Un bonjour matinal. Un autre chapitre pour cette semaine, un peu plus long que le précédent. J'ai repris deux passages dans Mentalist de la saison 2 et 4. La lettre écarlate et le prof parfait. Je pense que vous les reconnaîtrez même si j'ai très légèrement modifié. Si vous vous posez la question à propos de Wayne et Lorelei, vous comprendrez pourquoi quand vous le lirez, ça n'a pas été bâclé, c'est fait exprès. On va remonter en arrière dans le prochain chapitre pour voir comment s'est arrivé. Bonne lecture, le souhaitant et à la prochaine.
Bye.
Leur conversation se déroule à plusieurs mètres de la sphère générale sans s'être justifiées. Surtout que personne ne les a vu. Elles s'assoient sur un banc qui se situe vers un des bâtiments du lycée, une barre de chocolat pour chacune des filles, tenue dans la main.
Summer n'attaque pas immédiatement, profitant toutes deux de manger un peu leur friandise. Les deux copines discutent de petites babioles, une sorte de prélude qui ne tarde pas à passer à la page principale du début de l'histoire. Le regard pointé sur sa barre chocolatée au praliné, Teresa ouvre le sujet.
-Alors. Qu'est-ce que tu veux savoir?
-Je me demande juste si tu te rends compte ce que ça peut engendrer comme emmerdements pour toi et pour monsieur Jane.
-Je me rends compte. Et lui aussi. Mais il faut que tu comprennes que ça n'a rien de pervers. Nos sentiments sont sincères. C'est une relation consentie.
-Relation?
-Ca n'a rien de sordide.
-C'est pas ce que je pense. Ce que je vois est que ça va vous attirer des problèmes. C'est plus que risqué. C'est de l'inconscience pur et dur. Tu réalises? Il est prof, t'es élève.
-Je sais. J'ai culpabilisé et ça m'arrive encore. Mais c'est plus fort que moi de toute façon.
Teresa la fixe puis sincèrement se laisse aller aux aveux.
-Je l'aime. Vraiment. J'arrive pas à contrôler.
-Et lui?
-Je le pense.
-Il te l'a dit?
-Tu sais ce n'est pas parce que tu ne dis rien à haute voix que tu ne le penses pas. Quand je sortais avec Kimball il lui a fallut un peu de temps pour me le dire.
Summer acquiesce, connaissant la façon d'être de celui-ci.
-Ca n'empêche que c'est complètement fou.
-Tu aimes ce qui est fou.
-J'ai mes limites.
-Ah, bon?
A cette réflexion, la miss pétillante saisit ce qu'elle sous-entend, le prenant assez mal.
-Tu sais visé où ça fait mal.
-Excuse-moi. J'ai pas voulu te vexer.
-Ben, c'est loupé.
Elle attrape son sac à dos qui a été posé sur le banc, prête à partir, retenue toutefois brièvement par Teresa. La jeune fille ne désire pas se disputer avec.
-T'en va pas.
Son amie se retourne, légèrement blessée avant de se ressaisir et l'écouter.
-C'est pas dans ce sens-là que je voulais le dire. Ca m'a échappé. Je croyais juste que tu serais celle qui serait la plus compréhensive.
-Mais c'est pas parce que je suis plus ouverte que les autres, fofolle, je le reconnais, que je vais dire; C'est génial, continue, éclate-toi bien! La seule chose que je ne vais pas faire et de te juger. Je veux seulement te mettre en garde. Quand on fait des conneries c'est souvent trop tard lorsque l'addition arrive. Tu te réveilles ensuite, la tête dans l'eau. Quand je vous ai vu, ça m'a fait un tel choc.
-Je m'en doute.
Si tu veux savoir ce que je pense c'est qu'il risque de se produire un torrent de merde si gigantesque que ça va obscurcir le soleil. Si je te dis ça c'est par amitié et en connaissance de cause même si c'est pas pareil. Mais les conséquences des dégâts sont les mêmes. Méfie-toi, c'est tout. Méfiez-vous tous les deux. Si vous ne voulez pas foutre votre avenir en l'air. Le mieux ça serait de tout arrêter tant qu'il en est temps. Et je dirais rien.
-J'te fais confiance.
-Tant mieux. Tu sais quoi?
-Quoi? appréhendant.
-Je reste à une condition. Qu'on continue à en parler sans rien cacher.
-D'accord.
-On n'a qu'à marcher par là-bas.
Summer dirige son doigt en direction d'un arbre vers lequel elles se dirigent par la suite. Quand les deux copines s'y installent, l'échange se fait à cœur ouvert.
Erica Flynn et Patrick Jane sont séparés à l'heure actuelle. Mais est-ce définitif?
La petite bombe se montre lucide. Le but n'est pas de lui miner le moral mais de lui faire garder à l'esprit que le parcours est déjà semé d'embûches malgré encore leur invisibilité. Tout ce qu'elle peut lui conseiller, ne pouvant la forcer à rompre, c'est de faire preuve de prudence.
-Fais juste gaffe.
-Je le ferai.
Soudainement, une interrogation germe dans l'esprit de Teresa qui commence à la contrarier, principalement la turlupiner.
"Au fait! C'est vrai! Sont-ils bel et bien séparés?"
Espérant que ce risque pris n'est pas pour rien. Ca serait une immense déception. Le doute s'est immiscé.
Les cours se terminent finalement plus tôt aujourd'hui, un des professeurs étant absent. Ils n'auront eu qu'un heure de cours en ce début d'après-midi, finissant avec celui de chimie. Et ça ne pouvait pas tomber mieux. Quelle aubaine!
Et ce cher monsieur Jane est libre aussi! Excepté pour la réunion qui est prévue à 17h30. Ca en laisse du temps du libre jusqu'à cette heure!
Il saisit à cet instant l'opportunité, demandant à mademoiselle Lisbon de venir à son bureau. Au moment de s'avancer vers la porte, Summer jette un œil en leur direction.
"Je souhaite que ça ira. Bon. C'est comme ça."
Et une idée pousse d'un coup dans le crâne de la jolie blonde, celle-ci la faisant sourire. Une visite surprise en vitesse où travaille son mammifère adoré? Ca l'emballe sacrément. Allez!
En ce début de journée, il semblerait bien que des rendez-vous aient fleuri précocement. Sauf pour Grace. Craig n'étant dans la même classe. Concernant Michelle, rien ne change non plus pour elle. Cependant, l'adolescente aurait pu faire partie de la liste, en acceptant bien sûr, si Jason avait eu le courage de lui proposer. Et ce n'est pas l'envie qui lui a manqué.
Le jeune homme n'a pas osé, se traitant d'idiot en repartant de son côté. C'était également pour le jeune homme une super occasion. Tenter sa chance aurait été bon pour lui. Après tout. Qui ne tente rien n'a rien. Dommage!
De leur côté, comme planifié, Wayne et Lorelei s'en vont ensemble tandis que Grace les regarde s'éloigner. Ca provoque en elle comme un pincement. C'est curieux. Comme se sentir trahie. C'est irrationnel pourtant.
"Cette fille ... Rigsby est trop gentil."
Dans la salle, une fois seuls, Patrick, sachant que c'était leur dernier cours, demanda à son élève favorite si celle-ci rentrerait de suite chez elle.
-Pourquoi?
-Comme ça. Comme j'ai fini aussi.
Les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent, étirant un sourire ravi.
-C'est vrai?
-Oui.
-Qu'est-ce que tu proposes?
-On se rejoint plus loin?
-Ca marche.
Un radieux élargissement mutuel de leur bouche se dessina, heureux de passer un long moment tous les deux.
Son père était au boulot, un de ses frères devait faire une sortie scolaire culturelle et les deux autres rentreraient ensemble à présent. Alors, pas question de répondre non.
A cette seconde, Teresa ne pensa plus à rien, uniquement à sa joie et son plaisir ressenti. Elle quitta la salle quelques secondes plus tard, allant l'attendre de l'autre côté de la rue par rapport au lycée, là où personne ne les verrait. Quinze minutes après, Patrick la prit en voiture, destination chez lui. Ils n'étaient pas les seuls d'ailleurs.
Danny et Tamzin avaient eu la même idée. La tante de la demoiselle allait quant à elle rentrer tard dans la soirée ce lundi. Si ce n'était pas maintenant, à quand la prochaine opportunité pour les amoureux? C'aurait été du gâchis pour ne pas en profiter.
Arrivés plus tard chez Wayne, les deux amis se mettent à l'aise, le garçon lui proposant une boisson fraîche ou chaude selon son envie.
-Un coca, si tu as! lui répondant depuis le salon.
-J'ai! Tu veux manger quelque chose?!
-Non, merci!
Il revient peu après avec deux grands verres de soda bien remplis, les pose sur la table basse, s'asseyant tous deux, confortablement.
Mais comment une discussion entre bons amis, qui plus est personnelle, très sérieuse, peut avoir abouti plusieurs minutes après à un baiser totalement imprévisible? Et de surcroît même pas finie. Inimaginable également!
Ce qui l'inquiète de son côté est que le grand gaillard l'a trouvé stupéfiant et a aimé.
"J'suis pas dans la merde!"
Ce n'est toutefois pas la pensée de tout le monde.
Ou oui, si Flipper avait été occupé avec un ou une cliente et de se sentir si distrait qu'il en aurait raté son tatouage. Et un client justement ne laisse pas beaucoup de temps aux tourtereaux même si ces deux-là en étaient conscients. Toujours délicat de venir au boulot d'une personne. La surprise, néanmoins fut accueillie avec bonheur, proposant à Summer de venir le chercher ce soir si elle voulait.
-Ok. A ce soir.
Un dernier baiser et elle le laissa, toute joyeuse.
Pendant que Houdini et sa sorcière bien-aimée s'apprêtaient à renouveler cette fabuleuse expérience qu'ils avaient vécue en parfaite osmose, Patrick et Teresa se préparaient mentalement à en faire autant. Sa main se posa sur celle de l'adolescente quand ils s'arrêtèrent au feu rouge. Oui. C'était de l'amour.
Ca pouvait rendre momentanément amnésique.
Erica qui?
Un plaisir qui se nommait à nouveau coupable mais tellement renversant. Comment y résister?
Des papillons dorés volent dans une forêt magique dans laquelle des arbres de toute beauté, hébergés, semblent garder le lieu enchantés. La lumière diffuse une couleur turquoise presque translucide qui se mélange à celles de la verdure luxuriante, se croyant presque dans le pays merveilleux. L'esprit flotte, éprouvant un souffle de liberté. Cette image qui apparaît mentalement est magnifique.
Tel un voyage hors de son corps, Teresa a la sensation que des vibrations cosmiques la traversent. Comme entrer en contact avec l'univers tout entier. Ca tourbillonne, pulse, frétille, ça emporte très haut et loin. C'est aussi comme s'abreuver d'une énergie solaire. Dingue ce qu'un être humain peut provoquer en vous!
Sous son corps, ses lèvres qui roulent sur ma peau, son goût chaud et entêtant sur les miennes, ce genre de connexion déclenche mon insatiabilité. Je plane chaque fois. Cela soulève des ardeurs furieuses.
A cette minute, Teresa se rappelle d'un texte de Maupassant, s'intitulant; Les Caresses, appris en cours de littérature. Il évoque parfaitement ce qu'elle ressent.
Aimons la caresse savoureuse comme le vin qui grise, comme le fruit mûr qui parfume la bouche, comme tout ce qui pénètre notre corps de bonheur. Aimons la chair parce qu'elle est belle, parce qu'elle est blanche et ferme, et ronde et douce, et délicieuse sous la lèvre et sous les mains.
Quand les artistes ont cherché la forme la plus rare et la plus pure pour les coupes où l'art devait boire l'ivresse, ils ont choisi la courbe des seins, dont la fleur ressemble à celle des roses.
Aimons avant tout la caresse qui grise, affole, énerve, épuise, ranime, est plus douce que les parfums, plus légère que la brise, plus aiguë que les blessures, rapide et dévorante, qui fait crier, qui fait commettre tous les crimes et tous les actes de courage !
Aimons-la, non pas tranquille, normale, légale mais violente, furieuse, immodérée ! Recherchons-la comme on recherche l'or et le diamant, car elle vaut plus, étant inestimable et passagère ! Poursuivons-la sans cesse, mourons pour elle et par elle.
Les seules femmes heureuses sur cette terre sont celles à qui nulle caresse ne manque. Elles vivent, celles-là, sans soucis, sans pensées torturantes, sans autre désir que celui du baiser prochain qui sera délicieux et apaisant comme le dernier baiser.
Mais les femmes caressées à satiété n'ont besoin de rien, ne désirent rien, ne regrettent rien. Elles rêvent tranquilles et souriantes, effleurées à peine par ce qui serait pour les autres d'irréparables catastrophes, car la caresse remplace tout, guérit de tout, console de tout !
