J'ai vu les Animaux Fantastiques 2 et j'hésite encore à applaudir ou m'enfoncer des fourchettes dans les oreilles tant j'ai entendu de conneries. Le film aurait pu être très bien si seulement il n'avait pas tant ce syndrome d'"épisode de transition".
Ah mais par contre, visuellement c'est au poil. Du bonbon pour les yeux.
Bref, voici ce cinquième chapitre ! Au programme, du Quidditch (mal écrit) et du dialogue (mal écrit). En espérant que cela vous plaise !
EDIT : - mon avis sur le film n'a toujours pas changé. :D
- la montagne sans wifi ne m'a pas permis d'achever le chapitre 7, ce qui est... regrettable... sachant qu'il commence à devenir très long pour pas grand chose
- je ne sais plus comment gérer cette histoire, c'est horrible, mais je vais y arriver QAQ
Enjoy !
Deux jours plus tard et James ne savait toujours pas ce qui l'avait convaincu de faire la queue pour rentrer dans le stade de Quidditch, flanqué de Fred, qui avait l'air aux anges. Ils étaient coincés entre une famille anglaise, aux trois enfants intenables, et un couple parlant indien à voix basse et qui jetait autour d'eux des coups d'oeil meurtrier à quiconque les frôlait. Dès qu'il était rentré chez lui, après le buffet d'enterrement, il avait cherché des informations sur le match à venir dans la Gazette du Sorcier, section Quidditch. Cela faisait depuis longtemps qu'il n'avait pas jeté un oeil dans cette partie du journal, et il s'y était replongé avec une petite pointe de plaisir. Aujourd'hui, donc, il s'agissait d'un match d'entraînement en vue de la coupe du monde de Quidditch féminin, qui aurait lieu dans deux ans à partir de maintenant. Les Lionnes d'Angleterre jouaient contre les Serpents d'Inde, avait titré la Gazette, et ce malgré la mort de leur coach quelques jours plus tôt. Elles arboreraient pour l'occasion des uniformes noirs, le troquant contre leurs habituels habits rouge et blanc. En voyant le ciel d'aujourd'hui (nuageux, avec des cumulonimbus qui annonçaient clairement un orage à venir), James se demandait bien comment les joueuses allaient faire pour s'apercevoir. Ne manquait plus que le brouillard et la pluie et elles seraient invisibles aux yeux de tous.
« J'arrive toujours pas à croire que la capitaine de l'équipe t'aie donnée des places VIP pour un match, commenta Fred, semblant prêt à s'envoler de bonheur.
- Crois-moi, t'as pas vu la fille. », murmura la brun en retour, mais il sourit tout de même devant l'agitation de son cousin. Après tout, cela faisait depuis quelques temps qu'ils n'avaient pas eu un temps à deux, avec le travail de Fred qui l'emmenait dans les pays d'Amérique du Sud et le sien qui le coinçait au bureau sous les ordres d'une sorcière tyrannique. Il considérait Fred comme son petit frère, ce que Albus était difficilement, les deux ayant quelques années d'écart. Facétieux, bon vivant, Fred lui ressemblait en de nombreux points et les deux cousins pouvaient parler de tout sans craindre que l'autre ne le trahisse.
La file avança enfin, et ils furent emportés par le mouvement. Ils montrèrent leurs billets, qui furent scrutés sous toutes les coutures afin de vérifier leur véracité, et ils se firent fouiller avant d'entrer dans la tribune. James ne loupa pas les quelques coups d'oeil, peu discrets il est vrai, que certains leur envoyèrent, mais il les ignora. Il était là pour avoir du fun. S'amuser. Encourager une équipe, crier à s'en arracher les cordes vocales à chaque but marqué. Et c'était ce qu'il allait faire.
Les cousins arrivèrent enfin à leurs places et s'y assirent, regardant les sorciers qui les entouraient. À côté d'eux, ils ressemblaient à deux personnes qui s'étaient trompés de sièges, tant ils détonnaient avec leurs capes élimées. James tenta de remettre une mèche rebelle en place après avoir croisé le regard hautain d'un sorcier à la frange bien rangée.
« James ? »
Le brun se tourna, faisant face à la voix incrédule qui l'avait appelé. Fred l'imita.
Devant eux, Thorin avait sa baguette en main et avait croisé ses bras sur son thorax, le regardant de haut. Il avait des cernes sous les yeux, encore pire que la dernière fois, et une expression de surprise peinte sur le visage. Et surtout, il était en habit de travail, ce qui l'étonna. Son meilleur ami n'était pas du genre à sauter des heures de travail, surtout pour aller voir du Quidditch. James se leva néanmoins et alla lui serrer la main avec un grand sourire.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Tu t'es trouvé un billet ?
- Le Ministère a exigé un Auror pour protéger les VIP, grimaça l'Auror en saluant Fred d'un bref signe de tête. Constance m'a envoyée ici.
- Comment ça se passe ? Vous avez trouvé quelque chose ? »
Thorin lui envoya un regard dur, qu'il comprit instantanément. L'autre ne lui dirait rien, ou du moins pas ici. Très bien, il ferait avec.
« Enfin bref, reprit Thorin. J'ai pris la perche qu'on me tendait et je me suis échappé.
- Aussi horrible que ça ?
- Je pense que tu as déjà trois dossiers qui t'attendent sur ton bureau. Le ministre a commencé à presser Constance pour qu'elle résolve l'enquête. Elle est encore plus irascible que d'habitude, et tout le bureau carbure au café.
- Elle s'est disputée avec Marie ?, plaisanta James à moitié, craignant la réponse.
- Oui, en fait. Quelque chose à propos d'être «accro à son travail». On en a profité pour filer. »
Le brun siffla doucement. Les disputes entre les jumelles étaient rares, et elles s'entendaient normalement à merveille. Le caractère de l'une venait compléter celui de l'autre, et c'est ce qui faisait qu'elles formaient une si bonne paire. Si même elles commençaient à craquer sous ce début de pression, il n'osait pas imaginer les prochaines semaines.
Il allait dire autre chose quand une lumière rouge explosa parmi les nuages noirs et gris. Le signal que les équipes allaient bientôt venir, faisant taire la foule avec efficacité. Tandis que James saluait son ami et allait se rasseoir, un sorcier le frôla, pointant sa baguette sur sa propre gorge avant d'aller s'asseoir sur une chaise, s'installant confortablement.
« Mesdames et messieurs, bienvenue à tous au match d'entraînement des équipes de Quidditch féminin d'Angleterre et d'Inde ! Je suis Lee Jordan, votre commentateur préféré, pour vous servir ! »
Une éruption d'applaudissements retentit. James et Fred les rejoignirent, malgré le fait que personne dans la loge ne bougea le petit doigt. Lee Jordan était un vieil ami de son oncle George et James l'avait croisé quelques fois durant sa scolarité, quand le commentateur venait à Poudlard pour assister aux matchs et faire son petit speech. Malgré les protestations de la directrice McGonagall, James savait qu'elle appréciait beaucoup l'humour de son ancien élève.
« Malheureusement, les mascottes des deux équipes ne sont pas encore disponibles, s'excusa platement Lee Jordan une fois les applaudissements finis. Mais nous sommes tout de même en présence de nos magnifiques joueuses ! »
Nouveaux applaudissements.
« Accueillons tout d'abord nos charmantes joueuses venues tout droit d'Inde, je vous prie de faire un maximum de bruit mesdames et messieurs ! »
Une partie du stade explosa alors en cris enthousiastes alors que paraissaient les sept joueuses indiennes, leurs balais à la main. Quelque part dans les VIP, certains supporters s'autorisèrent à taper dans leurs mains, petit bruit rejoignant la cohue de la masse populaire.
« Nous vous rappelons la composition de l'équipe. En gardienne, Amrita Vashistha ! Les poursuiveuses, Rishima Oommen, Dipti Chishti et Divya Haksar ! Les batteuses, Neelam Gurindagunta et Mohana Pipalia ! Et enfin, l'attrapeuse et capitaine, Ritika Thukral ! »
Chaque joueuses firent un petit geste de la main à l'annonce de leurs noms. Alors que James plissait des yeux, essayant vainement de voir l'équipe plus précisément, Fred fourragea dans une de ses poches agrandie par la magie et en sortit le plus naturellement du monde une paire de Multiplettes, qu'il lui tendit. Lorsque le brun le regarda, interrogateur, son cousin ne fit que hausser les épaules, un sourire malicieux sur ses lèvres. James s'en saisit et les mit sur son nez, regardant plus en détail les indiennes. Elles étaient vêtues d'une robe orange, avec une bande verte qui partait de chaque aisselles pour finir sa course à l'extrémité de la robe. Sur leur poitrine se trouvait l'espèce de roue qu'il y avait habituellement sur le drapeau de l'Inde, apposée sur une bande blanche. Leurs protections, noires, tranchaient avec la clarté de leur uniforme. La capitaine, Thukral, semblait galvaniser ses troupes, son front plissé avec sérieux tandis qu'elle circulait parmi ses joueuses pour leur murmurer des mots d'encouragement.
« Et enfin, nos splendides demoiselles, celles qui sont données favorites pour la coupe du monde de Quidditch, je veux bien sûr parler de nos magnifiques anglaises ! »
Le reste de la phrase de Jordan se noya dans les vociférations de la foule. Les supporters anglais étaient beaucoup plus nombreux, ce qui n'était pas forcément étrange mais très impressionnant. Ils n'avaient pas eu besoin d'instructions pour s'époumoner à applaudir les joueuses tandis qu'elles pénétraient également sur la pelouse, se postant à une dizaine de mètres des indiennes. James braqua sur elles ses Multiplettes, les observant avec attention.
Alisha semblait toujours aussi excitée, bondissant autour de ses collègues avec une joie non-feinte. Amandine, stoïque, finissait de s'échauffer l'épaule, ses battes entre ses jambes. Elle bougea à peine lorsque son amie lui fonça dedans mais la regarda de haut, presque avec dédain.
« Bien que je pense ne pas avoir besoin de les présenter, faisons donc un petit récapitulatif, hmm ? En gardienne, Bella Johnston ! En poursuiveuses, Jasmine Garcia, Emily Shaw et Lottie Burton ! En batteuses, Georgia Hunt et Amandine Dimka ! Capitaine et attrapeuse de l'équipe, Alisha Braus ! »
Cette dernière secoua ses bras dans tous les sens, comme si elle cherchait à saluer tout le monde en même temps.
« N'oublions pas notre arbitre, j'ai nommé Maigonis Ulmanis ! »
Un petit homme en blanc vint se placer entre les deux équipes, une boîte à la main.
« Mesdames et messieurs, avant que le match ne commence, je vous prierai cependant de bien vouloir faire une minute d'hommage à Ginny Potter, l'entraîneuse anglaise. Sa disparition soudaine nous pèse et ce match lui est dédié. Une minute, cher public. »
Et tout à coup, plus un bruit. James crut que quelqu'un avait jeté un sortilège de Mutisme, tant la cacophonie s'arrêta tout à coup, pour laisser place au bruit du vent et du tonnerre qui grondait au loin. Toutes les joueuses avaient joint leurs mains en signe de respect, Alisha se tenant devant les siennes, ses lèvres pour une fois tombantes. Cela le frappa enfin, lorsqu'il regarda les anglaises, mais toutes étaient en noires, de la robe de Quidditch aux protections qu'elles portaient. Il ne manquait plus que la pluie et un bébé qui pleure et le tableau serait complet, pensa James avec une sorte d'humour noir. Bien que, dans ce stade, il n'était pas sûr de l'entendre.
« Mesdames et messieurs, je vous remercie. »
À ces mots, la tension qui tenait la foule se dissipa. Fred lui tapota l'épaule et James se pencha vers lui :
« Cinquante Mornilles que c'est l'Angleterre qui marque le premier but.
- Tenu. », répondit-il avec un sourire. Par-dessus eux, Lee Jordan avait commencé le compte à rebours. L'arbitre avait fait se serrer la main aux deux capitaines. Alisha, comparée à Ritika Thukral, semblait minuscule, lui arrivant à l'épaule.
« Et voilà le début du match ! »
De concert, les quatorze joueuses s'envolèrent, semblant poursuivre les balles, l'arbitre les suivant de près.
À partir de ce moment, James fut noyé dans les bruits.
Il n'avait pas vu de match de Quidditch depuis longtemps, n'en avait pas pratiqué depuis sa dernière année à Poudlard, et son match contre Alisha Braus, s'il en gardait un très vague souvenir, avait été une défaite écrasante pour son équipe. À l'époque déjà, la fille était forte, filant sur son balai à toute vitesse, le désarmant de son Souaffle dès qu'elle en avait l'occasion. Les Poufsouffle avaient été une très bonne équipe à affronter.
Aujourd'hui, la blonde était meilleure encore. Sitôt dans les airs, tandis que ses collègues restaient à hauteur des anneaux, elle était montée encore plus haut dans le ciel, quasiment à la verticale, avant de s'arrêter d'un seul coup. Elle dominait littéralement le match et sans ses Multiplettes, James l'aurait sans aucun doute perdu de vue, tache noire dans des nuages sombres.
« Et c'est Oommen qui s'empare du Souaffle et qui file vers les buts anglais ! Va-t-elle tenter... ? À cette distance... ? »
Mais Oommen décida du contraire et, tandis qu'elle filait vers les buts, fit la passe au-dessus d'elle. James rejoua l'action sur ses Multiplettes, mais Jordan hurla avant qu'il ne put lire l'action :
« Mais c'est une feinte de Porskoff ! Haksar se saisit du Souaffle... Elle tire... ! »
Malheureusement pour elle, alors que le Souaffle allait passer le cerceau d'or, un Cognard surgit, le délogeant de sa trajectoire et l'envoyant bouler en sens inverse. James cligna des yeux un moment, abasourdi par ce sauvetage miracle, et rejoua l'action au ralenti, prenant soin de regarder les deux batteuses anglaises. Amandine, dans un geste de clairvoyance, avait réussi à envoyer un Cognard qui l'attaquait pour écarter la tentative. Le sens du timing était impeccable.
« Incroyable sauvetage de Dimka, mais qui ne sauve pas les anglaises pour autant ! Mais où est donc Johnston ?! Nouvelle tentative... »
James régla à temps ses Multiplettes pour voir le Souaffle passer dans le cercle d'or, sous les huées du public.
« But ! 10 à 0 pour les indiennes ! »
Tandis que les poursuiveuses se tapaient dans les mains et que Fred lâchait un juron à côté de lui, Alisha descendit de son perchoir, allant droit à la rencontre de sa gardienne. Cette dernière, toute penaude, inclina la tête lorsque la blonde lui parla. Amandine se joignit quelques secondes après à la discussion et elle semblait plus véhémente que sa capitaine, montrant les trois cerceaux d'or avec sa batte. Après quelques hochements de tête, Alisha remonta et le Souaffle fut remis en jeu.
Cette fois-ci, la contre-attaque ne se fit pas attendre : tandis que Johnston zigzaguait entre les poteaux, à l'affut, les trois poursuiveuses anglaises se placèrent en triangle et foncèrent, une batteuse à leur côté au cas où un Cognard passait par là. Si l'attaque en faucon restait un grand classique du Quidditch (il en voulait pour preuve que même lui savait la citer), elle n'en restait pas moins efficace : les indiennes, désemparées par cette formation et ne voulant pas risquer une collision, s'écartèrent. Un Cognard fut envoyé mais Hunt, l'autre batteuse, le repoussa sans trop de problèmes vers l'attrapeuse adverse, qui fut obligée de faire une roulade pour l'éviter. Le but fut marqué sans souci, égalisant les scores sous les applaudissements du public.
Le match se passa à peu près sous ce plan. Lorsque les indiennes, galvanisées par ce but au lieu d'en être abattues, marquèrent quatre fois à la suite, trompant à chaque fois la gardienne avec des passes de plus en plus compliquées, Amandine prit soin de leur rappeler l'existence des Cognards. D'une frappe spectaculaire (et, si ce mouvement de bouche indiquait un grognement) et d'une grande force, la brune envoya vers une des poursuiveuses un Cognard si rapide que l'autre ne put l'éviter, se faisant frapper en plein ventre et lâchant le Souaffle sous la puissance de l'impact. Pendant que ses camarades s'organisaient pour pallier au manque de la joueuse et que l'une des batteuses indienne allait la repêcher quelques dizaines de mètres plus loin, les poursuiveuses Burtton et Shaw reprirent le Souaffle et parvinrent à mettre deux buts sans encombre.
Ce match était un numéro de haute voltige, pensa James en voyant la gardienne anglaise, Johnston, faire l'étoile de mer, suspendue dans le vide, pour taper du pied dans le Souaffle qui menaçait les cages. Tout simplement spectaculaire. Petit, il allait souvent voir les matchs de sa mère, et il ne pouvait nier que son style de jeu se retrouvait dans celui de ses joueuses. Elles étaient toutes en train de se crier des encouragements et des conseils lorsque l'un de leurs techniques ne marchaient pas, et fonçaient sans répit sur leurs adversaires pour leur arracher le maximum de points. Mais leur jeu n'était pas que offensif et plus d'une fois, les indiennes furent dérangées par un Cognard savamment envoyé, ou par Amandine, ou par Hunt, et qui les obligeait à rouler sur elles-mêmes pour les éviter. Après la mésaventure de leurs camarades, elles étaient forcées de regarder partout autour d'elles pour être sûres de ne pas s'en prendre un en pleine figure.
Et pendant ce temps, Alisha, toujours en train de voleter au-dessus des joueuses, n'était jamais inquiétée. Les rares fois où un Cognard l'avait menacé, Amandine l'avait vite renvoyé de là où il venait, et les indiennes avaient compris que tenter d'attaquer l'attrapeuse ne servirait à rien. Thukral suivait prudemment son homologue anglais, l'observant du coin de l'oeil. Les rares fois où James braquait ses Multiplettes sur la blonde, elle avait un air de profonde concentration sur le visage, scrutant chaque recoin du stade.
Au bout d'un moment, il se mit finalement à pleuvoir. Les joueuses continuèrent leur ballet, sans se préoccuper de l'eau qui gorgeait petit à petit leurs vêtements.
Cela devait faire une heure environ, avec un score de 130 à 90 pour les indiennes, quand du mouvement eut lieu du côté des attrapeuses. Feinte ou pas feinte, personne ne le saurait, mais Alisha sembla tout à coup se réveiller et lança son balai près des cages adverses, petite étoile noire qui filait sous les trombes d'eau. Son action ne fut pas remarquée avant qu'elle ne plonge parmi les poursuiveuses indiennes, suspendant tout geste et désarçonnant celle qui tenait le Souaffle. Le public hurla, trépidant, tandis que la blonde se couchait littéralement sur son balai et fonçait vers la gardienne, Vashistha. Elle la frôla, fit un virage en tête d'épingle, tendit la main...
Un Cognard la lui claqua, la faisant relever son manche à toute vitesse pour éviter de tomber. Les supporters crièrent, certains de déception, tandis que la blonde se secouait la main dans tous les sens pour en soulager la douleur. Elle avait manqué de se faire désarçonner et avait loupé le Vif d'Or. Thukral, qui s'était lancée à sa suite avec beaucoup de retard, posa sa main sur son coeur, soulagée.
Uniquement pour se prendre un Cognard envoyé par une Amandine apparemment en rogne.
150 à 120. Les anglaises remontaient petit à petit, leurs attaques devenant plus précises au fur et à mesure que le temps filait. La pluie avait redoublé, rendant au contraire les joueuses plus lentes, leurs gestes plus patauds. Chaque action semblait être réfléchie dix secondes à l'avance, et chacune répétaient leurs chorégraphies avec un sans-faute impressionnant. Alisha, sans doute frustrée par sa tentative ratée, se joignait maintenant à la mêlée, déstabilisant les joueuses adverses en surgissant pour les disperser. La blonde s'était transformée en petit boulet de canon humain à la précision impressionnante. Chacun de ses virages en tête d'épingle impressionnaient James : sur un balai, mouillé en plus, lui serait déjà tombé plusieurs fois.
Mais chaque bonne chose devait avoir une fin. Thukral, à son tour, sembla repérer quelque chose. Contrairement à Alisha, elle ne fonça pas immédiatement. James la vit s'arrêter net, plisser des yeux, puis tout à coup lancer son balai en avant. Son geste fut aussitôt noté par la gardienne anglaise, qui dut le hurler à sa capitaine puisque la blonde se tourna immédiatement vers son homologue indienne pour la poursuivre. James braqua ses Multiplettes vers le point où les deux joueuses se dirigeaient. Là, flottant tranquillement en dessous du poteau le plus bas, le Vif d'Or semblait avoir décidé de s'abriter de la pluie. Ses ailes battaient à toute vitesse, chassant les gouttes d'eau à chaque mouvement. Il était aussi complètement ignorant des deux sorcières qui s'approchaient à toute vitesse de lui. Si Alisha était la plus petite et la plus fine, elle n'était pas la plus rapide : l'eau avait gorgé ses vêtements, et elle peinait à rattraper Thukral.
« Thukral a repéré le Vif d'Or ! Elle l'a vu ! », s'égosillait Lee Jordan, qui s'agitait sur sa chaise comme un enfant devant un arbre de Noël.
À quelques mètres du Vif d'Or, tout à coup, Alisha repositionna ses mains et, rapidement, mit ses deux pieds sur le balai.
Avant que quiconque ne comprenne ce qu'elle allait faire, la joueuse se jeta en avant.
Le temps sembla se suspendre, comme le corps de l'attrapeuse alors qu'elle passait devant celle indienne, qui avait ralenti pour éviter de se cogner contre le poteau. Le balai de la blonde, sans guide, commença à tomber. La clameur se tut brusquement.
Et la main d'Alisha se referma sur le Vif d'Or, écartant les doigts de l'autre qui essayaient de l'agripper. Elle le serra avec force, ramena ses jambes sous son torse et dans la pluie et le vent, tout le monde put entendre son appel :
« AMANDINE ! »
Comme un Patronus qu'on avait invoqué, la brune venait de se remettre en mouvement après s'être arrêtée pour regarder ceux de son amie, et effectuait maintenant une manoeuvre en piqué vers le sol pour rattraper la blonde. Tout le public retint sa respiration, alors que les deux bras se croisaient et se manquaient, attrapaient l'autre pour le relâcher immédiatement par manque de poigne. Et finalement, la main d'Amandine (elle avait retiré sa batte en chemin) agrippa le bras d'Alisha, à quelques mètres à peine du sol, et avec quelques difficultés la sorcière parvint à redresser son balai, évitant de peu que les pieds de sa capitaine ne raclent le sol. Passée l'attente, survint l'excitation.
Le Vif d'Or avait été attrapé. Le match était terminé. Lee Jordan était en train de s'époumoner, sans aucun doute pour commenter la spectaculaire pirouette qu'avait faite l'attrapeuse anglaise, mais James ne l'écoutait pas, gardant ses Multiplettes fixées sur les deux joueuses. Malgré sa position, Alisha ne faisait aucun geste pour monter sur le balai de l'autre, mais il lui semblait voir leurs lèvres bouger ; et, en se concentrant un peu, il pouvait voir l'expression colérique de la batteuse et celle, nettement plus contente, de sa capitaine. Elles tournèrent leurs têtes de concert vers la loge des VIP, le faisant légèrement sursauter, et après un autre dialogue Amandine les conduisit prudemment vers les tribunes couvertes où ils se trouvaient, Fred et lui.
Voilà qu'apparaissait Alisha, trempée, un Vif d'Or à la main et l'autre tenant celle de son amie, dégoulinante d'eau et souriante comme un soleil. Elle avait de nouveau son expression enfantine, un sourire plein de dents, les cheveux légèrement ébouriffés. Elle n'avait pas l'air d'être une sorcière qui venait de se jeter de son balai pour simplement attraper une balle.
Pendant un match d'entraînement.
« Vous êtes venu ! », dit-elle, toute en joie, et plus aucun autre son n'existait tandis qu'il se levait pour mieux entendre la blonde par-dessus les trombes d'eau qui tombaient sur le toit.
« Et vous, vous auriez pu vous tuer, fit-il remarquer avec une voix calme qui le surprit lui-même.
- Comme si, sembla grogner Amandine, apparemment pas dérangée d'avoir un poids de soixante kilos au bout du bras.
- J'ai les meilleures coéquipières, m'sieur Potter ! Avec elles, il ne peut rien m'arriver. »
Elle sembla hésiter quelques secondes puis lui tendit la main libre. Dedans, le Vif d'Or essayait de s'échapper, sans réelle conviction cependant. Lui aussi semblait fatigué, après avoir volé sur le terrain sous la pluie torrentielle.
Sans un mot, James le prit. Il n'avait jamais touché un Vif d'Or et le poids léger de la petite balle le surprit.
« Pour Ginny, dit-elle comme si elle avait besoin de se justifier.
- Merci. »
James n'osa pas l'immobiliser. Il préféra le fourrer dans sa poche, espérant qu'il ne froisserait pas ses ailes.
Amandine grogna quelque peu. Alisha leva les yeux.
« On devrait y aller. Les autres nous attendent pour le debriefing.
- Ça marche ! Il faut que je touche deux mots à Johnston. Voyons nous dans les vestiaires, m'sieur Potter ! »
Avec un signe de la main, les deux sorcières finirent par atterrir. Le brun sentit un coude se ficher dans ses côtes. Lorsqu'il tourna la tête, la frimousse de Fred lui apparut.
« ''Voyons nous dans les vestiaires'', hein ? Tu me cacherais pas quelque chose, cousin adoré ? »
James grogna, sous les rires de son cousin. Tandis que les sorciers vidaient la loge (et que Lee Jordan lui adressa un bref signe de tête), le regard de James croisa celui de Thorin. L'Auror, les bras croisés, le regarda sans ciller, puis hocha légèrement la tête. Il avait tout entendu, en déduit-il, et allait en toute logique le stalker jusqu'au vestiaire des joueuses. James haussa les épaules et se détourna de son meilleur ami.
Certaines choses, après tout, ne pouvaient pas être évitées.
Se débarrasser de Fred fut plutôt aisé, tout compte fait. James se sentait un peu mal de chasser son cousin mais ce dernier le rassura : en tant qu'éleveur de dragons, il ne pouvait pas s'absenter trop longtemps de son poste ; il avait des bagages à préparer et ne pouvait s'attarder, quand bien même il l'aurait voulu. Les deux cousins se serrèrent dans leurs bras, se donnèrent une claque sur l'épaule, et Fred finit par transplaner.
Se détacher de la foule fut plus difficile. Le flot de personnes l'entraînait vers la sortie et peu de gens se décalaient pour le laisser passer, ce qui était certes compréhensible mais oh combien ennuyant. Il finit par y arriver, jouant un peu des coudes et s'excusant platement dès qu'il marchait sur le pied de quelqu'un, et il observa la marée humaine qui se dirigeait vers le point de transplanage, fasciné par le monde qu'il y avait pour un match d'entraînement. Les deux équipes devaient être sacrément populaires pour attirer autant de foule.
Aussi, si il ne bougeait pas, c'est parce qu'il n'avait aucun idée de où se trouvaient les vestiaires. Passerait-il pour un pervers si il demandait son chemin à un des sorciers-vigiles ?, se demanda le brun en contemplant l'idée. Il ne savait pas pourquoi Alisha voulait lui parler mais la curiosité l'emportait sur tout, apparemment (et même sur la logique qui disait qu'il connaissait à peine ces filles, au nom de Merlin).
James se résolut pourtant à adresser la parole à un des vigiles. À sa grande surprise, il ne se fit par rembarrer avec un air de léger dégoût sur le visage. On lui demanda sa carte d'identité, qu'il réussit à attraper malgré la présence du Vif d'Or dans sa poche, et une fois cela fait on lui indiqua une direction du doigt, silencieusement. Sans Thorin en vue, l'Auror se décida à marcher : de toute façon, il était trempé et ne voulait pas rester une minute de plus sous cette pluie torrentielle si il pouvait l'éviter. Le sorcier suivit donc la direction, longea les palissades qui encadraient le stade et arriva finalement à une petite tente noire. Le fait que les couleurs soient accordées entre les accessoires et les tenues lui arracha un sourire.
Devant, il ne sut que faire pour annoncer sa présence. Devait-il toquer ? Sur la toile, son petit geste passerait complètement inaperçu. Mais James n'eut pas le temps de s'inquiéter davantage que le tissu s'écartait, laissant passer une tête blonde souriante.
« Enfin ! », cria Alisha, et elle l'attrapa par la manche, le tirant dans le ''vestiaire''.
Comme le brun s'y attendait, l'intérieur avait été magiquement agrandi. Le plus surprenant pour lui était de trouver sur le sol du carrelage (boueux certes, mais du carrelage tout de même) et personne dans la pièce. Seule Amandine lisait un tas de feuille, ses sourcils froncés de concentration sous ses lunettes circulaires.
« J'ai chassé tout le monde. Elles ont besoin d'une bonne douche, après toutes les cascades qu'elles ont faites ! »
La brune marmotta quelque chose dans sa bouche. Vive, la blonde se tourna vers elle, lui demandant de se répéter. Tandis que les deux se lançaient quelques piques, il préféra s'asseoir sur un banc, posant ses coudes sur ses genoux. Alisha se tourna tout à coup.
« Il y a quelqu'un à l'entrée, chuchota-t-elle avec des airs de conspiratrice.
- Ça doit être Thorin.
- Tho- qui ?
- L'Auror d'il y a deux jours, précisa Amandine en reposant ses feuilles. Musclé, pas batteur, n'aime pas le Quidditch.
- Je ne laisse pas rentrer quelqu'un qui n'aime pas le Quidditch !
- Il pleut, Alisha.
- Je m'en fiche.
- Par Melchior. »
Amandine roula des yeux et fit un petit geste de la main. La seconde d'après, Thorin débarquait, trempé de la tête aux pieds. Impressionné, James dévisagea la brune.
« Magie sans baguette ?
- Je n'étais pas à Poudlard. » dit brièvement l'autre avec l'expression de quelqu'un qui n'en dirait pas plus, avant de se lever pour aller serrer la main de son ami. James se tourna vers la blonde, qui semblait bouder dans son coin, les joues gonflées comme un enfant de cinq ans.
« Il y a des charmes anti-intrusion sur cette tente ?
- Absolument pas ! En fait...
- Alisha arrive à ressentir les empreintes magiques des gens, interrompit Amandine. Si vous traînez assez à côté d'elle, elle finira par reconnaître la vôtre à coup sûr. »
Lorsqu'elle se tourna vers lui, la tête d'Amandine lui dit très clairement qu'elle n'appréciait pas ces divagations.
Distraitement, James pensa qu'elle s'entendrait bien avec Constance.
« Bien, dit Thorin après s'être raclé la gorge. De quoi vouliez-vous nous parler ?
- Me parler, interrompit James.
- Oui, oui, un détail.
- Pardon mais...
- Ok les filles, du calme. »
Les deux Aurors se détournèrent l'un de l'autre. Alisha pouffait sous sa main. Amandine avait l'air d'être un parent excédé.
Puis elle donna un coup de coude à Alisha et James eut un bref mouvement de recul. Il ne loupa pas, cependant, l'échange silencieux qu'eurent les deux filles tandis qu'elles se regardaient dans le blanc des yeux pendant dix longues secondes.
« On veut aider, finit par déclarer la blonde, mains sur les hanches.
- Aider... sur quoi ?
- L'enquête ! La mort de notre coach ! On veut savoir ce qui s'est passé, une bonne fois pour toute ! Toute l'équipe n'aura pas de repos avant qu'on sache pourquoi elle a été tuée ! »
Amandine hocha la tête, déterminée. Thorin... leva les sourcils. Il semblait être au bord de la rigolade, bien que cette dernière soit plus moqueuse qu'autre chose. Mais avant que l'Auror ne puisse ouvrir la bouche, Alisha l'interrompit.
« On peut être utiles ! Je sais lire les empreintes magiques de tout le monde. Amandine arrive à faire de la magie sans baguette ! »
Elle semblait être à deux doigts de rajouter «Ça vous en bouche un coin, hein ?!» mais s'abstint.
« Non pas que je remette en cause votre volonté, dit lentement Thorin avec le ton de quelqu'un qui pensait exactement le contraire, mais cette enquête est de l'ordre du confidentiel. On ne peut pas mêler des citoyens, quels qu'ils soient, à une affaire de cette ampleur. Du moins, pas sans autorisation spéciale et mesdames, je ne pense pas que vous les aurez. »
Si je les emmène là-bas, Constance aura ma tête, entendit James très clairement, et il eut un reniflement ironique à cette phrase.
Mais il pouvait aussi voir que les deux filles ne lâcheraient tout simplement pas l'affaire. Alisha semblait passer de l'enfant à l'adulte en moins de deux secondes, dès que quelque chose qui la tenait à coeur entrait en jeu. Sans nul doute que cette enquête était le cas. Et Amandine, moins amorphe que deux jours avant, si elle restait neutre, avait dans ses yeux une lueur de détermination.
Se débarrasser de ces deux, au contraire de Fred, serait autrement plus difficile, réalisa le brun, et une deuxième vérité lui parvint tout à coup à l'esprit : si il ne promettait pas quelque chose, quoique ce soit, aux joueuses, alors elles seraient bien parties pour enquêter toutes seules. Ce qui causerait plus de désagrément qu'autre chose, il fallait l'avouer.
« Ça peut s'arranger. », dit-il lentement, s'attirant les trois paires d'yeux. Alisha ouvrit la bouche, sans doute prête à protester, mais s'arrêta net et ouvrit des yeux grands comme ceux d'une chouette.
« Hein ?, et ça rentrait déjà plus dans le personnage que son beau discours engagé de tout à l'heure.
- Pardon ? », Thorin fit écho, le regardant fixement.
Pour toute réponse, James haussa les épaules.
Laissez-lui le temps de préparer son argumentation, merde.
« James, commença son ami, c'est impossible. Ces permis sont rarissimes. On consulte uniquement...
- Des spécialistes, et que lorsque l'enquête est bloquée, je sais, merci. Mais même ça, c'est, eh bien, rarissime. Chaque expert consulté, son nom est donné à la presse. C'est pour ça que le ministère ne fait jamais appel à personne. Tu penses qu'ils voudront avouer qu'ils piétinent sur l'enquête au point d'appeler des étrangers au service ? On perdrait toute crédibilité.
- Quand bien même, James, Constance a sa fierté. Elle refusera net de les embarquer dans cette histoire.
- Et le saint règlement, oui, mais...
- Arrête, le coupa l'Auror. Tout n'est pas une question de règlement avec elle. Ouvre les yeux. Elle passe après Harry Potter. Pour enquêter sur la mort de Harry Potter. Tu penses qu'elle réagira comment ? »
La voix de Thorin s'était faite plus dure. James s'arrêta, réfléchissant à ses prochaines paroles.
« Il suffit qu'elle ne le sache pas, le coupa Alisha.
- Vous m'excuserez le commentaire, mais vous n'êtes pas la plus discrète, rétorqua Thorin.
- En fait, elle a raison. »
James avait l'impression d'être un joueur dans un match de ping-pong, alors que les regards se fichaient de nouveau sur lui.
« Je peux ne pas revenir officiellement. Me présenter au bureau demain, demander le dossier, aller voir la scène de crime puis oupsie, au final je ne reviens pas parce que je veux vraiment mes vacances. »
Rien que pour voir la tête de ses collègues, obligés de bosser vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ça valait vraiment le coup d'essayer.
Thorin se passa les doigts sur les sourcils, apparemment excédé. Mais il ne rétorqua rien, visiblement à cours d'arguments, au moins à cours de volonté.
« C'est la meilleure chose à faire, Thorin. Tu ne peux pas dire que leurs capacités nous seraient inutiles. Lire les empreintes magiques, c'est formidable.
- Je ne dis rien, articula lentement l'Auror, parce que je sais que tu vas le faire même si je ne suis pas de ton côté. Très bien, acheva-t-il en se levant, mais je ne pourrai pas te couvrir. Tu es tout seul, James. »
Il avait l'air furieux, tandis qu'il saluait les deux joueuses, arrangeait sa cape et sortait d'un pas rapide. Ils le regardèrent faire jusqu'à ce que la toile cesse de bouger et que seule la pluie leur soit audible. L'autre était parti pour de bon.
« Bon, finit par dire James. Comment est-ce qu'on s'organise ? »
Paradoxalement, c'est le chapitre le plus long que j'ai jamais écrit, alors que c'est le plus mauvais ?
Enfin bref, j'espère que vous avez passé un bon moment et vous souhaite une bonne journée ! (cours time, youhooou)
À la prochaine !
