Chers lecteurs,
Parce que oui, j'ai des lecteurs ! C'est fou.
Je pensais poster toutes les semaines, mais bon, comme j'ai des chapitres d'avance, voici le deuxième beaucoup plus tôt que ce qui était prévu. J'espère qu'il vous plaira.
Portez-vous bien,
Al
Harry, Ron et Hermione retournèrent dans le verger.
« Quelqu'un vient prendre le thé ?, demanda Harry.
- Je ne sais pas, répondit Ron. D'habitude, maman ne prépare le thé que quand on a un invité qui se pointe. Faut voir. C'est mieux un invi-thé qu'un invi-café… »
Ron restait parfois bien anglais. Tea, always tea.
« Tu as fait beaucoup mieux, Ronald, soupira Hermione.
- Je vote pour, dit Harry en même temps.
- Après, ça veut dire qu'elle prépare les petits gâteaux qui vont avec, reprit Ron. Et ça, ça ne se refuse pas.
- Ron ! Tu viens de manger un poulet à toi tout seul ! » s'exclama Hermione.
Ron désigna sa grande carcasse d'un geste de la main :
« Je ne prends pas un gramme, ma belle. Je peux tout me permettre. »
Ils s'assirent sous un vieux pommier. Ron s'adossa contre le tronc, Hermione se blottit contre lui. Harry s'assit en face d'eux. La jeune sorcière se lança :
« Bon. J'ai du nouveau.
- Je m'en doute. Ta lettre de ce matin m'a mis en appétit. »
Hermione sourit en se souvenant des comparaisons culinaires qu'elle avait transmises à son ami. Ils avaient choisi ensemble les codes à utiliser, et une fois que Ron avait écarté toutes les références moldues, Hermione toutes les références au Quidditch et Harry toutes les expressions sorcières, ils étaient revenus à ce qui réunissait tout le monde : la bouffe.
« De quelles carottes parlais-tu ?
- J'ai trouvé, via Slughorn, un magicologue spécialisé dans la magie pure.
- La magie pure ? »
Harry la regarda avec des yeux ronds. Ce fut Ron qui le sortit de ce mauvais pas.
« De la magie sans baguette, comme les manifestations de magie spontanée des enfants sorciers. C'est de la magie barbare. La magie est moins contrôlée et est très dangereuse. Mes parents nous racontaient des histoires affreuses de magie sans baguette. Ça peut tuer des gens.
- Comme le dit Ron, c'est très dangereux, et donc extrêmement encadré. En Angleterre, il faut une dérogation pour étudier la magie pure. À mon avis, même les Langue-de-plomb ne l'ont pas forcément. »
Harry réfléchissait.
« Donc vous pensez que les fluctuations de magie que j'ai seraient plus dues à des problèmes de magie pure que réellement de ma faute ?
- Je pense que tu es suffisamment maître de tes émotions pour que ce ne soit pas lié à ça, répondit Hermione. Cela fait cinq mois que ça dure, tu as fait tout ce que tu pouvais. Tu as beau être un peu plus sur les nerfs que ce à quoi on aurait pu s'attendre, ça doit être plus lié à ta magie qui fait n'importe quoi qu'à toi. Ça doit être hyper frustrant d'être de nouveau comme un première année, à réapprendre à contrôler la dose de magie que tu mets dans chaque sort.
- En gros, Hermione t'a trouvé l'excuse parfaite pour râler tout le temps, conclut Ron. Ah si seulement j'en avais une ! »
Hermione ne s'embêta même pas à lui faire les gros yeux. Harry reprit :
« Et donc du coup ? Ton magicologue ? Il pourrait nous aider ?
- Il n'est pas en Angleterre. Et c'est là que c'est sympa. » sourit Hermione. Elle garda le suspense un moment, puis lâcha :
« Il est sur le continent ! On repart en vadrouille ! »
Ron s'exclama bruyamment et Harry sentit un sourire lumineux lui remonter jusqu'aux oreilles. Enfin de l'action !
« Il est où précisément ?
- En Bulgarie. C'est un ancien étudiant de Durmstrang. J'ai envoyé un hibou à Viktor et j'attends sa réponse, pour savoir si on peut passer le voir !
- Hermione, tu es géniale, la félicita Ron.
- C'est Viktor qui va être content, ajouta Harry.
- Mais s'il est trop content, je pourrai lui montrer le crochet souvenir que j'ai rapporté de la Chambre des Secrets… » compléta Ron.
Hermione lui retourna un sourire éblouissant : « Ne sois pas trop méchante avec lui. Tu connais mon faible pour les joueurs de Quidditch… » Harry ricana tandis que les oreilles de Ron prenaient une teinte rosée. Pour cacher ses oreilles, le rouquin enfouit sa tête dans la tignasse d'Hermione qui reprit son sérieux.
« Donc, on fait une croix sur Poudlard ?
- Perso, je ne me vois pas refaire une année. J'aurais l'impression d'être trop décalé par rapport aux autres, dit Harry, pensif.
- Pareil pour moi, souffla Ron.
- Pour toi, Ron, c'est la flemme qui parle, répliqua Hermione.
- Pas vraiment. On a été en exil dans notre propre pays pendant presque un an, on a failli crever plusieurs fois, on a dû faire plus de sortilèges, de maléfices et de métamorphoses en un an que tous les élèves de Poudlard. Sans parler de contrer de la magie noire. À part en botanique et en potions où Harry et moi on doit être pires que des Cracmols, je ne vois pas ce qu'une nouvelle année à Poudlard pourrait nous apporter. »
Hermione jeta un regard suspicieux à Ron, peu convaincue.
« Tu crois que nos profs n'ont plus rien à nous apprendre ?
- Non, je dis juste que je ne me sens plus nulle part chez moi et que je n'ai pas envie de ressentir ça à Poudlard. »
La conversation était devenue très sérieuse en quelques minutes. Hermione réfléchissait. Ron lui donna le coup de grâce : « Et puis franchement, pas besoin de prof quand on t'a, toi. » chuchota-t-il à Hermione. Elle rougit et l'embrassa furtivement.
« Flatteur. »
Ils restèrent ainsi dans leurs pensées quelques instants. La voix de Mrs Weasley les interpella au loin : « Le thé est prêt ! »
OoO
Un invité de marque les attendait sous la tonnelle : Minerva McGonagall.
« Bonjour Professeur, la saluèrent nos trois compères.
- Bonjour à vous trois. C'est un plaisir de vous revoir. »
Le professeur était assis, raide comme un piquet, et touillait sa tasse de thé en jaugeant d'un œil gourmand la part de cheese-cake qui lui était présentée dans une petite assiette.
Hermione servit une assiette de cheese-cake à ses amis et à Mrs Weasley, et Ron se débrouilla tant bien que mal avec la théière. Harry sourit au professeur McGonagall et entreprit de lancer la conversation.
« Alors ? Les travaux sont terminés à Poudlard ?
- Oui, répondit le professeur McGonagall en sirotant son thé. Ce n'était pas tant les murs à reconstruire que tous les sortilèges de protection à réinstaller et à renforcer. Ce faisant, on a trouvé des faiblesses dans des sortilèges qui dataient de l'époque des fondateurs. On a dû donc pallier ces failles et restaurer le tout. Mais c'est enfin fini et l'école ouvrira bien ses portes le 1er octobre.
- Vous avez retrouvé tous les Nés-moldus ?
- Oui. Ça risque d'être un sacré bazar. On va proposer des cours de rattrapage aux élèves qui ont eu des manques dans leur formation, et double ration de première année : ceux de cette année et les Nés-moldus de l'année dernière. On a aussi dû, pendant les travaux, restaurer quelques endroits pour loger tous ces nouveaux élèves. Nous allons avoir beaucoup de monde, cette année. »
Elle reposa sa tasse de thé et s'attaqua à son cheese-cake, et leur demanda, sans les regarder :
« Les nouveaux élèves auront-ils l'heur de vous rencontrer ? »
Hermione grimaça : son courage était mis à rude épreuve. Refuser Poudlard avec ses amis, c'était une chose. Mais le refuser devant un de ses professeurs favoris, c'en était une autre.
Ce fut Harry qui annonça :
« Cela nous aurait fait plaisir de vous voir et de passer une nouvelle année avec vous, mais je crois que nous allons décliner.
- J'ai cru comprendre que vous aviez des problèmes avec votre magie, Potter.
- Grâce à Rita Skeeter ?
- Ses articles sont certes faussés et affreux, mais il y a toujours une part de vérité, c'est pour cela qu'elle dérange. Je me doute bien que vous ne vous envolez pas dès que vous faites de la relaxation, mais il doit bien y avoir des problèmes magiques qui vous entourent, non ? »
Les yeux perçants de McGonagall s'étaient posés sur lui. Il avoua :
« Ma magie devient incontrôlable. Je suis incapable de transplaner, je rate les sortilèges les plus simples, et la dernière fois que j'ai allumé ma cheminée j'ai failli mettre le feu à Londres. Je recommence à tout faire à la façon moldue pour éviter les accidents.
- Poudlard pourrait vous apprendre à gérer votre magie, tenta le professeur de métamorphoses.
- Voyons Professeur, vous venez de dire que vous alliez avoir une année chargée. Je ne vais pas vous ajouter du travail, non ? Et puis, Hermione a trouvé quelqu'un qui pourrait m'aider. »
Les yeux du professeur McGonagall se posèrent sur Hermione et Ron.
« Je suppose que vous ne revenez pas non plus, vous deux ?
- Non, Professeur.
- Toujours ensemble, n'est-ce pas ?
- Oui, Professeur. » reconnut Harry.
Il n'était peut-être pas l'homme de Dumbledore jusqu'au bout finalement, mais l'homme d'Hermione et Ron. Cette idée le fit sourire.
Le professeur McGonagall laissa passer un moment et reprit :
« Vous avez une idée de ce que vous allez faire ?
- On part à l'étranger. » répondit Harry. Il vit du coin de l'œil Mrs Weasley pincer les lèvres. Elle devait désapprouver, comme il s'en doutait. Il ajouta en la regardant dans les yeux :
« Cette fois, pas de mage noir en vue. On pourra communiquer. On vous tiendra au courant de tout, Mrs Weasley. Et on pourra revenir dès qu'il le faudra. »
Ron lui jeta un regard reconnaissant et se concentra de nouveau sur sa part de cheese-cake. La conversation dévia sur les cours et les professeurs à Poudlard.
« Ce cher Horace garde son poste de professeur de potions, jusqu'à ce qu'on lui trouve un remplaçant digne de ce nom. On a trouvé, grâce à ses contacts, un remplaçant pour la métamorphose, que je ne pourrai plus assurer pour cette année.
- Vous serez directrice, dorénavant ? Il me semblait avoir lu dans l'Histoire de Poudlard que la charge de directeur imposait qu'elle ne se rompe qu'avec la mort du directeur. » Cette remarque provenait, sans surprise, d'Hermione.
« En effet, Miss Granger, la charge de directeur est l'unique charge de Poudlard à laquelle on ne peut pas renoncer. On a charge d'âmes, dirions-nous. Mais j'ai trouvé la parade, grâce à votre fils, Molly. Percy a réussi à me dégotter un alinéa qui me déclare non pas directrice, mais régente de Poudlard jusqu'à ce qu'un autre professeur se charge de cette… charge, gloussa McGonagall.
- Donc vous reprendrez votre poste de professeur de métamorphose dès qu'un nouveau professeur acceptera d'être directeur.
- Oui. Ou ma retraite. Vous savez, Potter, cela fait des années que j'enseigne. J'ai vu passer les enfants de mes élèves, je ne sais pas si j'ai envie de voir leurs petits-enfants dans mes classes. »
Une pensée la fit glousser de nouveau, et elle ajouta, en jetant un regard en biais à Ron et Hermione :
« J'imagine, après avoir géré une génération de Weasley, devoir gérer la deuxième. Je n'y survivrai pas. »
Ron rougit, Hermione rosit, Harry ricana. Mrs Weasley ajouta :
« Vous appréhendez déjà l'arrivée du petit Lupin, Minerva ?
- Après avoir vu le fils de James Potter et vos enfants, je pense être capable de m'occuper de celui de Remus Lupin. »
Un froid s'installa, à la pensée des morts. Hermione relança la conversation, avant que leurs pensées ne dérivent vers Fred.
« Qui s'occupera des cours de Défense contre les forces du mal et d'étude des Moldus ?
- Un certain Peters, un Né-Moldu, remplacera Charity Burbage au poste de professeur d'étude des Moldus.
- Son nom me dit quelque chose, soupira Mrs Weasley.
-Il était en 6e année quand vous êtes arrivée à Poudlard, Molly. Et je suis allée voir hier votre fils pour lui proposer le poste de défense contre les forces du mal. »
Ron s'étouffa avec son thé. Hermione lui tapa avec enthousiasme sur le dos tandis que Mrs Weasley crachouillait :
« Lequel ?
- Votre fils aîné, le briseur de sorts. À mon avis, il a assez d'ancienneté dans le métier pour s'y connaître en magie obscure et mauvaise. Après l'avoir vu se battre pendant la bataille de Poudlard, j'ai pensé à lui. Il a de bonnes capacités en tant que duelliste et connaît bien ses bases. Une formation complémentaire sera peut-être nécessaire pour espérer qu'il couvre tout, mais il a, à mon avis, tout en main pour être un excellent professeur de Défense contre les forces du mal.
- Mais le poste est maudit, s'exclama Ron. Ça se termine toujours mal !
- Contrairement aux professeurs qui ont occupé le poste ces dernières années, il est honnête et connaît très bien la limite entre magie noire et magie blanche. Ce sera moins dangereux.
- Remus Lupin connaissait la limite, coupa Harry.
- Mais le loup-garisme l'a jeté dehors. Vous savez très bien qu'il n'était pas blanc comme une licorne non plus. Ses frasques lorsqu'il était élève, bien que moins nombreuses que celles de votre père et de votre parrain, n'en ont pas moins marqué les esprits.
- Bill a accepté ? », demanda Mrs Weasley, désireuse de désamorcer la situation qui s'envenimait.
Elle pensait comme Ron. Le poste était dangereux, et il était hors de question qu'elle perde un nouveau fils cette année.
« Oui. J'ai cru comprendre que sa femme était ravie qu'il trouve un emploi stable après avoir fini son contrat à Gringotts, surtout dans l'état intéressant dans lequel elle se trouve. »
Cette fois, ce fut Hermione qui s'étouffa avec son thé et Ron qui lui tapa le dos :
« Ben dis donc, Hermione, tu ne sais plus boire ? »
La jeune femme reprit son souffle et demanda :
« Fleur est enceinte ? C'est une excellente nouvelle !
- Fleur est enceinte ? Comment tu sais ça ? » lui demanda Ron, perdu. Mrs Weasley ne paraissait pas si surprise, elle devait déjà être dans la confidence. Harry expliqua à Ron :
« Être dans un état intéressant, ça veut dire attendre un bébé. Tu vas être tonton, mon vieux.
- Bill et Fleur comptaient vous l'annoncer dimanche, précisa Mrs Weasley. Mais bon, je suppose qu'il nous annoncera aussi qu'il a accepté un poste à Poudlard.
- Tout à fait, minauda McGonagall. Je suis fière qu'il soit passé dans ma maison, celui-là. La maison Gryffondor aura toujours produit d'excellents éléments. »
Le compliment ne passa pas inaperçu pour les trois anciens Gryffondors. La conversation dévia de nouveau.
Harry profitait du moment : ce n'était pas la grande forme, mais cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien. La perspective de repartir à l'aventure, et cela avec la bénédiction de Mrs Weasley et du professeur McGonagall, les deux sorcières qui l'avaient aidé à grandir, lui réchauffait le cœur. Il se laissa bercer par les rayons du soleil, repoussant la petite voix qui lui disait que cet état de grâce ne durerait pas. Le Ministère de la Magie se ferait un plaisir de lui gâcher très rapidement cet état de zénitude qu'il parvenait à atteindre grâce à ses méditations quotidiennes.
Il devrait peut-être refaire une heure de méditation.
