Je suis désolée je n'ai pas eu le temps de relire le chapitre suivant (qui plutôt long) mais promis samedi prochain on retourna à l'histoire principale ! En attendant je vous laisse avec un autre bonus (ou comment j'aime briser vos cœurs et le mien en torturant Mal).


Mal – 7 ans

— Qu'est-ce que tu fabriques encore ? Debout !

Mal tressaillit à la voix soudaine de sa mère, et leva le visage vers elle, les yeux remplis de crainte.

— M-Mon lacet s'est défait, balbutia-t-elle, espérant que ce contretemps ne lui vaudrait pas une punition.

— Et bien, dépêche-toi de le refaire.

La petite fille tourna à nouveau son attention vers ses pieds, où ses petits doigts tentaient du mieux qu'ils pouvaient d'attacher son lacet récalcitrant. Sauf qu'elle venait à peine d'apprendre comment faire ça, et qu'elle sentait le regard impatient de sa mère sur elle et elle n'arrivait pas à se rappeler dans quelle boucle elle devait...

Une claque soudaine s'abattit sur ses mains et elle les rétracta aussitôt pour les protéger alors que sa mère était penchée sur elle, les yeux agacés et menaçants.

— Qu'ai-je fait pour mériter une incapable pareille ?

Sans laisser le temps à la fillette de réagir, elle prit les lacets et les attacha elle-même, les serrant bien trop fort. Mal eut envie de protester, mais avant qu'elle ne puisse émettre un son, les doigts de sa mère se refermèrent subitement sur son oreille, la tirant vers le haut et la forçant à se mettre debout.

— Aïe ! J'ai rien fait ! gémit Mal en essayant de s'échapper à l'emprise douloureuse, mais cela servit juste à l'intensifier.

— Pour l'instant, rétorqua sa mère. Mais je te connais et je préfère anticiper. Tu sais où nous allons ?

— A une fête à ton travail avec tous tes collègues, s'empressa de répondre Mal, récitant presque par cœur.

Sa mère sourit, satisfaite, mais ses yeux étaient toujours aussi durs et intransigeants qu'à l'ordinaire.

— Exactement, susurra-t-elle. Une fête où j'ai la gentillesse de t'emmener, remplie de personnes que je côtoie chaque jour. Pour cette raison, je ne tolérerai pas le moindre écart de ta part.

— Je serai sage ! promit Mal un peu trop vivement, prête à accepter n'importe quoi pour que sa maman lâche son oreille.

Mais celle-ci ne semblait pas en avoir terminé, et se mit à serrer encore plus fort, approchant son visage de celui de l'enfant qui grimaça, terrorisée parce qu'elle n'avait aucune idée de ce qui l'attendait.

— Si jamais tu te fais remarquer et que tu attires l'attention sur toi, je n'hésiterai pas à te corriger devant tout le monde, c'est compris ?

Mal déglutit, et ses petites mains allèrent se poser sur son derrière, à peine protégé par sa culotte et la petite robe légère que sa mère l'avait obligée à mettre.

— Réponds !

— Oui maman ! glapit-elle d'une voix minuscule et terrifiée.

Finalement, sa mère la libéra et se remit à marcher en direction de la fête. Sa main posée par-dessus son oreille douloureuse dans une tentative vaine de soulagement, Mal se mit aussitôt à trottiner derrière elle, se doutant que la menace serait mise à exécution immédiatement si jamais elle les mettait en retard.

Quand sa maman lui avait annoncé qu'elle allait à une fête, elle avait été contente et enthousiaste. Mais maintenant, à quelques minutes d'y arriver, avec tous les imprévus et les événements incontrôlables qui allaient s'y passer, elle ne voyait pas comment elle allait parvenir à échapper à une punition, et elle avait déjà envie de pleurer.

Peut-être que ça aurait été mieux si sa maman ne l'avait pas emmenée, finalement.

Evie – 7 ans

— Evelyne, veux-tu bien te redresser tout de suite et revenir ici ?

À la remontrance de sa maman, Evie se remit debout et alla la rejoindre immédiatement, un grand sourire sur le visage.

— Je regardais les fleurs maman, elles sont tellement jolies !

— Ce n'est pas une raison pour salir ta robe neuve. Allez viens, et terminons-en avec cette balade.

Sans se défaire de son sourire, la petite fille glissa sa main dans celle de sa maman, heureuse d'être avec elle pour cette sortie au parc. Sa maman était vraiment très occupée et n'avait pas beaucoup de temps pour les sorties inutiles comme celle-ci, mais elle avait quand même accepté la demande d'Evie, et la fillette lui en était vraiment très reconnaissante.

— S'il-te-plaît maman, demanda-t-elle d'une petite voix excitée. Est-ce qu'on peut aller donner à manger aux canards ?

Sa mère posa les yeux sur elle et pinça les lèvres, partagée entre son envie de quitter cet endroit au plus vite et les grands yeux bruns remplis d'espoir de la petite fille.

— Très bien, accorda-t-elle. Mais rapidement.

Evie en sauta presque en l'air de plaisir, et se mit à la tirer en direction du lac où habitaient les canards. Sa maman émit un petit bruit de désapprobation face à son exubérance mais ne la gronda pas vraiment. Elle lui donna une pièce pour prendre des graines dans les distributeurs prévus pour ça, et Evie revint avec un petit sachet rempli de nourriture pour oiseaux, qu'elle se mit à jeter en direction des nombreux canards qui peuplaient le parc. Très vite, les volatiles l'encerclèrent et elle éclata de rire en les voyant se chamailler pour les graines qu'elle leur lançait.

— Fais attention Evie, recommanda sa mère qui la surveillait de loin, les bras croisés et les sourcils froncés.

— Ils sont gentils ! répondit la fillette avec insouciance et bonne humeur.

Beaucoup trop rapidement à son goût, le petit sac de graines se retrouva vide et elle dût se résigner à dire au revoir aux oiseaux en agitant la main, avant de rejoindre sa maman en sautillant.

— C'était vraiment chouette ! Merci maman !

Celle-ci ne répondit rien, préférant sortir un paquet de lingettes de son sac et le lui tendre.

— Lave-toi les mains et rentrons.

Evie s'exécuta, et une fois ses mains désinfectées et propres, elle s'empara à nouveau de celle de sa maman pour la suivre jusqu'à la sortie.

— On pourra revenir bientôt ? J'aime beaucoup le parc !

— Si tu es sage, peut-être.

Le visage d'Evie s'illumina à cette promesse et elle se blottit contre sa maman pour lui faire un câlin inattendu et débordant d'amour. Celle-ci se raidit un peu mais ne la repoussa, laissant Evie enfouir son visage dans ses vêtements et inspirer son odeur. Elle aimait tellement quand sa maman passait du temps avec elle. C'étaient les meilleurs moments de sa vie.