Cherrrs lecteurrrs,
Enfin ! Ça y est ! Ils sont en Bulgarrrie !
Bon, je vous laisse découvrir tout ça tranquillou. Merci pour vos petits mots, ça fait toujours très plaisir.
Portez-vous bien,
Al
PS : comme d'habe :
Ernest le Guest : j'essaie de caser le porrrtoloin rrrhododendrrron rrrabougrrri, mais c'est difficile. merci pour ta review !
« C'est bizarre, on ne comprend rien, s'ébahit Ron.
- C'est tout à fait normal, répondit Hermione en raffermissant sa prise sur son sac à dos. Ils parlent bulgare. »
Ron leva les yeux au ciel. Le préposé aux portoloins leur indiqua, dans un anglais hésitant :
« Bienvenue en Bulgarrrie. Nous espérrrrer vous trrrès bon jourrrnée. »
Hermione le remercia en bulgare, ce qui réjouit apparemment le préposé. Elle lui tendit la roue de vélo et lui montra son passe-sort. Suivant son exemple, Harry et Ron sortirent leurs passe-sorts respectifs de leur poche. L'homme les remercia en baragouinant. Puis il se mit à faire de grands gestes en désignant Harry à ses collègues. Les deux jeunes hommes étaient perdus. Hermione prit les choses en main.
Au bout de quelques minutes ils purent sortir de la cabane qui servait de terminal aux portoloins.
« Ils t'ont reconnu à ton passe-sort, expliqua Hermione.
- Ah non…, se plaignit Harry, blasé. Je suis connu jusqu'en Bulgarie ?
- Ne joue pas l'étonné, toute l'Europe a suivi de près l'ascension de Voldemort au pouvoir, dit Hermione. Souviens-toi en France, tu te faisais offrir des baguettes et des bières. Tu ne t'en plaignais pas tant que ça, si mes souvenirs sont bons. »
Elle parut réfléchir un instant et ajouta :
« Ils ont dû avoir peur que des sorciers aussi conservateurs arrivent au pouvoir, eux aussi. »
Ils débouchèrent dans une plaine. Au loin, on distinguait un village dans la brume. Le ciel était bleu, mais le soleil ne chauffait pas. Les trois amis resserrèrent leurs écharpes et remontèrent leurs cols et se dirigèrent vers le village.
Un Bulgare à l'air farouche, au nez rond et aux sourcils éternellement froncés les attendait devant le panneau du village.
« Viktor !, glapit Hermione.
- Herrrmione ! » fut la réponse de l'attrapeur le plus connu du monde occidental.
Et, sous l'œil réprobateur de Ron, ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre.
« Salut Harrrrry, salut Rrron, les salua Viktor, une fois qu'Hermione le lâcha. Vous allez bien ? »
Il était vrai que Krum avait fait des progrès en anglais. On n'entendait presque plus son accent. Harry lui serra vigoureusement la main, Ron la lui écrasa. Krum ne parut pas s'en formaliser. Il posa une question en bulgare à Hermione, qui lui répondit par l'affirmative. Harry comprit qu'ils parlaient bulgare pour ne pas être compris de Ron.
« Allez, je vais vous fairrre visiter. »
Ils suivirent Krum dans le village.
Le village de Corbak était un des rares villages sorciers de Bulgarie. On y trouvait une échoppe de livres sorciers, qui attira immédiatement l'attention d'Hermione, des bars, une boutique de balais dont Harry et Ron léchèrent la vitrine, des officines d'apothicaire et une banque locale. Krum leur proposa d'aller boire un coup avant d'aller à l'entraînement de Quidditch (Harry et Ron frétillèrent d'allégresse à cette annonce).
Une fois installés, Ron prit la carte et essaya de déchiffrer le bulgare.
« C'est quoi cet alphabet codé ?
- Du cyrillique, Ron, répondit Hermione, apparemment très à l'aise avec ces lettres. Je vais prendre un thé.
- Ils ont de la biéraubeurre ?, demanda Harry à Viktor, ne faisant même pas l'effort de regarder la carte.
- De la biérrraubeurrrre ? Vous les Anglais, vous crrroyez que tout le monde boit la même tisane que vous ! Ici, en Bulgarie, notre spécialité, c'est la vodka Tastroff ! »
Krum commanda quatre verres de vodka et livra ses explications d'un air entendu :
« Le Docteurrrr Tastroff était un potionniste très connu. Il a crrréé parrr hasarrrd, en distillant de l'écorrrce de pin bulgarrre, une boisson qui a perrrmis de soigner le tsarrr Nikolaï (ils s'appellent tous Nikolaï) d'une grrrippe boutonneuse. Depuis, c'est la boisson nationale. »
Harry nota consciencieusement cette information : il pourrait la transmettre au Chicaneur dans les plus brefs délais. Il goûta du bout des lèvres la vodka Tastroff et ne le regretta pas : Ron, qui avait fait cul-sec, s'effondra sous la table.
Krum but son verre sans ciller. Hermione relança la conversation sans toucher à son verre :
« Donc, ton magicologue ? Slughorn nous a dit de nous adresser aux anciens de Durmstrang, tu m'as dit que tu le connaissais, bref, on n'en peut plus !
- Slughorn est une commère, ajouta Harry, pour ne pas demeurer en reste.
- Mon magicologue ? C'est une magicologue. Makhé est une fille superrr chiante, mais superrr intelligente. Elle était à Durrrmstrrrang quand j'y suis entrrré. Elle fait quatrrre démonstrrrations parrr an à l'école sur la magie noirrre.
- Vous enseignez donc la magie noire ?, demanda Harry. Je croyais que c'était un mythe…
- Je crrrois qu'on n'a pas la même définition. La magie noirrre, c'est juste de la magie sans baguette. Comme on ne peut pas la contrrrôler entièrrrement, on l'appelle noirrre. La blanche, c'est quand on contrrrôle tout par la baguette. La dorrrée, c'est celle des tsarrrs de l'ancien temps. Nikolaï était un grand adepte.
- Le même que la grippe ?
- Non, son arrrièrrre-grrrand-pèrrre. »
Tandis qu'Harry se perdait dans la généalogie des tsarrrrs bulgarrres (la prononciation de Krum commençait à déteindre sur lui), Hermione revint à ses préoccupations :
« Donc, ta magicologue, tu la connais bien ?
- Tout Durrrrmstrrrang la connaît. Elle a détrrruit l'est du palais en prrremièrrre année. Mais depuis, elle se maîtrrrise. Elle a juste un petit prrroblème avec le feu. »
Hermione jeta un regard à Harry :
« Vous allez bien vous entendre, à mon avis. »
La conversation continua à rouler comme les r bulgares, le temps que Ron émerge. Et puis, alors qu'ils en étaient à discuter de la première métamorphose de Krum (transformer un gant de toilette en mouton miniature, preuve s'il en est que les professeurs de Durmstrang semblaient avoir le même humour tordu que ceux de Poudlard), une main se leva de sous la table. Ron se hissa difficilement sur son siège, sous le regard admiratif de Krum :
« Tu tiens bien l'alcool, Rrron. Tu dois avoirrr du sang écossais dans les veines. Les gens qui ne sont pas habitués à la vodka rrrestent évanouis deux jourrrs, d'habitude.
- Je suis fière de toi, mon chéri, ajouta Hermione.
- Pas si fort, répondit Ron en se tenant le crâne. J'ai un troupeau de centaures qui m'est passé sur la tête.
- Ça t'apprendra à ne pas faire d'excès.
- Hermione, c'était UN verre… »
Harry sentit la dispute poindre et proposa de sortir voir l'entraînement des Bulgares. Krum accepta avec enthousiasme.
Au bout du village de Corbak se trouvait un terrain de Quidditch moderne, où des joueurs sur des éclairs de feu se lançaient six souaffles pour s'entraîner. Harry, Ron et Hermione se glissèrent dans les gradins pour apprécier le spectacle.
Harry était époustouflé par l'aisance de Krum sur son balai. Alors que ce dernier frimait devant Hermione en effectuant une feinte de Wronski, bien cette dernière soit incapable d'apprécier la virtuosité nécessaire pour faire une telle figure, un joueur s'approcha des gradins et reconnut Harry.
« Ça alorrrs, Harrrry Potterrr !, lança-t-il en passant à toute vitesse sur son balai.
- C'est Sacha Touïe ! s'exclama Ron. Il a été sélectionné il y a deux ans ! C'est le meilleur batteur de tous les temps !
- Ron, c'est impoli de baver devant les joueurs de Quidditch, le coupa Hermione.
- Ben ça te va bien de me dire ça, tu baves bien devant Krum… »
Ce qui s'annonçait être une énième dispute entre eux (rougissement d'Hermione, ricanement malaisé de Ron) fut interrompu par le retour de Sacha qui lança à Harry :
« Tu es supposé fairrre du balai ? Viens-tu jouer avec nous ?
- Avec plaisir ! Ron peut venir ?
- Cool ! Nous vouloir fairrre deux équipes ! »
Harry descendit des gradins, suivi de Ron, bien content d'échapper à Hermione.
Krum passa à Ron un balai de réserve (« Mazette, même leurs balais de réserve sont des éclairs de feu ! ») et ils se mirent tous à jouer sous les encouragements d'Hermione.
« Voici Sacha Touïe, batteurrr, et Alexandrrre Thaï, batteurrr. Alexandrrre est vietnamien. Ici Léon Tastroff, le garrrdien.
- De la famille du Dr Tastroff ?, demanda Harry, très intéressé.
- Non, un autrrre, l'avocat, répondit Léon.
- Et là, c'est les trrrois poursuiveurs, Igorrr Batchev, Morrrdorrr Ihrrre et Ankhorrr Lha, qui est égyptien, lui.
- Il y a donc beaucoup de migration, en Bulgarie ?, demanda Harry, toujours pour son article.
- Surrrtout pour le Quidditch. On embauche les bons joueurrrs des petits pays pour qu'ils soient connus grrrâce aux grrrandes équipes. »
Ils jouèrent au Quidditch les deux heures suivantes. Ron avait toujours un peu de mal à tenir sur son balai : il n'avait pas encore complètement décuvé.
À un moment, Krum, capitaine de l'équipe, lança des ordres qui semblèrent contradictoires pour Harry et Ron :
« Alexandrrre ! À drrroite ! Alex ! À gauche !
- Faudrait savoir ce qu'il veut, remarqua Ron.
- Ce n'est pas le même, expliqua Mordor en passant à côté d'eux. Alexandrrre, c'est Thaï, et Alex c'est Touïe. »
Devant le regard étonné des deux Anglais, Mordor compléta son information tout en lançant le souaffle à Ron :
« Alexandrrre, cela est toujours Alexandrrre Thaï. Et Touïe, cela dépend de : Sacha, Alex, Sachka, Sana… Les prrrénoms ont beaucoup surrrnoms dans les slaves langues.
- Avant, on les appelait par leurrrs noms de famille pour les différrrencier, expliqua Krum. Mais on a failli avoirrr un incident diplomatique quand on a joué contrrre l'équipe de Corrrée : ils crrroyaient qu'on se moquait d'eux quand on appelait Thaï et Touïe sur le terrrrain. »
Harry essayait de tout retenir pour son futur article. Mais il sentait qu'il allait oublier des informations de ce genre si particulier, du genre qui devait être l'humour bulgare, où il n'arrivait pas à discerner ce qui était sérieux de ce qui ne l'était pas. Pour un Anglais, c'était dépaysant !
Toujours sur son balai, il sortit de sa poche un carnet et une plume pour noter cette information culturelle saisissante. Bien entendu, ce fut le moment que choisit Alexandre Thaï pour lui envoyer un cognard qui le heurta en pleine poitrine et le fit tomber de son balai.
« Harry ! » cria Hermione.
Harry dégringola à toute vitesse. Il n'eut même pas le temps d'avoir peur : il heurta le sol une fraction de seconde après et perdit connaissance.
Il ouvrit les yeux quelques secondes plus tard. Tous les joueurs étaient descendus de leurs balais et l'observaient attentivement. Hermione était bien sûr à son chevet et se tordait les mains.
Harry se redressa en position assise :
« Ben dis donc, Hermione, je ne sais pas ce que tu m'as fait, mais je ne sens rien ! Tu as fait disparaître la douleur !
- Je n'ai rien fait, idiot !, s'exclama Hermione. C'est toi qui as fait quelque chose ! Tu n'as rien ! Tu es tombé de plus de vingt mètres et tu n'as rien !
- Quoi ? »
Harry fronça les sourcils. Krum lui fit un grand sourire :
« Je n'ai jamais vu ça. D'habitude, la magie noirrre est difficile à maîtriser, il faut des années de prrratique pour rrréussirrr à arrrrêter un objet aussi lourrrd !
- Merci. C'est gentil de me dire que je suis gros. »
Harry était estomaqué. Il n'arrivait pas à savoir s'il était en état de choc.
« Tu vois ce que je veux dirrre, Potterrr. Manipuler la grrravité et les vents en magie noirrre, c'est du jamais vu ! Je comprrrends ce qu'Herrrmione m'a dit ! Tu as vrrraiment besoin de l'aide d'un prrrofessionnel ! »
Harry vit la tête inquiète de Ron, coincée derrière les poursuiveurs bulgares, et lui adressa un rictus, mi sourire mi grimace. Ron parut immédiatement plus rassuré : c'était la mimique harryesque "j'ai échappé à une remontrance, réjouissons-nous".
Krum aida Harry à se relever :
« Il vaut peut-êtrrre mieux que vous alliez voir Makhé le plus tôt possible. Ça m'a l'air sérrrieux, cette histoirrrre. Ça peut être dangerrrreux.
- Ah tu vois, je te l'avais bien dit, ajouta Hermione, pas encore tout à fait remise.
- On va passer aux vestiairrres pour te donner quelque chose à manger et je vous emmène à Silistrrra.
- Silistra ? » demanda Hermione. La jeune femme reprenait doucement des couleurs.
« C'est bien sur la frontière ?
- Oui. On peut y aller par trrransplanage, ce n'est pas trrrop loin. Ou parrr cheminette. »
Krum, Harry, Ron et Hermione, suivis de l'intégralité de l'équipe des Vautours de Vrasta rentrèrent au vestiaire. Ankhor donna du chocolat à Harry, qui eut l'impression d'être de retour en 3e année, et lui souffla pour le rassurer :
« Ne pas t'inquiète, Lestrrrange est une absolument cool fille. Elle avoir brrrûlé le palais, mais maintenant elle est trrravaillant en rrrecherche dans la noirrre magie. »
Harry sentit plus qu'il ne vit Hermione se figer, et se força à réfléchir.
« Tu peux répéter ?
- Elle avoir arrrrêté de brrrûler quelque peuple !
- Non, retenta Harry. Le nom, là…
- Lestrrrange ? Makhé Lestrrrange ? La magicologue ? »
