Danger

Les Albinos avaient fait carton plein. Mégane se débarrassa de sa perruque et but de grosses gorgées d'eau. Elle était littéralement exténuée, et les autres étaient dans le même état qu'elle. Gary qui n'avait cessé de faire des plans concernant ses futures groupies commençait déjà à faiblir. Red dormait déjà sur le canapé. Albin mangeait comme un affamé et Karine...

Son corps semblait quasiment s'être désossé... Dangereux son truc.

Elle sortit encore une fois son portable et regarda la photo en plongée offerte par Vicky. Elles échangeaient peu de messages du fait de ses horaires tordus et de son agenda surbooké mais de temps en temps, ça faisait tout de même plaisir. Et elle était belle malgré son maquillage outrancier et ses vêtements suggestifs. C'était peut-être stupide mais ça lui plaisait vraiment.

Elle avait envie que ce soit sa copine cette fille qui mettait un col roulé avec un trou sur la gorge pour laisser voir la naissance de ses seins.

Mégane grogna, elle devait être trop fatiguée. Elle délirait. Elle allait pas sortir avec Vicky alors qu'elle était à plus de deux cents km d'ici. À moins que ce soit de la ville précédente ? Pff, elle avait assez de problème à gérer, n'en rajoutons pas.

La nourriture avalée par Albin finit par leur donner fin et ils se commandèrent un bon petit plat bien gras. Ils mangèrent dans la bonne humeur, heureux que ce tour se passe aussi bien. Ils recevaient de très bonnes critiques et l'artiste dont il faisait la première partie était vraiment adorable avec eux.

Mais l'idée ne quitta pas Mégane, elle restait et se creusait une place dans son esprit délirant. Aussi quand elle retrouva le confort de son lit d'hôtel, elle questionna Karine :

— Dis, comment tu sais que c'est le moment de sortir avec quelqu'un ?

L'ancienne blonde grogna et elle crut même qu'elle ne répondrait pas. Mais la forme se redressa quelque peu et lui parla :

— Tu prends des conseils auprès de la pire personne possible. Et je pèse mes mots...

— J'ai personne d'autres en même temps.

— Bien vu, accepta Karine. C'est par rapport à Vicky ?

Mégane hocha la tête de toute évidence plus paumée que ce à quoi elle s'attendait. Elle expliqua, dans la pénombre c'était plus facile, qu'elle s'était réellement attachée à Vicky, en très peu de temps finalement et qu'elle avait peur que tout parte à vau-l'eau considérant le caractère enflammé de la belle métisse. Enflammée c'était même trop gentil, elle l'imaginait plutôt comme une porteuse inquiétante de lance-flammes.

— Je suis dans le même état, murmura finalement Karine après un moment de silence. Je me suis attachée à Vicky même si elle a rarement été une personne bénéfique dans ma vie. Et maintenant que j'essaie de me construire un vie meilleure... Comment dire ? Je veux qu'elle y soit et je veux surtout pas qu'elle m'approche. J'ai l'impression qu'elle va m'achever au moment où je suis la plus fragile.

La bassiste resta longtemps surprise d'un tel aveu. Karine eut même le temps de s'embarrasser elle-même :

— Je suis une horrible amie, oublie tout ça.

Certainement pas. Pas alors que ça faisait écho à ce qu'elle ressentait pour cette splendide créature. Est-ce que Vicky avait fini d'être une Barbie lance-flammes ? Elle n'en était absolument pas sûre. Et oui les moments qu'elles avaient partagés, où elles étaient seules et semblaient si connectées, lui retournaient le ventre et faisaient battre son cœur. Mais ce n'était pas suffisant au quotidien.

Mégane savait ce qu'elle voulait. Un couple avec Barbie Vicky. Elle voulait que sa verve et sa colère ne soient plus des moyens d'auto-défense. Elle voulait arrêter de la considérer comme une fréquentation à risque. Alors il fallait qu'elle soit encore un peu patiente, qu'elle laisse à Vicky le temps de construire sa propre réponse.


Bonjour, voici un petit texte écrit pour une Mini-nuit du Fof avec comme thème « carton », oui j'ai pas mal brodé !