Millie se réveilla au doux son qu'était le hululement d'une chouette, sauf que cette chouette là était trois centimètres de son visage, perchée sur son torse, et que lorsqu'elle ouvrit les yeux la première chose qu'elle vit fut le regard ambré d'un animal curieux.
« Merlin. », murmura-t-elle en réprimant un geste brusque. Lentement, elle se redressa sur ses coudes, ne quittant pas des yeux l'animal qui s'était établi sur elle ; ce fut réciproque, et à par se déplacer sur son ventre la chouette n'esquissa pas un geste pour partir.
Décidant finalement que faire un concours de regard avec une chouette était un peu stupide, l'Auror balaya du regard la chambre où elle était. Elle avait des souvenirs flous de la veille, si ce n'est le Chaudron Baveur et son cerveau baignant dans la fatigue. Rien d'autre. Alors où... ?
Millie se leva lentement et la chouette sauta sur son épaule. Elle pesa rapidement le pour et le contre puis parvint finalement à la conclusion que l'animal n'était, de toute façon, pas très lourd. Lorsqu'elle ne la chassa pas, la chouette poussa un hululement heureux et se frotta légèrement contre elle. D'un geste distrait, elle lui retourna la caresse, tandis que du regard elle cherchait sa baguette— là. Sur la commode. Elle la mit dans la poche de son jean froissé— et ce fut juste maintenant qu'elle sentait l'odeur de braise qu'elle portait sur elle. Celui qui l'avait amené là n'avait pas pris la peine de la déshabiller. L'Auror ne savait pas si elle devait en être soulagée ou non.
Elle s'aventura dans le couloir, prenant garde à ne pas faire craquer le bois. Elle avait oublié de regarder l'heure mais, au vu de la lumière qu'elle voyait venir du salon, ils devaient se trouver en pleine journée. L'appartement semblait assez petit ; lorsqu'elle s'approcha d'une porte entrouverte, elle crut entendre des ronflements. Doucement, Millie l'ouvrit.
James dormait à poings fermés, étalés de tout son long sur la table de la cuisine ; à côté de lui, Alisha était en train de baver sur le bois. Leurs épaules se touchaient et leurs positions avaient l'air aussi inconfortables l'une que l'autre. Millie laissa échapper un soupir de soulagement inaudible dans le silence de la pièce, entre les ronflements de Alisha et les soupirs plus discrets de James, et se détendit imperceptiblement. La chouette sur son épaule poussa de nouveau un hululement, déploya ses ailes et parcourut la pièce en deux temps trois mouvements, se posant sur un perchoir posé à côté du plan de travail. Visiblement, le bruit avait alerté James, qui se redressa lentement avec le même air qu'un zombie qu'on réveille ; Millie fut aux premières loges pour le voir s'humecter les lèvres, avaler sa salive, lancer un petit grognement, et se figer lorsqu'il l'aperçut.
« Merlin. », fit-il également, puis sa tête se tourna vers Alisha et il grogna encore plus fort... Avant de grimacer.
« Mon cou. », et ce fut assez pour faire cligner des yeux à Alisha, qui tourna la tête, posant sa joue là où elle avait bavé, et leur offrit un petit sourire.
« J'ai un torticolis de l'enfer, leur confia-t-elle. Du genre, je pense que Amandine va m'engueuler quand je vais retourner à l'entraînement.
- Est-ce qu'on peut ne pas parler d'elle maintenant. », demanda platement James, et les deux lâchèrent un rire en même temps.
Millie, pour qui les évènements de la veille étaient certes flous mais tout de même assez limpides pour les comprendre, en parvint à la conclusion exacte qu'elle se trouvait dans l'appartement de son collègue.
« Je divague, je divague, fit James en se levant, mais quelqu'un veut du café ?
- Actuellement, je... Devrais retourner à l'hôpital. », intervint Millie pour la première fois de la discussion.
Comme si ça avait été un signal, Alisha se tourna vers elle et, très indiscrètement, leva rapidement les sourcils avant de les baisser, et de répéter ça une bonne dizaine de fois avant d'être satisfaite.
« Votre personne spéciale, n'est-ce pas ? »
Millie resta immobile cinq secondes avant de répondre d'un ton qu'elle espérait plat :
« Actuellement, c'est ma cheffe.
- Oh, vous savez, les deux ne sont pas incompa—
- Constance est à Saint-Mangouste ?! »
Il lui semblait que James venait tout à coup de découvrir l'origine de la vie ; ou peut-être, plus probable, celle de l'absence de Constance hier au Chaudron Baveur.
Avec résignation, l'Auror hocha la tête.
« Elle a été piégée dans une maison en feu hier. Je dois voir comment elle va. »
James jura tout bas.
« Bordel, déjà que cette Adélie ne vient pas comme prévu, et maintenant la seule indic que j'aurais pu avoir est entre la vie et la mort. »
Il y eu un silence qui lui fit comprendre qu'il avait dit ou fait quelque chose de mal, et lorsqu'il leva la tête il croisa le regard plat de Millie. Cette dernière n'en croyait pas son regard, avait envie de hurler «Comment est-ce que tu fais pour ne pas voir le lien ?!», un peu à la manière de son amie après tout, et était-ce le moment où l'Auror devait s'inquiéter de voir que Constance avait déteint sur elle ?
« Quoi ?, demanda James avec une note défensive dans la voix.
- Rien, rien, répondit Millie encore plus platement.
- Si, il y a bien quelque chose, sinon vous ne me regarderiez pas comme ça.
- Est-ce que..., commença-t-elle. Enfin, est-ce qu'on vous a déjà dit que vous étiez parfois très bouché ? »
James eut l'air scandalisé. Millie en déduit que la réponse était non et haussa les épaules, le signe universel pour dire «Laissez tomber» et se tourna vers la porte. La chouette hulula ; elle lui adressa un petit signe de la main et prit la poignée avec l'autre.
« Enfin. Merci pour le lit. »
Le «Au revoir !» d'Alisha la suivit dans le hall d'entrée, où elle trouva ses chaussures, les enfila. Puis elle sortit ; la porte n'avait même pas le temps de claquer qu'elle avait déjà transplané, direction Saint-Mangouste.
XxX
Ce ne fut que lorsqu'elle retrouva Marie avec une tête à faire fuir un mort, en dehors de la chambre de Constance, qu'elle se mit à craindre pour sa vie. Pas la sienne. Celle de Constance.
Et, peut-être, un peu pour la sienne.
« Millie, la salua Marie en la gratifiant d'un regard noir.
- Je me suis endormie en chemin. », se justifia-t-elle aussitôt, avant de décider que cela pouvait attendre, après tout ; mais lorsqu'elle essaya de contourner Marie, cette dernière se décolla du mur et, croisant les bras, se mit pile devant la porte de la chambre. Millie recula au milieu du couloir. Il n'y avait personne. Au moins, l'endroit était tranquille.
Et cette tranquillité les mettait sur les nerfs.
« Un problème ?, demanda-t-elle aussi poliment qu'elle le pouvait.
- Plusieurs, actuellement, grinça l'autre. Le premier étant, où étais-tu passée ? Le deuxième, qu'est-ce que c'est que cette histoire de réseau secret ? »
Heureusement que Marie ne lui avait pas demandé ça, ou alors sa poker face dont elle était si fière habituellement se serait sans aucun doute transformée en une vague grimace tentant de se faire passer pour une réaction naturelle et totalement contrôlée.
Dans l'état actuel des choses, Millie leva un sourcil et répondit immédiatement, avec tout le ton hautain qu'elle pouvait invoquer :
« Je ne pense pas que je réponde de toi. J'ai le droit d'aller où je veux, quand je veux, il me semble. »
Marie, gentille, douce Marie, leva les mains au ciel, et lorsqu'elles redescendirent, elles étaient des poings.
« Je ne suis pas stupide, Millie, gronda-t-elle. Toi et moi, tout le monde, tout le monde, Millie, sait que la seule manière de te faire quitter les côtés de Constance, c'est soit parce qu'elle te l'a demandée, ou alors parce que tu es morte. Et enterrée. Sauf que tu as l'air bien vivante, et ma soeur a l'air bien silencieuse, alors en tant que supérieure hiérarchique je vais te le demander encore une fois : où est-ce que tu étais hier ? »
Millie avait envie de faire et de dire beaucoup de chose, mais partir dans un concours de cri avec Marie était quelque chose qu'elle ne pouvait faire que une fois bourrée ou ivre de sommeil ; et actuellement, elle n'était ni l'un, ni l'autre. Alors la stratégie la plus efficace, c'était d'attendre. Regarder fixement et attendre, attendre que Marie comprenne que si elle ne disait rien mais la fixait, eh bien, fixement, c'était parce qu'elle ne comptait pas ouvrir la bouche.
« Très bien, gronda Marie. Très bien. », répéta-t-elle en français, comme si insister dessus en deux langues allait lui délier la sienne. Millie fit un pas vers la porte, vers Marie ; cette dernière lui adressa un regard assassin et demanda :
« Et le réseau secret, alors ?
- Marie, fit l'autre Auror de sa voix qu'elle espérait la plus condescendante. Va dormir. »
Millie posa sa main sur la poignée et la tourna. L'autre ne fit pas de geste pour l'arrêter.
« Si tu rentres dans cette chambre sans me répondre, considère-toi comme suspendue. Indéfiniment. Et même Constance ne pourra pas te sortir de cette merde. »
Il y avait définitivement quelque chose qu'elle n'avait pas considéré, pour que Marie se mette tout à coup à parler ainsi, comme si certaine du pouvoir qu'elle avait, et pour qu'elle ait eu vent ne serait-ce que d'une rumeur de la toile de sa soeur. Mais plus tard. Tout ceci étaient des réflexions pour plus tard.
« Toi et moi, nous savons très bien que je m'en fiche. »
Marie était partie avant même que la porte ne claque.
XxX
Peu après le départ de Millie, et alors que Alisha et lui dégustaient un délicieux café à onze heures du matin, James reçut deux hiboux.
Le premier, avec un air toujours très officiel, le port de tête digne, avait en ses serres une lettre scellée avec le parchemin du ministère de la magie, et son adresse écrite en vert. Le deuxième se posa sur la rambarde de sa fenêtre et tendit la serre qui ne tenait pas la Gazette du Sorcier. Avant de se raviser et de jeter le journal par terre. Puis il poussa un hululement triste, comme chagriné par l'absence de pièces, et en trois battements d'elle il s'était envolé.
James, qui était en train de tendre un verre d'eau au hibou du ministère, regarda le journal sans comprendre ; ce fut Alisha qui le ramassa et le lui tendit.
« Je ne reçois jamais la Gazette, d'habitude. »
Son amie, qui trempait son pain dans son café avec le même entrain que lui en train de faire sa vaisselle à la moldue, désigna le ruban rouge qui nouait le journal.
« Édition spéciale, apparemment. »
Washington Tyne and Wear, bien sûr. La Gazette avait dû mettre les bouchées doubles pour faire cette édition.
Il s'en était douté, bien entendu, mais cela lui fit tout de même quelque chose de lire les caractères gras sur la page principale, le DÉCÈS DU MINISTRE ROBARDS impossible à rater, même pour les plus étourdis. À côté de lui, Alisha suspendit tout geste et se pencha sur son épaule pour lire.
« Wow. », souffla-t-elle simplement en apercevant tous les articles, petits et grands, qui ornaient la première page, tous promettant de se poursuivre autre part. Jamais James n'avait vu une édition aussi épaisse : il avait l'impression de tenir dans ses mains un livre de poche qu'on avait agrandi pour des besoins de lisibilité.
La joueuse de Quidditch pointa du doigt un encadré, qu'il parcourut du regard.
La cheffe des Aurors hospitalisée
Le résultat d'une politique trop hasardeuse ?
La suite en page 10.
La suite en page... La suite en page... La suite en page... Juste ça, partout, sur toutes les brèves, ou plutôt ce qui était censé être des brèves et qui était maintenant des petites nouvelles à elles seules. Il n'y avait même pas de place pour la publicité, et il avait un peu peur de tourner la page et de voir si c'était la même chose de l'autre côté. Mais au final, il le fallait, et c'était effectivement la même chose de l'autre côté. Il y avait plus de noir que de beige dans ce journal. Mais au final, il y eut deux intitulés qui lui tapèrent dans l'oeil. Le premier était l'en-tête de la deuxième page, en gros et en gras LE REMPLAÇANT DU MINISTRE ROBARDS : LA CONFÉDÉRATION ET LE MAGENMAGOT SE RÉUNISSENT, mais il y avait dans cette tournure quelque chose, à moins que ce ne soit son instinct qui ne lui dise simplement qu'il y avait une impression de finalité. Comme si la réunion n'était faite que pour les besoins d'une réunion.
Et le deuxième, plus petit mais tout aussi important, Des fuites dans le ministère ? Constance Reynard impliquée dans la mort du ministre, et c'était si ridicule que James bondit à la page indiquée, ignorant le «Eh !» de protestation d'Alisha. James tint la page fébrilement, ses yeux parcourant l'article avec un empressement qu'il n'avait connu que lorsqu'il avait fallu lire les sujets des ASPICS. Alisha se mit à lire l'article de l'autre côté de la page, et chacun s'occupèrent à leur sujet.
«C'est impossible !», s'exclame, pour la troisième fois de la nuit, le directeur du Département de la Justice magique, Percy Weasley. Mais il est évident que lui-même ne croit pas ce qu'il dit.
Une heure auparavant, une source anonyme leur a indiqué une possible fuite du plan de tournée du ministre Robards, qui avait jusque là été tenu secret afin d'éviter tout incident tel que celui de l'attaque de Washington Tyne and Wear.
«Il est évident qu'il y a eu une fuite, puisqu'il y a une une attaque. », a sombrement déclaré Jonas Prouvaire lors de l'interruption de séance quémandée par les membres de la Confédération internationale des sorciers, officiellement pour "réfléchir de la marche à suivre". Officieusement, afin de sans doute déterminer si un état de crise plus grave doit être déclenché.
«C'est d'ailleurs une décision qui a été critiquée par grand nombre de nos concitoyens, notamment pour des raisons d'emploi du temps. Comme vous le savez, le lieu des prochains meetings n'était dévoilé que deux jours avant qu'ils aient lieu.»
Lorsqu'on lui demande comment il peut soutenir une telle accusation contre sa collègue, l'Auror française Constance Reynard, Mr Prouvaire secoue la tête.
«Il n'y avait qu'elle qui ait accès à ce plan de tournée. Elle, et l'Auror qu'elle a dépêché près du ministre.»
Ce même Auror, dont l'identité n'a pas été communiquée au public, est cependant considéré comme quasiment innocent.
«Je le connais. Il a combattu les attaquants au péril de sa vie, et son professionnalisme n'est pas à remettre en question.»
Mais Jonas Prouvaire a noté une hésitation. Et nous ne pouvons nous empêcher de la lui faire remarquer, avant de lui transmettre ce que nous savons déjà : Constance Reynard est actuellement hospitalisée pour blessures graves à l'hôpital Saint-Mangouste, et son état de santé n'est pas plus connu que ces quelques mots.
«Il est impossible de savoir dans quel contexte l'Auror Constance Reynard a reçu ses blessures. Cependant, et si notre théorie se révèle exacte, alors cela a-t-il vraiment de l'importance ?»
Pourtant, plusieurs citoyens pris dans le feu ont soutenu avoir été aidés par la cheffe des Aurors. Jonas Prouvaire esquisse un geste interrogatif.
«Concentrons-nous sur la fuite. Je ne pense pas ma collègue capable d'attaquer un innocent. Et au final, qu'elle ait souhaitée la mort du ministre Robards ou non en transmettant ces plans, eh bien, cela ne compte pas : la fin, vous la connaissez.»
Jonas Prouvaire, dont nous rappelons qu'il occupe la place de directeur de la brigade magique, a dû prendre congé de nous : l'audience vient de reprendre.
Cependant, le message de la source d'informations anonyme a été rendu public quelques minutes avant que nous n'imprimions les exemplaires de votre cher journal, la Gazette du Sorcier. Ainsi, un inconnu soutient «l'existence d'un réseau secret à la tête duquel se trouve la cheffe des Aurors», et dont les membres «se cachent partout, autour de vous, dans le ministère, dans la rue, à Poudlard». Et de finir «la coupable, la voilà». Il est précisé qu'un parchemin accompagnait le message, livré par hibou postal, et que ce parchemin était l'original du plan de tournée.
Canular, coup de bluff ou fait avéré ? En attendant d'en savoir plus, la Confédération internationale, en commun avec le Magenmagot, a pris la décision de suspendre la cheffe des Aurors de ses fonctions. Ce réseau est dès maintenant étudié, et un interrogatoire a déjà été promis une fois que Constance Reynard se sera réveillée. L'avenir s'annonce pour elle bien incertain.
Et, comme si le destin voulait moquer James, un petit nom qu'il connaissait bien à la fin de l'article : Lucy Weasley. Décidément, sa cousine avait un don pour mettre le doigt sur les scoops et articles à sensation.
Puis il relut le dernier paragraphe, la phrase de Millie lui revint en mémoire, son «Est-ce qu'on vous a déjà dit que vous étiez parfois très bouché ?» et les neurones se connectèrent enfin ensemble.
« Constance est Adélie. », réalisa-t-il dans sa cuisine, et Alisha leva la tête, ayant apparemment fini son article, et demanda :
« Qui est quoi ? »
Et en même temps, ça faisait tellement sens qu'il se sentit non seulement victorieux mais aussi stupide. Toute la soirée d'hier, l'absence de Adélie, les commentaires de Lia sur cette dernière, la confiance de Millie quant au fait qu'Adélie en entendrait parler, parce qu'elle saurait à qui parler, et surtout qui allait l'écouter.
Le fait que sa cheffe et Lia soient sorties ensemble rentrait en compte : non pas que James était homophobe, parce que honnêtement il s'en foutait comme de sa première couche, mais c'était chose commune que de se mettre à juste, détester ses ex, et Constance comme Lia avaient la rancune tenace. Entre cette dernière et Millie, le choix aurait sans doute été très vite arrêté.
Mais maintenant, il avait vraiment perdu tous ses indics. Il n'y avait personne à qui s'adresser. Millie, l'Auror de Washington Tyne and Wear, serait au chevet de Constance ; et les deux, dans tous les cas, seraient sous étroite surveillance jusqu'à nouvel ordre. Marie n'était pas au courant, de ça il en était sûr. Et il n'était certainement pas prêt de revenir voir Lia, d'autant plus que si cette dernière n'était pas stupide (et elle ne l'était pas, c'était un fait), elle aurait vite fait de déménager sa base vers un autre endroit. Le seul auquel il puisse potentiellement parler de ces activités un peu secrètes, c'était Tom. Le gérant du Chaudron Baveur.
Alisha lui secoua le bras, le ramenant à la réalité, et tourna la page, masquant l'article qu'il avait fini. D'un doigt, elle lui désigna l'en-tête , et James crut que ses yeux allaient sortir de leurs orbites tant il les écarquilla.
ALBUS POTTER, LE NOUVEAU MINISTRE DE LA MAGIE ?
« Qu'est-ce que c'est que ce brol ? », ne put-il s'empêcher de dire tout haut, et Godric qui était perché à quelques mètres de lui, poussa un hululement qu'il ne put que décrire que comme étant interrogatif.
« Apparemment, commença à expliquer l'attrapeuse, lui épargnant une nouvelle lecture, le poste d'assistant du ministre est beaucoup utilisé pour former les prochains. Ce n'est pas obligatoire, bien sûr, mais qui de mieux pour lui succéder que quelqu'un qui connaît tous les tenants et aboutissants de la carrière ? »
Alisha se mit à se mordiller un ongle, apparemment involontairement.
« Dans le cas d'un décès, et si les prochaines élections se tiennent dans un délai de un an et demi, alors l'assistant du ministre peut devenir ministre lui-même, à la condition de se faire épauler par la Confédération internationale et le Magenmagot, notamment dans les prises de décision et rédaction de nouvelles lois.
- Alors la réunion...
- Je pense que ce qui pose le plus de problème, c'est l'âge de ton frère, lui confia-t-elle. Mais si il promet de ne pas faire trop de souk, alors... »
James fit un rapide calcul mental.
« Les prochaines élections sont censées être dans un an et quatre mois.
- C'est un Potter. Et en temps de crise, on a pas le temps d'organiser des élections anticipées.
- Alors mon frère est ministre. »
Bizarrement, ce qui le dérangeait n'était pas le fait que son frère soit désormais à la tête du pays mais le fait, beaucoup plus enfantin, qu'il allait pouvoir le commander. James allait devoir obéir à son petit frère.
Ne sachant pas quoi faire d'autre, il se leva. Et se rappela de la lettre du ministère lorsque ses yeux tombèrent dessus. Il la prit à bout de bras ; maintenant qu'il était au courant de l'actualité, pour ce qu'il en savait, ce pouvait être une lettre d'Albus lui demandant de débarrasser son bureau. Ça, ou alors...
Avec des gestes fébriles, James l'ouvrit. Et fut récompensé lorsqu'il vit l'en-tête, toujours dans cette encre verte, mais dans une écriture qui n'avait rien d'élégant :
Centre d'essai de transplanage
À la demande de : Constance Reynard
Raison : Instinct personnel
À l'attention de : James Sirius Potter
Monsieur,
Après en avoir fait la demande, nous avons le plaisir de vous annoncer que notre équipe a effectué un tour complet de votre maison, située à Godric's Hollow.
Ont été détectés les sorts et protections suivantes :
barrière anti-transplanage
barrière de détection d'intrusion*, avec notification instantanée au lanceur par le biais d'un grattement physique (James ne se posa pas de question. Au bout d'un moment, on arrêtait de se poser des questions)
barrière repousse-sorts
* Ont été détectées les intrusions suivantes :
PAS D'INTRUSION DÉTECTÉE
Nous vous souhaitons, monsieur James Sirius Potter, une bonne continuation dans vos recherches et expérimentations, et vous informons que notre bureau ne prend pas en charge les plaintes éventuelles liées aux résultats obtenus.
Bien à vous,
Les membres du centre d'essai de transplanage du ministère de la Magie, branche londonienne.
« Qu'est-ce que ça dit ? », demanda Alisha.
James lui tendit la lettre pour qu'elle puisse la lire et ajouta :
« Ça dit que nous n'avons aucune piste. »
Et que maintenant, il en était vraiment au point mort.
Mais Alisha lut en silence et lentement, releva la tête.
« Actuellement, dit-elle, il faut que je parle à Amandine. Ça te dit, un repas à St James Park ? »
Il grogna. Ne manquait plus que ça pour égayer sa journée.
