Hello ! Deux nouvelles !
1) J'ai déjà dû le dire mais on approche "dangereusement" de la fin de ce premier volet des aventures de James Sirius Potter. Je pense (mais ne suis pas certain) qu'il y en aura quatre en tout. De l'écriture en perspective dans les années à venir ! tuez-moi j'en peux plus svp
2) Je me suis inscrit à deux concours d'écritures avec des deadlines assez... proches... Genre, le 4 avril (tenable) et le 6 mai (je dois faire au moins 165 pages ? Je—). Du coup j'ai un ptit planning et tout, j'ai déjà un autre chapitre d'écrit pour cette fic, et celui d'encore après devrait prendre du temps, mais c'est parce qu'il sera long. Genre 10 000 mots longs, ce qui pour moi est un record.
Sur ce, bonne journée/soirée et bonne lecture !
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Tandis qu'Amandine aidait sa capitaine à se relever, James garda sa baguette dressée, au cas où une alarme retentirait. Mais à cette heure-ci, il n'y avait, semblait-il, personne. Et le Portoloin, qui était tombé au sol dans un bruit sourd, les avait téléporté assez loin du bureau d'accueil pour qu'ils puissent être inquiétés. Après tout, les archives du ministère étaient immenses.
Quelque chose qu'Alisha exprima assez aisément, poussant un «Wow.» presque rêveur. James ne pouvait qu'agréer.
Il était venu une seule fois aux archives, et accompagné de Millie qui plus est, durant son apprentissage. Ils n'étaient pas allés plus loin que la deuxième immense étagère, et son unique travail avait été de faire en sorte que personne ne les dérange pendant que sa mentor cherchait le dossier qui l'intéressait. L'aventure avait donc été, pour lui, minime, et ils étaient repartis trop tôt pour qu'il puisse explorer plus en détail les archives. De toute façon, si on lui avait dit à l'époque qu'il s'y retrouverait après une effraction, il aurait ri de bon coeur.
James, cependant, n'avait pas le coeur à rire.
« Wow, refit Alisha, encore plus émerveillée que la première fois. C'est gigantesque. J'adore. »
Par bien des aspects, que James aurait couramment appelé les immenses étagères, les archives du ministère ressemblaient à la bibliothèque de Poudlard. À l'exception qu'elles étaient construites en longueur, avec une allée centrale séparant les deux rangées de documents plus ou moins bien organisés. Lorsque l'activité au ministère battait de son plein, il n'était pas rare de prendre l'ascenseur avec une douzaine de notes volantes, toutes destinées à être archivées. Ce qui expliquait pourquoi on retrouvait, encore aujourd'hui, des pliures comme celles d'un origami en forme d'avion sur les feuilles que l'on venait chercher là. L'organisation des archives était un mystère que l'on ne parvenait à maîtriser qu'au fur et à mesure du temps qui passe. James n'était pas celui que l'on envoyait chercher quoique ce soit ici ; il avait donc une connaissance proche de zéro du fonctionnement de l'archivage. C'était le genre de lieu où sa tante Hermione pouvait passer des heures ; et après tout, qui lui en aurait jeté la pierre ? Il y avait ici plusieurs siècles de connaissances et de rapports. Constance en bavait sans doute en y pensant la nuit.
« Bon, dit James dans le silence de la pièce. Il faut qu'on se mette au boulot. La recherche va prendre du temps, et je ne sais pas du tout quand peut débarquer quelqu'un. »
La fuite était la solution la plus évidente si un employé du ministère venait à arriver et qu'ils se retrouvaient insuffisants en nombre pour le retenir. Autrement dit, les chances étaient fines, mais James n'aurait pas parié sur sa chance actuellement.
La fuite impliquerait également de renverser une bonne centaine d'étagères sur leur passage et James ne voulait pas être le responsable de la destruction de documents vieux de cinq siècles. Tout cela finirait, d'une manière ou d'une autre, sur son dossier. Et, par extension, en face du Magenmagot et de la confédération internationale. Deux comités que l'on ne voulait absolument pas affronter, surtout sur le terrain judiciaire.
« Comment ça marche, votre organisation ? », demanda Amandine en parcourant d'un regard critique les dossiers qui menaçaient de tomber par terre. La seule chose qui les retenait était le fait qu'ils étaient pressés contre d'autres, incapables de bouger sans aide extérieure.
« À vrai dire, avoua-t-il, je n'en ai aucune idée.
- La plupart des bibliothèques moldues fonctionnent par classement alphabétique selon le nom de l'auteur, intervint Alisha. C'est peut-être le cas ici ? »
La batteuse fit une tête que James n'aurait su décrire, mais il comprenait le message que cette dernière voulait faire passer.
Pitié, non. On ne sait rien de ces auteurs. Y a-t-il vraiment des auteurs ? Est-ce qu'on va devoir éplucher plusieurs siècles d'administration pour un seul registre ?
« Je ne pense pas. Ce serait beaucoup trop fouillis. Genre, à chaque fois qu'une bibliothèque est pleine, on décale tout d'un cran ? » James secoua la tête. « Beaucoup trop compliqué, et ce qui est compliqué, le ministère ne veut pas le faire. »
Sa voix résonna sur les voûtes en pierre, remplissant la salle de bruit avant qu'un silence contemplatif ne s'installe. Ce fut Amandine qui le brisa lorsqu'elle grommela, de nouveau dans son humeur habituelle :
« Les choses les plus importantes sont soit bien cachées, soit évidentes. Comme les registres.
- Tout le monde consulte les registres, de toute manière, ajouta Alisha. Enfin, je crois. On aurait carrément pu aller à Poudlard pour celui des Animagus.
- Oui, eh bien là on est au ministère. Séparons-nous, sinon, décida James. Vous cherchez le registre des Animagus, je cherche le dossier des Aurors. »
Alisha le regarda étrangement.
« Rien ne nous garantit que c'est lui le tueur.
- Tu as pu lire sa trace magique ? »
L'attrapeuse secoua la tête négativement, l'air un peu peiné.
« Il y avait trop de monde, trop de relents dans l'air, pour que je la capte totalement. Mais, reprit-elle quand James ouvrit la bouche, sans vouloir te vexer, et je tiens à dire que même moi je ne l'apprécie pas des masses, mais est-ce que tu ne ferais pas une fixette sur lui ? »
James avala sa salive et faillit s'étouffer avec, ce qui ruina potentiellement l'effet qu'il voulait faire, c'est-à-dire des gros yeux qui criaient «tu te fous de ma gueule ou quoi ?». Mais apparemment, le monde marchait à l'envers et Amandine était devenue un de ses alliés, puisqu'elle se tourna vers sa capitaine et leva un à un ses doigts pendant qu'elle énumérait :
« Ce type est suspect parce qu'il était dans une assemblée de sorciers qui a revendiqué le meurtre de personnalités publiques. Il est suspect parce que dès qu'il a vu James, il a couru dans l'autre sens en si peu de temps que je n'aurais pas pu dire «Vif d'Or». Il est aussi suspect parce qu'il ne veut pas nous aider, dès le début, pour notre investigation—
- Actuellement, ce n'est pas lui qui a déposé la demande au centre d'essai de transplanage ?
- — mais son aide minimale aurait été parfaitement utile pour couvrir ses traces.
- C'est complètement débile !, cria presque Alisha en frappant de pied. Le type ne va tout de même pas se livrer à nous comme ça !
- Sauf que ce n'était pas prévu. Pour lui, on en serait resté là, à la demande au centre d'essai de transplanage, et voilà tout, intervint James à mi-voix.
- Mais on ne tue pas quelqu'un sur un coup de tête !
- Arrête de le défendre, claqua la voix sèche d'Amandine, plus agacée qu'elle ne l'avait jamais été auparavant. Toi-même, tu vois qu'il y a quelque chose qui cloche avec ce type. Je ne pense pas qu'il se soit retrouvé au Hibou Alerte par hasard, et si il avait été totalement innocent il n'aurait pas réagi comme ça.
- Et il détestait mon père. Ma mère... n'était qu'une victime fortuite, tout le monde s'est accordé à nous le dire. Il suffise qu'on lui donne un ordre, et je ne pense pas qu'il aurait rechigné. Une idéologie peut motiver un homme.
- Il aurait laissé des traces, s'entêta l'attrapeuse.
- Un Animagi ne laisse pas de trace. Jamais. »
Le silence se fit. Alisha avait le souffle court et les bras croisés.
« Et si il n'est pas dans ce registre ? Si il n'est pas Animagi ?
- Alors tu auras raison et nous aurons tort. »
Le regard que la blonde envoya à la batteuse aurait pu tuer quelqu'un. Mais elle n'ajouta rien et, après un dernier regard, tourna les talons.
« Les Poufsouffles détestent les injustices. », dit-elle en guise de conclusion, avant de se diriger d'un pas rapide vers une des étagères. James ne put s'empêcher de noter qu'elle avait les poings serrés. Amandine, elle, haussa finalement les épaules, laissant de côté la soudaine passion de sa capitaine pour Thorin, et alla en sens inverse. James, resté seul dans l'allée centrale, se décida finalement à faire de même, et se mit à la recherche du fameux registre des Animagus.
Si on était logique, et on pouvait l'être dans un monde de magie, alors ce registre si souvent consulté et mis à jour se trouverait dans les premières rangées des archives. Ne serait-ce que par un soucis de clarté, ou alors dans l'ordre alphabétique ; James se sentait, dans cet espace de pierre, d'humeur chanceuse. Et c'était de la chance dont il avait besoin, après tout : explorer toutes les rangées des archives leur prendrait bien plus que quelques heures.
Arrivé devant, il voyait les escaliers de pierre qui menaient au rez-de-chaussée du ministère. Cet endroit était l'un des seuls à ne pas être desservi par les ascenseurs. Tentant d'abord la ruse, il sortit sa baguette et fit tout haut :
« Accio le registre des Animagus ! »
Quelques secondes s'écoulèrent sans qu'il n'entende aucun bruit. Aucun livre ne s'était déplacé, ni ne volait, vers lui. Il s'en était douté, mais l'espoir faisait vivre.
« N'essayez pas, les livres sont enchantés pour ne pas être volés par un sortilège. »
La tête d'Amandine attendit qu'il hoche la sienne pour de nouveau disparaître dans sa rangée, quelques étagères plus loin. James soupira tout bas et retroussa les manches de son pull. La recherche allait donc être longue.
Il commença par le haut, car quitte à se rompre le cou, autant le faire rapidement. L'échelle coulissante grinçait à chaque poussée qu'il donnait, apparemment très peu utilisée. Ou alors tout le monde choisissait de voler, qui sait. La pensée soudaine d'Alisha sur son balai dans une bibliothèque lui arracha un sourire. On ne pouvait nier que cela aurait été très pratique.
La clé de la recherche était d'être prudent. À chaque fois qu'un de ses doigts traînait un peu trop longtemps sur une des tranches d'un livre ou d'un dossier, ce dernier tentait de se déloger de sa place pour s'ouvrir devant lui. James réussit à en rattraper deux in extremis avant de comprendre qu'il devait garder ses mains pour lui, ou les barreaux de l'échelle.
« On va y passer des heures. »
La voix d'Alisha, de mauvaise humeur, lui parvint, et il ne put qu'acquiescer, quand bien même elle ne pouvait pas le voir. Si seulement il existant un sortilège permettant de trouver les objets...
James fronça les sourcils. Attendez un instant.
« Par Merlin, cria-t-il presque pour se faire entendre, on est cons ! »
Sans attendre de réponse de la part de ses comparses, il parvint à de nouveau sortir la baguette de la poche de son jean. Il existait bien un sort, mais comme avait dit Amandine, les choses importantes sont soit cachées, soit évidentes. Et, excusez-le, mais chercher des informations à la main était devenu un passe-temps dans la vie du ministère. À croire que la plus évident était aussi le plus oublié.
« T'as trouvé quelque chose ? », lui demanda Alisha, suivi de bruits de pas précipités sur la pierre, mais il l'ignora.
Un sortilège. Évidemment. Si on ne pouvait pas attirer les livres, on pouvait au moins trouver un chemin jusqu'à eux, n'est-ce pas ?
« Pointe au Nord. », murmura-t-il d'abord pour s'assurer que sa baguette était bien calibrée. Elle tournoya un instant avant de s'arrêter, la pointe vers une direction très précise. James eut beau déplacer sa main, cette direction resta la même.
« Pointe le dossier de Thorin Oaken.
- Oh. Brillant. », souffla Alisha un mètre en dessous de ses pieds, mais James ne lui prêta aucune attention tandis que sa baguette tournait et tournait et tournait, apparemment incertaine, avant de finalement se décider et fixer un point derrière lui.
L'Auror redescendit les barreaux de l'échelle précipitamment et faillit bousculer Amandine au passage. Alisha avait reproduit l'enchantement, pour le registre des Animagus probablement, et partit aussitôt dans la direction contraire à la sienne. Après quelques hésitations, sa capitaine la suivit. Pour une fois, il y avait un avantage à posséder une baguette.
James courut dans l'allée et passa six bibliothèques avant que sa baguette ne fasse une parallèle parfaite avec une rangée.
« On a le registre des Animagus !, cria Alisha au loin, l'écho répétant ses paroles.
- Un instant ! »
Il passa frénétiquement la baguette sur les dossiers avant qu'elle ne s'arrête, le bout sur l'un, et refuse de bouger. Comparée aux autres, la reliure semblait neuve (ou, en tout cas, ne pas dater du siècle dernier). Avec tout de même de la considération pour les énormes pavés de papier qui l'encadrait, James prit soin de ne pas tirer trop fort sur le dossier, mais une fois dans les mains, faire attention à comment il le tenait devint le dernier de ses soucis.
Alisha et Amandine l'attendaient dans l'allée centrale, déjà en train de dévorer le registre à toute vitesse. Puis Amandine pointa un doigt, dit :
« Là. »
Et ce fut tout.
Animagi : Thorin Oaken.
Forme de l'Animagi : Cheval.
Comme son Patronus.
Ce n'était pas une preuve, ce n'était décidément pas une preuve, mais James sentait son sang battre à ses tempes tandis qu'il ouvrait le dossier de son collègue, le casier judiciaire d'abord.
Alisha siffla, mais ce n'était certainement pas d'une admiration qu'on aurait pu dire raisonnable. C'était celle qu'on avait lorsqu'on lisait les nouvelles type «untel a éventré untel dans sa maison un samedi soir devant une série moldue» et on se demandait juste «Merlin, comment a-t-il fait ça ?».
Inculpation pour attaque sur un supérieur hiérarchique
refus d'obtempérer à un ordre direct d'un supérieur hiérarchique
tentative d'attaque qui aurait pu entraîner une incapacité à l'encontre un supérieur hiérarchique
menaces à l'encontre d'un supérieur hiérarchique
« Au nom de Melchior. », souffla Amandine, apparemment à cours de mots.
Mise à pied suite à la demande d'un supérieur hiérarchique.
Raison : insécurité sur le lieu de travail
troubles psychologiques nécessitant l'approbation d'un médicomage pour reprise du travail
Mise à pied suite à la demande d'un supérieur hiérarchique
Raison : tentative de lancement d'un sortilège pouvant causer des dommages à l'encontre d'un supérieur hiérarchique
Ces formulaires de mise à pied, d'inculpation, étaient toujours remplis par le supérieur de l'employé mis en cause. Et c'était, indéniablement, l'écriture de son père, ni élégante, ni même agréable à l'oeil, mais rapide et concise.
James parcourut rapidement de l'oeil le reste, des rapports que son collègue avait rempli et rendu, des papiers insignifiants, des notes de frais. Et, mixé à tout ça, deux papiers qui achevèrent de convaincre James définitivement. Le premier, une demande de création d'un fichier étiqueté «à risque» pour Thorin, une mesure que l'on ne prenait normalement que pour les sorciers soupçonnés d'un crime, ou en passe d'en commettre un.
Demande de création d'un fichier «À Risque» pour le sorcier : Thorin Oaken
Demandeur : Harry James Potter, chef des Aurors
Raison : /
Statut de la demande : Refusé
Et le deuxième, un mot tout simple, toujours signé de la main de son père, qui semblait avoir été retiré d'une correspondance avec quelqu'un :
Avec la situation actuelle, nous ne pouvons nous permettre de comporter en notre sein des éléments pouvant potentiellement nuire à la sécurité du bureau des Aurors. Il est de mon bon droit de vouloir le retirer de nos rangs, surtout considérant l'attitude dernière qu'il a eu à mon encontre. Les menaces d'inculpation ne le dérangent apparemment pas, puisqu'il continue son cirque de menaces et de regards noirs en ma direction. Nous ne pouvons travailler sur un dossier de cette envergure si il est là à chaque recoin, à attendre que je relâche ma garde pour me tomber dessus.
J'espère sincèrement que tu réussiras à voir la logique dans mon raisonnement, et que tu retireras ta demande insensée. D'autres troubles ne nous serviront pas.
Cordialement,
Harry James Potter, chef des Aurors d'Angleterre
Et James pouvait voir, désormais, comment tout cela s'était passé.
« C'est Thorin le coupable, finit-il par dire après un instant de silence.
- Ça n'a tellement pas de sens, souffla Alisha. Il était avec Lia. Il connait Lia, sauf que tu connais Lia aussi. Elle t'a donné des infos. Ça voudrait dire que ton patron et Millie sont impliquées ? »
L'attrapeuse secoua la tête négativement. Même avec tous les papiers étalés devant elle, ses yeux passaient dessus sans les voir, la joueuse en proie à une profonde réflexion. Amandine n'était pas en reste, les sourcils légèrement froncés, mais James n'aurait su dire si elle considérait ce que disait sa capitaine ou si, au contraire, l'idée de Thorin coupable était déjà arrêtée dans son esprit. Il y avait une tension dans l'air qui n'avait rien à voir avec celle habituelle qui régnait normalement entre l'Auror et la batteuse.
« Constance est à l'hôpital. L'article de la Gazette disait qu'elle était sous le coup d'une enquête pour fuite de documents secrets. »
Malgré tout, il refusait de croire sa patronne impliquée.
« Quelqu'un l'a dénoncé au ministère, réalisa-t-il en un instant. Quand bien même Constance est la cheffe de son réseau, de la toile comme disait le type du Hibou Alerte, elle a pu être trahi par ses alliés. »
James se leva, ignorant les fourmis qui lui traversèrent les jambes, et se mit à faire les cent pas dans l'allée centrale des archives du ministère.
« Ça fait sens, ça fait tellement sens ! Regardez, réfléchissez. »
Il ne se rendit pas compte qu'il avait commencé à remuer frénétiquement des mains, ni même que l'attention des deux femmes était entièrement concentrée sur lui.
« Thorin déteste mon père. Il a une dent contre lui, quelque chose d'assez fort pour vouloir le tuer. Il rencontre Lia, et Merlin sait ce qu'elle m'a dit également quand je suis descendu dans les tréfonds du Chaudron Baveur. »
Il avait suffit de l'entendre parler de lui pour deviner qu'elle ne le considérait pas d'un bon oeil. Ça, et Lia était une figure encore assez sombre pour qu'il ne craigne pas de lui faire porter le chapeau pour quelque chose. Il y avait indéniablement quelque chose de suspect chez la femme, et peut-être que cela venait de l'aura de mystère qu'elle semblait cultiver, ou bien d'autre chose, James ne savait pas ; mais il n'avait aucun mal, actuellement, à se l'imaginer en train de planifier un meurtre. Il y avait des personnes que l'on savait naturellement capable de faire quelque chose, extrême ou non : Lia, malheureusement pour elle, avait la tête de quelqu'un qui pouvait tuer un être humain et n'avoir aucun souci à trouver le sommeil la nuit.
« Lia déteste mon père également, donc. Ils s'entendent bien entre eux, au point qu'elle n'ait pas de problème à aller le chercher quand il a des ennuis — comme tout à l'heure.
- Et de là, ils en ont assez d'obéir à ta cheffe ?, intervint Amandine pour la première fois.
- Ça, ou alors ils se font convaincre par ce type au masque du Hibou Alerte. Il m'a l'air d'être un bon orateur. Et comme Constance ne peut pas consacrer tout son temps à sa toile...
- Ils ont le champ libre pour faire leurs magouilles. »
James hocha la tête.
« Et si Constance a embauché mon père dans sa toile, alors ils avaient le champ libre pour l'observer également... Savoir quand ils étaient en danger, et quand il s'est approché trop près du but... »
Sa voix se finit en un murmure. Étrangement, ce n'était pas à son père qu'il pensait, mais à sa mère.
« Millie a essayé de te tirer d'affaire parce qu'elle se doutait peut-être de quelque chose, alors. »
À sa grande surprise, c'était Alisha qui avait parlé. Les yeux toujours rivés sur le sol, la sorcière parlait à voix basse ; mais, dans le silence des archives, c'était comme si elle était en train de crier.
« Et maintenant, elle est en train de veiller sur Constance. Adélie. Peu importe. Parce qu'elle pense peut-être qu'elle est en danger ?
- Il faut qu'on aille tout de suite l'avertir. »
Les deux sorcières se levèrent également, mais Amandine le retint avant qu'il ne put s'élancer vers le Portoloin, laissé à l'abandon une trentaine de mètres plus loin.
« Ta patronne ne peut rien faire actuellement si elle est à l'hôpital. À qui est-ce que tu veux qu'on s'adresse ? »
James réfléchit. Dans l'état actuel des choses, si Constance était mise à pied, c'était à sa seconde que revenait la lourde tâche de diriger la section des Aurors. Marie, donc. Mais il ne savait pas dans quel état d'esprit se trouvait la sorcière actuellement, ni même si elle était encore debout. Le logement, en revanche, n'était pas un problème : elle partageait un appartement avec sa soeur, quand bien même Marie devait passer la majorité de son temps avec Ilyes, son petit-ami. Il n'y avait plus qu'à prier qu'elle soit bien chez elle et non pas chez l'autre Auror, ou alors ils auraient bien du mal à la trouver dans l'immense ville de Londres. Et ils ne pouvaient pas attendre demain également : si Thorin n'était pas stupide, et il ne l'était certainement pas, alors il chercherait sans doute à les intercepter demain, au ministère, car c'était bien l'endroit où ils se rendraient pour voir Marie. Et Thorin était un duelliste accompli : après tout, on ne devenait pas Auror Senior en se tournant les pouces.
« Est-ce qu'on peut choisir l'endroit où va nous emmener le Portoloin ?
- Donnez-moi cinq minutes et une image mentale de l'endroit où on va et c'est possible, oui.
- Old Compton Street, dans le quartier de Soho. Ça ira ? »
Amandine leva les sourcils, retrouvant un peu de son dédain d'avant.
« Ça suffira. J'espère que vous avez le numéro d'appartement, parce que c'est une longue rue. »
James hocha la tête, mais Amandine s'était déjà détournée pour se diriger à grandes foulées vers le Portoloin. Décidant de ne pas rester les bras croisés, James s'abaissa de nouveau et rassembla les deux dossiers, reclassa les papiers. Alisha, après quelques hésitations, l'aida.
« J'espère vraiment que tout ira bien, souffla la capitaine en refermant le registre des Animagus. J'espère vraiment qu'on ne s'est pas trompés.
- Pour une fois, je suis sûr de mon coup. »
Alisha avait presque l'air triste alors qu'elle hochait la tête. Elle était étrangement silencieuse, comme si elle n'osait pas dire quelque chose, ou bien que le sort qui attendait celui qui avait tué ses parents la peinait. James finit par prendre le dossier de Thorin sous le bras. Mieux valait être prêt à toute éventualité.
Ils restèrent silencieux jusqu'à ce qu'Amandine les appelle. Maintenant que le coupable avait été découvert, un silence de mort les enveloppait. James, malgré ses paroles courageuses, avait un mauvais pressentiment ; et, quand bien même il le souhaitait ardemment, il sentait que cette histoire était loin d'être finie. Au contraire, il avait l'impression d'avoir tiré sur quelque chose de plus sombre, et cette impression ne se dissipa pas tandis qu'ils tournoyaient, tournoyaient, jusqu'à atteindre Old Compton Street.
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Écoutez, j'allais pas leur faire fouiller une bibliothèque entière ok j'ai autre chose à taper que ça je suis pas encore maso
