Chers lecteurs,

comme d'habitude c'est un immense plaisir de vous lire. Je ne suis toujours pas en retard, je posterai donc le chapitre 7 lundi prochain.

Petit poème (un distique sans prétention, avec des rimes très recherchées) :

"Pour contribuer au bonheur de vos auteurs,

Ayez bon cœur, soyez un revieweur !"

Portez-vous bien,

Al

PS : réponses aux reviews anonymes :

Ernest le Guest : aaaaaaaaaah mais hermione a des côtés relous ! dis-moi si elle est plus supportable dans ce chapitre. merci pour ta review !

Lils : merci ! j'essaie de créer un monde magique complet. jk rowling nous a laissé le champ libre, j'en profite. merci pour ta review !


Chère Hermione,

Ta lettre m'a fait très plaisir. Je serai ravi de vous voir, toi et tes deux amis. Normalement, tu peux demander un portoloin international à tes gouvernants. Notre Ministre a tendance à accepter les demandes de la Grande-Bretagne, depuis le Tournoi des trois sorciers. Tu sais bien que la Bulgarie a hébergé des sorciers l'année dernière, on n'aura pas de problème à vous accueillir. Il vous faudra juste demander un passe-sort, le papier qui permet aux sorciers étrangers d'aller et venir dans un autre pays.

Je joue un match amical vendredi prochain contre les Fléchettes de Severina, je peux vous réserver des sièges si vous voulez. Redis-moi quand tu arrives. Tu peux utiliser un moyen moldu pour ça : demande à ton Département des liens entre sorciers (je ne sais pas comment il s'appelle en Angleterre). Ils doivent avoir un téléphone.

À bientôt j'espère, je t'embrasse,

Viktor

« Il t'embrasse ?

- Ron, pas de jalousie mal placée.

- Il ne te donne pas tant d'informations que ça, remarqua Harry.

- On s'écrit régulièrement. Il nous donnera plus de nouvelles quand nous nous verrons. Alors, qu'en dites-vous ? »

Harry remarqua les lèvres pincées de Ginny : elle devait ronger son frein. Luna donna son avis :

« Voir Krum jouer, c'est fascinant. Il est très léger. À tous les coups, c'est un nuageux déguisé en humain. »

Hermione commença à grommeler « Les nuageux n'existent… » quand Ron lui coupa la parole :

« Luna a raison. Un match de Quidditch avec la meilleure équipe de Bulgarie, les Vautours de Vrasta, ça ne se refuse pas. Et si Krum perd devant tes beaux yeux, je suis sûr que…

- Ron, il faut penser aux passe-sorts et au portoloin, le coupa Hermione, pragmatique.

- Pour ça, ça ne devrait pas poser trop de problème. Pour une fois que notre célébrité peut servir à quelque chose, sourit Harry.

- Pour les passe-sorts, il faut aller voir le service paperasse du Ministère. Pour le portoloin, il faudra aller voir le Département de la coopération magique internationale et le Département des transports magiques. Ça va nous prendre un temps fou ! »

Hermione était déjà en train d'échafauder leur trajet. Ron, qui relisait la lettre, l'interrompit :

« Pour les passe-sorts, Percy est capable de nous trouver ça sans qu'on ait à se pointer au Ministère. Dis donc, il écrit vachement bien anglais, ton Vicky.

- Ce n'est pas mon Vicky, répondit Hermione. Et il suit des cours d'anglais en parallèle à son métier d'attrapeur. »

Elle lança un Accio pour attraper un calepin gris et une plume et commença à faire la liste de ce dont ils auraient besoin.

Harry souriait, béat. Il repartait ! Il espérait qu'Hermione transformerait de nouveau un sac avec un sortilège d'Extension indétectable pour qu'il puisse prendre son Éclair de feu et peut-être disputer une partie de Quidditch avec Viktor Krum.

Il avait peu de souvenirs avec le Bulgare. Il faut dire que l'année où ils s'étaient rencontrés, ils étaient rivaux dans une compétition qu'Harry n'avait jamais recherchée. Il l'avait revu au mariage de Bill et Fleur et ils avaient bien discuté. Krum lui avait même donné des informations qui lui avaient servi pendant sa chasse aux Horcruxes. Mais c'était indéniable : un lien s'était créé entre eux quatre pendant sa 4e année, qui les avait noués, Fleur, Viktor et lui, encore plus étroitement à la mort de Cedric Diggory. Ils étaient ceux qui avaient survécu.

Harry sortit de ses pensées en voyant Ginny plantée devant lui, les mains sur les hanches.

« Tu pars vraiment ? »

Harry hésita : devait-il avoir cette conversation tout de suite ? Il la prit par la main et l'emmena à l'extérieur. Il eut le temps d'entendre Luna dire à Hermione : « Ginny a une tête bizarre… »

Dehors, l'air fraîchissait. Harry remarqua que Ginny frissonnait, et il regretta de ne pas avoir pris de veste à lui passer.

Un silence gênant s'installa. Ginny se lança :

« Tu pars. Tu es parti pendant presque une année l'année dernière, tu es parti trois mois en France après la bataille finale, et tu repars. Tu as la bougeotte ou quoi ? »

Harry ne répondit rien. Ginny reprit :

« Pourquoi ? Pourquoi tu pars ? Qu'est-ce que tu fuis ?

- Je ne fuis pas, rétorqua enfin Harry. Je ne suis pas un lâche.

- Alors assume ! Tu es le héros du monde sorcier ! Tu ne l'as pas voulu, d'accord, mais c'est un fait ! Reste en Angleterre !

- J'ai 18 ans, Ginny. Je n'ai jamais eu de temps à moi. Il faudrait encore une fois que je me sacrifie pour le monde sorcier ? Depuis mes 11 ans, je n'ai pas eu une année de repos !

- Moi non plus ! C'est pour ça qu'une dernière année à Poudlard, ensemble, ç'aurait été super…

- J'en ai marre d'être à l'école. En sept ans, j'ai passé mon temps à faire autre chose que mes études. J'ai pas besoin de faire une dernière année pour savoir ce que je vaux. Si toi tu en as besoin, fais-le. Mais ce sera sans moi. »

Ginny perdit toute contenance : ses yeux se remplirent de larmes, sa bouche se mit à trembler. Harry se rendit compte qu'il avait les poings serrés et que ses ongles lui griffaient la paume des mains. Il décida de reprendre plus calmement :

« Je ne te demande pas de comprendre. J'ai besoin de temps avant de revenir dans le monde sorcier anglais. Je vais essayer ailleurs de trouver des réponses à mes questions, c'est tout. »

Il s'approcha de Ginny, toujours inerte, et la prit dans ses bras. Elle l'enlaça. Ils restèrent ainsi tandis qu'Harry chuchotait :

« Je reviendrai, ne t'inquiète pas. Et je ne cours aucun danger. Voldemort est mort et ses sbires aussi. On s'écrira, promis. Et j'essaierai de passer à Pré-au-Lard. Et Hermione et Ron m'empêcheront de faire des bêtises. Tout ira bien. Je suis désolé. »

Il se sentait mal à l'idée d'une fois de plus la mettre de côté. Comme après l'enterrement de Dumbledore, il devait la laisser en arrière pour avancer.

Ginny avait dû suivre le cours de ses pensées puisqu'elle souffla :

« Tu comptes me quitter ?

- Pas pour le moment, répondit Harry. Je n'ai pas à te protéger d'un grand mage noir, donc je n'ai aucune raison valable de le faire… »

Il sentit Ginny rire contre son torse face à sa faible tentative d'humour. Ils rentrèrent dans la maison, main dans la main.

OoO

Trois jours plus tard, Harry disait au revoir à Ginny sur le quai 9 3/4. La cadette Weasley avait retrouvé des amies de sa promotion et Harry attendait sur le quai qu'elle revienne après avoir déposé sa valise. Luna arriva en retard et donna à la dernière minute une boîte en fer blanc à Harry. Elle lui souffla, en hissant sa valise dans le train :

« C'est de la ravegourde séchée mélangée à de la passiflore. C'est pour aider au sommeil. J'en buvais après la mort de ma mère pour m'endormir.

- Merci, Luna » répondit Harry, touché par l'attention.

Le chef de gare siffla, le train démarra. Ginny et Luna firent de grands signes à Mrs Weasley et Harry qui restaient sur le quai. Ron et Hermione n'avaient pas pu assister au départ du Poudlard Express : Ron était à la boutique de George pour l'aider à mettre de l'ordre dans les comptes et Hermione était au Ministère pour récupérer leurs passe-sorts auprès de Percy et demander un portoloin pour la Bulgarie.

Harry repassa par le mur pour arriver dans la gare moldue. Mrs Weasley avait décidé de l'emmener faire des courses moldues (vêtements passe-partout, dictionnaire anglais-bulgare) et il suivait, bien content. C'était presque une routine d'aller faire ses courses avec les Weasley. Mais cette fois, il n'allait pas à Poudlard mais en Europe.

Ni Horace Slughorn ni Viktor Krum n'avaient dit le nom du magicologue dans leurs lettres : Krum par retenue, Slughorn par goût du secret. Harry appréciait les deux explications : le mystère et le secret lui plaisaient toujours autant.

« Harry, tu prendras aussi ce porte-mornilles, pour changer de monnaie. Ces Européens n'ont pas les mêmes sous que nous. Il te faudra aussi un manteau chaud : il fait très froid en Bulgarie. Et un parapluie, il pleut toujours en Bulgarie, pas comme en Angleterre… Quelle idée d'aller en Europe… Attention, Harry, c'est dangereux les parapluies bulgares… »

Harry était materné, et ça lui allait très bien. Il avait l'impression de réaliser enfin le rêve des enfants Weasley : être le fils unique de Mrs Weasley. À la sortie du magasin, il l'entraîna boire un coup au Chaudron Baveur.

« Harry, tu n'as pas à m'offrir un verre ! Tu ne gagnes pas ta vie !

- Mrs Weasley, je vous rappelle…

- Appelle-moi Molly, voyons, lui intima Mrs Weasley.

- Molly, se reprit Harry, je vous rappelle que j'ai un coffre plein de gallions à moins de deux rues d'ici et que j'ai trouvé du travail.

- Ah bon, s'étonna Mrs Weasley. Que fais-tu ?

- Je travaille dorénavant pour le Chicaneur. Je vais tenir un carnet de voyage et tout envoyer à Xenophilius Lovegood, qui pourra imprimer ce que je découvre en Bulgarie.

- C'est formidable, Harry. Les Lovegood sont des gens bien. »

Ils voulurent aller saluer Ollivander mais celui-ci avait fermé boutique pour un mois de vacances au soleil. Harry lui glissa un mot sous la porte : ses questions attendraient.

Ils passèrent ensuite le reste de l'après-midi à flâner entre le Londres sorcier et le Londres moldu. L'automne commençait à s'installer. Les arbres jaunissaient, les nuages s'amoncelaient. Harry proposa à Mrs Weasley de passer au square Grimmaurd pour un thé. Elle accepta.

Ils en étaient à leur troisième tasse de thé, au moment où Mrs Weasley racontait comment Arthur avait pris l'annonce de sa quatrième grossesse (il avait été très content jusqu'à ce qu'il apprenne qu'elle attendait des jumeaux) quand Kreattur annonça Hermione.

La jeune sorcière était radieuse :

« Ils ont immédiatement débloqué un portoloin pour nous, c'est incroyable comme le nom d'Harry Potter est efficace ! Ils ont l'air ravi de se débarrasser de toi depuis ton esclandre de la dernière fois !

- Tu m'étonnes, ronchonna Harry. Du coup, on part quand ?

- Après-demain, lui indiqua Hermione en se servant une tasse de thé. Ça nous laisse le temps de faire nos bagages.

- À propos de bagages, tu pourrais jeter un sortilège d'Extension indétectable à un de mes sacs ?

- Non, Harry, je ne le ferai pas. Mais je veux bien t'aider à le faire. » répondit Hermione, de son ton de maîtresse d'école.

Mrs Weasley éclata de rire.

« Je vois que c'est grâce à toi que Ron et Harry ne sont pas devenus de grands fainéants ! »

Harry voulut se renfrogner, mais l'air complice qu'affichèrent Mrs Weasley et Hermione le dérida. Ron arriva peu de temps après et Mrs Weasley prit congé.

« Alors ?, demanda Ron.

- Percy nous a trouvé des passe-sorts sorciers et on a un portoloin dans deux jours.

- Parfait, ça nous laisse le temps de faire nos bagages. À propos, Hermione, est-ce que tu pourrais…

- Ron, c'est un non, le coupa Hermione. Mais je peux t'aider à le faire. »

Harry ricana en voyant la rougeur habituelle de Ron lui monter aux oreilles.

« Et le portoloin nous déposera où ?

- Pas loin de Varna. Nous irons visiter Durmstrang avec Viktor dans la semaine. Autant en profiter pour faire un peu de tourisme. »

Hermione paraissait enchantée à l'idée d'aller en Bulgarie. Ron et Harry qui, depuis une semaine, apprenaient régulièrement du vocabulaire basique en bulgare, s'inquiétaient un peu plus qu'elle. Forcément, Hermione avait trouvé dans de vieux grimoires des sortilèges de traduction instantanée qui lui permettraient d'être comprise et de comprendre approximativement n'importe quelle langue, mais elle avait en plus correspondu pendant pas mal d'années avec Viktor et avait donc une plus grande pratique de la langue bulgare.

Harry sentait, en voyant Hermione faire ses préparatifs, que la jeune sorcière s'était vraiment entichée de Krum. Cela le déstabilisait un peu : Hermione avait des amis que Ron et lui connaissaient mal. Hermione avait en effet coupé les ponts avec ses amis moldus qu'elle avait avant d'être à Poudlard, et traînait la plupart du temps avec eux et les garçons de leur dortoir. Ses amis étaient donc Neville, Dean, Seamus, des gens qu'Harry et Ron connaissaient et aimaient bien. Qu'elle s'entiche d'un autre garçon, depuis tant d'années, était déconcertant. Harry comprenait les crises de jalousie de Ron, même si Hermione avait rassuré le rouquin à de nombreuses reprises sur les sentiments qu'elle portait à son correspondant bulgare.

Bref. Harry était content de revoir Krum, de quitter l'Angleterre et de partir avec ses deux meilleurs amis. C'était le principal, il ne fallait pas qu'il se prenne la tête avec ça.

Deux jours plus tard, ils touchaient une vieille roue de vélo, ressentaient ce crochet au nombril qui les attrapait et atterrissaient en Bulgarie.