Hello,

Je poste un nouveau chapitre très rapproché afin de rattraper comme je l'ai dit. Ca ne vous empêche pas de lire à votre rythme, rien ne presse. C'est juste pour m'avancer. J'ai pensé que ce chapitre serait plus court mais c'est tout le contraire. Il est très long. Désolée! Le prochain sera posté jeudi. Si vous en avez envie, vous pouvez écouter d'abord; Wicked Games, vous comprendrez plus bas. Vous avez l'original évidemment et aussi la reprise de Corey Taylor que j'aime beaucoup. Et en second; Teardrop de Massive Attack. Deux chansons sélectionnées exprès pour ce chapitre.

Bonne lecture et à cette semaine à nouveau.

Bye!


Lorsque Summer se réveille ce matin, aux alentours de midi passé, elle trouve son mammifère assis sur le rebord du lit, plateau posé dessus, souriant. La miss se relève, l'esprit un peu brouillé, ravie cependant de cette charmante attention. Surprenant, n'étant pas vraiment le genre. On peut se gourer. Elle se redresse, s'assoit, dos appuyé contre le mur, la vision légèrement trouble par la fatigue. Néanmoins, ce petit déjeuner appétissant lui donne faim.

-Tu as préparé tout ça? C'est ... étonnant.

Son expression accompagne sa remarque d'ailleurs.

-Bien ouais. Je me suis dit que ... Tant qu'à faire ... Je pouvais faire plaisir à une fille qui le vaut.

Une peu gênée, la demoiselle lui adresse une caresse sur le bras, lui répondant que c'est gentil, touchée, bisou en prime. La poche est ensuite ouverte, son visage s'illuminant alors comme une enfant.

-Aaaah! Chouette! T'as pris des croissants et des pains au chocolat.

-Comme je ne savais pas ce que tu préférais.

-Les deux.

-Ben voilà. Mademoiselle est servie!

Elle avale peu après son verre de jus d'orange, le dauphin pensant à cette seconde que sa petite bombe en or a une sacrée descente. Le regard étonné également, amusé, il se met à plaisanter, lui conseillant d'y aller doucement.

-Tu sais aussi bien siffler une bouteille?

La miss pouffe un bref rire dans son verre, répondant simplement qu'elle avait très soif.

-Ca se voit!

La manière de manger le premier croissant avec gourmandise, à la limite de le dévorer comme une vraie morfale, émet le doute. Lorsqu'on fume, parfois il arrive de ressentir une grande fringale le lendemain. Pourtant, rien n'a été consommé, se dit-il. Et vu la scène à laquelle il a eut droit, impossible.

Quand ses yeux s'orientent machinalement en direction de la table de chevet, ses soupçons se confirment. Flipper identifie immédiatement ce qui reste comme cigarette très spéciale.

-T'as fumé?

-Euh? Quoi?

-C'est un bout de joint dans la coupelle.

Son regard suit celui de son connaisseur en matière de fumette, mentant la bouche à moitié pleine.

-Non. Non, c'est pas ...

Son froncement de sourcils, sa réaction médiocrement convaincante ne persuade pas des masses. Il prend le bout d'un geste rapide, le renifle avant de lui lancer d'un ton réprobateur; T'as pris ton pied?!

-Mais non ...

Dans l'embarras, la miss tente de s'expliquer, mal d'ailleurs, face à son copain furax. On pourrait sentir à des kilomètres le ressentiment de celui-ci.

-Tu me fais la morale et derrière mon dos tu consommes de l'herbe. Tu te fous de ma gueule.

Son timbre froid et sec, anormalement posé ne la rassure pas du tout, craignant qu'il explose de colère comme balancer le plateau par terre. Curieusement et surtout par chance, Flipper réagit différemment. Malgré tout, il jette le bout dans sa tasse de café pas complètement bu puis quitte la chambre, se retournant une fois dans le salon.

-Lorsque je suis rentrée dans ta chambre, j'ai cru reconnaître cette odeur familière. Au cas où t'aurait oublié, ça reste. C'est si fort que ça pénètre.

-Attends. On peut parler, non?

-Non.

La manière de la fixer, même furtivement, la glace, son intuition lui recommandant fortement de ne pas essayer de le retenir. Tout en enfilant son blouson en cuire noir, il lui souhaite avec sarcasme de passer une bonne journée.

Lorsque la porte du hangar est claquée quelque secondes après, Summer sursaute, le visage dépitée. Aujourd'hui, la jeune fille a déçu deux personnes. Les mains frappent ensuite sur le lit, criant un furieux; MERDE!

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Le lendemain, les garçons et les filles se retrouvent confrontés, les uns aux autres, leur en voulant encore d'avoir tout gâcher.

-On est désolés, Ok.

La vaine tentative de réconciliation de Wayne s'exprime face à l'indifférence de celles-ci, ne leur adressant même pas un mot. Excepté Tamzin quand son guignol de petit ami se rapproche.

-Danny qui?

-Oh! Allez. Je m'excuse.

-Tu sais quoi? réagissant calmement. Rien justement.

-Quoi?

Ne comprenant absolument pas ce que ça signifie, Houdini se tourne vers ses complices afin de solliciter leur lumière ... vacillante.

-Qu'est-ce qu'elle a voulu dire?

-Aucune idée.

Son regard se dirige vers Cho, espérant que le plus sage habituellement et davantage philosophique, pourra allumer la lanterne.

-Va lui demander.

-C'est ça! Pour qu'elle m'envoie paître à nouveau.

-Alors laisse tomber. Ca se calmera tout seul.

Sa sagesse ne l'a pas abandonné.

-Quoi? C'est tout.

-Ben ouais.

La sonnerie retentit, ses deux potes le prenant par l'épaule. Avant de renter dans le bâtiment, Wayne pose alors une question des plus idiotes.

-Vous croyez que Grace m'en veut beaucoup?

Kimball et Danny se regardent, lui répondant ironiquement; Non, penses-tu!

-Ah! Bon.

Le déclic se produit instantanément dans la tête de l'ado, se disant; Qu'est-ce que je raconte?!

Ooh! L'esprit est un peu à côté de la plaque ce matin. La fatigue sans doute ou à cause d'une belle contrariété qui a provoqué ce blanc.

Durant l'interclasse, Teresa et son ex nouveau débile à qui elle en veut encore, ne peuvent s'ignorer dans cette cabine étroite. Et oui! Ils doivent faire équipe pour animer leur émission à la radio. Agréablement stupéfaits, les deux animateurs qui se débrouillent encore mieux qu'avant, se conduisent comme des pros, quittant plus tard la pièce sans se réadresser la parole.

Au déjeuner, c'est au tour de Michelle et Jason d'être présents à l'antenne, accompagnés de Sterdini. La dernière fois pour les encadrer. N'essayant même pas vu le tempérament de miss Vega, chacun reste muet également hors micro sauf lorsque le pauvre Wylie à la malheur de demander pourquoi ils ne se parlent plus, n'étant au courant. En même temps, les deux nouveaux ennemis émettent un son antipathique.

-Pour rien!

-Bon. Merci pour l'info. Ambiance sympa.

Le garçon murmure dans sa barbe, étant dans ses petits baskets. Ca va loin! se dit-il.

Durant ce moment, alors que Teresa s'apprête à sortir du bâtiment, après avoir été se laver les mains, la demoiselle arbore son plus lumineux sourire. Tiens, tiens! Monsieur Jane. Que fait-il dans les parages? Tel un prédateur, maniaque? N'importe quoi!

N'importe quelle paire d'yeux le penserait en voyant un enseignant parler à une élève mineure de surcroît. La jeune fille serait capable de répondre dans ce cas; Pensez ce que vous voulez. Ca m'est égal. Que dire d'autre? Bien qu'elle ne s'en moquerait pas.

Mais de quoi peuvent-ils discuter? Simplement à propos d'un exposé sur le vieil homme et la mer.

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Au loin, ils jouent tous les deux des apparences au cas où un rapide coup d'œil les repérait. Autant maintenir toute prudence. Avançant nonchalamment l'un à côté de l'autre, les deux amants de Sacramento discutent, la jeune fille se montrant réticente vis-à-vis d'une proposition qui n'aurait pourtant rien d'illégale cette fois.

-Si tu veux je peux t'aider pour le vieil homme et la mer. Ca te donnerait l'avantage sur les autres.

Teresa le regarde alors, l'expression légèrement déroutée ainsi que faussement consternée à l'égard de cette offre, y souriant face à cet air espiègle qu'elle commence à bien connaître. L'enseignant en rit furtivement, l'esprit bien sûr à plaisanter comme toujours.

-Non. Je voulais dire que ça te serait seulement d'une plus grande aide si tu en as besoin puisque je l'ai lu. Et j'ai même le film en vidéo.

Tous deux s'échangent à cette seconde un regard éloquent, sans que celui-ci cependant soit explicite malgré que cela s'en rapproche. Un élargissement mutuel d'un beau sourire tempère bien la tentation de cet éventuel désir dont les pupilles se peignent néanmoins. La demoiselle s'exclame par taquinerie, charmée par la proposition plus que séduisante.

-Ah! Je vois! On veut m'attirer. Pas très pédagogique tout ça, non?

Patrick ricane, acquiesçant, insincère, tête furtivement baissée.

-C'est vrai. A ce moment-là, je peux te prêter la vidéo pour que tu la visionne si ça t'intéresse.

-J'aimerais bien, oui. Lire le livre aussi et je pense que ça serait moins licencieux.

-Licencieux?! Vraiment?!

-Te moques pas.

Une petite tape lui est adressée avant que leur main ne se frôle ensuite, la main de la miss prise au vol, la tenant brièvement.

-Je ne me moques pas. Mais en quoi ce serait licencieux?

Ils se regardent de nouveau, se mettant d'accord à ce propos par le langage visuel très expressif cette fois.

-Je vois à mon tour. Mais c'est le prof qui parle là. Et pas autre chose.

Teresa le fixe pendant une courte durée, un peu de rose sur les joues qui met en valeur son teint nacré, ébauchant pudiquement un étirement de sa bouche d'enfant.

-Ok. De toute manière j'ai prévu d'aller à la bibliothèque après les cours.

-Une très bonne initiative venant d'une élève studieuse.

-Tu recommences.

-Ne prends pas l'habitude de me sanctionner comme ça sinon tu vas y prendre goût et ce n'est pas le meilleur lieu pour.

-Tu as raison.

La bonne humeur qui les lie comme deux complices qui sortiraient ensemble depuis quelques années se modère afin de ne pas tenter d'attirer des ennuis quelconque vers cette naissante familiarité qui ferait naître par contre des suspicions. L'enseignant et la lycéenne qui conversent s'avère être un comportement tout à fait normal. Pertinente pensée que pourrait bien avoir l'esprit de la jeune fille.

-Toutefois, si tu veux voir le film, ma porte est ouverte.

-Mais le livre est mieux condensé, non?

-Oui.

Elle sourit plus grandement, un trait un tantinet coupable qui se crayonne sur ses lèvres, ne sachant quoi décider.

-Tu hésites?

-Oui et non.

-Je ne t'obliges pas. Je te tends juste une invitation après ce que tu m'as dit il y a quatre jours. J'ai seulement pensé que ça pouvait être l'opportunité de se voir en dehors d'ici. C'est tout. Je ne te forces pas. finissant sur une tonalité vocale coloré de douceur ainsi que de compréhension.

-Je sais.

Teresa hoche la tête, la tourne en sa direction, l'envie ne manquant vraiment pas.

-Quand on était tous les deux dans la salle, après qu'elle se soit vidée, tu as été claire sur ton désir que l'on se voit comme on a pu le faire. Et moi aussi j'aimerais. C'est à toi de voir.

Quelques secondes après un instant de réflexion pas plus utile mais davantage mature, la réponse de la très intéressée est partagée. Ca fait deux heureux, le regardant plus intensément.

-J'en ai envie, oui.

Puis, même défendu, le bras de Patrick s'enroule sans rester longtemps dans cette position, lui promettant de la ramener à l'heure convenue sans qu'aucun doute ne puisse mettre à nu sa couverture ce qui la fait amplement sourire. Personne ne les voit de toute façon, s'étant un peu isolés entre temps.

-D'accord. Je m'en tiendrai à ma version. Que je suis allée étudier à la bibliothèque.

-Voilà.

-Tu ne le prends pas mal surtout.

-Tout dépendra. plaisantant évidemment.

-Tu es un mauvais prof.

-Ouais. Ca me ressemble bien.

Ils en sourient joyeusement, se séparant ensuite avant que la sonnerie ne retentissent, son absence n'ayant éveillé d'ailleurs la moindre suspicion. Leur entrevue aura duré en tout et pour tout trois minutes. Fort à ce jeu.

Le père de Teresa prévenu ce matin par une intention plus que honnête, celui-ci lui a accordé une permission exceptionnelle concernant le couvre-feu qui se rallonge jusqu'à 22h00, le temps de rentrer, devant prendre son service un peu plus tard. Venir la chercher fait bien sûr partie du marché, allant de sa responsabilité de père.

Ces informations sont répétées après la fin des cours, dans la DS, le couple clandestin s'étant donné rendez-vous dans une autre rue plus éloignée, en cas, heureux. Au programme, étudier donc le roman ou le visionner en vidéo. Au choix. Bien respecté plus tard, l'aidant consciencieusement pour le prochain contrôle et sérieusement durant près de deux heures, la pause s'est faite auparavant.

Celle-ci lors de leur arrivée à l'appartement de l'enseignant. Vers 18h12, la curiosité de regarder le film s'exprime, se faisant alors une séance, sa durée n'empiétant pas sur le temps qui leur est imparti.

Film assez encore récent, sortir en 90, avec Anthony Quinn au lieu de la version de 1958. La préférence n'a été qu'un pur hasard. Et celui-ci plaît beaucoup à la jeune fille, reconnaissante qu'un enrichissement culturel s'ajoute à son instruction.

Dos confortablement calé contre le dossier du canapé, légèrement blottie quelques minutes plus tard dans un petit creux formé par Patrick, plus précisément par son bras posé au-dessus du canapé. Sa main caresse en discontinu la jolie chevelure de sa jeune invitée.

Comme n'importe quelle autre personne, ils n'échappent pas à la règle de l'attraction, un geste innocent, désintéressé qui en entraînent cinq supplémentaires. Et après quarante-et-une minutes de film, ce qui doit arriver se produit. Un rapprochement consensuel se retrouve à l'horizontal, jambes un peu entremêlées, enlacement tendre actionné, flirtant avec délicatesse, douceur. Une dose de suavité s'immisce avant d'approfondir leurs connaissances culturelles.

-Je croyais que tu voulais voir le film?

-C'est vrai.

Le souffle repris, celui-ci un peu saccadé, la franchise de la demoiselle est extériorisée. La vue pétillante d'une ardeur juvénile sans omettre son rayonnant sourire ainsi que celui de son professeur de plus en plus particulier. Elle ne peut que s'enrichir à son contact.

Le baiser se remet en lecture, synchro avec l'action du film, une main habile, experte profitant de se faufiler sous la chemise rouge à carreaux noir de l'invitée intime. Celle-ci est évidemment sensible à son genre d'initiative respectueusement entreprenante néanmoins délicieuse toutefois.

La main de Teresa emprunte également à son tour le chemin de l'audace, la sienne se glissant réciproquement sous sa chemise en lin bleu-blanc aux manches retroussées, attachées par un bouton à pression. Le classicisme mélangé à la décontraction fidèle qui lui va si bien.

Quelques boutons respectifs sont peu après écartés de ce droit chemin, le baiser s'étant entre-temps renforcé sans en perdre de sa loyale saveur, celle de cette ensorcelante douceur. Qu'est-ce que l'on aime le vieil homme et la mer! Elle n'aurait jamais cru que ça la passionnerait à ce point.

Les effleurements se répètent au bas de leur dos, sur la région abdominale de Patrick, l'âme, l'intérieur comme extérieur du corps de la jeune fille éclatant immédiatement. Embrasés, elle sent ce feu l'allumer de toute sa brillance, surnommé *delonix regia.

Etudier a maintenant un sens très spécifique de sa définition originale. Ca vaut décidément le coup de travailler plus assidûment en dehors des heures de cours. Ces égarements par minutes éparpillés sur différentes parties du corps féminin comme le creux de l'oreille, du cou, la petite fosse supra claviculaire ... Les onctueux effleurages s'additionnent au niveau de la taille, du ventre, l'émoi ressenti s'épanouissant par degré. Et c'est de plus en plus doux. Comment un homme peut en distribuer autant?!

"Le désir court à visage découvert, sans honte et ma matière faite femme s'élève au-dessus de mon inconscience qui me dévisage sans que celle qui ne me le soit pas ne me juge. Trouvez-vous ça si pervert? Pourtant l'amour se récite comme un poème et chacun de ses vers s'écrit sur des lignes que moi seule peut lire, je le confesse. Et c'est si beau à écouter."

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The world was on fire/ Le monde était en flammes

No one could save me but you./ Personne d'autre que toi ne pouvait me sauver

It's strange what desire/ C'est étrange ce que le désir

Will make foolish people do/ Arrivera à faire aux insensés

I never dreamed that I'd meet somebody like you/ Je n'avais jamais rêvé que je rencontrerais quelqu'un comme toi

I never dreamed that I'd knew somebody like you/ Je n'avais jamais rêvé que je connaîtrais quelqu'un comme toi

What a wicked game to play/ Quel jeu pervers de jouer

To make me feel this way/ A me mettre dans cet état

What a wicked thing to do/ Quelle chose perverse

To let me dream of you/ De me laisser rêver de toi

What a wicked thing to say/ Quelle chose perverse de dire

You never felt this way/ Que tu ne t'es jamais sentie ainsi

What a wicked thing to do/ Quelle chose perverse

To make me dream of you/De me faire rêver de toi

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Le jeu poétique ne les fait toutefois pas s'aventurer jusqu'à des lignes concupiscentes, la lecture se stoppant au vers le plus séant. Revenant à la sagesse par la suite, ils décident de retourner en arrière, au moment où la convoitise les a fait détourner de la prochaine séquence du film. Chemise, chacune reboutonnée après les avoir de nouveau revêtues, égarées en route, le jeune prof et l'élève se redressent convenablement sur le canapé. Sans se priver d'un enlacement de nature mesurée là, ils se concentrent ensuite sur l'écran.

Malheureusement, ils s'assoupissent au bout de trente minutes, se réveillant après le délai passé d'une heure du couvre-feu. Quand étudier fatigue, c'est mal barré!

La cassette rejetée automatiquement du magnétoscope comme d'usage quand la bande se termine, Teresa, les yeux mi-clos, réussit à distinguer néanmoins l'heure affichait sur le magnétoscope. Celle-ci indique 23h02. Elle émerge brutalement, en pleine panique.

-C'est pas vrai! On s'est endormis! Regarde l'heure qu'il est! Mon père va être furieux! Dépêche-toi! Il faut que tu m'amènes à la bibliothèque si par chance il serait à nouveau en retard.

Patrick passe ses mains sur ses paupières, s'en voulant d'avoir succombé au sommeil, mettant involontairement Teresa dans un sacré pétrin. Décollée du canapé précipitamment, elle remet ses chaussures, l'enseignant en faisant autant, parés à partir une fois les affaires rassemblées. Arrivés plusieurs minutes après devant la bibliothèque, la jeune fille constate qu'il n'y pas l'ombre d'une présence paternelle, commençant sérieusement à angoisser. De ce point, Patrick la reconduit jusqu'à son domicile, apercevant à distance la voiture de son père. Pour chauffer, ça va chauffer!

-Tu crois que ça va aller? lui demande-t-il, inquiet.

-J'espère.

Très faiblement confiante, Teresa s'en persuade cependant afin de sauver ses apparentes craintes, ne s'attardant pas plus longuement dans la voiture. Un baiser furtif est toutefois échangé, la réconfortant chaleureusement. La jeune fille quitte la DS juste après, un sourire réciproque renvoyé l'un à l'autre, non rassurés néanmoins.

Une fois entrée dans la maison, Patrick démarre, l'adolescente quant à elle se recevant une gifle magistrale par monsieur Lisbon, une fois le seuil franchi. Cela l'a tétanise sur place. Rien de plus glaçant qu'un accueil aussi emporté.

-Tu te fous de moi, Teresa! Bon dieu, t'as vu l'heure qu'il est?! Qu'est-ce que tu as foutu!? Je t'ai attendu pendant une heure!

Ratés de peu!

-T'étais passée où!? Il est presque minuit vingt-cinq! Je trouve que tu tournes mal en ce moment, ma fille!

Le regard furibond à la limite noir, la jeune fille le reconnaît parfaitement, hélas. La joue rougie, les yeux au bord des larmes dues à la violence du geste, de sa réaction,ses mains repoussent quelques mèches sur son visage. L'expression digne et secouée, son début d'explication n'a plus autant de valeur en matière de crédibilité à l'oreille de son furax papa quant à elle.

-Je t'ai attendu mais comme tu n'arrivais pas, je ….

-Arrête de mentir! Je suis arrivé à l'heure et tu n'étais pas là! Je veux savoir où tu te trouvais! Et tu as intérêt à me dire la vérité! … Maintenant!

Haussant énergiquement le ton, la pointant du doigt avec une sévérité féroce, l'adolescente sursaute, se refusant bien sûr à faire preuve d'imprudence auprès de lui. Elle tente de se creuser la cervelle à la hâte afin de pondre un mensonge de plus pour éviter une punition dont elle pourrait se souvenir douloureusement. Alors affrontant sa peur avec courage, sans défaillir, son imagination lui sauve une mise partielle, s'en doutant.

-Je suis allée à la bibliothèque durant deux heures, j'ai fait une pause car j'avais pas terminé et je suis allée au café près du bahut que tu n'apprécies pas, au plus près. Et j'ai pas vu passer l'heure avec mes amis qui sont venus en fin d'après-midi. On est ensuite allés au cinéma voir Marvin, c'est une comédie et on est sortis à 22h30. J'ai complètement oublié, je suis vraiment désolée.

-T'avais de l'argent?!

-Oui. Il m'en restait.

-T'as pas de chance Teresa parce que je ne te crois pas. C'est qui qui t'a raccompagné?! La voiture dont t'es sortie.

La voix paternelle s'est étrangement, un peu radoucie en lui posant cette question face à laquelle une peur viscérale s'introduit en elle, en devenant presque muette tant la stupéfaction la saisit.

-C'était qui?

Ne répondant pas, la voix se hausse de nouveau, la faisant frémir de l"intérieur. Le pessimisme s'empare de son esprit et chasse toute sa réserve de gaieté. Le ciel vient juste de s'assombrir et l'orage menace de faire trembler par son éventuel foudre qui risque de tomber.

-Tu vas me répondre!

Les frères réveillés par la colère du père, ceux-ci descendent quelques marches avant que leur autoritaire papa ne leur ordonne de retourner dormir. Ils obéissent sans parlementer, inquiets également pour leur sœur. Impuissants, sont-ils.

-J'ai fait du stop.

Une seconde gifle d'une identique brutalité vient fouetter lea deuxième joue, en feu également, les larmes montant visiblement aux yeux de l'adolescente. L'angoisse grimpe en flèche à cet instant.

-Tu ne fais que me mentir et tu en rajoutes!

-Non. Je dis la vérité. s'en persuadant afin de le convaincre de son jeu de comédienne, le timbre tremblant quant à lui.

La gorge nouée, l'adolescente se retient de pleurer.

-Tu vas voir. Je vais t'envoyer en pension, ça va pas faire long feu toutes ces conneries!

Son père s'approche alors de sa fille, le ton bas, comminatoire, poing serré.

-Je saurais de toute façon qui est l'individu qui t'a raccompagné ce soir. Tu crois que j'étais assis sans jeter un œil pour savoir si tu allais rentrer! Tu te goures lourdement! le ton se haussant de plus belle.

Au bord du sanglot, Teresa écoute, la peur sévissant davantage en elle, priant qu'il la laisse monter dans sa chambre.

Prière entendue!

-Va dormir, je ne veux plus de voir!

La jeune fille monte à cet instant à toute allure, les larmes dévalant sur ses joues brûlantes. L'esprit en tourmente, sonnée par l'extrême énervement de son père, le cœur sautille d'apeurement. Une fois dans sa chambre, après que l'un de ses frères lui ai demandé si ça allait, répondant par un oui fugitif, elle lui recommande de se recoucher. La porte est refermée, tremblotant nerveusement. Les larmes s'écoulent, les séchant une à une, tentant de rester noble, n'y parvenant plus.

Elle se met alors à sangloter silencieusement telle une petite fille profondément blessée, pleurant jusqu'à sentir les muscles abdominales se crisper avec souffrance. Cela avait été un si beau jour. C'est ça? Celles traitées de mauvaises filles sont ainsi punies quand elles sont jugées d'avoir péché?

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Love, love is a verb/ Amour, amour est un verbe

Love is a doing word/ Amour est un mot qui agit

Fearless on my breath/ Je respire sans peur

Gentle impulsion/ Une douce impulsion

Shakes me makes me lighter/ Me secoue me rend plus légère

Fearless on my breath/Je respire sans peur

Teardrop on the fire/Des larmes sur le feu

Fearless on my breath/Je respire sans peur

Nine nights of matter/Neuf nuits d'affaires

Black flowers blossom/Les fleurs noires bourgeonnent

Fearless on my breath/Je respire sans peur

Black flowers blossom/Les fleurs noires bourgeonnent

Fearless on my breath/ Je respire sans peur

Teardrop on the fire/Des larmes sur le feu

Fearless on my breath/Je respire sans peur

Water is my eye/Mon œil est de l'eau

Most faithful mirror/Le plus fidèle des miroirs

Fearless on my breath/Je respire sans peur

Teardrop on the fire of a confession/ Des larmes sur le feu d'une confession

Tu te bats dans le noir/ You're struggling in the dark

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C'est ce qu'elle essaie de faire en écoutant plus tard cette chanson de massive Attack en dessinant à l'aide de son esprit le visage de Patrick. Ca la console en se remémorant les heures d'avant.

"Mon dieu! Faites que mon père n'apprenne rien! J'ai peur des jours qui suivront. Car si …. Ca sera terrible. J'y pense déjà, je ne vais faire que ça. L'amour est un verbe et je souhaiterais à cette heure l'entendre de nouveau, loin de la tumulte qui règne ici.

Si tu avais le pouvoir de m'emmener très loin cette nuit. Je te suivrais, c'est sûr pour ne plus revenir. Tant que l'orage grondera, comment puis-je me sentir en sécurité?"


*Une espèce d'arbre de la famille des Caesalpiniaceae appelée Flamboyant.