Dernier chapitre du repost, avant qu'on ne passe à du nouveau pur et dur ! J'essaierai de tenir le rythme d'un chapitre par semaine mais malheureusement, je pense que j'aurai un peu de mal ^^' (moi et mon manque de discipline !)
Bonne lecture à tous, en tout cas je l'espère !
James transplana dans l'atrium du Ministère, pleine heure de pointe, avec l'intention de sortir d'ici avec un dossier sous le bras. On était le lendemain du match de Quidditch, il avait réussi à trouver un arrangement avec les deux joueuses. Thorin avait évité Godric et sa lettre avec tout le talent d'un Auror. La chouette effraie était rentrée bredouille ce matin, le parchemin toujours accroché à sa serre, et James avait soupiré alors qu'il y mettait le feu (au parchemin, pas à sa chouette). Ça ne l'aurait pas étonné d'apprendre que son meilleur ami ait passé la nuit au Ministère, où les chouettes n'avaient pas le droit d'entrer, et que Godric ait tourné dans la ville de Londres toute la nuit en sachant qu'il ne trouverait rien. Son effraie était têtue, cela on pouvait le reconnaître. Et elle acceptait mal la présence du Vif d'Or d'Alisha, qui volai paresseusement dans son appartement. Avec un peu de chance, quand le brun reviendrait, Godric ne l'aurait pas mangé, mais même lui n'avait pas trop d'espoir. Quand il avait relâché la petite balle ailée dans sa chambre, il avait été étonné de voir qu'elle ne fuyait pas. Il ne savait pas si un créateur pouvait transmettre un peu de son caractère à son Vif d'Or mais si tel était le cas, alors il devait être un sorcier particulièrement paresseux. Ou alors, très fatigué.
Au moins, James n'avait pas besoin d'acheter plus de nourriture et même si il n'était pas en difficulté financière, loin de là même, son porte-monnaie appréciait tout de même l'attention.
James parvint à se glisser dans la foule sans trop de souci et attrapa l'ascenseur in extremis, se faisant écraser contre la porte. Ses cheveux frôlaient les notes volantes, qui semblaient voler plus bas que d'habitude. Dès qu'il arriva à l'étage des Aurors, le brun sortit de cette cage avec rapidité, longeant les murs d'un pas rapide. Plus tôt il réussissait à obtenir le dossier, plus tôt il pourrait partir et commencer ses petites investigations. Alisha et Amandine seraient sans doute libres aujourd'hui et il pourrait les contacter dès qu'il aurait mis un pied à Godric's Hollows. En plus de regarder le salon de plus près (et son estomac se retournait déjà un peu dès qu'il songeait à cette idée), il devait s'assurer que les cartons étaient faits correctement. Lily avait loué les services d'un déménageur magique (est-ce que tout ce qui avait rapport avec la magie devait forcément le montrer explicitement ? Apparemment, oui) mais qui sait, peut-être y avait-il eu un problème ?
(une partie du boulot d'Auror, avait un jour hurlé Constance à un pauvre junior sans défense, c'est d'être paranoïaque)
James arriva dans le bureau général et ne fut pas surpris de voir que tous ses collègues étaient d'or et déjà présents, si on en excluait un ou deux. Dont Thorin. L'autre sorcier avait apparemment le don pour le sentir arriver et dégager fissa. Ceci ne manqua pas de faire soupirer le brun, mais il finit par rentrer finalement.
Lisa Harris, une Auror de la même année que Thorin, fut la première à le repérer. Espiègle, elle était une collègue souriante et qui refusait de prendre les gens en pitié, sachant à quel point il était désagréable de se faire regarder de haut. Elle l'attrapa dans une étreinte d'ours, avant d'enrouler son bras autour de son cou et de fourrager sa main dans ses cheveux. James en rit, habitué à ce petit manège depuis son premier jour.
« Regardez-moi qui vient nous aider après s'être reposé ! Tu débarques au bon moment !
- Lâche-moi, Lisa !
- Lâche-le, Lisa. », répéta une Auror Senior du nom de Millie. Calme, à la limite de l'amorphe, Millie von Doenstag prenait ses ordres directement de Marie, qui elle-même les prenait de Constance. Autant dire que cette ligue de femmes ne plaisaient pas à tout le monde, mais était efficace nonobstant les critiques. Quand Constance criait pour se faire obéir (avec succès), Marie se chargeait d'adoucir les paroles de sa soeur. Le boulot de Millie semblait être de rajouter une couche derrière, les rappelant à l'ordre quand ils étaient trop dissipés.
Elle avait aussi été la formatrice de James et si les deux s'entendaient plutôt bien, il ne restait de cette période qu'une entente cordiale.
Lisa le relâcha aussitôt que l'ordre fut lancé et lui lança un dernier clin d'oeil avant de retourner à la carte punaisée. Le brun se tourna vers son mentor, la saluant d'un signe de tête avant d'embrayer immédiatement :
« J'aurai besoin de voir le dossier de l'affaire. »
Millie prit à peine le temps d'y réfléchir avant de lui répondre, toujours aussi terne :
« Il faut voir ça avec Constance. »
Il retint sa grimace. Bien sûr qu'il faudrait voir ça avec Constance. La tâche allait peut-être s'avérer plus compliquée que prévu. Il hocha cependant la tête.
« Elle est dans son bureau, j'imagine.
- Actuellement, elle n'est pas encore arrivée. Elle a dû avoir quelques problèmes sur le chemin. Va l'attendre dedans, je la redirige dès qu'elle pose le pied dans cette pièce. »
James la remercia. On ne pouvait pas dire que l'autre était inefficace. En somme, elle incarnait la figure de l'Auror parfait et que le Ministère affichait volontiers sur ses posters promotionnels. Avec des traits fins et un air d'autorité, sans nul doute qu'elle serait la prochaine à diriger le bureau des Aurors si Constance et Marie venaient à quitter leurs fonctions.
Dans tous les cas, il se dirigea d'un pas résolu vers le bureau de Constance. Le département des Aurors était normalement constitué de peu de sorciers, la difficulté de l'examen d'entrée ayant drastiquement augmentée un an avant que lui-même ne le tente (et réussisse, Merlin soit loué). Ils devaient être douze à tout casser dans la branche londonienne et se faisait souvent épauler par la brigade magique si leur directrice estimait le danger trop grand ou le boulot trop conséquent. La brigade magique, dont la moitié des membres détestaient les leurs, vu que la moitié étaient des recalés des examens de passage. Constance semblait considérer le fait de baisser la difficulté, voir même d'autoriser des promotions inter-départements mais tout le monde savait que le projet ne prendrait pas forme avant plusieurs mois. Avec la mort des Potter sur le dos, ces mois se doublaient sans aucun doute, voir même une année entière.
James referma doucement la porte derrière lui. Elle était bien cachée et ne laissait passer que les Aurors si son occupant n'était pas dans la pièce : autrement, c'était la directrice qui choisissait qui pouvait rentrer ou non. La pièce était à l'image de la sorcière qui l'utilisait : froid, tranchant, sans aucune décoration ni distraction. Tout le monde savait que les bibliothèques aux murs contenaient tous les rapports de plusieurs décennies de missions et que nulle trappe ne cachait une bouteille d'alcool ou même, soyons fous, un jeu d'échec. Mais normalement, la paperasse si bien rangée était aujourd'hui étalée sur le vénérable bureau en bois. Des pages et des pages et des pages d'une écriture qui lui paraissait familière dès qu'il y regardait de plus près (et à l'envers). Sitôt qu'il se surprit à regarder les feuilles de travers, James redirigea son regard vers la fenêtre. Le temps était aujourd'hui à la pluie. Et au vent, les nuages disparaissant du cadre pour laisser leur place à d'autres.
... Même, Constance était l'archétype même de celle qui ne supportait pas un grain de poussière, et la voilà qu'elle laissait traîner ses affaires ?
Relax, James, pensa-t-il. Elle avait fort à faire. Le bureau avait fort à faire. Pour peu qu'elle partait à vingt-trois heures le soir, le brun comprenait qu'elle ait d'autres choses à arranger que des feuilles volantes. Une trentaine, apparemment. Et toutes déposées sans sens apparent, au hasard, comme si quelqu'un les avait mélangé en s'empressant de les consulter les unes après les autres, puis dans le désordre...
Oh, et puis merde, grogna-t-il intérieurement, et il tendit la main pour saisir la plus proche. Seules deux lignes étaient dessus, et oui, l'écriture était vachement familière. Pas celle de Thorin-familière, ou Fred-familière, mais comme si les lettres éveillaient en lui un souvenir qui prenait la poussière. Et le brun avait beau creuser, il avait beau savoir que la réponse se trouvait quelque part dans son cerveau, il n'arrivait pas à se rappeler ce que c'était.
La porte s'ouvrit brusquement, claquant contre le mur. James sursauta et lâcha la feuille, avant de se retourner avec l'air le plus innocent du monde.
Il savait déjà que Constance ne l'achetait pas, pas plus que les trois Aurors qui le regardaient de loin avec des yeux ronds. Il eut à peine le temps de leur adresser un petit signe de main avant que la porte ne se referme et qu'il ne se retrouve seul avec la brune. Un sourire sans joie déforma ses traits et elle parcourut la pièce en trois pas, regroupant les feuilles en un coup de baguette.
« Lecture intéressante ?, demanda-t-elle d'une voix ironique.
- J'étais curieux. », se défendit-il en levant les mains, montrant qu'il ne cachait rien d'autre. Sa cheffe le regarda quelques secondes, tout geste suspendu, avant d'hocher sèchement la tête. D'un tapotement elle fit disparaître les documents, et d'un geste ample fit apparaître une chaise. James prit l'invitation à s'asseoir pour ce qu'elle était et s'exécuta. Constance l'imita.
« Thé ? Café ?, proposa-t-elle.
- J'ai déjà eu un petit-déjeuner, merci.
- De toute façon je n'ai rien. Bon match de Quidditch ? »
Saleté de Thorin, grommela James intérieurement. De l'autre côté du bureau, Constance avait posé ses coudes sur le bois et le regardait avec l'air d'un chat qui guettait un poussin, le sourire effacé de ses lèvres gercées.
« C'était plutôt court, reconnut-il finalement en haussant les épaules.
- Pas de rencontre fortuite ?
- Non. », lâcha-t-il d'une voix qui ne souffrait d'aucune discussion. Avec un peu de chance, son très cher meilleur ami n'avait pas dit à Constance qu'ils avaient eu une discussion fort intéressante avec deux joueuses juste après le match.
Et vu que la brune ne réagit pas à son mensonge (il savait le faire quand il le fallait, mine de rien), sa théorie était juste. Elle le scruta quelques instants mais il resta impassible, ses yeux fichés dans les siens, avant qu'elle ne hoche la tête de nouveau, acceptant ses paroles. Heureusement que la sorcière n'était pas Legilimens : son occlumencie tendait vers le passable en temps normal, et devait être horrible ces jours-ci. Elle l'aurait directement percé à jour si tel avait été le cas.
« Qu'est-ce que vous voulez, Potter ? », lança Constance tout en manoeuvrant pour prendre un dossier par terre. Sa voix lui parvint d'en bas, et il se pencha pour lui répondre. En dessous du bureau. Telle était sa vie aujourd'hui, apparemment.
« C'est-à-dire ?
- Par Morgane, répondit-elle avec un reniflement méprisant, la tête toujours en bas. Je ne suis pas stupide. Vous n'avez pas pris de vacances depuis que vous êtes devenu Auror, bien sûr que vous voulez en profiter. Alors ça m'étonnerait que ceci ne soit qu'une visite de courtoisie. »
Ils se redressèrent tous les deux, Constance en profitant pour déposer un maigre tas de feuilles sur son bureau.
« J'aimerais prendre avec moi le dossier de l'affaire, admit-il. Juste pour le consulter, s'empressa-t-il d'ajouter. Voir où en sont les progrès. Savoir si je peux aider sur quelques points. »
Constance leva les deux sourcils simultanément. Pas pour la première fois, le brun ne put s'empêcher de se demander si il existait un sort capable de faire ça, parce que c'était classe bordel.
Puis il décida de se reconcentrer et de baisser un peu les yeux. Si l'autre ne se sentait pas en duel avec lui, peut-être qu'elle le lui céderait plus facilement...
« Juste le dossier, s'il vous plaît, marmotta-t-il.
- Vous savez, on a l'habitude de ne le donner qu'aux Aurors en charge de l'affaire. »
Si elle avait eu une tasse de thé à ce moment là, James était sûr qu'elle l'aurait sirotée pour rajouter un peu d'effet dramatique. Lui dut se retenir de grincer des dents. Elle pensait quoi, qu'il allait aller le vendre à la Gazette du Sorcier ? Sérieusement.
« Mais je sens que si je ne vous le donne pas, vous allez vous introduire dans mon bureau cette nuit et honnêtement, ni vous ni moi ne voulons ça, hmm ? »
Constance marmonna quelque chose en français qu'il ne comprit pas, avant d'attraper le tas de feuilles et de le lui tendre brusquement. James eut un mouvement de recul.
« Je ne fais pas de copie. », prévint-elle.
James cligna des yeux, regardant le paquet sans trop vouloir y croire.
C'était... Eh bien, c'était facile, et il ne savait pas si il devait être étonné ou inquiété. Ou alors Constance avait un plan derrière la tête ; et le pire c'était que ça ne l'étonnerait pas.
La brune roula des yeux et agita légèrement les feuilles. Elle avait néanmoins un petit sourire au coin des lèvres et qui avait l'air étrangement fier.
« Autant j'apprécie la méfiance naturelle qu'ont les Aurors sous mon commandement, autant je peux vous assurer qu'il n'y a pas de piège dans ce dossier. Ayez confiance. »
James ne la quitta pas du regard alors qu'il se saisissait des feuilles avec des gestes lents. Puis les rangeait dans une poche intérieure de sa cape. Constance lâcha un soupir amusé puis se leva, montrant la porte d'un signe vague de la main.
« Je vais vous raccompagner. »
Ils sortirent en silence du bureau, sa cheffe au devant de lui. Ses collègues firent à peine attention à eux. Marie passa à côté de sa soeur et, fait inquiétant, ne lui accorda pas un regard. En retour, Constance ne chercha pas à attirer son attention, mais James ne put s'empêcher de remarquer que ses épaules, sous la masse de cheveux noirs, se tendirent. Ce mouvement aurait été imperceptible si il n'avait pas été entraîné à le voir, ce qui l'inquiéta encore plus. L'Auror avait normalement un parfait contrôle d'elle-même, en toutes circonstances, si on exceptait le raid auquel il avait pris part le jour du meurtre de ses parents.
Elle l'accompagna jusqu'au couloir et allait pour le saluer quand il la coupa :
« J'ai aussi besoin d'aller à Godric's Hollow. »
Constance considéra ses mots puis hocha lentement la tête. Elle avait cependant un air douteux dans ses yeux, comme si elle commençait à flairer l'embrouille.
« Je doute que vous y trouviez quelque chose de plus, mais comme vous voulez. Oh et, Potter. », appela-t-elle une dernière fois alors qu'elle allait fermer la porte.
James se redressa imperceptiblement sous le regard scrutateur.
« Pas de civils. », prévint-elle, et la porte se referma.
Il resta là, clignant des yeux sur du bois, avant de respirer profondément. Il n'y avait personne dans les couloirs, l'heure de pointe étant passée, et aucun de ses collègues ne venait vérifier si il était bien parti.
Il serra le poing, eut un petit bruit victorieux.
« Oui ! Victoire ! Brillant ! »
Si un employé du Ministère était passé dans le couloir à ce moment-là, il aurait eu la surprise de voir James Sirius Potter faire des pas de danse, les bras levés comme si il appelait la pluie.
Le brun ne perdit pas de temps et transplana à Godric's Hollow dès qu'il eut atteint la salle de transplanage, tout aussi déserte. Très peu de gens prenaient l'ascenseur de la cabine téléphonique ces temps-ci, à moins d'avoir un problème assez grave pour ne pas transplaner. C'était par exemple le cas des employés fatigués, qui risquaient le désartibulement, ou tous les sorciers qui devaient faire des transplanages de longs courriers et qui préféraient alors prendre le Magicobus pour être déposés à l'entrée du Ministère.
Il avait pris le soin d'envoyer un Patronus aux deux joueuses de Quidditch. Il ne pensait pas trouver quelque preuve matérielle sur place (les Aurors et les déménageurs l'auraient déjà découvert) mais plutôt faire une découverte, eh bien, magique. Si ce que disait Alisha était vrai, alors elle pourrait peut-être tracer l'empreinte magique de celui qui avait tué ses parents. Il ne savait pas vraiment comment tout ceci marchait, pour être honnête, mais si la blonde voulait aider il n'allait pas cracher dessus. L'autre problème serait peut-être Amandine, qui serait attachée à la hanche de Alisha comme si elle était collée par un sort de Glu Perpétuelle mais eh, apparemment l'une n'allait pas sans l'autre, alors il ferait avec.
James transplana devant la maison, comme le soir où il avait découvert les trois corps, et prit une grande inspiration pour calmer son coeur palpitant. Si il avait été calme, la fois dernière, c'était bien parce qu'il avait été furieux. Maintenant que la colère était partie et qu'il ne restait que de la détermination, il ne savait pas si il pouvait rentrer dans cette maison tout en étant seul. Le voilà qu'il était condamné à attendre les deux joueuses, et il n'avait aucune idée de comment elles allaient venir. Peut-être en balai, pour garder les bonnes habitudes, et l'idée le fit sourire. En attendant, il se tourna vers le cimetière.
Petit, il avait toujours pensé que cette vue était morbide. Et son avis n'avait pas changé. Mais maintenant, à l'âge adulte, James comprenait la nécessité qu'avait ressenti son père de s'installer là. Tous les dimanches, il s'en souvenait, ils transplanaient dans le village et se rendaient sur la tombe de Lily et James Potter pour les fleurir, les nettoyer, et parfois discuter avec les familles qui venaient là. Se faire enterrer devenait de plus en plus rare pour les sorciers et il n'y avait bien que les sangs-purs pour refuser net de se faire crématiser, ne voulant pas s'allouer à la pratique des Moldus. Le cimetière de Godric's Hollow était néanmoins rempli de sorciers et sorcières en tout genre, et cela se ressentait dans les visiteurs qui venaient chaque automne pour fleurir les tombes. James se souvenait qu'il n'avait jamais été heureux de se retrouver ici. Difficile, me diriez-vous, tant le cimetière respirait la nostalgie et la tristesse. Comme si la magie de ses occupants affectait son atmosphère. Mais quand il était jeune, il ne pouvait s'empêcher de regarder la tombe de son grand-père et de penser «Pourquoi ?». Pourquoi avoir son nom, pourquoi devait-il le porter comme un fardeau ? Pourquoi pas un autre ? Albus était presque un ''exclusif'', pensait-il avec amertume, il ne vivait qu'avec le nom des Potter ; pas celui d'un de leurs grands-parents morts et que tout le monde voulait qu'ils dépassent, lui et Lily. Albus sonnait comme un hommage, alors que James et Lily avaientt l'air d'être de constants rappels du passé.
Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi sa mère n'avait eu son mot à dire que sur le deuxième prénom de sa fille, et maintenant il s'en fichait bien.
Enfin.
Disons qu'il prenait tout ça moins à coeur.
Une main se posa soudainement sur son épaule, et il dut user de tout son self-contrôle pour ne pas envoyer son coude dans son assaillant. Il savait déjà qui allait lui sourire dès qu'il se tournerait et ne fut donc pas déçu de voir la tête blonde de Alisha.
Celle d'Amandine, grognonne, n'était qu'un bonus, décida-t-il.
La blonde, le balai à la main, se mit sur la pointe des pieds. James cligna quelques secondes des yeux avant de comprendre ses intentions. Ils s'échangèrent une bise et loin, loin dans sa tête James se dit «On était pas si proches, genre, hier». Lorsqu'il se tourna vers Amandine, cette dernière préféra lui offrir sa main, le regard le dissuadant franchement d'essayer de lui baiser la joue. L'Auror retint une grimace quand l'autre lui écrasa les os dans une poigne de fer.
Message reçu, même si il ignorait duquel il s'agissait.
« Super vue ! », commenta Alisha, toujours aussi enthousiaste. Le pire (?) était qu'elle semblait vraiment le penser, et cette réflexion arracha un sourire à James. Cette fille avait le don de mettre une bonne ambiance partout où elle passait, apparemment.
« Ça fait son boulot, répondit-il en haussant les épaules. On y va ?
- On vous suit ! »
Il n'en douta pas, tandis qu'il entendait sur le goudron le pas rapide d'Alisha suivi de celui plus lourd et lent d'Amandine. En traversant la route, le brun ne put s'empêcher de penser que décidément, il y avait très peu de voitures à Godric's Hollow.
Devant le portail, James marqua une pause et prit une grande inspiration. Puis il le poussa, et la petite porte s'ouvrit sans un bruit. Bien. Une bonne chose de faite. Les fleurs étaient toujours aussi resplendissantes, nota-t-il distraitement, nul doute qu'elles rajoutaient un charme à la maison. Si elle n'était pas la propriété du Ministère et si ses parents n'avaient pas été célèbres, James était sûr et certain qu'un couple de vieux se serait installé là.
Une exclamation de surprise se fit entendre derrière lui. La voix d'Amandine s'éleva presque immédiatement :
« Tout va bien ? »
L'Auror se tourna et observa Alisha. Cette dernière avait franchi la barrière de bois et s'était arrêtée en plein milieu du chemin, ramenant ses mains sur ses avants-bras. Amandine avait troqué son expression stoïque pour une plus inquiète et ses mains gravitaient autour des épaules de la plus petite comme si elle n'osait pas la toucher.
« Ça va, répondit-elle finalement en ouvrant les yeux. Juste... La barrière. »
La batteuse lui envoya un regard. James brandit sa baguette, murmura quelques sorts.
Uh, pensa-t-il.
Il y avait effectivement une barrière autour de la maison et du jardin.
« Anti-transplanage, apparemment. Aller et retour. Et qui prévient le lanceur si quelqu'un rentre dans la propriété.
- Anti-Moldus, aussi ?
- Non. », confirma-t-il en fronçant les sourcils.
Il était quasiment certain que son père ne lui avait jamais parlé d'une barrière magique installée ici, à Godric's Hollow. Le village était à moitié sorcier, n'importe quelle attaque aurait été vue.
Enfin, en théorie.
« Il a dû oublié de m'en parler, finit-il par dire en rangeant sa baguette. Vous allez bien, Alisha ?
- Tutoiement, s'il vous plaît, m'sieur Potter. Ça va. C'est juste que... C'était soudain et très, très puissant. Peu importe, conclut-elle, maintenant je suis au courant. On peut continuer. »
James murmura un «Dis-moi «tu» alors» et, après un dernier regard vers la blonde (et un hochement de tête de Amandine), finit par reprendre son court chemin. Cette fois-ci, il vérifia la porte rapidement, au cas où son père avait décidé d'installer quelques autres surprises sur la poignée, mais ne décela rien. Après un coup d'oeil derrière lui, il l'ouvrit.
Dès que le brun posa un pied dans la maison, il ne put s'empêcher de tendre les épaules. Là, à quelques mètres de lui, il y avait eu le cadavre de Kreattur. Dans la pièce adjacente, ceux de ses parents. Malgré la lumière du jour, les ombres prenaient des allures menaçantes, comme des dangers cachés qu'il ne pouvait éviter. Implicitement, il avait donné la permission aux deux sorcières de voguer comme bon leur semblait dans la maison : après tout, c'était l'une d'entre elles qui faisait la majeure partie du boulot. Alisha le bouscula et pénétra plus profondément dans l'entrée, les bras légèrement écartés. Lorsqu'il la regarda en passant, il remarqua qu'elle avait fermé les yeux et qu'elle avait la bouche entrouverte, prenant par là des goulées d'air comme un presque noyé. Un coup d'oeil vers Amandine suffit à faire venir cette dernière, quoique de mauvaise grâce, et elle daigna lui expliquer :
« C'est une maison sorcière, alors il y a beaucoup d'empreintes, d'interactions. Être comme ça l'aide à se concentrer. Ne la dérangez pas.
- Je peux aller dans le salon ?
- Oh, oui, oui, bien sûr, vas-y Alisha. Pardon, Amandine, vous disiez ? Qu'est-ce qu'on peut faire ?
- C'est mademoiselle Dimka pour vous. », rétorqua la brune sans lui répondre, l'air vaguement outrée, avant qu'elle ne lui tourne le dos et ne s'engouffre à la suite de son amie.
James resta planté là, interdit, avant de renifler et de rejoindre les deux joueuses. Pénétrer dans le salon devait sans aucun doute être une tâche difficile pour tout le monde et, si il ne voulait pas mentir, pour lui aussi. Il réalisa rapidement que le plus dur serait d'y rester assez longtemps pour ne pas partir avant ses deux invitées. Alisha avait l'air tout aussi inconfortable que lui, si cela pouvait le rassurer, et James ne l'était pas vraiment. Seule Amandine marchait lentement dans la pièce désormais vide de tous ses meubles, regardant par la fenêtre distraitement. Lorsque le brun s'approcha de l'attrapeuse, sans bruit, il remarqua qu'elle tremblait, et que ses mains s'ouvraient et se fermaient, comme résistants à l'envie de se plaquer de nouveau contre les avants-bras. Ignorant les précédentes paroles de l'autre femme dans la pièce, l'Auror posa une main sur l'épaule de la blonde ; elle sursauta et ouvrit brusquement les yeux, fixant son regard vert sur son visage. James prit garde de garder son expression ouverte, compatissante mais sans pitié mal placée.
« Tout va bien ?, s'enquit-il, cette fois-ci à voix basse.
- Il y a beaucoup, beaucoup de traces de magie. Il y avait un elfe ? De maison ?
- Kreattur, confirma-t-il. Je ne sais pas si il faisait beaucoup de magie, il aidait juste ma mère, enfin, Ginny, dans les tâches ménagères, enfin, il me semble.
- Vous... Tu m'excuseras de ne pas vouloir passer partout. Je... »
Alisha se mordit la lèvre. James attendit patiemment qu'elle trouve ses mots, sa main toujours sur son épaule.
« Tout s'est passé ici, lâcha-t-elle finalement. C'est... C'est noir, la magie qui a été employée. Un Impardonnable, c'est sûr, et le sorcier qui l'a utilisé... Il voulait leur mort, James.
- Tu as trouvé autre chose ? »
Ils sursautèrent tous les deux en voyant que le troisième occupant de la pièce les avait rejoint. James s'écarta de deux pas de la plus petite et fourra ses mains dans ses poches, l'air de rien.
« Il y a des choses qui ne collent pas.
- Comme quoi ?, demanda l'Auror, revenant dans la conversation.
- Les sorts d'attaque, de défense... Tout ça a une empreinte, une empreinte différente que les sorts habituels, ceux de tous les jours. Je veux dire, un Repulso ne sonne pas de la même manière qu'un Accio ou un Alohomora, parce que ce n'est pas vraiment la même chose, pas la même utilité, enfin...
- Viens en au fait, coupa Amandine sans délicatesse, interrompant avec efficacité le flot de paroles.
- Oh ! Hum, eh bien... Il n'y a pas de trace de duel. »
James fronça les sourcils.
Sans même qu'il ne s'en rende compte, les paroles d'Alisha distrayait son esprit de l'endroit où il se trouvait. Il était en mode Auror, soudainement, en pleine investigation.
« C'est impossible.
- Et pourtant, James, je te jure, il n'y a rien. Je sens, enfin, de la magie noire, deux Avada Kedavra, le même sorcier, mais je te jure, je te promets, il n'y a rien d'autre qui date de cette période. C'est le plus récent. Il y a bien un vague Lumos, même un Expecto Patronum...
- Non, ça, c'était moi. Le soir. Quand j'ai trouvé les... Eux. Rien d'autre ?
- ... Il y a un transplanage. »
James fronça encore plus les sourcils. Si c'était possible.
(son front lui disait que oui)
« Il y a une barrière anti-transplanage. C'est impossible.
- Je ne suis que rapporteuse de faits, et il y a eu un transplanage dans cette pièce, à peu près à la même heure. Je ne sais pas. Dans la même journée. C'est moins pré...
- N'oublions pas, intervint Amandine d'une voix lente, qu'un transplanage peut avoir lieu même dans un endroit protégé. Ou la barrière était affaiblie, ce qui serait logique après la mort du sorcier qui l'a invoquée en premier lieu, ou bien la magie était trop forte pour être contenue. »
La brune pointa un doigt vers le plafond. Alisha et James le suivirent, regardant le blanc en attente de quelque chose. Rien n'arriva, si ce n'est la voix d'Amandine qui reprit :
« Une barrière magique est quelque chose d'étendu, comme une toile d'araignée. En théorie, c'est assez aisée de passer au travers, encore plus quand on l'a déjà fait une ou plusieurs fois.
- Et en pratique ?
- Un peu plus ardu. Je ne conseille pas d'essayer si on est pas sûr du résultat. »
Ce qui coïncidait avec ce que lui avait dit Millie, des années auparavant, lors de son entraînement. Ne transplane pas si il y a une barrière. Tu sais marcher ? Alors marche.
La main d'Amandine retomba. Le silence recueillit ses paroles. La batteuse, qui avait apparemment dit tout ce qu'elle avait à dire, s'éloigna d'eux de quelques pas. Au bout de quelques secondes, James laissa retomber sa tête et jeta un oeil vers Alisha. Cette dernière avait de nouveau fermé les yeux.
« Du neuf ?
- Cette barrière est puissante, Amandine.
- Mais est-ce qu'il y a des points plus faibles ?
- Oui, murmura la blonde. Quelques-uns, ici et là. Quelqu'un, voir même plusieurs personnes, ils l'ont forcés, mais d'autres points ce ne sont que des imperfections.
- Est-ce qu'il y a un moyen d'estimer la durée d'installation de cette barrière ?, demanda James. Savoir qui a transplané dans cette zone ? Non, question idiote, si elle est là elle a dû cacher ça... Alors quand y a-t-il eu transplanage ? »
Alisha ouvrit un oeil paresseusement, un sourire malicieux retournant sur ses lèvres. Elle semblait vraiment trouver ses questions rigolotes, et James fut heureux de voir l'humeur de la blonde remonter légèrement.
« Même moi, je ne vais pas jusque là.
- Super, grommela-t-il. Je vais devoir faire une demande officielle. Ou alors Thorin, tiens, ça m'empêchera de me déplacer. »
En plus, ça faisait depuis quelques temps qu'il n'avait pas parlé à son meilleur ami (deux jours, d'accord, mais admettez que ça faisait beaucoup). Il ferait d'une pierre deux coups. Et si l'autre n'aimait pas qu'il débarque à l'improviste sur son paillasson, eh, il n'avait qu'à répondre aux chouettes, par Merlin.
« Je la connais. »
James se tourna vite fait vers Alisha. Amandine avait fait de même, et le brun était sûr d'avoir entendu un craquement.
« L'empreinte magique, je l'ai déjà croisée.
- Ok, ok, ok, tempêta l'Auror, on se calme. Ça fait beaucoup de coïncidences.
- Je n'en vois qu'une, marmotta la batteuse.
- J'ai dit, beaucoup de coïncidences !, répéta-t-il plus fort. Est-ce qu'on est sûr que tu ne la confonds pas avec une autre ? »
Alisha eut l'air vaguement scandalisée, ce qui était une expression très amusante sur son visage rond.
« Non, par les caleçons de Merlin, je sais comment je marche tout de même, merci bien. Sache, James, petit péon, que les empreintes magiques peuvent se ressembler mais elles sont uniques et...
- Ok, pardon, désolé. D'où est-ce que tu la connais ? Comment tu t'en souviens ?
- Elle est forte. Il y a de la volonté là-dedans, beaucoup, et tu ne sais pas combien de sorciers tu croises dans la rue sans même t'en rendre compte, huum ?
- Abrège, intima Amandine.
- Je... l'ai croisée récemment ? En coup de vent. Tu sais, comme quand tu croises quelqu'un dans la rue et tu ne te souviendrais pas de son visage si tu la revoyais le lendemain autre part ? C'est ce niveau de familiarité. »
James se pinça l'arête du nez, chassant le début de mal de crâne qui s'installait.
C'était la dernière fois qu'il faisait appel à cette faculté de manière aussi poussée, décida-t-il, parce que c'était apparemment inconfortable à exercer et indubitablement, un vrai casse-tête à entendre. Il ne doutait pas qu'Alisha faisait tout son possible pour être la plus claire possible mais il lui manquait juste trop de connaissances pour tout saisir de ses discours.
« Je suggère qu'on parte, dit finalement la blonde.
- Bonne idée, grinça-t-il. Ouvrez le chemin, mesdames. »
Ils restèrent planté devant la maison comme des idiots, la regardant comme si elle allait se mettre à marcher. Ils n'avaient plus rien à se dire et chacun attendait un mouvement de quelqu'un d'autre pour dire quelque chose.
« Bien, finit par dire James en fourrant ses mains dans ses poches. Il ne doit pas être plus tard que midi...
- Quatorze heures et demi, apparemment, le coupa Amandine.
- C'est ce que je disais. Autre endroit où vous voulez aller ? »
La batteuse jeta un regard circulaire autour d'elle, avant de se tourner de nouveau vers lui et de lever un sourcil dédaigneux.
Ok, message reçu.
« Alisha ?
- ... Je devrais être en train de jouer au Quidditch, murmura la blonde pour elle-même.
- Je vais aller chez Thorin, je crois. »
L'attrapeuse se tourna enfin vers lui.
« James, tant que j'y suis, si tu pouvais ne pas me mentionner dans votre rapport ?
- Je... Chez Thorin. Pas au Ministère. Je suis en vacances. Je vais aller l'enquiquiner pour qu'il fasse une demande à ma place, je vais boire une bière avec lui, pas faire un rapport.
- Je croyais que votre patronne ne vous laissait pas de congés... ? »
Et ce n'était pas lui qui allait la contredire, mais il laissait le commentaire flotter loin, loin de la conversation. Amandine fit apparaître deux balais d'un mouvement de la main et il ne put s'empêcher d'être tout de même impressionné par cet exploit. Les seules qui avaient l'air de trouver ça, eh bien, normal, étaient les deux joueuses, qui enfourchaient les-dits balais comme si de rien n'était.
« Eh bien, à plus tard ?, lança Alisha, hésitante.
- Pas de problème. Je vous envoie un Patronus si il y a du nouveau. »
Avec un dernier signe de la main, les deux sorcières tapèrent du pied et s'envolèrent, brisant environ trois lois sur le Secret magique, et James les regarda faire sans trop s'en soucier.
Les vacances, les gens.
Puis le brun secoua la tête. Thorin ne devait pas être chez lui. Tant mieux, il pourrait l'attendre là-bas le temps que le châtain finisse ce qu'il avait à faire.
Dans un tourbillon, James transplana.
Le plot : Et James transplana.
IL TRANSPLANE PARTOUT PARTOUT PARTOUT BWAHAHA
J'ai relu un chapitre (le 1) récemment, et Thorin est parti d'avoir les yeux gris et, une ligne plus loin, bleus. C'est légèrement embêtant
(ils sont gris, ok)
J'en viens à lister les différents types de bois pour les baguettes et c'est vachement intéressant si ce n'est un peu relou (vive le wikia Harry Potter)
It's time to do some writing dadidadooou
Edit d'avant-postage de chapitre : Le chapitre suivant commence à faire dans les dix pages pour ne pas raconter grand chose, je commence à craindre mes personnages et leur prise d'autonomie soudaine, help
