Hello chers lecteurs,

Voici un nouveau chapitre encore, en espérant tenir cette cadence pour m'avancer et ne pas trop traîner en longueur vu que l'histoire a commencé à être écrite il y a deux ans et demi. Bonne lecture, j'espère et à bientôt. :)


Ce même soir, une surprise également de taille vient sonner à la porte de Wayne qui ouvre en l'absence de sa mère, celle-ci s'étant rendue chez une amie. Son regard s'écarquille avant que sa bouche ne se durcisse légèrement.

-Salut. Je passais par ici. Je voulais te voir.

-Pourquoi?

-Pour qu'on parle.

-Ici?

-Ouais. C'est pas le meilleur endroit pour ça. Surtout si ta mère me chasse.

-T'as de la chance, elle est pas là pour l'instant.

-Je peux entrer alors?

-J'préfère pas. Elle n'apprécierait pas.

-Je comprend. Sûrement que moi non plus.

-Si tu veux on peut aller au café au coin. Il est encore ouvert.

-Ok.

Wayne attrape son blouson, referme la porte sans laisser de mot, se disant que ça ne sera pas trop long.

-T'as garé ta moto où?

-Là-bas.

-Je vois. Pour qu'on ne la voit pas.

-Ouais. T'as pigé.

-Je ne voudrais pas rentrer trop tard. J'ai cours et j'ai pas fini mes devoirs.

-T'étais en train de les faire?

-Ouais.

Un mensonge qui ne fait douter, bien choisi. L'attitude du garçon se montre distant, assez froid mais disposé, prêt à vouloir crever l'abcès entre eux. Des rapports plus que conflictuels entre les membres de cette famille.

Huit minutes plus tard, installés, le père de Wayne commande une bière, demandant s'il en veut une aussi. L'ado lève les yeux au ciel furtivement, répondant non.

-Je suis toujours mineur.

-Et alors? Tu bois pas de l'alcool en cachette comme tes copains?

-Non. Et ils ne boivent pas non plus.

-C'est toujours dans le coup.

-Ouais, certainement.

Vu l'attitude trop coulante, carrément laxiste de son indigne de père, Wayne soupire, déjà exaspéré.

-Tu veux boire quoi?

-Un coca ça ira.

-Alors un coca. s'adressant au serveur qui prend note.

-T'es pas très aventureux. Ce qui est sûr c'est que tu dois tenir de ta mère.

-S'il te plaît. Ne mêle pas maman à ça.

-Ooooh. T'as quand même du tempérament.

Son père le regarde attentivement, sortant cette remarque qui dans sa bouche sonne comme un compliment contrairement à ce que les oreilles de l'ado enregistre.

-T'as peut-être hérité ça de moi.

-Non, je pense pas. Je ne crois pas être comme toi.

-Tu vois ça comme une insulte de pouvoir me ressembler?

-Non. Je verrais ça plutôt comme une malédiction. T'as la mémoire courte. En quoi je devrais me sentir flatté de te ressembler franchement. Excuse-moi mais j'en vois aucun.

-T'as du répondant, c'est déjà ça.

Peu après, leur consommation est servie, le père de Wayne fournissant quelques efforts pour mieux connaître son fiston entre quelques gorgées de bière.

-Comment ça se passe tes études?

-Bien.

-T'as une idée sur ce que tu veux faire après?

-J'espère les poursuivre en allant à l'université.

-C'est un bon plan.

-Ouais.

-T'as une petite amie?

-Euh ...? Non. Pas pour le moment.

-Même pas une fille qui te plaît?

Le jeune homme se met à rougir légèrement, un peu embarrassé par cette question, la trouvant déplacée.

"De quoi je me mêle?!"

Cependant, cette pensée légitime ne se matérialise pas sur sa langue, répondant non avec une courte hésitation sans que son paternel n'insiste. Ouf!

-Remarque, les femmes sont une source de problèmes. Elles peuvent t'empoisonner ta vie.

-Alors c'est mieux que tu sois parti de la maison.

-C'est pas moi qui suis parti, c'est ta mère qui m'a foutu dehors.

-Et à juste titre. haussant les sourcils, l'expression très concernée.

Son père avale quelques gorgées supplémentaires, l'air un peu renfrogné avant de reposer sa bouteille.

-Qu'est-ce que tu en sais? Tu n'étais qu'un gamin.

-Ca ne m'empêchait pas de vous entendre vous disputer et ce qui était cassé sur le sol.

-Quand on est en colère, ça arrive d'exploser et ensuite de casser n'importe quoi.

-Il n'y avait pas que ça. Quand tu étais parti une fois en claquant la porte d'entrée violemment, que je suis descendu et que j'ai vu maman agenouillée par terre en larmes. Tu l'avais frappé.

-C'est elle qui t'as raconté ça?

-Non. Même si j'étais jeune, je l'avais remarqué.

Le ton de Wayne se modifie en un davantage plus sec, teinté d'une colère mesurée. Steven Rigsby détourne fugitivement le regard, tenant sa bouteille de bière avant de la glouglouter à nouveau légèrement.

-Si tu comptes vouloir revenir, je pense que ...

-Tu penses que je voudrais revenir? J'ai jamais voulu revenir même quand j'étais en taule. Toi et ta mère vous n'avez rien à craindre. Ce que je voudrais est me rapprocher de toi. Que nos rapports puissent être autrement.

-Excuse-moi mais je pense pas qu'ils puissent changer. Vu les souvenirs que j'ai de toi.

-J'ai pas laissé une bonne impression, c'est sûr.

-Ca tu l'as dit!

-Mais j'estime que j'ai quand même rempli mon rôle de père.

-Tu estimes que tu l'as rempli?! Tu penses avoir accompli ton devoir de père? D'après ce que je me souviens tu n'étais presque jamais là. C'est maman qui s'est occupée de tout.

-Si je suis venu ce soir c'est pour qu'on discute. Pas pour être jugé.

-Alors fallait pas te donner la peine de venir si tu ne voulais pas entendre ce que j'avais sur le cœur. Tu te doutais bien que les retrouvailles ne seraient pas sans rancœur. T'as été nul comme père.

-Quand je pense que t'es la chair de ma chair.

-Ca veut dire quoi?

-J'te regarde mais j'ai du mal à croire que t'es mon fils.

-Faut savoir.

-Je trouve que tu ressembles à ta mère.

-Je prend ça comme un compliment.

Son père reboit quelques gorgées, n'ajoutant rien bien que son regard en dit long. Dans la bouche de Steven Rigsby, ce n'était aucunement un compliment malgré qu'il trouvait que l'ado n'était pas si mal comme garçon. Il ne pouvait nier certaines qualités que celui-ci avait pu entrevoir.

-Hey, Wayne!

Soudainement, le jeune homme se retourne, n'en revenant pas.

-Mais qu'est-ce que tu fais là?

-Je suis passée te voir mais il n'y avait personne. Alors je suis repartie en passant par là et je t'ai vu dans le café.

-Ben ça alors!

Le jeune homme sourit, assez heureux de voir son amie telle une intervention providentielle également. Lorelei et le père de Wayne s'adressent un œil curieux, intrigués l'un envers l'autre, prêts à être présentés.

-Euh! Oui. Lorelei je te présente mon père.

Celle-ci tend sa main, non sauvage, très aimable.

-Bonjour, ravie de vous rencontrer.

-Ouais, moi aussi.

-Mais je pense que l'on s'est déjà vus. Une fois. C'était il y a longtemps.

-Désolé mais je ne m'en souviens.

-C'était un soir, vous étiez passé chez la mère de Wayne. Vous étiez resté à la porte.

Peut-être.

Une petite gêne se fait sentir entre les deux adolescents par rapport à la façon de répondre du paternel, celui-ci un peu hostile.

-Tu t'assoies?

-Non. Je ne veux pas vous déranger.

-Mais non.

-Pour être honnête, je voulais te parler de quelque chose de personnel.

-Ah.

-Mais ça peut attendre.

-T'es sûre?

-Oui. J'ai été contente de te voir quand même. En coup de vent. Et on se verra demain.

-Ouais. C'est vrai.

Lorelei embrasse son ami sur la joue, resserrant ensuite la main du père de Wayne.

-J'espère que ce n'est pas moi qui vous fait fuir?

-Oh! Non. Ca n'a rien avoir. Bonne soirée.

-Merci.

Son ami lui adresse un dernier au revoir par un signe de la main, accompagné d'un timide sourire.

Peu après, son père à nouveau très curieux, lui demande si c'est juste une amie. Sans hésitation, la franchise de son fiston fait preuve de spontanéité.

-Lorelei? Non, pas du tout. C'est juste une amie.

-Elle est mignonne.

-Ouais. Mais je ne l'ai jamais considéré autrement que comme une simple amie.

-C'est dommage. Par contre si j'ai un conseil à te donner, même si t'as pas envie d'en recevoir un de ma part, c'est de te méfier.

-Pourquoi?

-J'sais pas. C'est le genre de fille à attirer les ennuis. Elle n'a pas l'air d'être quelqu'un de confiance.

-Ecoute, ne le prends pas mal mais me dire ça venant de toi, ton conseil tu peux te le garder.

-Comme tu veux.

-On devrait y aller. Si maman est rentrée ... .

-Ok. T'es contrarié.

-Non. Je veux juste rentrer.

Les deux hommes se lèvent puis après que papa Rigsby ait payé. A l'extérieur, celui-ci lui tend un papier sur lequel son numéro et adresse ont été écrits.

-Si tu veux ... Au cas où.

Wayne regarde le papier, le rangeant ensuite dans la poche de son blouson sans répondre. Chacun part de son côté après être arrivés vers la maison un peu plus tard, le jeune homme s'attardant tout de meme brièvement afin de le voir s'éloigner en direction de sa moto garée.

"Dès que je rentrerai, je le déchirerai."

Sa mère n'était pas encore revenue, ayant toutefois laissé un message sur le répondeur pour le prévenir qu'elle rentrerai dans moins d'une heure. L'informerait-il de la visite de son père comme sa conscience lui avait soufflé de le faire?

Son esprit était à ce moment indécis. Ne pas parler de lui était comme le rendre inexistant dans sa vie, ne désirant ne rien avoir affaire avec cet individu. Ne plus y penser pour l'instant, c'était du repos mental.

Il s'interrogeait par ailleurs sur ce que Lorelei avait souhaité lui raconter.

"Bizarre quand même d'être venue à cette heure."

Alors ... Demain.