Elle partait. Le Führer l'avait mutée. Elle entrait à son service le jour même. On lui avait proposé une cérémonie de départ qu'elle avait refusé. Cela l'aurait fait trop pleurer. Riza Hawkeye avait salué tous les membres de l'équipe, excepté lui. Elle frappa à la porte du bureau du colonel.
-Colonel.
-Oui ?
-Il est temps pour moi d'y aller.
-Ah...
-Colonel, j'essaierais de le tuer... Je serais proche, je devrais y arriver...
-... C'est tout ce que vous avez à me dire ?
-Je crois.
-Bien...
-Au rev...!
Elle s'était attendue à plusieurs réactions de la part de Roy Mustang. Mais jamais, au grand jamais, elle ne s'était attendue à ce qu'il la serre dans ses bras.
-Colo...?
Il ne lâcha pas prise. Elle se sentit rougir affreusement, elle se demandait pourquoi. Elle se débattit pour finalement, comme il la tenait fermement, lui donner une baffe.
-LÂCHEZ-MOI!
-Ah... Aïe...
-Vous, colonel... Certes, vous êtes mon supérieur, mais comment osez-vous...?!
-Veuillez m'excuser, lieutenant... C'est juste que... Je suis si touché que vous vous en alliez. Nous avons travaillé ensemble depuis si longtemps... Vous êtes une formidable collègue, une incroyable amie... Alors, vous voir partir... Mais excusez mon comportement cependant déplacé.
Elle rougit de nouveau.
-... Ca, vous devrez patienter avant que je ne vous pardonne! Espèce de... Colonel imbécile !
Elle avait dit ça en souriant. Mais, sans qu'elle-même ne puisse se l'expliquer, des larmes coulèrent le long de ses joues. Elle dut se rendre à l'évidence : elle était triste à l'idée de partir. Le colonel s'approcha d'elle, hésita, puis la reprit finalement dans ses bras. Cette fois, elle ne se débattit pas.
-Colonel... Moi aussi... J'ai adoré... Travailler... Avec vous... Mais... Mais vous... étiez aussi... Quelqu'un de vraiment cher à mes yeux... Un si bon... Ami!
Elle pleura encore plus.
-Mais pourquoi... ...Parlez-vous au passé ?
Elle leva les yeux, surprise par cette réflexion.
Le colonel continua :
-Vous dites ça, comme si nous n'allions jamais nous revoir! Vous voulez donc tant vous débarrasser de moi... ? C'est raté ! En-dehors du bureau, il y a tant de lieux où se retrouver ! Et puis, sachez qu'un jour...
Il lui prit la main.
-Lorsque tout cela sera fini, je vous ferai un ordre de mutation, je vous forcerais à revenir à mes côtés, diplomatiquement parlant, et si ici, je suis bien obligé de vous laisser partir, sachez que, lorsque ce moment arrivera, je ne vous lâcherais plus ! Plus jamais !
Elle rougit. Il sécha ses larmes. Elle arrêta finalement de pleurer.
-Colonel... Vous ne pourrez jamais me forcer à retourner à vos côtés. Car je viendrais toute seule ! Attendez-moi... Je vous reverrais!
Havoc entra dans le bureau. Les deux l'éloignèrent précipitamment.
-Hé, désolé de casser l'ambiance, mais il faut y aller !
Ils sourirent.
-Elle arrive, Havoc.
-D'acc! Ne faites tout de même pas trop attendre "son excellence"!
-Oui...
Jean Havoc sortit.
Roy replaça son regard dans celui de son lieutenant, et demanda, embarrassé :
-Donc... On se revoie à la cantine de la caserne ?
Riza sourit, et répondit, tout aussi embarrassée :
-Oui! Avec plaisir!
Elle avait arrêté de pleurer.
-A bientôt, mon colonel. Et ne négligez pas votre travail!
-Je vais faire de mon mieux.
Elle sortit. Elle s'était rendue compte d'une chose : elle était triste à l'idée de devoir se séparer de lui. Mais après qu'il l'ait rassurée, elle n'était plus désemparée du tout. A la place, elle avait l'impression de voler. Elle ne marchait pas droit, souriait toute seule, avait envie de chanter. Elle se cogna contre un mur. Havoc rit beaucoup en la voyant ainsi. Elle voulut le foudroyer du regard, mais à la place elle lui fit un grand sourire. Elle se rendit compte de son état et constata que c'était bien la première fois qu'elle était ainsi.
-Bizarre...
