Et voilà un long chapitre pour la suite... Il est très triste. Donc si vous n'aimez pas les tragédies, passez ce chapitre. Mais j'en suis assez satisfaite donc en fait lisez-le. Enfin comme vous voulez. Vous êtes prévenus. ^^.

Une jeune femme blonde était avachie sur un canapé, caressant mécaniquement un chien. Même si elle avait les yeux rivés sur la télé face à elle, ses yeux étaient dans le vague. Mornes. Vides. Il pleuvait ce jour-là à Central. Après tout, se dit-elle, les nuages avaient bien le droit de pleurer. Elle n'y était pas allée mollo non plus ces derniers jours. Ses yeux brillaient de larmes. A l'écran, c'était la pub.

"... Pour tenir toute la matinée, choisissez..."

La blonde fit taire la voix mécanique en zappant. Elle tomba sur une chaîne où passait Titanic. Super.

"-Jack...

-Rose promets-moi que tu vivras vieille et que tu mourras dans ton lit.

-Jack!

-Promets-le moi.

-Je te le promets.

-Bien..."

Quelques scènes plus tard le dénommé Jack mourrait. La femme se dit que ce Jack, même si il y avait laissé la vie, avait réussi à protéger celle qu'il aimait. Ce n'était vraiment pas facile de protéger quelqu'un. Elle pensa à elle-même. Elle pourtant, était prête à se sacrifier pour lui! Mais il ne lui avait pas laissé le temps. Il avait fallu quelques minutes d'inattention. Quelques minutes loin de lui, et tout était fini. C'est dingue comme tout pouvait basculer en une fraction de secondes... Le petit chien aboya pour réclamer des caresses que sa maîtresse avait arrêté de lui faire. Celle-ci, recommençant son mouvement d'automate, le prit finalement dans ses bras et, laissant des larmes perler de ses cils, elle murmura:

-Qu'est-ce qui n'allait pas... Qu'est-ce qui n'allait pas... Hayate...

-o0O0o-

Une semaine plus tôt. Champ de bataille, 20h30.

La bataille entre les Ishbals et quelques troupes d'un pays voisin avait éclaté. Les Ishbals avaient réquisitionné l'aide de leurs nouveaux alliés, les militaires d'Amestris. Car malgré les évènements récents, des tensions subsistaient. Riza était donc, ce soir-là, sur le champ de bataille, ou plutôt dans le camp de retranchement. Elle sortit de sa tente, pour aller s'acquitter de sa mission, à savoir surveiller le généralus Mustangus qui lui devait établir des plans de stratégie. Lorsqu'elle entra dans la tente de son supérieur, ce qu'elle vit lui glaça le sang. Il était là, avec une jeune militaire qui s'accrochait désespérément à son bras. Celle-ci, à moitié allongée sur lui, disait:

-Roy, je t'aime!

Roy Mustang allait répondre, mais vit Riza qui se tenait là, l'air désemparée. Blessée, elle lança froidement:

-Ah, je vois. Nous sommes en guerre, et vous roucoulez. J'aurais dû savoir, dès le début...

Elle laissa sa phrase en suspens et sortit rapidement de la tente. Une fois dehors, des larmes roulèrent sur ses joues. Elle éclata finalement en sanglots, s'éloignant du camp, marchant seule dans l'obscurité. Pourquoi? Pourquoi quoi?, se demanda-t-elle. En ce moment-même elle haïssait Roy. Et elle espérait que ça reste toujours ainsi.

-Enfoiré...

Trop triste, elle n'entendit pas les pas précipités derrière elle, les "capitaine!" qui retentissaient, et réalisa au bout d'un moment qu'elle courait, et qu'elle s'éloignait. Elle n'entendit plus rien, elle l'avait sûrement semé. Elle revint au bout d'un moment sur ses pas. Elle soupira de soulagement du fait qu'elle ne le croisa pas. Ç'aurait été trop dur. Elle n'aurait même pas soutenu son regard une seule seconde. Elle rentra dans sa tente et s'écroula, effondrée.

-o0O0o-

Roy s'était bien décidé à faire ces plans de stratégie qu'il devait faire. Mais alors qu'il rentrait dans sa tente, il vit une jeune militaire installée là. Une sous-lieutenante visiblement. Roy ne sut quoi dire, mais la militaire prit la parole.

-Général de brigade Roy Mustang. N'est-ce pas. Tu as l'air jeune pour un général.

-J'ai 30 ans bientôt 31. Sous-lieutenant, vous n'avez pas à être ici. Sortez s'il vous plaît j'ai des plans à faire.

-Quel sérieux! Pourtant tu êtes réputé comme un séducteur de première mon général! Celui-qui-saute-toutes-les-filles-qu'il-voit.

-Désolé, ce sujet ne vous concerne pas. Et d'ailleurs ce n'est plus d'actualité.

-Ah ouais? T'as une copine?

-Cela ne vous concerne pas. Sortez mademoiselle.

-Peu importe, répliqua-t-elle, certes les relations entre militaires sont interdites mais...

-Sortez c'est un ordre.

-On va crever, Roy. Alors je dois te dire une chose. Embrasse-moi s'il te plaît.

-Non, je ne veux pas. Je ne vous connais ni ne vous aime.

-Mais moi, je t'aime! Je t'aime, Roy!

Il allait rétorquer qu'elle désobéissait à un supérieur et qu'elle ferait mieux de partir avant qu'il ne la dénonce, lorsqu'il vit le visage décomposé de son capitaine. Depuis quand était-elle là? Comprenant exactement ce que Riza Hawkeye devait penser, il fut pourtant incapable de dire le moindre mot. Elle allait le détester. Et elle sortit la phrase qui le déchira.

-Ah, je vois. Nous sommes en guerre, et vous roucoulez. J'aurais dû savoir, dès le début...

La sous-lieutenante ne comprit pas mais Roy comprit très bien que la phrase se terminait par "j'aurais dû savoir, dès le début que vous n'étiez qu'un salaud et que vous ne m'aimiez pas." Mais il était presque sûr que le capitaine Hawkeye ne le pensait pas. Enfin, elle croyait le penser. Il la poursuivit lorsqu'elle s'enfuit hors de la tente puis du camp. Mais alors qu'il hurlait "capitaine!", des militaires qui le voyaient aller en territoire ennemi l'attrapèrent et le ramenèrent de force dans sa tente.

Le lendemain sur le champ de bataille, lui et le capitaine n'échangèrent pas un mot. Elle continuait de faire le sniper, mais à chaque fois son viseur allait surveiller si Roy Mustang allait bien. Alors qu'elle repensait aux évènements de la veille, ses yeux se brouillèrent. Ils n'avaient pas reparlé depuis. Cela lui déchirait le coeur. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander s'il l'avait vraiment trompée. Lorsqu'elle les avaient vus, Roy semblait agacé et réticent. La sous-lieutenante au contraire avait l'air lourdement insistante. Et elle était presque sûre d'avoir senti un rejet total dans l'expression du général. Oui, elle en était désormais convaincue. Dans ce cas, c'était elle qui avait été stupide. Roy devait lui en vouloir. Elle devait s'excuser. Mais alors que, se giflant mentalement, elle replaça son regard dans le viseur, elle ne trouva plus son général.

-o0O0o-

Fin de la guerre. Victoire d'Amestris.

Des militaires, l'air joyeux et soulagé, rejoignaient gaiement les régiments. Dans toute cette foule, seule une femme blonde restait là, sniper à la main. Elle était assise à genoux au sol, et ses yeux semblaient chercher quelqu'un. Deux officiers vinrent la voir.

-Euh, vous êtes... Capitaine... Vous venez? Vous allez rentrer chez vous.

-Où... Général...

-Pardon?

-Où est le général?

-Pardon mademoiselle mais...

-Où est-il?! Où est le général Mustang!?

A la mention de ce nom, les officiers pâlirent. Le remarquant, Riza répéta sa question. Au bout d'un moment, ils baissèrent la tête.

-Nous sommes désolés... Nous n'avons rien pu faire...

Ce fut au tour de Riza de pâlir. Elle avait eu un mauvais pressentiment et pourtant elle n'y croyait toujours pas. Sa voix, qui était d'abord un murmure, se transforma en supplice.

-Non... C'est impossible... Non... Non... NOOOOOON!

Elle tira des balles de son sniper en visant un tas de sable quelques mètres plus loin, puis lâcha l'arme et hurla.

-Non... Général... Pas vous... Général... ROY MUSTANG!

-o0O0o-

Voilà pourquoi elle était désormais affalée sur son canapé. Elle avait quitté l'armée. Ses ex-collègues, compatissants, l'avaient beaucoup aidée, même si ça ne suffisait pas à la faire esquisser quelque chose ressemblant vaguement à un quart de sourire. Comme elle restait sans cesse sur ce canapé, Havoc, Breda, Falman ou Fuery venait tous les jours lui donner à manger. Ce jour-là, c'était au tour d'Havoc, qui était déjà passé. A la scène de Titanic où Rose meurt, elle entendit frapper à sa porte.

"Bizarre", se dit-elle, "Havoc est déjà passé je crois... Enfin, j'ai peut-être perdu toute notion du temps... Je ne saurais dire si ça fait deux jours ou trois ans que je suis sur ce sofa."

Elle éteignit le film de toute façon presque terminé, et répondit machinalement:

-Tu as les clés Havoc...

Une voix rauque masculine inconnue lui répondit:

-Ce n'est pas Havoc.

Elle regretta d'avoir répondu. Car il n'y avait pas que ses anciens subordonnés qui venaient la voir, mais également des militaires qui lui demandaient si elle ne voulait pas réintégrer l'armée. Mais bon elle avait répondu, alors...

-Qui est-ce?

-Capitaine Riza Hawkeye. Je voulais savoir si vous ne vouliez pas réintégrer l'armée.

Riza soupira;

-Je vous ai déjà dit, hors de question. Je n'ai plus aucun objectif donc aucun intérêt à en faire partie maintenant.

Soudain la voix rauque se transforma en une voix qu'elle crut reconnaître, qui bougonna:

-Ah bon... C'est dommage je croyais que vous seriez toujours à mes côtés...

Elle hoqueta de surprise. Impossible. Ca ne pouvait pas être... Dans ses yeux s'alluma une lueur d'espoir éteinte depuis trop longtemps. Elle courut vers la porte, l'ouvrit à la volée... Et tomba nez à nez avec un bouquet de fleurs. Des lilas, ses préférées. Elle cligna des yeux, surprise, puis lorsque le bouquet s'abaissa elle reconnut une tête brune familière. A ce moment, ses yeux s'embrouillèrent de larmes, elle se saisit d'une batte (oui Riza a chez elle une batte tout est normal, c'est un peu comme Winry quand elle assomme Ed avec sa clé à molette...) et frappa du plus fort qu'elle put l'individu. Elle claqua la porte, respira une ou deux fois et entendit à travers la porte.

-Aïe, ça fait mal... Bon, et si on la refaisait?

Riza respira encore, et entendit la voix:

-Capitaine Riza Hawkeye. Je voulais savoir si vous ne vouliez pas réintégrer l'armée.

Elle ouvrit violemment la porte, se jeta au cou de l'homme et répondit, criant presque:

-Bien sûr que je le veux, abruti de général!

Nan mais vous croyez quand même pas qe j'allais faire mourir Roy, de façon si simple sans Riza à ses côtés?! C'était une BLAGUE! (l'auteure se marre pendant qu'elle écrit une fic où tout le monde déprime...) En vérité, il était juste gravement blessé. Il n'est pas tout à fait guéri, et Riza a dû réouvrir sa plaie en se jetant à son cou... Ah là là des fois c'est beau l'amûûûr... Les prochains chapitres seront aussi assez longs, mais j'ai déjà tout écrit sur un carnet. Après, ze question is quand est-ce que j'aurais le courage de tout taper... Bye. ^^.