Chers lecteurs,
Merci pour vos commentaires qui me font très plaisir !
Comme j'ai de l'avance (incroyable), voici le chapitre 4, relu et corrigé. Comme d'habitude, dites-moi ce qui vous plaît ou vous déplaît. Je prends un peu mon temps avec les personnages, mais ne vous inquiétez pas : je nous prévois de l'action.
Portez-vous bien,
Al
PS : les réponses aux commentaires anonymes :
Guest : bien aise que Harry te plaise ! merci pour ta review
Nictocris : toi même tu sais
Harry et Hermione se rendirent aux cheminées de l'atrium. Les employés du Ministère, encore ébranlés par l'alarme qui s'était déclenchée, firent moins attention à eux. Hermione arborait de nouveau son air de lionne désagréable et tenait sa baguette fermement en avant. Elle avait rangé ses livres dans son sac à paillettes et sa baguette projetait de petites étincelles qui paraissaient bien dangereuses. Les sorciers les évitaient donc, même s'ils leur lançaient des regards énamourés quand ils reconnaissaient Harry Potter.
Arrivés devant une cheminée, Hermione saisit un peu de poudre de cheminette dans le pot placé sur le côté et la lança dans l'âtre en disant :
« Arrière-boutique de Farces pour sorciers facétieux, chemin de Traverse .»
Les flammes devinrent vertes et Hermione laissa Harry s'y glisser en frissonnant.
Il arriva à bon port, couvert de suie. Il saisit sa baguette et lança négligemment un Evanesco en se pointant du bout de sa baguette pour ôter les cendres. Bien mal lui en prit. Ses vêtements disparurent avec la suie et il se retrouva en caleçon devant l'employée de George.
Cette dernière ne parut pas s'en offusquer. Elle devait avoir vu bien pire.
« Si vous êtes suivi par votre amie, vous feriez mieux de vous décaler de devant la cheminée. Je vais prévenir Mr Weasley de votre arrivée. » Elle rebroussa chemin.
Harry obtempéra. Hermione arriva dans son dos à la seconde d'après et haussa les sourcils en voyant Harry.
« Joli caleçon. J'aime bien les vifs d'or qui s'y promènent. »
Ron ouvrit la porte et descendit dans l'arrière-boutique.
« Tu as bloqué la cheminée ?
- Je vais le faire, répondit Hermione, légèrement agacée. Laisse-moi le temps d'arriver. »
Elle se retourna vers la cheminée et marmonna :
« Obstruo focum. De toute façon, les sorciers n'allaient pas nous suivre, vu le souk qu'Harry a mis au Ministère.
- Ah bon ? Il s'est passé quoi ?
- J'ai perdu mon calme, annonça laconiquement Harry.
- Tu n'étais plus le chêne sans peur ? » dit Ron. Harry lui avait suffisamment rebattu les oreilles avec ses positions de yoga pour qu'il se laisse aller à une petite pique.
« J'étais plutôt le saule cogneur.
- Il a fait trembler les murs, compléta Hermione en s'époussetant.
- Je rêve ou tu es en caleçon ?
- Ravi de voir que c'est maintenant que tu le remarques, nota Harry.
- Que veux-tu, répondit Ron, je dois avoir l'habitude, depuis le temps qu'on partage le même dortoir…
- Ce qui se passe à Poudlard reste à Poudlard, le coupa Hermione. Tu as des vêtements à lui prêter ?
- George a toujours des robes en plus. Ses expériences l'ont parfois mené à des extrémités telles qu'on peut à peine les imaginer. »
Ron se mit à fouiller dans les nombreux cartons qui peuplaient l'arrière-boutique et trouva une robe violette couverte de taches jaunes. Il la passa à Harry qui l'enfila avec soulagement.
« Merci. Je vais aller voir Ollivander pour lui poser des questions.
- À cette heure-là ? Son magasin doit être fermé, pronostiqua Ron. Tu ferais mieux de lui envoyer un hibou ou de passer demain.
- On rentre au Terrier, du coup ?
- On attend Ginny et on y va.
- On peut peut-être tuer le temps au Chaudron Baveur, proposa Hermione.
-À mon avis, ça va être blindé. La rentrée est dans cinq jours, tous les sorciers sont venus faire leurs emplettes. J'ai bien fait de venir aider George, on n'a pas arrêté. Suivez-moi. »
Ron remonta les marches et arriva dans la boutique, derrière le comptoir. Verity, l'employée, fermait les stores tandis que George comptait la caisse. Ce dernier releva la tête quand il aperçut Harry et Hermione.
« Alors, ce ministère ?
- Sans plus. On a croisé Percy. Ginny est arrivée ?
- Je crois qu'elle terminait chez Fleury et Bott, elle ne devrait pas tarder. »
Harry se mit à déambuler dans les rayonnages pour voir les nouveaux produits proposés par George.
Après la mort de Fred, George s'était abruti de travail. Il avait fermé boutique et n'avait plus prononcé un mot pendant deux mois. Verity passait tous les jours vérifier qu'il était en vie. Il avait créé plein de nouvelles farces, qui allaient de la cuiller à soupe qui chantait Spoon river, une reprise de Moon river, une chanson moldue, quand la soupe était trop chaude aux vraies langues de plomb (un bonbon qui vous fait la bouche pâteuse et vous rend incapable de parler pendant dix minutes ! De quoi alimenter vos repas de famille ! Déconseillé aux allergiques à la bave de crapaud.)
Et puis un soir, George était rentré au Terrier. Il était allé voir Mrs Weasley et avait lâché les vannes. Harry se souvenait de ce soir-là : il était passé proposer à Ginny d'aller en ville, et il était tombé sur Molly qui serrait contre son cœur son fils qui pleurait à chaudes larmes. Depuis ce soir là, George passait régulièrement voir ses parents. Son humeur était changeante, son humour grinçant. Il était parfois plus du côté peevesque de la blague que du côté weaslien, mais les Weasley comme Harry et Hermione savaient qu'il était sur la bonne voie.
Le carillon de la porte retentit et tira Harry de sa rêverie. Ginny était de retour.
« J'ai tous mes livres ! Ils étaient en rupture de stock pour Briser les sorts : manuel de survie face à la magie, mais je l'ai trouvé à Sorcellivres, la librairie d'occasion qui voisine le Chaudron Baveur. Je me demande quel prof demande ce livre.
- Je te donne la réponse si tu veux, proposa Ron. Ça te coûtera un Chocogrenouille.
- Contre-proposition. Un baiser et je te dis ce que tu veux savoir. »
Ginny parut plus tentée par la proposition d'Harry et s'approcha de lui.
« Alors ?
- Il est roux et a épousé une demi-Vélane. Et le titre du livre devrait t'aider.
- Non… Bill ? Bill va enseigner à Poudlard ? Comment le sais-tu ?
- McGonagall est passée prendre le thé. Elle est très copine avec ta mère.
- Ça ne m'étonne pas, elles ont été à l'école ensemble. Je crois que McGonagall a été préfète quand maman y était. Et alors ? McGo t'a passé ta lettre ?
- On dirait que tu parles de ce truc moldu qui fait des hamburgers… ronchonna Hermione, qui avait une oreille qui traînait.
- Je t'en parlerai après le repas. »
Ginny comprit qu'il ne fallait pas insister et Hermione proposa de rentrer au Terrier.
OoO
Mrs Weasley attendait tout son petit monde d'un pied ferme. Elle les envoya à la douche quand elle vit l'état de la robe d'Harry, la suie dans les cheveux d'Hermione et les taches bizarroïdes sur les bras de Ron. Ron avait aidé Harry à transplaner : les deux n'avaient rien perdu en route. Peut-être la robe de rechange avait-elle un trou supplémentaire… Harry s'installa sur le lit de Ron le temps que ce dernier prenne sa douche. On toqua à la porte quelques minutes après, et Hermione entra dans la chambre.
« Je cherche Ron pour lui emprunter Coquecigrue. Je dois envoyer un courrier à mes parents.
- Il est dans la salle de bain. »
Hermione prit un air soucieux. Elle entra dans la chambre et s'approcha du lit. Harry se poussa un peu pour qu'elle puisse s'asseoir à côté de lui.
« Ça va ?
- Je ne sais pas. »
Hermione soupira et ne répondit rien. Ils attendirent le retour de Ron. Le silence n'était pas pesant, mais Harry avait besoin de bruit et d'animation. Il attendait donc que son meilleur ami arrive pour que, comme d'habitude, la bonne humeur de Ron et la légèreté dont il réussissait à faire preuve malgré tout ce qu'il avait vécu puissent lui changer les idées.
Cinq minutes plus tard, la porte se rouvrait :
« Il faut vraiment qu'on dise à la goule d'arrêter de jouer avec les canalisations. La pression est super nulle ! » s'exclama Ron en entrant dans la chambre, vêtu uniquement d'une serviette éponge nouée à la taille. Il s'aperçut que Harry n'était pas seul.
« Oh ! Hermione ! Désolé, dit-il en rougissant.
- Ne t'inquiète pas, je ne suis pas prude, se défendit Hermione, dont les joues rosissantes prouvaient le contraire. Je passais pour t'emprunter Coq.
- Il est déjà rentré de Bulgarie ?
- Aaaaaaaaah mais oui il est en Bulgarie ! Bon, je vais demander à ta mère si elle peut me prêter Errol. »
Hermione à peine sortie de la chambre, Ron se tourna vers Harry et lui fit un clignement d'œil :
« Vicky va être bien déçu quand il saura qu'il est sorti si rapidement de son esprit. Je n'ai aucun souci à me faire. »
OoO
Harry respirait à pleins poumons l'air frais de Londres. Il était rentré à balai du Terrier et avait profité à fond de ce vol en solitaire. Il n'avait pas proposé à Ginny de l'accompagner : elle avait été suffisamment blessée quand les trois amis avaient annoncé qu'ils ne retourneraient pas à Poudlard pour qu'il se sente mal à l'idée qu'elle lui serve de doudou cette nuit là.
Harry savait qu'il était fatigant, irrité et borné. Il savait qu'il blessait les gens. C'était ça le problème : il ne laissait personne indifférent ! Tout le monde était soit éperdu de reconnaissance envers lui et lui passait toutes ses sautes d'humeur, soit vexé comme un pou et ne lui parlait plus. Harry avait presque envie de croiser Malefoy junior pour être de nouveau confronté à quelque chose qu'il connaissait : un Sang-pur imbu de lui-même. Au moins, le comportement de Drago Malefoy n'avait pas changé envers lui. C'était rassurant de tomber sur lui par hasard, puisque le Serpentard restait toujours aussi aimable qu'une porte d'Azkaban quand ils se rencontraient.
Mais Malefoy devait être dans son luxueux manoir, à dépenser l'argent de papa dans des fêtes et de bonnes bouteilles. D'après Rita Skeeter, la famille Malefoy se remettait très bien de la perte de leur maître.
Harry, adossé à sa fenêtre ouverte, respirait donc à pleins poumons l'air frais de Londres quand il entendit sonner à la porte.
Seul un ami de l'Ordre du Phénix pouvait voir la porte. Le jeune sorcier descendit les escaliers et passa sous le portrait de Mrs Black qui rouspétait, sans s'en formaliser.
Sur le pas de la porte se trouvait une jeune fille blonde à l'air rêveur. Luna Lovegood était dans la place.
« Salut Luna, dit Harry en s'effaçant pour la laisser entrer. Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Ginny m'a demandé de voir si ça allait bien. Oh, bonjour Mrs Black. C'est toujours aussi sombre, ici. J'espère que le reste de la maison est plus accueillant… »
Harry soupira intérieurement. Ginny s'inquiétait, elle envoyait donc sa meilleure amie le surveiller, comme un gamin de cinq ans. Il était à la fois irrité et réchauffé par l'attention de sa petite-amie.
Luna avança dans l'entrée et se dirigea vers la cuisine. Harry la suivit.
« Je t'ai apporté des racines séchées de ravegourde pour faire une tisane. C'est excellent pour la magie et la repousse des ongles, babillait Luna.
- Tu vas bien ?
- Oui. Papa m'a acheté un attrape-nargoles pour que je parte à la chasse à mon retour à Poudlard. Les nargoles pullulent en Écosse. Tu retournes à Poudlard ?
- Non.
- Dommage. Je te montrerai une autre fois comment attraper le nargole. »
Harry avait mis de l'eau à chauffer et cherchait une boîte à biscuits dans son placard. Il n'avait pas envie d'aller se coucher et redoutait de s'endormir seul, l'intervention de Luna était donc bien venue. Luna farfouilla et trouva des tasses. Ils s'installèrent devant leur infusion en échangeant d'autres banalités sur les ronflaks cornus et autres créatures farfelues, issues ou non de l'imagination de Luna.
« Du coup, tu vas faire quoi ?
- On part en Bulgarie, essayer de trouver des réponses à mes fluctuations magiques.
- La Bulgarie est un très beau pays, il paraît. Papa voulait m'y emmener, mais on n'est jamais partis. Je crois que ça le tente bien. »
Luna parut perdue dans ses pensées quelques instants. Elle finit par demander à Harry :
« Accepterais-tu d'être notre correspondant bulgare ?
- Oh oui, si tu m'écris des lettres, j'essaierai d'y répondre en bulgare, mais je ne suis pas sûr d'être assez bon, tiqua Harry, se demandant si la schizophrénie de Luna était subite ou s'il s'en était toujours douté (notre correspondant ? Vraiment ?).
- Non, notre correspondant pour le journal ! Le Chicaneur profite toujours d'une belle publicité depuis la guerre, et là on commence à manquer d'articles. Papa veut revenir à l'étude des centaures et des harpies, mais je pense que ça ne nous rapportera pas assez. »
Luna parut soudain très ancrée dans la réalité. Harry lui jeta un regard interrogateur.
« On n'a plus de sous, se défendit-elle. Papa a payé des rançons l'année dernière, on n'a plus les moyens. Si on ne vend pas plus, on met la baguette sous la porte. Les gens ont envie d'entendre parler d'autre chose que de la chute de Tu-sais-qui.
- Je peux te donner de l'argent si tu veux, tenta Harry.
- Oh, ne t'inquiète pas. On s'en sortira. »
Harry observa plus attentivement Luna. Si elle avait conservé son air rêveur et son attrait pour le saugrenu, un nouveau trait de caractère était apparu. Elle devenait femme d'affaires.
« C'est d'accord, accepta Harry. Je serai ton correspondant pour le Chicaneur.
- Merci Harry.
- À condition que je sois un actionnaire, et non pas un simple chroniqueur. J'investis de ma fortune et tu me donneras les intérêts. Ou un truc du genre. »
Luna avait l'air reconnaissant. Harry but une gorgée de tisane à la ravegourde pour sceller leur accord et regretta aussitôt sa décision : c'était toujours aussi dégoûtant.
