Moi en train d'écrire en pleine canicule, alors que mon histoire m'échappe : alaide
Merci à Guest pour ta review, ça me fait plaisir de voir mon histoire appréciée ! En espérant que le reste sera à la hauteur uwù
Bonne lecture et restez hydratés !
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« Ginny ! », avait dit son père, et perché sur le balai James ne pouvait qu'écouter la voix paniquée de celui qui avait tué Voldemort. C'était un ton qu'il n'avait entendu que peu de fois chez lui ; et toujours, cela avait été lorsqu'il était jeune enfant. Lorsqu'il ne savait quoi faire de Lily pleurant dans ses bras après être tombée sur ses genoux, ou alors quand Albus venait le voir avec un problème particulièrement retors dont il ne pouvait trouver la solution. Mais jamais, au grand jamais, James ne l'avait entendu dans un tel état de panique. Cette dernière pouvait même se deviner ; elle était presque palpable dans l'air ambiant, dans la posture de sa mère qui, droite comme un i, agrippait le manche de son balai avec tant de force qu'il craignait qu'il ne cède.
« Ha—, commença-t-elle, mais fut interrompue immédiatement par son mari :
- Ginny c'est — c'est lui, c'est lui, par Merlin— Il faut... Il faut que tu viennes, Ginny, il faut que tu viennes. C'est lui. »
Harry sembla venir à une réalisation soudaine puisque ses divagations changèrent de cible ; à l'autre bout du 'fil', on pouvait entendre divers objets être déplacés, comme pris dans un tourbillon de panique.
« Il faut que je la prévienne, également— Non, viens d'abord, puis nous la préviendrons ensemble, il faut l'arrêter Ginny, il s'apprête à faire quelque chose, quelque chose de grave—
- J'arrive. Ne fais rien en mon absence. », interrompit la rousse, réussissant enfin à placer un mot dans ce flot de paroles, et coupa immédiatement la communication, ne laissant pas à Harry le temps de recommencer à parler.
Le stade était silencieux, si on exceptait bien sûr le vent qui soufflait autour d'eux et dérangeait leurs cheveux. Ginny regarda son poing serré sans le voir, les yeux dans le vide ; puis elle sembla sortir de ses contemplations, se rappelant sans doute de l'équipe de Quidditch interloqué qui la dévisageait. James pouvait voir, du coin de l'oeil, Alisha, ses yeux grands ouverts, aussi perdue que ses coéquipières.
« Mesdemoiselles, finit par articuler la rousse. Je crains que notre entraînement soit écourté. »
Alisha et Amandine échangèrent un regard avant que la capitaine ne prenne les choses en main, affichant un sourire éclatant, quoiqu'il sonnait faux pour quiconque en avait déjà vu un avant :
« Eh, pas de problème coach ! De toute façon, j'ai les cuisses en feu et je suis certaine de ne pas être la seule ! Pas vrai, Amandine ?
- Certes. », grogna l'autre une fois la surprise passée.
Ginny leur offrit toute un sourire contrit.
« Je vous verrai demain, alors. Ne faites pas de bêtises en mon absence. »
Sous les affirmations de ses joueuses, la sorcière fit sa descente. Personne ne bougea jusqu'à ce qu'elle atterrisse sur la pelouse et disparut dans l'enceinte du stade, sans doute pour son bureau. Le souvenir commença à se brouiller autour de lui mais même alors que l'image se floutait de plus en plus, James put voir le regard inquiet que toutes s'échangèrent.
L'Auror émergea de la Pensine lentement, les yeux fixés sur le mur en face de lui.
C'est lui; avait dit son père. Il faut que je la prévienne. Il s'apprête à faire quelque chose. Il lui manquait deux sujets. Peut-être trois, mais au moins deux. Et c'était deux inconnus pour lesquels il n'avait aucune piste. Le fait était que son père avait trouvé quelqu'un, ce qui signifiait en premier lieu qu'il cherchait quelque chose. Une enquête ? Pourtant, Harry Potter n'était plus Auror. Constance ne l'avait jamais consulté avant, ne l'aurait jamais fait. Tout ce qu'avait fait le Survivant dans ses derniers jours était siéger à la confédération internationale des sorciers et attendre que le temps passe.
James s'assit doucement dans son canapé, plongé dans une intense réflexion. Peut-être était-il en train de suranalyser la situation, le souvenir qu'il venait de visionner, mais il préférait ça à réfléchir à la frustration qu'il ressentait. Qu'est-ce qu'il savait ?
(il ignora la petite voix dans sa tête qui hurla «Tu ne sais rien, James Potter». Saleté de culture moldue)
Son père venait de trouver quelqu'un. Dans une enquête, tout du moins personnelle. Ce quelqu'un était assez choquant pour qu'il appelle sa femme alors que cette dernière était en plein entraînement de Quidditch, pour la faire venir plus tôt alors qu'un dîner était prévu chez Molly Weasley ce soir là, ce qui de toute façon l'aurait fait rentrer vers la fin de l'après-midi. Qu'est-ce qui était si urgent que son père ne pouvait pas attendre trente minutes de plus ?
Vu l'urgence dans sa voix lorsqu'il parlait de cette personne qu'il avait trouvé, il était indéniable qu'il s'agissait d'une connaissance, ou alors de quelqu'un d'assez respecté par son père pour que ce dernier soit choqué de son implication dans... peu importe ce dont il s'agissait. James était quasiment sûr que si il trouvait cette personne, il trouverait le tueur, ou alors une piste qui mènerait au tueur. Mais Harry Potter agissait-il seul ? Il avait évoqué quelqu'un.
La. Il faut que je la prévienne.
Avec qui s'était-il fourré ? Avec qui travaillait-il ? Pas son épouse, pour commencer. Constance ? Comme déjà dit, hautement improbable, et dans tous les cas son implication dans l'affaire, quelle qu'elle soit, aurait été notée et surtout, remarquée. Constance occupait une fonction publique connue qui attirait l'attention, or si Harry Potter avait agi en secret, cela allait sans dire qu'il avait été discret. Quelqu'un d'autre, alors. Hermione ? Peut-être plus probable. Les deux étaient meilleurs amis, toujours fourrés l'un avec l'autre avec Ron. Qu'ils se soient embarqués pour une aventure sans en avertir leurs enfants et en réussissant à rester incognitos serait logique. Mais si Hermione se révélait être une voie sans issue, alors James se retrouverait réellement perdu sur un point, car il ne connaissait pas l'entourage de son père aussi bien que ce qui était souhaitable. Peut-être que Albus pourrait le renseigner sur ce point ; après tout, c'était lui qui avait le plus profité du réseau professionnel de ses parents pour construire le sien (en témoignait sa place d'assistant du ministre, qui signifiait plus ou moins que si quelque chose devait arriver à ce dernier ce serait à lui de prendre les rênes du pays).
James soupira et regarda le plafond. Il avait beaucoup de personnes à qui parler. Sa grand-mère, sa tante. Thorin, si il croisait ce dernier, mais pour des raisons plus personnelles. Recevoir les résultats du centre de transplanage, d'ici deux jours, pourrait peut-être le lancer sur une nouvelle piste, ou tout du moins il l'espérait. Pour l'instant, la seule chose qu'il avait était des balbutiements. L'avenir seul dirait si ces derniers pouvaient se transformer en paroles sensées, ou se taire à jamais.
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« James. », l'accueillit Molly Weasley, et elle le serra dans ses bras. James crut sentir ses os craquer sous la puissance du câlin de sa grand-mère ; assez gauchement, il lui tapota le dos.
« J'en oublie mes manières, fit la vieille sorcière une fois séparée de son petit-fils. Entre donc, ignore la poussière. »
La doyenne des Weasley le laissa dans l'entrée pour aller vérifier la cuisson du poulet. James passa en revue tous les meubles à portée d'yeux sans apercevoir un seul grain de poussière. Le Terrier était aussi resplendissant que d'habitude, voir même plus. Mais il y régnait un air de tristesse perpétuel, sans doute lié au fait que seuls ses grands-parents s'y trouvaient aujourd'hui. James savait que normalement, ils recevaient la visite de membres de la famille tous les jours, ou en tout cas assez fréquemment pour qu'ils ne s'ennuient pas et aient des nouvelles de tout le monde. Visiblement, aujourd'hui était un jour sans, et James n'était pas forcément le plus joyeux de tous leurs petits-enfants. Encore moins avec "l'interrogatoire" qu'il comptait leur faire passer.
Il avança jusqu'à la cuisine, où Molly était en train de sortir le repas du four à la manière des moldus. Son grand-père n'était nul part en vue et James n'entendait aucun bruit provenant de l'étage.
« James, chéri, pourrais-tu aller chercher Arthur ? Il est dans le poulailler. »
L'Auror acquiesça et sortit dans le jardin, sans aucun gnome pour le polluer. C'est qu'il devait être rudement bien entretenu ; normalement, les petites pestes qu'ils étaient n'attendaient pas plus de quelques jours pour revenir à la charge et s'installer de nouveau dans les plates-bandes. James trouva son grand-père debout parmi les poules, exactement comme sa grand-mère lui avait dit, et il resta à l'entrée de l'enclos quelques secondes pour détailler ce qu'il voyait du grand homme qu'était Arthur Weasley. Les manches de sa chemise étaient retroussées mais ses bras et ses mains étaient exempts de toute poussière. Son pantalon était celui qu'il utilisait pour le travail manuel mais là encore, mis à part les traces d'usure, il était immaculé. Arthur ne bougeait pas, ne frissonnait pas sous la brise ; on aurait dit qu'il était absent, dans un monde qu'ils ne pouvaient atteindre.
« Grand-père. », appela James doucement. L'autre tressaillit, comme arraché à ses rêveries, et se retourna, l'air perdu. Le plus jeune le soupçonnait d'avoir perdu la notion du temps malgré lui.
Arthur ne le serra pas dans ses bras comme l'avait fait Molly. Plutôt, il resta debout, les bras ballants, et James dut lui prendre le bras pour qu'il consente à faire un pas.
« Le repas est servi. »
Arthur lâcha un «hmm» contemplatif avant de suivre son petit-fils dans le Terrier et à table.
Ils mangèrent en silence, si ce n'est pour les questions banales que lui posa sa grand-mère entre deux bouchées. Soudainement, James trouvait que faire la discussion à ses grands-parents était une tâche beaucoup plus difficile qu'auparavant. La présence de ses parents pesait entre eux ; le brun pouvait voir dans les yeux de sa grand-mère l'envie d'en savoir plus, comment se déroulait l'enquête, si il y avait eu de l'avancement ; or il n'aborda jamais le sujet de lui-même et Molly n'essaya jamais de le lancer. Arthur resta silencieux : James se demanda depuis combien de temps son grand-père avait ouvert la bouche. Déjà, au buffet suivant la cérémonie de crémation de ses parents, il n'avait pas dit un mot, si ce n'est saluer un Thorin perdu d'un «Bienvenue» à peine audible. Peut-être était-ce sa façon de porter son deuil mais James n'arrivait pas à réconcilier cet homme muet avec son grand-père d'habitude si énergique.
Lorsqu'ils en arrivèrent au dessert, cependant, l'Auror décida que le moment était aussi bon que n'importe quel autre ; c'est-à-dire horrible, et il écarta son assiette de cake au chocolat à peine entamée. Le raclement attira le regard de ses grands-parents ; lui se pencha sur la table, les mains jointes comme si sur le point de leur livrer un secret :
« J'ai besoin de vous poser quelques questions. »
Molly et Arthur partagèrent un regard avant que la petite femme n'écarte à son tour son assiette. Son sourire triste lui disait tout ce qu'il voulait savoir : d'une façon ou d'une autre, ils s'étaient doutés de la raison de sa visite. James se sentait coupable de ne pas avoir réussi à leur prouver le contraire mais l'enquête primait sur tout le reste ; de plus, si il parvenait à mettre la main sur celui qui avait tué ses parents, alors le reste serait oublié.
« Vous vous en doutiez, dit-il néanmoins pour confirmer ses pensées.
- Oh James, chéri. Tu ne viens jamais nous voir sans une bonne raison. », répondit doucement Molly.
C'était une simple remarque mais James sentit tout de même une vague de honte l'envahir. Certes. Sans les repas de famille, il doutait qu'il verrait énormément ses grands-parents, mais c'était le cas de beaucoup de leurs petits-enfants. Lui avait un métier prenant, d'autres parcouraient constamment le monde, certains avaient des postes à responsabilité. Mais il n'empêchait qu'il prenait la remarque à coeur, et il se jura de voir un peu plus Molly et Arthur quand son emploi du temps le lui permettrait (sachant qu'il était plutôt vide actuellement, ceci arrangeait cela).
« Pose tes questions, chéri, continua Molly, évitant que le malaise ne s'installe trop profondément. Nous ferons au mieux. »
À côté d'elle, Arthur hocha la tête. Il n'avait pas ouvert la bouche depuis le début du repas.
« Le repas de famille commence à dix-neuf heures. Est-ce que ma mère a mentionné un quelconque retard ? »
Molly noua ses mains, paraissant réfléchir, mais tout de suite son mari hocha énergiquement la tête de droite à gauche. Non. La petite femme confirma pour lui :
« Non. Ils étaient toujours à l'heure, tes parents. Jamais une seconde de retard. Peut-être que si j'avais vu avant qu'ils n'arrivaient pas... »
Arthur lui couvrit les mains avec les siennes. James détourna le regard, leur donnant un peu d'intimité. Dire que ce n'était pas de sa faute était inutile : elle le savait déjà, lui aussi, tout le monde. Mais c'était le réflexe de chaque survivant, essayer de trouver ce que l'on aurait pu faire pour éviter l'accident, se flageller pour ça. Cette habitude passerait avec le temps. Normalement.
Le regard de James dériva sur l'horloge familial, remplie de tant d'aiguilles qu'elle en devenait presque illisible. Celles de ses parents avaient disparu, bien entendu, tout comme celle de son oncle Fred bien des années avant, lors de sa mort à la bataille de Poudlard. Pourtant, comme cette fameuse soirée, les aiguilles semblaient bloquer entre deux positions, immobiles, comme si la machinerie n'avait pas su où les placer et s'était bloquée d'indécision.
« L'horloge est toujours cassée ?, s'enquit-il.
- Oui, depuis quelques semaines déjà. Après une visite de tes parents, elle a commencé à se détraquer. L'aiguille de ton père indiquait toujours "En danger de mort". J'aurais dû me douter—
- De rien du tout, coupa-t-il. Papa avait un travail dangereux, c'était normal que cette aiguille pointe par là. Tu n'as pas fait venir un réparateur ?
- C'est un objet de famille. Il faut que je le fasse moi-même, quand j'en aurai le temps. Aucun sorcier extérieur à la famille Weasley ne sait comment l'entretenir correctement. »
James nota la fierté dans la voix de sa grand-mère mais il ne s'en préoccupa pas. L'idée que l'horloge était cassée le chagrinait, car la coïncidence était beaucoup trop grosse pour être fortuite. Quelqu'un l'aurait-il détraquée intentionnellement ? Après tout, si on pouvait s'introduire chez Harry Potter alors que la maison était solidement gardée, il aurait été aisé de faire de même pour le Terrier.
Le sorcier secoua la tête. Il en tirerait plus tard les conclusions qui s'imposaient. Pour l'instant, il avait des questions à poser.
« Est-ce que mes parents étaient différents que d'habitude, ces derniers temps ?
- Pas vraiment. Harry était peut-être plus stressé mais c'est souvent lié à la confédération internationale. Ginny, eh bien, Ginny était excitée pour la prochaine coupe du monde féminine de Quidditch, voilà tout. »
Le regard que Molly lui envoya était triste et James dut retenir l'agacement qu'il sentait poindre.
« Tu sais ça mieux que nous, chéri.
- Vraiment ?, répliqua-t-il avec plus de force que nécessaire. Parce que dans cette enquête, j'en vois plus sur mes parents en une après-midi qu'en un mois. »
L'Auror se pinça l'arête du nez pour se calmer.
« Désolé, grand-mère. C'était méchant de ma part.
- Ils vous aimaient, tu sais. »
Molly et James sursautèrent.
La voix rauque de ne pas avoir été utilisée, le ton bas mais le menton haut, Arthur Weasley avait parlé avec tant de force que le brun avait envie d'agréer avec lui sur-le-champ. Il retrouvait un peu de l'homme qu'avait été son grand-père avant le meurtre de ses parents, mais il déplorait le timing un peu épouvantable.
« Je sais qu'ils nous aimaient, répondit-il. Ce n'est pas la question. Vous les connaissez mieux que nous, c'est tout. C'est normal, après tout. »
Car il y avait plus d'histoire entre ses grands-parents et ses parents qu'entre ses parents et eux, Albus, Lily et lui. Les deux couples avaient connu une guerre, s'étaient battus ensemble contre Voldemort. La période dans laquelle vivait James était relativement calme, en comparaison.
Ce dernier se leva de sa chaise. Il avait dit avoir des questions mais maintenant qu'il faisait le tour de son esprit, il ne trouvait rien de plus à demander. Et il n'avait plus faim du tout. Ses grands-parents durent le comprendre, puisqu'ils se levèrent à leur tour, résignés à son départ. Molly l'escorta jusqu'à l'entrée du Terrier après lui avoir fourré un tupperwar rempli de gâteau dans les mains. Sur la pointe de ses pieds, elle lui fit la bise sur les deux joues, deux claques retentissantes dans l'atmosphère pesante de la maison, avant de garder son visage dans ses mains et de dégager ses boucles brunes avec des gestes tremblants. Ses yeux étaient un peu mouillés, apparemment au bord des larmes, et James ne savait pas si elle le voyait lui ou une version de son père plus jeune, sans lunettes, sans cicatrice. Il ne voulait pas connaître la réponse, décida-t-il alors que sa grand-mère le laissait enfin partir.
« Reviens nous voir, James. Et dis à ta soeur et ton frère qu'ils sont les bienvenus également.
- Je vais faire de mon mieux. », répondit-il, et après un dernier au revoir il se mit résolument en route.
Le regard de son grand-père semblait fiché sur son dos mais James n'osa pas se retourner pour voir l'expression qu'il arborait. Certaines choses valaient mieux ne pas être sues.
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Le soir, comme promis, il brancha son vieux Nokia et attendit patiemment qu'il charge en mettant ce qu'il savait sur papier. Le tout semblait très éclaté et surtout, semblait ne mener à rien, mais pour autant James savait qu'il pouvait en tirer quelque chose si il cherchait bien.
Son père connaissait apparemment l'agresseur, ou alors il connaissait quelqu'un qui connaissait l'agresseur. Indéfini mais probable. Sa découverte avait été assez choquante pour qu'on veuille l'éliminer. Et qu'on réussisse.
Un agresseur masculin, alors ? Cette piste était privilégiée, mais pour autant l'inverse n'était pas impossible.
Car grâce à Alisha, il savait qu'une seule personne avait tué ses parents. Ces derniers n'avaient pas réagi. Pourquoi ? Avaient-ils été surpris par le meurtrier à un moment inopportun ? Mais si son père avait été si stressé, n'aurait-il pas dû être, au contraire, sur ses gardes ?
L'horloge était cassée. Beaucoup trop suspect pour que cela soit normal. Par qui ? Il devrait peut-être emmener Alisha pour inspecter la pièce mais pour ça, il faudrait expliquer le processus à ses grands-parents. Une tâche un peu trop fastidieuse pour l'instant.
Au premier abord, pas d'infraction dans la barrière. Le centre d'essai de transplanage lui en dirait bientôt plus, en espérant que l'équipe envoyée fasse du bon travail. Vu le zèle dont certains faisaient preuve, James avait peu d'espoir, mais peut-être la menace de Thorin/Constance les avait effrayés. Qui sait.
Son père avait travaillé sur quelque chose. Une enquête, un truc, visiblement pour quelqu'un. La. Qui était ce la, comment s'appelait-elle réellement, quel était son but dans la vie si ce n'est lui compliquer le travail. Et surtout, pour qui son père accepterait-il de travailler illégalement ?
Une seule personne. Une. Seule. Personne. Qui avait tué deux puissants sorciers sans aucun souci.
C'était sa plus grande inconnue. C'était sa plus grande inconnue et il n'avait aucune idée de comment la résoudre.
Par les caleçons de Merlin, jura-t-il intérieurement, puis il se rendit compte qu'il était encore seul dans son appartement alors il répéta l'injure à voix haute, ne serait-ce que pour la satisfaction. Godric, brave chouette, ouvrit un seul oeil courroucé avant de le refermer aussi sec. Il avait l'impression que la réponse lui pendait sous le nez sans qu'il ne puisse la saisir.
James souffla d'irritation. Il savait que réfléchir, lorsqu'il était frustré, ne menait à rien si ce n'est à encore plus de déception. Il le savait et pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'y penser. Si il était frustrant de ne pas trouver, il était encore plus frustrant de savoir que la solution était proche sans pour autant pouvoir l'attraper. L'Auror s'enfermait dans un cercle de réflexion vicieux — et il pouvait entendre d'ici le rire moqueur d'Albus et de sa tante Hermione, en mode «C'est pas trop tôt mon vieux».
Heureusement (mais James, comme un Auror un peu pessimiste venant juste de perdre ses deux parents, ne considéra pas ça comme de la chance), l'écran de son Nokia s'illumina à cet instant-là, lui permettant de trouver une issue de secours à ce problème. Il dut se creuser la tête pendant quelques minutes avant de réussir à trouver son code d'activation — chose complètement stupide vu qu'aucune de ses connaissances sorcières ne savait comment utiliser un téléphone, tout ancien soit-il — et lorsqu'il le fit, il fut envahi par une tonne de messages, ainsi que de quelques plus rares appels manqués. Il fit défiler la liste de ses conversations : la plupart des SMS étaient des offres publicitaires, des bons de réduction, l'annonce de soldes... Lorsqu'il regarda ses appels, il constata la même chose. Personne n'avait laissé de message vocal ; du télémarketing, alors. Paresseusement, l'Auror tria ses SMS. Puis tout à coup, alors que son doigt allait en supprimer un, il s'arrêta net et se pencha sur le minuscule écran, déchiffrant les mots inscrits.
Adélie
Roy
Créance
Isidore
Lia
"Chaudron Baveur", vendredis 2100
La tourte est meilleure chaude
James cligna des yeux. Numéro inconnu, évidemment. Il essaya d'appeler mais il fut aussitôt accueilli par une voix féminine :
« Le numéro que vous cherchez à joindre n'est pas attribué
- Merde. », jura-t-il tout bas, et raccrocha. Les chiffres ne lui étaient pas familiers du tout, alors qu'il avait normalement bonne mémoire pour ce genre de chose.
« Est-ce qu'on est vendredi ? », demanda-t-il tout haut, et Godric ne lui répondit pas.
Oui, on était vendredi, vérifia-t-il, et la seconde étape était : est-ce qu'il y allait ? Au Chaudron Baveur ? Il ne connaissait qu'un seul restaurant de ce nom là, celui qui menait au Chemin de Traverse. La question était de savoir si il était judicieux de s'y rendre alors qu'il n'avait aucune idée de qui venait lui envoyer cette liste de noms qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam, avec une horaire qui tombait — oh, tiens donc, la nuit ! — à pic pour des attaques en tout genre.
« Oh, qui est-ce que j'essaye de convaincre ? », lança James, et il fonça prendre son manteau le plus "moldu", prêt à sortir.
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Mon document Word fait actuellement 103 pages. C'est beaucoup trop et en même temps pas assez
