Note : Permettez-moi un instant de divagation par rapport aux bonus, parce que je n'arrête pas de changer d'avis les concernant. Souvent je suis toute excitée de les écrire, de les découvrir et de pouvoir les partager avec vous, parce que j'ai l'impression qu'ils permettent de mieux connaître et comprendre les personnages, et qu'ils apportent une autre dimension à l'histoire…et l'instant d'après je ne les aime plus, parce que j'ai peur qu'ils soient trop sombres, trop tristes, trop lourd pour une histoire supposée être mignonne à la base (même si je vous avoue que les chapitres deviennent de plus en plus angsty mais hey, le fluff est encore plus savoureux quand il arrive après un peu de angst). Je n'arrête pas de changer d'avis, de décider de ne plus les poster, puis de me dire que c'est bête, puisqu'ils sont écrits, mais d'avoir constamment des gros doutes par rapport à eux.

Ce petit monologue ne mène à rien, mais je voulais vous rappeler que ce sont des bonus, pas prévus à la base et que vous pouvez donc ne pas les lire s'ils ne vous plaisent pas. Vous ne manquerez pas d'information capitale pour l'histoire, promis. Même si j'essaye de faire en sorte qu'ils apportent quelques éléments intéressants sur le passé et les réactions des personnages, notamment celui-ci. Et puis aussi n'oubliez pas que ce ne sont que quelques moments pris dans une vie, et que rien n'est jamais tout noir ou tout blanc ;) Bref j'arrête de parler pour ne rien dire et je vous laisse lire.

Avertissement : mention de violences sur enfant (considérez cet avertissement valable pour tous les bonus, le passé de Mal n'est pas joyeux).


Mal – 2 ans

Mal était malade, et elle n'aimait pas ça.

Mais quand elle s'était réveillée ce matin-là, brûlante de fièvre et la respiration encombrée, son papa l'avait sortie de son berceau et l'avait prise dans ses bras, la serrant contre lui.

Depuis, il ne l'avait pas lâchée. Parfois il la déposait un instant, pour essayer de la faire boire ou manger, ou pour lui mettre un médicament dans les fesses - ce que Mal n'appréciait pas du tout, et elle le faisait savoir à grand renfort de hurlements - mais le reste du temps, elle restait dans ses bras. Solidement blottie contre lui, elle pouvait sentir ses bras rassurants et protecteurs autour d'elle. De temps en temps, ses doigts lui caressaient le visage, ou ses lèvres lui embrassaient le front, et il lui murmurait des chansons pour la bercer.

Alors non, Mal n'aimait pas être malade. Mais elle aimait son papa, et il était là pour rendre ce moment moins pénible, alors tout allait bien.

Evie – 2 ans

Evie était malade, et elle n'aimait pas ça.

Mais depuis cette nuit où elle s'était réveillée en hurlant, brûlante de fièvre, elle avait atterri dans le grand lit de sa maman, et n'en était plus sortie. Et sa maman était là, tout contre elle, lui offrant des caresses, des baisers et des mots doux. Et Evie aimait sa maman, plus que tout au monde, et elle n'avait besoin de rien d'autre pour oublier qu'elle n'allait pas bien.

Mal – 6 ans

Mal avait vomi, il y en avait partout dans son lit. Elle avait mal au ventre, et à la tête, et tout tournait autour d'elle. Mais elle parvint quand même à s'extirper des couvertures sales et à tituber jusqu'à la porte.

Elle ne voulait pas appeler sa mère, parce qu'elle savait qu'elle allait être en colère. Mais elle était si fatiguée et son lit était plein de vomi. Peut-être que sa maman comprendrait. Peut-être même qu'elle laisserait Mal aller dans son grand lit, pour qu'elle puisse se rendormir rapidement.

— Maman, appela-t-elle d'une petite voix faible, rocailleuse et abîmée.

Il fallut qu'elle appelle plusieurs fois pour qu'enfin la porte de la chambre de sa mère s'ouvre et que celle-ci apparaisse.

— Qu'est-ce-que tu as à geindre comme ça ? aboya-t-elle, de très mauvaise humeur.

Mal recula aussitôt, regrettant de l'avoir appelée, et essaya de refermer la porte de sa chambre et de disparaitre, en espérant que sa mère reparte d'où elle venait. Mais son pyjama recouvert de vomi la trahit, et elle fondit sur elle, tel un rapace sur sa proie.

— Ne me dis pas que tu as encore tout dégueulassé ! s'exclama-t-elle en bousculant Mal pour entrer dans sa chambre.

Mal trébucha et tomba par terre, impuissante, pendant que sa mère se mettait à fulminer en constatant les dégâts, se tournant vers sa fille et l'empoignant sans ménagement.

— Mais c'est pas possible ! gronda-t-elle en secouant la petite fille. Tu n'es donc pas capable de te déplacer jusqu'à la salle de bain ? Tu crois que je vais nettoyer ton lit tous les jours ? Que je n'ai rien de mieux à faire ?

Et la pauvre Mal se mit à pleurer, parce que la douleur dans son ventre et dans sa tête s'intensifiait sous les va-et-vient que sa mère lui imposait.

— J'ai p-pas f-fait ex-exprès, hoqueta-t-elle de désespoir.

— Pas fait exprès, je vais t'en donner moi des pas fait exprès ! Peut-être que ça t'apprendra à faire exprès de courir jusqu'aux toilettes !

Et sans que Mal ne puisse réagir ou protester, son pyjama lui fut brusquement retiré et la main impitoyable de sa mère s'abattit sur ses pauvres petites fesses sans défense, encore et encore, amplifiant ses pleurs un peu plus à chaque fois.

Au bout d'une dizaine de claques, sa mère arrêta de la frapper et la poussa dans le coin de sa chambre, où Mal tomba à la renverse, et s'étala par terre en sanglotant. Quelques secondes plus tard, un pyjama et une couverture propres lui atterrirent dessus, et la voix de sa mère se fit à nouveau entendre, dure et glaciale.

— Tu n'as qu'à dormir là ! Et arrête de chouiner comme un bébé si tu veux que je change tes draps demain !

Sans un regard supplémentaire pour sa fille, elle partit en claquant la porte, et Mal se roula en boule sur le sol, pleurant de douleur et de chagrin, serrant la couverture contre elle dans un besoin de réconfort désespéré.

Evie – 6 ans

Evie avait vomi, il y en avait partout dans son lit. Elle avait mal au ventre, et à la tête, et tout tournait autour d'elle, alors elle se mit à pleurer très fort, appelant sa maman.

Il ne fallut que quelques minutes pour que celle-ci arrive dans sa chambre, contrariée d'être ainsi réveillée.

— Bon dieu Evie ! la sermonna-t-elle en voyant sa fille recouverte de vomi. Pourquoi crois-tu que j'ai placé une bassine à côté de ton lit ?

Les pleurs d'Evie redoublèrent parce qu'elle ne voulait pas être grondée ni punie, et qu'elle n'avait pas fait exprès. Désespérée et incapable de dire un mot à travers ses sanglots, elle tendit les bras en direction de sa maman, quémandant un câlin.

Celle-ci la toisa un instant avec agacement, puis ses traits s'adoucirent, prenant pitié de la détresse de l'enfant. En une seconde, des bras réconfortants et chaleureux enveloppèrent Evie et elle fut soulevée loin de ses draps souillés.

— Allez, on va te nettoyer et te mettre un pyjama propre, et tu termineras la nuit avec moi, d'accord ?

La petite fille ne répondit pas, se contentant de se blottir très fort contre sa maman, se sentant déjà un peu mieux.