Au bureau, ce jour-là, l'ambiance était indescriptible. Havoc, Fuery, Breda et Falman ignoraient comment se comporter.

Mustang regardait sans cesse le capitaine Hawkeye, mais plus avec ces regards amusés et ironiques, non, il cherchait vraiment son regard. Il la dévisageait sans cesse. Elle, de son côté, évitait plutôt son regard. Certes, elle l'aimait, certes, elle mourrait d'envie de le prendre dans ses bras, de l'embrasser comme la veille, lors de sa promotion! Mais c'est justement ce souvenir qui l'en empêchait, elle s'était clairement laissée aller, son honneur allait en prendre un coup si cela se découvrait, oui, elle regrettait; même si elle considérait ces instants comme les meilleurs instants de toute sa vie. Il fallait qu'il oublie, et elle aussi. Que cela reste un épisode sans importance dans sa vie.

Mais, il ne l'avait pas rejetée. Etait-il possible que... Non. Elle chassa cette idée de sa tête. Il ne pouvait l'aimer en retour. De toute façon, cet amour serait impossible. Et elle voulait qu'il la respecte, mais lui, le dragueur de service, en serait-il capable ? L'aimerait-il uniquement pour son corps? Qu'il aille voir ailleurs, dans ce cas! Non. C'était faux. Elle le voulait, pour elle seule. Mais elle ne devait pas; et lui non plus.

Elle fut tirée de ces pensées qui lui torturaient l'esprit par la voix du Général.

-Je prends ma pause. Vous prenez un petit café avec moi, Capitaine Hawkeye ?

-De toute façon, la machine à café ne marche plus ! Elle est actuellement en réparation! Et vous ne buvez pas de café!

-Beeen, je peux changer d'avis! Et elle sera finie quand, la réparation ?

-Dans une semaine.

-QUUUOOOIII? Ne croyez pas que je vais attendre tout ce temps pour faire une pause avec vous ! Venez ! On trouvera bien quelque chose à boire!

-Mais... je suis en plein travail...

-Discutez pas, c'est un ordre!

Une fois de plus, elle fit cette tête qu'il aimait tant, qu'il avait baptisée : "Choquée-énervée-mignonne" (allez savoir où il a eu l'idée) et il l'entraîna vers le couloir. Depuis qu'il était général, il avait eu L'INCROYABLE idée d'installer une salle avec canapés etc pour la pause. (Même si cette salle existait déjà dans les autres casernes.) Aussi il vint s'y installer avec son capitaine. Il y avait deux autres personnes ici : Un quelconque sergent et un caporal. Mais le caporal avait fini sa pause, ainsi ils n'étaient plus que trois. C'est alors que l'on appela le sergent. Il sortit donc. Ils étaient désormais seuls. Un gros silence s'installa. Il la regarda longuement, elle essaya, tant bien que mal, de détourner le regard et de se distraire. En vain. Contre son gré, ses yeux se replongèrent finalement dans ceux du Flame Alchemist.

-Vous avez le regard bien fuyant aujourd'hui, Capitaine...

Nouveau blanc. Elle s'était un peu avachie, aussi elle se redressa.

-Capitaine... Nous pouvons nous parler... Nous sommes seuls, tous les deux, personne ne peut nous entendre... Si votre acte d'hier était justifié, si vous m'aimez, nous pouvons aller plus loin... En revanche, si, selon vous, c'était un acte insensé, si vous regrettez, alors, dites-le-moi, et j'oublierai tout. Promis. Mais sachez que moi, capitaine, je vous aime à la folie.

A chaque fois que j'allais chez une femme, que nous avions une aventure, je le regrettais dès le lendemain. Je me maudissais, avec mes désirs, mais je recommençais, car j'en avais besoin. Mes hormones bouillonnaient, et même si je ne les aimais pas, je devais les sauter. C'était un désir, un besoin plus qu'une véritable envie. Mais avec vous, c'est différent. Je vous veux, évidemment, mais j'éprouve du plaisir à vous voir, à vous parler, à vous serrer dans mes bras. Oui, hier, j'étais très heureux. Mais vous, capitaine, m'aimez-vous ? Ou voulez-vous oublier tout cela ? Si tel est votre désir, très bien...

BLAM!

Elle s'était levé, et avait tapé du poing sur la table.

-J'en ai marre. Cette discussion ne rime à rien. D'ailleurs, c'est surtout un monologue, et je vous rappelle que nous sommes dans un lieu de travail!

-Pourtant, hier vous sembliez si jalouse, d'ailleurs vous l'avez avoué... Non?

-Bon, puisque vous m'avez posé la question, général, je me vois dans l'obligation de vous répondre : Non! Je ne vous aime pas!

-Très bien...

-Je... Retourne... Au bureau.

Elle se dirigea vers la porte. Lui se figea d'abord, puis se leva brutalement. Il serait sorti, serait retourné à son bureau, le cœur brisé, et aurait travaillé en silence s'il n'avait pas vu ce frisson sur le corps de Riza Hawkeye. Il serait sorti le soir, serait allé au bar, pour se faire consoler, s'il n'avait pas perçu ce petit sanglot, très subtil, très léger, dans la voix du capitaine. Elle avait eu raison, la veille : Pourquoi ne voulait-il pas voir la vérité ?

Il en était sûr : elle mentait. Pour son honneur, sa fierté, ou tout simplement pour se protéger du monstre qu'il était. Oui, il était conscient d'être un monstre. Un vieux pervers cupide et orgueilleux. Mais malgré tout, quelqu'un qui connaissait sa vraie nature l'aimait. C'était le plus beau cadeau pour lui.

Il s'approcha du capitaine, qui s'était arrêtée en le voyant se lever, et remonta la manche de son uniforme, puis caressa son bras. Il trouva sa peau fraîche et laiteuse. Il en voulait plus. Il s'avança encore pour être tout collé contre elle, la ramena délicatement en arrière. Elle se laissa faire. Qu'avait-elle à perdre ?

Elle avait bien senti que le général avait compris, qu'il ne la croirait plus lorsqu'elle nierait son amour pour lui. Et puis, elle aussi en mourait d'envie. Et surtout, elle sentait que cet homme, pourtant réputé comme un véritable pervers et Casanova, la respectait et l'aimait vraiment. Quand à son honneur, elle décida de ne plus se torturer l'esprit à se poser des questions stupides.

Il s'assit finalement de nouveau sur le canapé, l'entraînant avec lui de sorte qu'elle était désormais sur ses genoux, et commença à déboutonner la veste du capitaine. Elle rougit et sentit son cœur battre très fort dans sa poitrine. Elle n'avait pas peur qu'on les surprenne, pour l'instant pour elle comme pour lui, seul comptait l'instant présent. Il tourna la tête d'Hawkeye vers lui, et déposa un nouveau baiser sur ses lèvres. Ses lèvres étaient fraîches. Pour être plus à l'aise, elle se rassit à côté de lui. Elle se tourna vers lui, et posa les mains sur son torse pour finalement lui rendre son baiser. Au moment où elle sépara ses lèvres de celles du général Mustang, Havoc entra dans la pièce. Les deux s'éloignèrent précipitamment -décidément, Havoc était casseur d'ambiance professionnel!- et se recoiffèrent.

-Eh bé... Vous vous emmerdez pas un peu, assis comme ça ?

Roy et Riza répondirent en chœur :

-Ah non, non! Cette pause est super, vraiment, c'est l'éclate!

Avant de rougir comme deux pivoines.

-? Euh d'accord... Je vous laisse, alors...

Lorsqu'il claqua la porte, le général et le capitaine ne purent s'empêcher de pouffer de rire, sans vraiment savoir pourquoi.

-Ha, ha! On a eu du bol !

-Oui, hi, hi, il faudra faire attention la prochaine fois!

-Mais, du coup, capitaine... Peut-on dire, même si nous ne faisons rien, que... Désormais... Nous formons un vrai couple ?

-... En... Fait, à une condition...

-Ah oui? J'écoute ?

-... Que... (Elle lui fit un grand sourire.) Lorsque nous sommes seuls tous les deux, je veux que vous me tutoyez!

-Si vous aussi, pas de problème... Riza!

-Très bien! Dans ce cas, j'accepte ta proposition, Roy!

-C'est tout de même... Ca fait bizarre... Et si on s'y habitue, et qu'on s'appelle ainsi en public ?

-Si tu veux, on peut se vouvoyer, mais ça ne vous ressemble pas de pleurer pour si peu!

-Pleurer...? Qui pleure, hein ?!... OK, tutoyons-nous ! Ma chère... Capitaine Riza Hawkeye!

Ainsi naquit un nouveau couple, non, on ne s'y attendait pas du tout! La suite au prochain épisode!