Note : Surprise ! Je vous avoue, je n'avais pas du tout prévu de faire ce genre de chapitre, mais l'idée m'est venue et il s'est écrit tout seul alors autant vous le partager :) Comme j'aime beaucoup ce concept, je pense essayer de vous faire d'autres petits chapitres bonus pour vous permettre de connaître un peu mieux Mal et Evie, n'hésitez pas à me dire si ça vous plaît !
Attention, c'est un peu triste, mais j'espère quand même que vous aimerez ^^
(et oui, on a toujours rendez-vous ce samedi pour la suite de l'histoire principale)
Evie – 7 ans
Elle ne devait pas pleurer, elle ne devait pas pleurer, elle ne devait pas pleurer.
Evie serrait son pingouin en peluche de toutes ses forces contre elle, s'efforçant de contenir ses larmes. Elle était assise sur son petit lit bleu, au milieu de toutes ses autres peluches, son cœur battant fort alors qu'elle n'arrivait pas à oublier les yeux remplis de colère de sa maman qui la grondait, à peine quelques minutes plus tôt.
C'était la première fois qu'elle voyait sa maman aussi en colère. Elle savait que c'était sa faute, comme à chaque fois qu'elle était punie. Elle n'avait pas fait assez bien. Elle n'avait pas été assez attentive. Elle n'aurait pas dû être distraite, et n'aurait pas dû oublier de noter ce devoir dans son cahier.
Mais elle avait été tellement excitée et impatiente, à l'école. Tout le monde parlait de l'anniversaire de Mélodie qui avait lieu le samedi. Un anniversaire où il y aurait plein de jeux, du gâteau, des bonbons, un château gonflable et même des petits lapins à caresser. Evie était tellement heureuse d'avoir été invitée, et tellement heureuse que sa maman lui ait donné l'autorisation d'y aller. Elle n'avait pas souvent le droit d'aller à des anniversaires, et encore moins de manger du gâteau et des bonbons. Alors, emportée par l'enthousiasme et les discussions à propos du château gonflable, du nombre de lapins, du goût du gâteau et du nombre de cadeaux, elle n'avait pas entendu la maîtresse, et elle n'avait pas noté dans son cahier de devoirs qu'elle devait réviser pour la dictée du lendemain.
C'était la première fois qu'elle avait une mauvaise note. Elle avait fait tellement de fautes dans cette dictée, même la maîtresse en avait été surprise. Mais si la maîtresse n'avait été que surprise, la maman d'Evie, elle, avait été furieuse.
Evie s'était sentie toute minuscule et misérable pendant que sa maman lui criait dessus, lui disant à quel point elle était déçue et honteuse de ce résultat. Elle n'avait jamais crié comme ça avant, et Evie avait senti son petit cœur flancher tellement fort qu'elle avait commencé à pleurer. Mais sa maman n'aimait pas quand elle pleurait, alors elle l'avait envoyée dans sa chambre, avait posé son cahier de dictées sur son bureau, et lui avait ordonné de recopier cent fois sans erreur ni rature le texte où elle avait fait toutes ces fautes.
C'était vraiment beaucoup, cent fois. Evie savait que ça allait lui prendre longtemps. Vraiment longtemps. Tellement longtemps qu'elle savait qu'elle n'aurait pas le droit d'aller à l'anniversaire. Elle allait tout rater. Le gâteau, les bonbons, le château gonflable et les petits lapins à caresser. Elle ne pourrait pas offrir la jolie poupée qu'elle voulait donner comme cadeau à Mélodie. Et lundi, à l'école, tous les autres n'allaient parler que de ça, et lui demander pourquoi elle n'était pas venue.
Se recroquevillant dans son lit, le visage enfoui contre sa peluche, Evie se remit à pleurer. Et pourtant elle savait qu'elle devait arrêter, et se mettre au travail, parce que si sa maman revenait et voyait qu'elle n'avait rien fait, elle allait crier encore plus fort.
Mal – 7 ans
— Est-ce que tu as peur ?
La voix de Mal n'était qu'un souffle discret, à peine audible dans la pièce. Mais ça n'empêcha pas son dragon en peluche de lui répondre que oui, il avait peur.
— Il faut pas avoir peur tu sais, lui murmura-elle. Moi j'ai pas peur. C'est pas grave si on est un peu tout seuls, il faut pas avoir peur.
Elle était assise dans son lit, sa couverture par-dessus la tête, comme une protection contre le monde extérieur. Heureusement, sa chambre était petite, et elle savait qu'il n'y avait pas d'intrus dedans. Elle avait bien vérifié sous son lit et dans l'armoire. Mais comment savoir s'il n'y en avait pas dans le reste de la maison ? La maison était grande, et c'était dur de surveiller toutes les cachettes. Et il y en avait beaucoup des cachettes, Mal le savait, parce qu'elle les utilisait souvent.
— Ne t'inquiète pas Tommy, elle va revenir dans pas longtemps, assura-t-elle à son ami en le serrant un peu plus fort contre elle, parce qu'il avait peur et que faire un câlin, ça aidait toujours à vaincre la peur.
Elle ne savait pas trop depuis quand sa maman était partie, parce qu'elle ne savait pas encore trop comment lire l'heure. Pourtant ils apprenaient ça à l'école, mais Mal n'était pas très attentive en classe, alors elle ne savait pas trop.
Mais elle savait que quand sa maman était partie, il faisait clair dehors. Et que maintenant il faisait noir. C'est parce qu'il faisait noir que Tom avait peur. Pas Mal. Elle, elle n'avait pas peur. Mais elle pouvait comprendre que ça fasse peur à Tom, parce que la nuit, il pouvait y avoir des voleurs ou des méchants. En plus, il y avait des bruits bizarres, et elle ne savait pas d'où ils venaient.
— C'est l'heure de dormir tu sais, dit-elle à sa peluche. Quand il fait noir, il faut dormir. Et si on dort, on sera plus vite demain, et maman sera revenue. D'accord ?
Elle s'allongea, se blottissant sous sa couverture, veillant bien à ne pas lâcher le petit dragon parce que si elle le lâchait, il allait avoir tellement peur ! Tant qu'elle le tenait, ils étaient ensemble et ils ne risquaient rien du tout.
Elle tenta de fermer les yeux et de penser à des jolies choses, mais il y eut un craquement quelque part dans la maison, et elle se redressa d'un coup, les yeux grands ouverts, ses petits doigts agrippés à sa peluche.
— Peut-être qu'on va rester éveillés encore un peu, pour monter la garde. Okay Tommy ?
Le petit dragon acquiesça, et Mal le serra un peu plus fort contre elle, pour ne pas qu'il ait peur.
