. Il en frissonna.
— Pourquoi ? Si vous êtes ceux que vous prétendez être, pourquoi vous occuperiez-vous des affaires de Monsieur Potter ? Vous n'êtes pas ses-
— En tant que directeur de Poudlard je suis en droit de représenter le garçon. Et par ailleurs, nous allons lancer une procédure d'adoption.
Gellert tiqua.
— Vraiment ?
Il reçut un coup de coude.
— Ah oui ? s'en amusa le ministre. Et qui donc aura la garde ? Grindelwald ? Vous peut-être ? Enfin, soyez raisonnable.
— Nous deux.
— C'est impossible. Seul l'un d'entre vous pourra-
— Parce que nous allons nous marier.
— Vraiment, Albus ?
Gellert reçut un second coup dans les côtes. Il grommela. De toute évidence, il n'avait absolument pas le contrôle de la situation. Albus décidait de tout, ce qui n'était pas forcément pour lui déplaire, mais un mariage et une adoption ? C'était un peu trop. Et ce n'était pas vraiment le plan initial. Autant le mariage lui convenait, autant l'adoption lui posait bien quelques problèmes.
Et ce n'était plus des chuchotement qui emplissaient la pièce de bruit, mais une marée de questions et d'exclamations, sous les flashs de plusieurs photographes et journalistes. Le Ministre de la Magie en était tellement surpris qu'il ne savait plus quoi répondre. Albus profita de l'attention pour déclarer:
— Nous arrêterons ce mage noir qui vous effraie tant, ce Lord Voldemort.
Les flash crépitaient de partout. Albus se rapprocha de Gellert et lui susurra à l'oreille qu'il était grand temps de rentrer.
Il ne pouvait être plus d'accord.
Note : L'univers et ses personnages ne m'appartiennent pas. L'histoire en revanche...
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