Chers lecteurs,

J'ai trouvé LA solution pour arrêter de mettre des rrr partout quand ce sont des Bulgares qui parlent (ce qui gêne la lecture, on est d'accord).

Vous avez dû remarquer que j'étais un ACM (Adepte de Calembours Miteux, et non pas Accro à la Coke Merveilleuse). S'il y a des jeux de mots qui vous échappent, n'hésitez pas à me poser la question en commentaire, j'y répondrai.

Portez-vous bien, à mardi,

Al

PS : réponses z'aux commentaires z'anonymes :

Ernest le Guest : le monde sorcier est petit !

Xiu : merci ! bonne lecture, j'espère que la suite te plaira tout autant.


La bonne ambiance qui régnait était retombée comme un souaffle sans joueur. Bien bas. Très bas. Krum les avait emmenés de nouveau dans le bar de Corbak. Ils avaient pris un coca Tastroff (du fils du docteur, pour le coup). Ron frottait maladroitement le dos d'Hermione qui frissonnait : elle ne s'était jamais totalement remise de la torture que lui avait fait subir Bellatrix Lestrange au manoir Malefoy. Harry était sonné, Krum gêné.

« Vous la connaissez ?

- Non. On ne savait même pas que Bellatrix avait une fille.

- Mais… Bellatrix, c'est qui ? Vous la connaissez ? »

Harry s'aperçut qu'il faisait de moins en moins attention à l'accent rocailleux de Krum. En quelques heures, il s'était habitué à la prononciation du Bulgare.

Hermione inspira profondément :

« C'était la plus fidèle adepte de Voldemort. Elle m'a torturée pendant la guerre.

- Elle a tué mon parrain, ajouta Harry.

- Ma mère l'a tuée, ajouta Ron pour faire bonne mesure. En gros, on n'a que des bons souvenirs avec elle.

- Mais… Makhé est sa fille, vous croyez ? »

Krum paraissait pensif. Puis il reprit, en sirotant son coca :

« Elle a toujours été très discrète sur ses parents et ses origines. On savait qu'elle était anglaise, mais rien de plus. Karkaroff nous avait vite fait comprendre qu'il ne fallait poser aucune question sur sa famille. Vous croyez que Karkaroff connaissait les parents de Makhé ?

- Karkaroff était un Mangemort, rappela Hermione. Il y a de fortes chances que les Lestrange aient confié leur fille à un directeur d'école Mangemort. Souvenez-vous, Malefoy n'arrêtait pas de se vanter en disant que son père voulait l'envoyer à Durmstrang.

- Faudrait demander à quelqu'un qui pourrait chercher l'information sans avoir l'air de fouiner. » proposa Harry.

Devant le regard étonné de ses deux amis, il s'expliqua :

« Je m'en occupe ! »

Il alla chercher Coucou dans sa cage. Le hibou n'avait pas trop apprécié le voyage en portoloin, il reçut donc son maître avec aigreur. Harry lui donna des bouts de viande séchée pour l'amadouer. Il prépara un paquet contenant les premières notes qu'il avait prises pour le Chicaneur pour Luna (il refusait de correspondre avec Xenophilius, qui l'avait quand même vendu pendant la guerre et ce sont des choses qui restent en travers de la gorge), et ajouta un petit mot. La note tenait en quelques lignes :

Chère Luna,

J'espère que tu vas bien. C'est à la sorcière journaliste que je m'adresse. Sais-tu si les Lestrange ont eu des enfants ? Si c'est le cas, pourrais-tu passer au Square Grimmaurd pour vérifier s'ils apparaissent sur l'arbre généalogique ? Ou y envoyer quelqu'un, si tu ne peux pas sortir de Poudlard.

Je t'embrasse, salue Kreattur de ma part si tu le croises,

H.

Quand Coucou fut enfin adouci, il lui donna le tout et l'envoya à Poudlard. Il revint vers ses amis. Viktor Krum essayait de rassembler toutes les bribes de ce qu'il savait à propos de la fille Lestrange :

« C'est une sorcière très très douée. Elle s'est toujours intéressée à la magie noire, ou pure, comme vous dites. Je suis quasi certain qu'elle a testé des trucs en magie sombre mais ça n'est jamais allé bien loin. Je crois que c'est par curiosité plus que par réelle volonté qu'elle faisait ça. Elle a quitté Durmstrang il y a bien… pfiou, cinq ou six ans. Elle a été mon tuteur pendant mes 5e et 6e années.

- Ton tuteur ?, s'étonna Ron.

- À Durmstrang, reprit Krum, vous faites six ans d'école puis trois ans de tutorat. Pendant ces trois années de tutorat, vous continuez à suivre quelques cours au palais et à la Mag'fac, et vous-même enseignez à des élèves. Ça décharge les profs des sorts pratiques. Les professeurs sont là pour la théorie et les tuteurs pour la pratique. Comme ça les professeurs continuent à faire de la recherche à la Mag'fac.

- C'est quoi, la Mag'fac ? demanda Harry.

- C'est une université où on étudie la magie, répondit Ron. Elle regroupe le plus grand nombre d'étudiants sur toute l'Europe.

- On ne vous en a pas parlé à Poudlard ?, demanda Krum. Tous les sorciers qui veulent continuer à étudier la magie viennent étudier à la Mag'fac.

- Non, bougonna Ron. Mon frère Charlie a fait la Mag'fac section "créatures magiques et bêtes parallèles", mais on ne me l'a pas proposé. On a dû penser que j'étais trop bête…

- Arrête de te déprécier, Ronald Weasley, ou je te jure que tu le regretteras, gronda Hermione. On ne me l'a pas proposé non plus. Nos profs ne nous ont jamais poussés vers des études longue durée.

- Pourquoi en 5e année on ne nous en a pas parlé ? »

Harry allait de découverte en découverte.

« Dumbledore devait être plus intéressé par former de bons petits soldats sorciers anglais que des intellectuels européens. Il devait vouloir avant tout nous débarrasser de Voldemort. » proposa Hermione en choisissant ses mots avec soin.

Ron frissonna, comme toujours, à l'évocation de feu leur ennemi commun. Harry sentait un sentiment bien connu commencer à fourmiller dans ses veines : Dumbledore ne lui avait jamais parlé de la sorcellerie en Europe ! Il savait qu'Harry en avait assez de la célébrité et il ne lui avait jamais proposé d'aller à l'étranger !

« Harry, grogna Krum. Tu fumes. »

De la fumée de mauvais augure sortait en effet de ses poings fermés. Harry inspira à fond et pensa nénuphar. Hermione essaya de le calmer :

« Harry, ça ne sert à rien de te mettre en colère pour un homme qui est mort depuis plus d'un an. Ne te prends pas la tête pour ça.

- Il nous a caché le monde sorcier, Hermione ! Même toi tu manques d'informations, c'est dire qu'il n'y a pas tous les livres intéressants à Poudlard !

- Poudlard est un collège ! Ils ne peuvent pas mettre tous les bouquins dans leur bibliothèque, des élèves pourraient tomber dessus !

- Y a la réserve interdite pour ça !

- Et on sait à quel point il est facile d'y pénétrer ! Harry, si on nous a caché des choses, ça devait être pour notre bien…

- Et on a failli se faire tuer à cause de ça ! Oh non, pardon, j'ai été tué !

- Aguamenti ! »

Une grande éclaboussure projeta Harry sur sa chaise alors que des flammes jaillissaient de ses poings. Ron, l'air contrit, s'excusa :

« Tu allais prendre feu, Harry. Désolé. »

Krum paraissait sonné. Il avait suivi la conversation sans comprendre les enjeux qu'Hermione et Harry avaient soulevés. Il jeta un coup d'œil à son amie :

« J'ai droit à de plus amples explications ? »

Hermione sembla hésiter. Harry souffla, calmé par sa douche froide :

« Au point où on en est, pourquoi pas… Mais d'abord, quelqu'un peut m'aider à me sécher ? »

Après un séchage en règle et les fameuses explications, Krum commanda une nouvelle tournée et, en sirotant son coca, résuma, songeur :

« Donc Dumbledore avait un plan pour tuer votre mage noir, celui qui a tué Diggory, et il ne t'a pas tout dit et t'a laissé te faire tuer. Mais tu as survécu. Tu as tué le mage noir qui avait tué tes parents. Et maintenant ta magie est incontrôlable. Donc tu veux essayer de comprendre pourquoi. Et tu en as profité pour quitter l'Angleterre. J'ai tout bon ?

- Oui, répondit Harry.

- Bon. Tu es au bon endroit. La Mag'fac est en Méditerranée, dans la cité perdue d'Atlantide. Il y a régulièrement des portoloins de ramassage sorciaire pour y aller, on pourra y passer si tu veux rencontrer des magicologues. C'est pas bien compliqué. »

Harry était de plus en plus abasourdi : il découvrait à chaque parole de Krum un monde dont il ignorait tout. Six ans à Poudlard pour au final en savoir si peu !

Krum proposa d'aller chez lui manger un bout avant d'aller chez Makhé Lestrange. Il en profiterait pour lui envoyer un hibou pour s'annoncer plus tôt que prévu. Les trois amis acceptèrent. Le Bulgare leur proposa d'y aller à balai, ce qu'acceptèrent avec joie Ron et Harry. Hermione rechigna :

« C'est pas que je suis nulle à balai mais… Disons que ce n'est pas mon fort.

- Tu as peur de tomber ? Tu veux monter derrière moi ?, demanda Krum, sans remarquer que Ron frôlait la crise d'apoplexie.

- Merci beaucoup pour cette proposition, mais je pense qu'il est préférable que je monte à l'arrière du balai de Ron, comme ça tu pourras t'amuser à faire des figures avec Harry. »

Harry sourit devant la délicatesse d'Hermione. Elle avait désamorcé la situation sans faire de peine ni à Krum ni à Ron. Ils enfourchèrent les éclairs de feu, Hermione se cramponna à Ron, à qui la situation ne déplaisait pas, bien au contraire.

En effet, une fois dans les airs, Krum et Harry se lancèrent dans des pointes de vitesse, des montées en cloche, des descentes en piqué, des figures compliquées. Harry, comme à chaque fois qu'il était à balai, sentit les appréhensions qu'il éprouvait se diluer dans l'atmosphère. Ron volait à vitesse réduite, à la fois pour ne pas effrayer Hermione et pour profiter un maximum des bras de la sorcière autour de sa taille.

Au bout de quelques minutes de vol, Krum descendit vers une bâtisse qui était éloignée de Corbak d'une vingtaine de kilomètres.

« Cet endroit est protégé par des sortilèges anti-Moldus, hurla Krum dans le vent pour être entendu des trois Anglais. On peut voler tranquille et atterrir comme on veut ! »

Cette annonce mit Harry en joie. Il tenta un atterrissage en tornade : il descendit en tourbillonnant de plus en plus serré. Krum fit un atterrissage tout aussi spectaculaire en se laissant presque tomber. Ron, bien que tenté lui aussi par un atterrissage périlleux, atterrit de manière tout à fait banale.

Ils entrèrent dans la maison. Ron s'extasia devant la taille des pièces :

« On aurait pu mettre toute ma famille dans ton salon sans problème ! C'est immense ! »

Krum leur fit visiter la maison. Ils perdirent Hermione devant le bureau de Krum (la bibliothèque était bien fournie, bien que la plupart des livres traitent de tactique de Quidditch) et Ron dans le salon (il voulut absolument tester la mollesse ou la rigidité de plusieurs fauteuils). Harry se retrouva seul avec Krum à terminer la visite.

Krum vivait en collocation avec deux autres joueurs de l'équipe, Léon et Mordor. Les deux jeunes gens étaient encore à l'entraînement. Krum emmena Harry à la volière.

« Je devrais pouvoir envoyer un Patronus porteur de message, mais j'ai toujours du mal avec ce sort. Le hibou est donc mon messager préféré. »

Il rédigea un bref billet et attrapa un hibou noir comme la nuit. Le hibou se laissa attacher le mot à la patte et s'envola rapidement.

Harry profita qu'ils étaient seuls pour lui poser une question qui le turlupinait :

« Très sérieusement, on peut lui faire confiance, à ton amie ?

- Oui, répondit Krum en le regardant dans les yeux. Elle est parfois dangereuse, mais elle n'est pas du côté obscur. Tu auras d'autres garanties que ma parole, ne t'inquiète pas.

- Ta parole me suffit » assura Harry. Il avait confiance en Krum et en l'amitié qu'Hermione lui portait.

Les deux sorciers retournèrent ensuite dans le salon où ils trouvèrent Ron endormi sur un canapé, les jambes négligemment posées sur les genoux d'Hermione qui lisait, les yeux plissés par la concentration.

« Vous voulez boire quelque chose ? Café, jus d'orange, sirop, limonade, proposa Krum.

- Tu aurais du thé ?, demanda Hermione sans lever les yeux de son livre.

- C'est possible. Je vais voir dans mes placards, annonça Viktor en quittant la pièce.

- J'ai de la tisane dans mes affaires, proposa Harry en fouillant dans son sac.

- Si c'est de la camomille, ça me va, accepta Hermione.

- C'est de la ravegourde.

- Hors de question que je boive ça, coupa Hermione d'un ton égal.

- Ah bon ? Ça ferait du bien à tes ongles, pourtant. » dit Harry d'un ton triomphant, ayant enfin mis la main sur la boîte en fer blanc pleine d'herbe séchée.

Il releva la tête et demanda à son amie :

« Tu crois que ça se fume ? »

Hermione leva enfin les yeux vers lui.

« Qui êtes-vous Monsieur ? Qu'avez-vous fait de Harry Potter ? »

Krum rentra dans la pièce avant qu'elle ait le temps de lui faire un cours de morale.

« Makhé a répondu ! On y va ? Elle nous offrira du thé.

- Vendu ! » s'exclamèrent Harry et Hermione en chœur.

Hermione secoua Ron pour le réveiller tandis que Krum allumait un feu dans la cheminée. Il jeta de la poudre de cheminette dans les flammes et annonça :

« L'Antre de Fafnir, Silistra. »

Ron, pris d'un courage soudain, se glissa en premier dans la cheminée. Harry demanda à Krum de lui redemander la bonne sortie d'âtre et avança dans la cheminée à la suite de Ron.

Il débarqua dans une cuisine claire, bien rangée, où flottait une bonne odeur de rôti.

Et où au lieu de trouver un Weasley, il en trouva deux.