Disclaimer : Ceci est une traduction de "Lions walk with wanderers", une fanfiction Dark Souls écrite par windsabove. Si vous lisez l'anglais, je vous invite à aller lire sa version, l'Originale, et à lui donner tout votre amour :3
- oOo - oOo - oOo - oOo - oOo -
Chapitre 2
L'épreuve du chevalier
- oOo - oOo - oOo - oOo - oOo -
Il avait imaginé toutes sortes de tâches qu'il aurait à exécuter dans sa vie, mais suivre le Mort-Vivant dans ses pérégrinations n'en faisait pas partie.
C'était étrange de quitter Anor Londo. Ornstein était tout simplement incapable de se rappeler de la dernière fois qu'il avait quitté ces murs. Le monde était en ruines, comme il s'y attendait en plein Age Sombre. Mais voir de ses yeux la pourriture des terres… une partie de lui aurait préféré se rendre compte plus tôt de l'étendue des dégâts.
Si seulement il était venu en d'autres circonstances.
Ce n'était pas à lui de remettre en question la progéniture du Seigneur Gwyn, mais pour l'amour de Lordran, qu'est-ce que Gwenevere avait dans la tête ? L'envoyer ainsi veiller sur cette humaine… et pour quelle raison ? Elle reviendrait simplement à la vie si elle mourrait et ça ne le concernait ni ne l'inquiétait aucunement si elle finissait Carcasse. Ce ne serait rien de plus qu'un autre cadavre ambulant dans un monde déjà mort, et un autre Mort-Vivant viendrait prendre sa place. D'après ce qu'il avait vu d'elle dans la cathédrale, il ne donnait pas cher de sa peau.
Ornstein observait Rowena de l'autre côté du feu. Des mèches cuivrées, échappées de la tresse qui entourait sa tête, encadraient son visage poussiéreux. Le chignon à la base de son crâne souffrait des mêmes désagréments. Ses joues luisantes et teintées d'un rouge profond étaient les témoins de son épuisement. Elle se tenait étrangement voûtée, d'une manière qui semblait presque douloureuse. Ses yeux brun sombre reflétaient le dessin des flammes léchant l'épée, ainsi qu'un désarroi débordant. Voilà au moins une chose qu'ils avaient en commun.
- Tu serais plus à l'aise avec une armure plus légère, dit finalement Ornstein, s'attirant immédiatement un regard noir de la guerrière.
- Et t'es qui pour me dicter ce que je dois ou ne dois pas porter ? cracha-t-elle.
Il roula des yeux, bien que ce soit inutile puisque son visage était caché sous son casque.
- Ce n'est qu'une suggestion, siffla-t-il. Tu devrais t'estimer heureuse que je te donne mon opinion.
- Heureuse ? s'offusqua-t-elle en plissant les yeux. Tu donnes dans l'humour ?
Une envie furieuse d'agripper sa lance titilla Ornstein, mais il parvint à se contenir pour le moment. Au lieu de ça, il la fixa avec une immobilité qui la rendit mal à l'aise.
- Écoute-moi avec grande attention, Mort-Vivant, commença-t-il, son ton indiquant clairement que sa tolérance n'irait pas plus loin. Peut-être as-tu déjà oublié la miséricorde que je t'ai accordée à Anor Londo. Sans ça, tu serais encore en train de rouler autour de la cathédrale en pensant que c'est un vrai combat. Ta lâcheté t'a épargné ma lance cette fois. Je suis peut-être sous les ordres de Sa Majesté, mais ne crois pas un seul instant que j'hésiterais à te tuer si tu pousses ma patience à bout.
- Rien que pour cette insulte, moqua Rowena, j'ai envie de tester tes limites.
- Ce n'est pas qu'une insulte, c'est la vérité.
- Je suis parfaitement capable de manier une épée, je te remercie ! s'exclama-t-elle.
- C'est à peine si tu peux attaquer en la tenant à deux mains. Ta méthode te laisse vulnérable.
- Non, c'est faux.
- Bien, souffla Ornstein en croisant les bras, montre-moi ce dont tu es capable, alors.
Rowena fit la moue, mais se leva tout de même en poussant ses cheveux hors de son visage. Son regard resta fermement posé sur le chevalier lorsqu'elle dégaina son arme et referma ses deux paumes sur le manche, de la même manière qu'elle l'avait tenue dans Anor Londo. De loin, elle apparaissait comme une guerrière compétente. En revanche, à cette distance, Ornstein pouvait voir chaque défaut, jusqu'au plus infime tremblement de ses doigts qui peinaient à soutenir le poids de l'arme. Sa posture était médiocre et ses genoux menaçaient de lâcher. Il se redressa à son tour et continua à l'observer encore un peu, comme s'il avait de plus de temps pour analyser tout ce qu'il y avait à voir.
- Tiens-la à une main et prends ton bouclier, ordonna-t-il.
Elle lui jeta un regard courroucé, mais néanmoins elle changea de position : elle souleva l'épée pour la rapprocher de son épaule et lâcha de sa main gauche pour attraper le bouclier dans son dos. Après une seconde d'hésitation, l'appréhension de son expression céda la place à un sourire triomphant.
- Comme je disais, minauda-t-elle, je suis parfaitement capable de…
La lame bascula en avant et le Mort-Vivant tituba à sa suite avec un cri de surprise. Elle laissa échapper la poignée de l'épée et s'effondra au sol, tandis que l'arme manquait de lui transpercer la main. Elle leva les yeux au ciel, le souffle court.
- Tu disais ? lâcha Ornstein.
- Ça ne prouve rien ! explosa Rowena en retour.
- Ça prouve tout, au contraire. Tu as obtenu des âmes durant le combat, n'est-ce pas ?
- Peut-être, fit-elle alors qu'elle s'asseyait, massant sa main miraculeusement rescapée. Si tu admets qu'il s'agissait d'un combat.
- Un combat ridicule reste un combat, répondit-il en ignorant le ton qu'elle avait employé. Dans tous les cas, si tu veux avoir la moindre chance de t'en sortir, tu devrais les canaliser dans des compétences plus utiles que celles que tu as nourries jusqu'ici. Ta force, par exemple.
- La force n'a rien à voir avec ma façon de combattre, dit-elle. Je m'en suis très bien sortie sans jusque là.
- Sans doute. Cependant, si tu veux remplir ton rôle d'Elu, tu devrais être capable de faire plus qu'éviter les attaques de ton adversaire et prier les dieux pour tes coups portent.
Le visage de Rowena se tordit dans une grimace de dégoût, mais ne pouvait pas nier qu'il s'agissait plus ou moins de sa stratégie.
- Soit, concéda-t-elle. Mais j'ai un nom, tu sais. Tu t'en fiches probablement, mais j'en ai assez de t'entendre m'appeler Mort-Vivant tout le temps.
- Et lequel est-ce ?
Elle fit une pause et joignit ses mains sur ses genoux.
- Rowena, dit-elle. Pas de titre rutilant ou quoi que ce soit. Juste… Rowena.
Bien, maintenant il savait quel nom associer à ce Mort-Vivant qui roulait sans frein vers sa perte.
- Et toi ? demanda la guerrière. Dois-je vraiment t'appeler Ornstein, le Tueur de Dragons ?
Il fit de son mieux pour ignorer la moquerie qui teintait le ton de sa voix.
- Ornstein suffira.
- Parfait.
Elle se remit sur pieds et arracha son épée à la poussière.
- Maintenant que ça, c'est fait, il y a quelqu'un que je dois voir. Il est difficile de le manquer, avec son haleine fétide et ses claquements de dents.
Ornstein ne répondit pas. La description faisait écho à quelque chose dans sa mémoire, mais il ne parvenait pas à trouver exactement quoi. Il suivit Rowena en silence. Ils marchèrent sur de l'herbe verte épaisse, grimpèrent un escalier de pierres et passèrent sous une solide arche couverte de vignes et de mousse.
Rowena salua un homme assis sur un tronc d'arbre. Celui-ci, simplement vêtu d'une tunique brune à capuche, agita sa main en retour avec un sourire – qu'il perdit lorsqu'il vit l'armure d'or qui la suivait, avant de rapidement détourner le regard. L'humaine fronça les sourcils mais n'insista pas.
Ils dépassèrent quelques arches de plus avant d'atteindre la silhouette affalée d'une créature qu'Orntein ne connaissait que trop bien.
- Déjà rendormi ? soupira Rowena. Je n'ai vraiment pas envie de le réveiller à nouveau...
- A quoi tu t'attendais, de la part d'un Serpent Primordial ?
Il n'avait pas eu l'intention de dire ça à voix haute, mais le temps qu'il s'en rende compte Rowena était déjà en train d'essayer de lire à travers son casque.
- Tu le connais ? demanda-t-elle.
Ornstein hocha la tête.
- Depuis des années. Il était en bons termes avec le Seigneur Gwyn.
Il baissa les yeux sur le serpent alors que Rowena soupirait à nouveau. Les étranges moustaches de chair qui pendaient de ses joues, les dents jaunâtres, le ronflement infernal. Frampt n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu. C'était à la fois réconfortant et suspicieux. Mais c'était toujours le cas avec ce dragon imparfait.
- Frampt Chercheroi ! hurla soudain Rowena qui avait mis ses mains en coupe autour de sa bouche.
Mais le serpent continua de ronfler.
- S'il-vous-plait, réveillez-vous ! J'ai le Calice Royal !
Pas le moindre frémissement. Rowena marmonna un juron.
- Est-ce que tous les Serpents Primordiaux sont comme ça ?
- Difficile à dire, répondit Ornstein. As-tu pensé à le frapper ?
- Avec quoi ?
- Tu dois bien avoir une arme en bois ? Et je ne parle pas de ta tête.
Elle laissa échapper un rire ouvertement faux.
- Vraiment charmant, commenta-t-elle.
Elle contempla la silhouette amorphe de Frampt pendant un moment, puis se décida et tira de sa besace un simple Catalyseur.
- Ça devrait suffire…
Rowena descendit prudemment les escaliers, le Catalyseur pointé vers le museau de Frampt. Elle s'arrêta quand elle fut juste à portée de bras, sourcils froncés. Elle bloqua sa respiration avant de donner un petit coup sur la tête de la gigantesque créature. Ses paupières s'ouvrirent avec un claquement, plus plissés et oranges que jamais. La jeune femme s'empressa de reculer.
- Hein ? fit Frampt, la voix ensommeillée. Non, non, je vais bien, je vais bien. Parfaitement frais et reposé! Ne me traitez pas comme un vieux serpent desséché.
- Pardon ! s'écria Rowena.
Elle s'éclaircit la gorge et enfonça le Catalyseur dans sa poche.
- J'ai une bonne nouvelle pour vous, Frampt Chercheroi, poursuivit-elle. Tel que vous l'aviez demandé, j'ai rapporté l…
- Nom de Gwyn, qu'avez-vous fait, noble Mort-Vivant ? interrompit Frampt en fixant Ornstein. Vous deviez récupérer le Calice Royal ! Qu'est-ce que l'un de ses gardiens fait ici ?
Rowena ferma les yeux une seconde.
- Je l'ai récupéré, dit-elle en se tordant les mains. Simplement pas… de la manière escomptée. Je lui ai demandé grâce et je n'ai pas osé refuser à la Princesse Gwenevere que le Chasseur de Dragon m'accompagne. Vous comprendrez certainement…
Frampt ne répondit pas immédiatement. Il semblait perdu dans ses pensées, le regard toujours fixé sur l'armure dorée, ses dents claquant à intervalles réguliers.
- Eh bien, dit-il enfin en tournant son énorme tête vers Rowena, au moins vous avez cherché la miséricorde de celui-ci.
- Toute opinion sur le Bourreau mise à part, interrompit Ornstein avec un pas en avant, je crois que vous avez votre Elu devant vous.
- Oui, bien sûr, répondit Frampt. Après mille ans d'attente, elle est enfin là. A présent, emportons le Calice au bout de sa route. Je présume que vous êtes prêts.
- Sa route ? répéta Rowena, qui glissa un regard interrogatif à Ornstein. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ne bougez pas !
Avant qu'Ornstein n'ait pu esquisser la moindre réponse, Rowena et lui étaient déjà pris en tenaille entre les horribles dents du Serpent, puis complètement enfermés dans sa bouche. Leur destination exacte leur était inconnue et l'intensité de pestilence provenant de l'haleine du monstre avait décuplé. Ornstein avait fait l'erreur de reprendre sa respiration et, à en juger par le grognement écœuré que Rowena avait émis, elle avait commis la même bêtise.
Il sembla que ce ne fut que lorsque le chevalier fut sur le point de briser les dents qui fermaient sa porte de sortie que Frampt les relâcha en les crachant sur un sol de pierre dans un fracas d'armures. Ornstein reprit sa respiration en appréciant déjà son nouvel environnement, tandis que Rowena restait au sol et avalait de l'air à grosses goulées.
Il lui fallut une bonne minute avant d'être capable de se redresser et de faire face à ce qui se trouvait devant eux. Une allée s'étirait sous leurs pieds, flanquée de colonnes de pierres couronnées de torches. Tout au bout se trouvait une large souche d'arbre, dont les racines étaient éclairées par de grands flambeaux. Une double-porte, grise et abîmée par le temps, empêchait d'aller plus loin.
- Voici l'Autel de Lige-Feu, annonça Frampt, pour le successeur du Seigneur Gwyn. Maintenant, placez le Calice Royal sur son socle.
Rowena se retourna et leva un sourcil vers le Serpent.
- Si je fais cela, je fais un pas de plus vers la rupture de la malédiction qui pèse sur les Morts-Vivants pour toujours. C'est bien cela ?
Ornstein observait le Serpent Primordial, dont l'expression restait plus ou moins neutre.
- Évidemment, répondit Frampt. Avez-vous une raison de douter ?
Ses pupilles brunes tombèrent à ses pieds, sur un petit caillou qui se trouvait là. Elle haussa les épaules et regarda à nouveau vers le haut, vers les yeux oranges.
- Je voulais juste l'entendre de votre bouche. Si je continue ma quête, je veux que le cycle des Carcasses se termine, une bonne fois pour toutes.
Un silence accueillit ses mots. Ornstein continuait de détailler avec attention le faciès de la créature, mais décidément rien de particulier n'apparaissait sur ses traits. Cependant, le calme qui les entourait ne lui rendait pas justice.
- C'est chose certaine, noble Mort-Vivant, rassura enfin Frampt.
Rowena hocha la tête. Elle se détourna et s'approcha lentement de l'autel. Le Calice se matérialisa de lui-même entre ses mains lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques pas. Ses genoux ployèrent immédiatement sous son poids. Ornstein réprima un rire.
- Je t'entends parfaitement, s'écria la guerrière.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler, ironisa-t-il sans parvenir à cacher son amusement. Tu es certainement tout à fait capable de déposer le Calice par tes propres moyens, de la même manière que tu manies l'Épée de Chevalier Noir. Je n'ai aucun doute à ce sujet.
- Je vous en prie, Chasseur de Dragon, tempéra le Serpent Primordial, contrôlez-vous !
- Oh non, ne vous inquiétez pas, Rowena rugit encore plus fort en réajustant sa prise sur le Calice. Si jamais je ne parviens pas à le placer sur son socle, je nous ferais une fleur à tous les deux et je le laisserai échapper sur la tête de notre cher Chasseur de Dragons ! Il fera un parfait petit autel !
Ornstein secoua la tête et la regarda se dépêtrer avec l'encombrant objet. Il se demanda comment elle avait pu survivre au travers de Lordran alors qu'elle pouvait à peine appliquer sa force physique aux tâches les plus triviales. Ce serait une chose à formuler avec tact, car sans force, la moitié de ses plans étaient perdus d'avance. Les dieux avaient dû décider de lui sourire et de lui offrir la plus incroyable série de chance qu'un Mort-Vivant ait jamais vue. A cet instant, c'était la seule explication qu'il pouvait imaginer pour justifier son succès.
Enfin, Rowena réussit à pousser le Calice Royal jusqu'à son emplacement. Elle fit un pas en arrière, le souffle court. Il ne tarda à s'illuminer d'un éclat jaune et à former un délicat nuage doré, avant de projeter un rayon aveuglant vers les cieux. La lumière s'estompa, alors qu'une petite flamme s'allumait dans le fond du Calice.
- Un feu de camp, murmura Rowena, à l'unique intention d'Ornstein.
Elle revint sur ses pas et se redressa en face de Frampt.
- Voilà, c'est fait. Que dois-je faire ensuite ?
- Afin d'accomplir votre destin, commença Frampt, remplissez le Calice d'âmes puissantes, comparables à la Grande Âme de Gwyn. Bien peu sont ceux qui en possèdent de si brillantes. Nito le Seigneur des Tombes, la Sorcière d'Izalith, les Quatre Rois d'Anor Londo, qui héritèrent d'éclats de l'âme de Gwyn… et l'ancien confident du Seigneur, Seath l'Écorché. Toutes leurs âmes sont nécessaires pour satisfaire le Calice Royal.
Rowena fronça les sourcils.
- Génial, fit-elle. Encore des massacres.
- A moins que tu aies l'intention de prendre leurs âmes avec des mots gentils, commenta Ornstein.
Elle lui décocha un regard exaspéré, avant de reporter son attention sur le Serpent.
- Une fois que toutes ces âmes seront placées dans le Calice Royal, les portes derrière lui s'ouvriront, extrapola-t-elle. Et cela me mènera à Gwyn lui-même.
- Exactement, confirma Frampt. Vous êtes prêts ?
Son regard s'aimanta au sol à nouveau et ses lèvres se pincèrent. Comprenait-elle seulement la tâche qui l'attendait ? Ou plutôt leur tâche, puisque le chevalier était impliqué. Il n'était pas qu'un simple ornement à son histoire s'il souhaitait exaucer le souhait de Lady Gwenevere, il lui faudrait se résoudre à garder Rowena plus ou moins intacte… si elle ne s'effondrait pas d'elle-même avant. Seul le temps pourrait dire quel scénario se réaliserait.
- Oui, conclut-elle alors. Je sais ce que j'ai à faire.
- Alors nous devons repartir, dit Frampt. Ne bougez pas !
- Pas encore… gémit Ornstein.
Ce fut une seconde après que Rowena ait réalisé qu'elle avait murmuré les mêmes mots que le duo fut gobé à nouveau pour être ramenés à la surface. Cette fois, le chevalier fit bien attention à ne pas respirer.
Une fois qu'ils retrouvèrent l'herbe verte du Sanctuaire de Lige-Feu, Ornstein vérifia que son armure n'avait pas été cabossée. Satisfait de son inspection, il jeta un œil à Rowena, qui était en train de frotter la sienne avec une grimace de dégoût. Elle croisa son regard et agita le menton vers lui :
- T'es pas beaucoup mieux, tu sais, dit-elle en s'éloignant. Ton armure aura besoin d'être nettoyée tout autant que la mienne.
Ornstein lui emboîta le pas en silence, mais Frampt le retint.
- Ornstein, Chasseur de Dragons, appela-t-il poliment.
- Oui, Frampt Chercheroi ? répondit le chevalier en se retournant.
- Prenez soin du Mort-Vivant élu. Elle a encore de nombreux périls à affronter en Lordran. Votre expérience n'aura sans nul doute pas de prix pour la mener à la victoire.
- Quelque soient mes desseins personnels, répondit le chevalier en levant une main, je suis au service de Sa Majesté. Soyez assuré que je mènerai à bien ma tâche, comme toujours.
Frampt acquiesça avec satisfaction. Ornstein s'inclina légèrement une dernière fois, avant de descendre les escaliers qui ramenaient au feu de camp. A l'autre bout des arches, il put voir Rowena, déjà assise devant les flammes. Elle ne lui accorda qu'un bref regard lorsqu'il la rejoignit.
- Si je dois encore finir dans sa bouche, grogna-t-elle, je briserai toutes ses dents une par une.
- Intéressant, répondit Ornstein. Je pensais que c'était déjà ce que tu essayais de faire tout à l'heure… sans grand succès.
- Tu n'as vraiment rien d'important à dire ?
- Si, mais tu refuses d'écouter.
Elle roula les yeux au ciel, ses paumes tendues vers la chaleur des flammes.
- As-tu un début de plan ? Demanda-t-il.
- Vaguement, admit-elle en ramenant ses mains sur ses genoux. Cela dit, avant qu'on avance plus profondément en Lordran, il y a une chose que je dois récupérer. Quelque chose que j'ai évité plus tôt dans mon voyage, mais je n'irais pas plus loin sans.
- Qu'est-ce que c'est ?
Rowena ouvrit la bouche, puis la referma et soupira.
- Je ne sais pas vraiment, fit-elle. Tout ce que je sais, c'est que c'est bien gardé. Ça doit avoir de la valeur.
Ornstein eut un rictus.
- Oserais-je demander où est-ce que tu as vu cet objet ?
Elle contempla le ciel pendant quelques instants. Son regard retomba sur celui du chevalier. Elle souriait, bien qu'un rocher semblait s'être installé dans son estomac.
- J'espère que ton armure peut supporter les pires abominations, Chasseur de Dragons, annonça-t-elle, car le Hameau du Crépuscule nous appelle.
