HUITIÈME CHAPITRE
Glorieuse destinée
— Adopter le garçon ? s'exclama brusquement Gellert, en se dégageant des bras d'Albus.
Albus s'était attendu à cette réaction. Il était peut-être allé trop loin, mais emporté comme il l'avait été dans son discours, entouré par tant de gens influents et de journalistes, il ne s'était pas contrôlé et avait clamé toutes les plus folles idées qui lui étaient venues à l'esprit. Maintenant, il devait affronter le monstre que représentait Gellert.
Leur relation commençait à peine à aller mieux. Et si l'idée de se marier semblait plaire au mage noir, il était un tantinet plus réservé quant à l'adoption.
Le pauvre Albus ne put retenir un soupir las, tandis qu'il se faisait méchamment engueuler. Que pouvait-il dire ? Que pouvait-il bien ajouter à cela ? C'était désormais chose faite. Et étant donné leur influence, ne pas le faire était impensable. Non, Harry Potter allait devenir leur enfant. Et oui, ils arrêteraient Tom Jedusor.
Après, seulement, ils cherchaient un moyen de retourner à leur époque : cela semblait être un bon début de plan.
Albus s'empressa de rejoindre la cuisine, fuyant son compagnon pour se préparer un chocolat chaud. C'était beaucoup d'émotion en peu de temps. Il avait retrouvé Gellert, s'était retrouvé dans à une époque qui lui était alors parfaitement inconnue et avait fait la rencontre d'un curieux jeune homme semblant avoir une appétence pour le danger.
Son répit ne fut que de courte duré car la tête blonde ne tarda pas à se montrer.
Gellert se plaça derrière lui qui faisait chauffer une casserole de lait.
— Tu me fuis, Albus. C'est ce que tu fais toujours. Qu'est-ce que je détestais ça quand nous étions jeune.
L'atmosphère changea brutalement.
Les bras du mage noir encerclèrent la taille d'Albus qui se laissa aller à cette étreinte bienvenue. Il ferma les paupières et se concentra sur cette sensation de bien-être qu'il ressentait. Tout cela lui avait tant manqué… Gellert Grindelwald lui avait manqué.
Son coeur, non seulement meurtri par le meurtre de sa soeur, avait été déchiré et brisé à la disparition du seul homme qu'il avait jamais aimé.
Il se retourna dans l'étreinte pour faire face à cet homme qu'il convoitait et qu'il aimait plus que de raison. Ses prunelles aux couleurs atypiques firent battre son coeur plus rapidement. Ils étaient d'une intensité sans pareil. En fait, Gellert semblait le regarder, chaque fois comme s'il fixait une des sept merveilles du monde. C'était toujours très intense. Le mot était le bon : aucun autre ne pouvait définir au mieux cette façon qu'avait le mage noir de l'observer.
— Nous avons changé.
Albus frissonna délicieusement au timbre grave de cette voix chaude.
— Nous avons grandi, mûri et beaucoup appri. Mais il est une chose qui n'a pas changé, et qui ne changera probablement jamais, c'est cet amour inconditionnel que nous nous portons mutuellement.
Les mots coulaient comme du miel à ses oreilles. Albus était littéralement sous le charme. Son coeur battait la chamade dans sa poitrine et il pouvait sentir son visage s'échauffer, de même que son corps. Ses joues devaient probablement arborer une gênante teinte rosée.
Il s'efforça cependant à se recentrer sur leur sujet de conversation initial. Aussi, il recula d'un pas, échappant à l'emprise de son terrible sorcier et amour de toujours, alors même que son corps lui hurlait de succomber à ce désir qui montait en intensité.
— C'est justement parce que nous avons changé, que nous nous retrouvons coincés à cette époque, que j'ai eu cette idée, lui avoua-t-il.
Gellert sentit tout envie pour son comparse disparaître. Il recula également, mettant plus de distance entre eux pour marquer symboliquement son mécontentement.
— Albus, nous sommes coincés pour le moment. Mais ne pense pas qu'il s'agisse là d'une situation définitive. Nous n'adopterons pas l'enfant. Nous retournerons à notre époque dès que nous aurons tué ce Lord Voldemort.
Albus fut pris d'un léger vertige. Il tourna le dos à l'homme froid de volonté qui lui faisait face. Il ne pouvait soutenir son regard.
— Et ensuite, Gellert ? Que se passera-t-il après que nous soyons rentrés ?
Sa voix tremblait, Gellert comprit qu'il retenait difficilement un sanglot. Albus pouvait se montrer si émotif... il l'avait oublié. Il parcourut donc rapidement la distance qui les séparait et ses bras encerclèrent la taille de son amour.
— Nous pourrons nous marier, il lui susurra à l'oreille le faisant frissonner.
Et Gellert savait exactement quoi dire pour faire sombrer son amant.
Comment Albus pouvait lui résistait ? Alors même que le mage noir lui promettait monts et merveilles de sa voix suave et si exquise à l'écoute.
— Ils ne l'accepteront pas...lui répondit Albus d'une voix à peine audible.
— Je n'en ai cure. Albus, nous étions destinés à être ensemble. Pourquoi ne pas finir ce que nous avons commencé ? Souviens toi de nos nuits blanches, passées à planifier ce mouvement que j'ai créé, seul. Rentrons et rejoins moi.
C'était tentant.
— Je ne sais pas…
— Laisse moi te convaincre.
Albus se retourna dans les bras de Gellert et déposa un chaste baiser sur les lèvres charnues. Il ferma les paupières et se laissa doucement aller à cette étreinte. Très vite, ce baiser devint langoureux et passionné. Les deux hommes, porté par l'amour qu'ils ressentaient l'un pour l'autre, ne pouvaient résister à l'appel de la chaire.
Un gémissement s'échappa des lèvres du mage blanc, sonnant comme une douce mélodie aux oreilles du blond. Ses mains se mirent à défaire sa chemise, alors que l'autre ne pouvait faire autre chose que d'embrasser et gesticuler pitoyablement. Albus perdait tous ses moyens chaque fois qu'il se retrouvait dans les bras du blond.
— Gellert, attends… je t'en prie, écoute moi…
Son vis-à-vis émit un petit grognement agacé. L'écouter pour quoi dire ? Non, Gellert en avait assez des paroles futiles. Il savait ce qu'il voulait, il saurait l'imposer à Albus.
Il tira ce dernier vers leur lit et l'y poussa, tout en venant sur lui. Albus aimait le comparer quelques fois à une panthère, à une bête sauvage assoiffée non pas de sang, mais de pouvoir et de sexe. Et quand il se trouvait dans cet état, il savait pertinemment qu'il ne pouvait rien faire ou dire. Rien ne pouvait changer l'esprit du mage noir.
Comprenant cela, il choisit, plutôt que de s'entêter à discuter avec lui, de se laisser aller à cette sulfureuse 'étreinte'.
— Gellert… je veux que tu me fasses l'amour comme si c'était notre dernière fois ensemble, se contenta-t-il de lui demander.
C'était là une requête que l'Autrichien ne pouvait prestement pas refuser.
Note : L'univers et ses personnages ne m'appartiennent pas. L'histoire en revanche...
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