Bonne année 2020 à tous ! Cette fanfic arrive, lentement mais sûrement, à sa fin. Je suis positif pour dire qu'elle sera finie cet été. Peut-être. Qui sait ?

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En fait, finit par penser James, il était juste maudit. Chacune de ses journées, depuis le meurtre de ses parents, finissaient aussi terribles les unes que les autres. Ses congés avaient été aussi courts qu'une queue de rat et son enquête aussi mouvementée que sa cinquième année à Poudlard. Et c'était dire à quel point elle avait été terrible.

Tenez, prenez ce matin : il s'était juste attendu à devoir infiltrer les archives du ministère, vous voyez ; pas assister à ce qui semblait être une réunion tout à fait illégale de sorciers apparemment de nobles familles. Somme toute, des rebondissements en perspective.

James n'était pas certain de les apprécier.

Non, rectification : il les détestait. Et il les détestait encore plus qu'il y était directement lié, par la présence d'un "ami", et encore, ajoutez d'énormes guillemets. James avait passé la durée de ce petit meeting à être totalement estomaqué par ce qu'il entendait, d'abord parce qu'il ne s'attendait pas à ce que ce type déclare, publiquement, être responsable de plusieurs attaques et morts (dont trois d'une certaine importance publique et politique, il fallait en convenir). Ensuite, parce que Thorin était dans le tas. Un Thorin un peu changé, certes, mais un Thorin tout de même.

Et maintenant, ils avaient traîné Thorin dans une ruelle adjacente (plutôt : Amandine l'avait pris sur son épaule comme un sac de patates) et attendaient que passent les bruits de pas des autres participants. Cette phrase sonnait très louche à première vue, mais James n'avait pas d'attentions viles envers Thorin.

Pour l'instant.

Car comme toujours chez lui, après la stupéfaction venait la colère, et si quelqu'un d'extérieur s'y connaissant un peu dans la science de l'esprit humain, il aurait sans doute dit que cela venait du fait qu'il ne comprenait rien, et que son esprit détestait ne rien comprendre.

Bref, tout ça pour dire que James commençait à se sentir d'humeur moins charitable qu'à l'accoutumée.

Alisha se tourna vers lui et chuchota :

« Qu'est-ce qu'on fait ? »

Ce disant, elle indiqua du menton Thorin, qui avait été posé par terre, toujours immobilisé par le sort de stupéfixion. Amandine prit les choses en main avant lui et jeta d'un geste lourd de la main un sort ; quelques secondes après et ils n'entendaient plus rien des autres personnes dans l'Allée des Embrumes. Un sort d'insonorisation.

« Au moins, on sera un peu plus tranquille. », grommela la batteuse. Son nez n'avait cessé de couler ; pour la énième fois, elle se l'essuya d'un revers de manche, sans obtenir le succès escompté. Son teint était plus pâle ; en d'autres circonstances, James aurait craint qu'elle ne s'évanouisse. Mais toute son attention était focalisée sur celui qu'il avait appelé son meilleur ami.

« Ce qu'on fait, répéta-t-il. J'en ai une vague idée. »

Il leva le sort, ou tout du moins partiellement ; si Thorin bougea le haut de son corps, cherchant à regagner sa mobilité, ses jambes restèrent immobiles. Après quelques secondes de ce petit manège, il cessa tout effort et ficha sur lui un regard noir. James aurait pu en rire : de eux deux, il était celui qui se sentait le plus trahi.

« Alors, fit l'Auror en s'agenouillant. Cette journée a pris une tournure très intéressante. Et déplaisante, également.

- Je te rappelle qui de nous deux a le cul par terre ?, renifla Thorin avec mépris.

- Et moi, je te rappelle qui était à un meeting de sorciers terroristes ? »

Si il avait regardé à sa droite, il aurait pu voir Alisha lever deux pouces et former avec ses lèvres les mots «Bien joué !».

Sauf qu'actuellement, c'était un duel entre lui et l'autre homme, et un qu'il comptait, pour une fois, ne pas perdre.

« Correct, reprit James lorsqu'il fut clair que l'autre ne répondrait pas. C'est toi. Et ils ont mentionné, tour à tour, mes parents, le ministre, l'attaque de Washington Tyne and Wear et cette Adélie qui est en fait Constance et sa toile, sauf que cette dernière partie je doute de l'avoir beaucoup comprise. Éclaire donc ma lanterne, Thorin. Qu'est-ce que tu fichais ici ?

- Et toi ?, contra finalement l'autre Auror. Je pourrais te sortir exactement le même discours, James. À faire cavalier seul, tu en oublies que les autres ont une vie—

- Ce que tu dis n'a aucun sens. T'es en train d'insinuer que j'irais voir, de mon plein gré, un type qui a admis qu'il a quelque chose à voir dans l'assassinat de mes parents ?

- Ouais, c'est ce que je suis en train de dire, James. »

James sentit sa main trembler ; pendant un instant, il s'imagina l'envoyer dans la figure de Thorin, pour changer l'air haineux de ses yeux en un de stupéfaction, quand il verrait que l'ainé Potter était capable d'en mettre une à quelqu'un, qu'il était capable de—

Il se leva. Les narines frémissantes, il se détourna et fit face aux deux femmes.

« Ce qu'on fait. Des idées ?

- On le livre aux Aurors, déclara instantanément Amandine, toujours la voix de la raison.

- On le laisse là, fit Alisha. Et on attend de voir si quelqu'un le trouve.

- Je pense que quelques personnes auraient du mal à accepter ceci, à commencer par notre patronne. »

La voix de Thorin lui parvint de derrière. Il l'ignora. Sans mentir, la proposition d'Alisha lui était si alléchante qu'il n'aurait pas eu beaucoup de scrupules à l'appliquer. La seule chose qui le retenait était l'idée que Thorin, d'une manière ou d'une autre, pourrait ramper et parvenir à trouver de l'aide ; et, dans un même temps, aller se plaindre à leurs supérieures. La colère de Constance était dévastatrice ; celle de Marie, surtout maintenant, risquait de piquer encore plus.

James enfouit son visage dans ses mains et inspira profondément. Et la proposition d'Amandine était tellement logique ! Mais hautement improbable. Il ne pouvait pas décemment débarquer au ministère en disant ce qu'il avait vu, même avec deux témoins avec lui. Rien qu'en voyant Alisha, on sentait qu'elle avait trois blagues au bout de la langue et que la seule chose qui l'empêchait de les dire était son cerveau (béni soit-il, ainsi que sa capacité à filtrer les paroles). Et des deux Aurors, James était celui qui était en congé. Et moins expérimenté. Le temps de prouver ce qu'ils venaient de voir, Thorin aurait déjà fait «tchao !» et se serait cassé, et à lui de passer pour un débile.

Encore.

James se retourna, choisissant de faire face de nouveau à son "ami". Le plus étrange était qu'il considérait la séquestration comme étant une option très raisonnable actuellement. Il ne savait pas si il devait s'en inquiéter.

« Il faut qu'on parte d'ici, déjà. », décida-t-il.

Alisha fit un bruit d'animal déçu, suivi d'un petit cri de douleur. Sans doute Amandine venait-elle de lui rappeler ce qu'était être un être humain décent. James était à deux doigts de lui demander de lui donner le même rappel à l'ordre (et, ne nous mentons pas, la batteuse aurait été plus que ravie de le lui donner).

Thorin eut beau lui lancer tous les regards noirs du monde, James parvint tout de même à le hisser sur ses jambes. Un soupir plus tard et Amandine était à ses côtés pour l'aider ; l'Auror ne doutait pas que, si elle l'avait voulu, elle aurait pu les porter tous les deux sans problème.

« Par où ?, demanda-t-elle. La rue principale doit être désengorgée, mais pas assez pour qu'on passe inaperçus. »

James réfléchit un instant et se demanda si il ne fallait pas jouer la carte du culot.

« On est dans l'Allée des Embrumes. On ne risque pas de nous regarder de travers si on traîne un homme inconscient. »

Le regard qu'Amandine lui envoya était blasé, tellement proche de ce dont il avait l'habitude ; sans qu'il ne sache pourquoi, ceci le rassura. Enfin quelque chose de logique dans ce monde de brutes.

« Actuellement, intervint Alisha, qui se tenait devant eux, inutile. On risque d'encore plus nous regarder. Tu es James Potter, après tout.

- Non, surtout que l'Allée des Embrumes n'est pas si mal famée au point de laisser trois personnes traîner un homme inconscient, par Melchior. Je ne sais pas quelle fanfiction de Sorcière Hebdo vous avez lu, mais c'est très loin de la vérité. »

Alisha eut l'air offensée. Amandine l'ignora.

« Un sortilège de Désillusion pourrait marcher, continua la batteuse, mais si on se perd hors des artères principales, on est foutu.

- Ou alors, fit la voix mesurée de Thorin, vous pourriez me laisser partir, parce que de vous quatre je suis clairement celui qui est dans la légalité. »

Il avait l'air tellement ennuyé qu'on aurait pu le croire dans une réunion particulièrement mauvaise. James était de trop mauvaise humeur pour lui répondre ; le fait de devoir le tenir par le col était, pour l'instant, un contact bien assez suffisant. De l'autre côté, Amandine soutenait son bras comme on essaierait de faire pour relever un camarade blessé. Le résultat devait être une grotesque parodie d'une quelconque statue grecque, faites votre choix ; sans doute étaient-ils très drôles vus de l'extérieur, mais James n'avait pas envie de rire.

« Un conseil, cependant. »

Le petit sourire que James entendit dans la voix de l'Auror lui fit tourner la tête ; et, voilà, le sourire narquois, celui en coin que tout le monde détestait.

« Dans l'Allée des Embrumes, vous n'êtes pas sur votre territoire.

- Actuellement, tu n'y es pas non plus, Prat, si tu n'es pas capable de piquer un sprint sur deux cents mètres sans te faire choper. »

Nouveau claquage de vertèbres.

À dix mètres devant eux, Lia avait plus l'air d'un professeur en train de gronder son élève que quelqu'un impliqué dans la situation actuelle. Elle était toujours dans une robe fine, noire cette fois-ci, et chaussée d'escarpins. Le détail le plus flagrant qui changeait son physique, par rapport à sa prise d'otage (appelons un chat un chat, décida l'Auror), était l'énorme paire de lunettes, dans un style steampunk, qui pendait à son cou.

« Ok, fit lentement Alisha. Comment ?

- Ma question, grommela Amandine, serait plutôt, qui ?

- La mienne, coupa Lia, est, filez-le nous ?

- Qui est "nous" ? », demanda James.

Lia leva un doigt. Ils levèrent les yeux.

Il n'y avait personne.

Lorsqu'ils les baissèrent, Lia finissait son geste, c'est-à-dire jeter violemment au sol ce qui ressemblait à une poudre noire. De la poudre d'Obscurité Instantanée du Pérou, fut la dernière pensée de James avant que le brouillard noir ne s'abatte sur eux, sans aucun doute poussé par un sortilège : le vent s'était levé et soufflait contre eux. Par réflexe, James leva les bras, protégeant ses yeux, et lâcha Thorin : le bruit que fit ce dernier en tombant fut masqué par l'exclamation étonnée d'Alisha. James se demanda un instant si risquer de se faire écraser par quelqu'un valait le coup.

Dans tous les cas, il se baissa et, comme un myope cherchant ses lentilles, tâtonna le sol pour y attraper un bras, une jambe, une mèche de cheveux ; n'importe quoi, tant que c'était Thorin.

Le plus anxiogène n'était pas de ne pas savoir où il se trouvait, parce que théoriquement il le savait : dans l'Allée des Embrumes, au beau milieu d'un brouillard si dense que, lorsqu'il tendait sa main, il ne pouvait pas voir plus loin que le milieu de son avant-bras. Non, le pire était d'entendre les talons de Lia frapper sur le sol et se rapprocher, inexorablement, d'eux.

Ses lunettes, réalisa-t-il. Elle pouvait voir grâce à ses lunettes. Et sa théorie se vérifia lorsque les pas s'arrêtèrent, suivis d'une douleur aigüe qu'il ressentit dans les côtes. James en eut le souffle coupé, et le réflexe lui fit s'agripper les côtés pour se protéger d'une prochaine attaque.

« Je vous l'emprunte, James Potter. », fit la voix mélodieuse de Lia à son oreille. Le temps qu'il tourne la tête et il ne pouvait déjà plus la voir.

« Debout, mon cher Prat !

- C'est pas toi qui t'es pris un Stupéfix, à ce que je vois.

- Il faut bien que l'un de nous deux soit intelligent.

- Pas si vite ! », protesta Alisha, mais les deux autres avaient, au contraire, tout le temps du monde.

Dissipe le brouillard. Utilise le vent.

James tâta la poche de son jean, où il savait que sa baguette se trouverait. Bingo. Il l'agrippa et la tendit aveuglement devant lui, là où il espérait que Lia ou Thorin se trouveraient.

« Ventus fortis ! »

Le vent qu'il venait d'invoquer souffla contre celui de Lia et, après une résistance, finit par gagner ; le brouillard alla dans l'autre sens et quelques secondes plus tard, James pouvait de nouveau voir autour de lui. Encore un temps d'attente et Alisha et Amandine se tenaient debout ou assises, une en train de cracher ses poumons, l'autre la main inutilement tendue devant elle.

Il n'y avait plus de Thorin ou de Lia dans la ruelle.

James jura entre ses dents et courut dans la rue principale. Le brouillard se dissipait ici et quand bien même sa visibilité était réduite, il n'aurait pas pu manquer deux silhouettes en train de courir. Mais il n'y avait plus personne, pas âme qui vive. Les deux s'étaient échappés. Encore une fois, il s'était fait avoir comme un bleu.

L'Auror serra les poings, la colère prenant le dessus. Il rebroussa violemment chemin et alla s'agripper à Amandine, qui aidait sa capitaine à se relever. Ce ne fut que son imposante stature qui l'empêcha de reculer ; en tout cas, elle eut l'air surprise par son soudain accès de fureur, encore plus lorsqu'il lui postillonna au visage :

« Le Portoloin. Tu l'as sur toi ? »

La batteuse cligna des yeux avant d'hocher lentement la tête.

« Il faut que je l'active mais oui, je—

- Fais-le maintenant. »

Même Alisha eut l'air inquiète.

« T'es sûr que tu vas bien, James ?

- À ton avis ?, siffla ce dernier en relâchant la batteuse. Thorin vient de nous filer entre les doigts alors que c'est une mine d'informations. Il sait quelque chose. Je sais qu'il sait quelque chose. Il sait que je sais qu'il sait—

- On a compris.

- —quelque chose !, finit-il dans un quasi cri qui aurait rendu Constance jalouse. Alors maintenant, ça suffit. On va aux archives du ministère. On cueille n'importe quoi, son dossier, ce foutu registre des Animagus, on trouve un mobile, on trouve n'importe quoi mais maintenant, j'en. Ai. Ma. Claque. »

Il ponctua sa phrase de quatre coups de pieds dans le sol. Quelque chose que faisait sa soeur Lily quand elle avait quatre ans et qu'elle voulait une sucette.

Tant pis. Il avait passé une trop mauvaise soirée pour s'en formaliser maintenant.

Et Amandine, bénie soit-elle en cet instant, le comprit. Il n'y eut pas de petite dispute futile, pas de regard noir suivi d'un «Ne me dites pas quoi faire». Non non, puisqu'elle sortit de sa poche, silencieusement, un bouchon de bouteille en plastique. Pointant dessus un doigt, ignorant son nez qui se remit à couler, elle dit :

« Amplificatum. Initium. »

Le bouchon se mit à grandir, en même temps qu'il commençait à émettre une lumière bleu. Peu de temps après et il avait la taille d'un pavé.

« Et voilà. Droit dans les archives du ministère. Un aller et un retour. »

Ils le regardèrent tous un instant. Puis James prit une grande inspiration, et le charme fut rompu.

« À trois. », décida-t-il. Ce disant, il regarda Alisha. Pour une fois, elle avait l'air mal assuré, hésitante même.

« Un. », commença l'Auror en s'avançant d'un pas.

« Deux. »

Amandine s'agenouilla, les doigts à quelques centimètres du bouchon en plastique.

« Et... Trois. »

James colla sa main sur le Portoloin. Aussitôt, il eut la désagréable d'être tiré par le nombril. Le décor autour de lui tournoya, se brouilla ; il dut fermer les yeux pour s'empêcher d'avoir la nausée. Il sentait, près de lui, le corps d'Amandine, tandis qu'elle menaçait de se cogner à lui. Et, tandis qu'il s'agrippait de toutes ses forces au bouchon pour ne pas le lâcher, un effleurement de doigts : quelques secondes, mais il eut le temps de les reconnaître, par leur fraîcheur. Malgré lui, l'Auror sourit.

Alisha s'écrasa sur le sol des archives du ministère. Ils étaient arrivés.

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Ventus fortis littéralement "vent violent" en latin, et encore est-ce que Google Trad est fiable ? Hmm non, mais faites genre que si

Initiatum= "mettre en état de marche" se dirait apparemment initiatum status mais est-ce que j'ai vraiment envie d'écrire ça ? Peut-être pas

Quatre ans de latin pour ne rien savoir. C'est beau le collège ¯\_()_/¯

Bonnes fin de vacances à tous !