Chers lecteurs,

Oui oui, je sais, je vous imagine bien en train d'attendre toute la journée ce mâgnifique châpitre, à baver d'expectative devant votre écran et à mettre à jour toutes les dix secondes votre page ff pour voir si je n'ai pas posté. Mes plus plates excuses : j'ai pris le soleil en famille.

Je vous souhaite bien du courage pour la reprise demain.

Portez-vous bien, bronzez, à vendredi prochain,

Al

PS : réponses aux vous-savez-quoi d'on-ne-sait-qui :

Lils : Des Black normaux et agréables, ça reste à voir ^^ bien sûr que oui : on sait que Harry fut choqué par la ressemblance entre Bellatrix et Andromeda. le pauvre. merci pour ta review !

Nictocris : plus précisément elle vient d'une reprise du groupe Chat-qu'à-ponk (que ceux qui connaissent lèvent le doigt !). merci pour ta review !


Makhé et Harry arrivèrent dans un lieu désertique.

« On est sur la Lune ?, demanda Harry.

- Sois pas bêta, Potter. On ne peut pas aller sur la Lune.

- Détrompe-toi, les Moldus sont allés sur la Lune. »

Makhé leva les yeux au ciel, comme exaspérée par l'inventivité de son compagnon. Un panneau indicatif indiquait (puisque là était son rôle) qu'ils se trouvaient à Berca, en Roumanie, pour admirer les volcans de boue, particularité géologique de l'endroit. L'air était frais et sentait la terre mouillée. Il n'y avait pas un brin d'herbe sur des hectares de terrain, et on entendait des sortes de régurgitations, comme si la terre rotait perpétuellement et vomissait des courants de boue.

Makhé dirigea Harry vers un trou fait dans le sol et sauta dedans avec enthousiasme. Harry la suivit : un toboggan en terre les mena dans une grotte. Des stalactites et des stalagmites couvraient les parois rocheuses.

La sorcière prit un couloir, suivie par Harry. Ses yeux s'accoutumèrent à l'obscurité. Ils arrivèrent dans une salle taillée dans la pierre, au milieu de laquelle des stalactites formaient un cercle. Makhé se plaça au centre et invita Harry à venir à côté d'elle.

« Il ne faut pas confondre magie pure et magie spontanée. La magie spontanée, c'est celle que les enfants sorciers pratiquent : pris d'une émotion forte, leur magie réagit. C'est comme ça que les parents savent si leurs enfants sont des sorciers ou des Cracmols. Ce que tu m'as décrit semble plutôt être de la magie spontanée, puisque c'est à chaque fois sous le coup d'une émotion forte, de la peur, de la colère, que ta magie s'exprime sans baguette. La magie pure, c'est autre chose. Tu dois réussir à faire sortir ta magie volontairement, et la contrôler. »

Elle claqua des mains : une étincelle jaillit entre ses paumes et devint une boule de feu, éclairant vivement l'endroit où ils se trouvaient. Harry remarqua que les murs étaient couverts de peintures préhistoriques, surtout des mains et des étoiles. Harry bénit le professeur Sinistra : il reconnut différentes constellations peintes grossièrement sur les parois.

Makhé le rappela à l'ordre :

« Quand tu fais du balai, tu utilises ta magie. Un Moldu, même avec un balai sorcier, est incapable de le faire voler. Imagine donc que tu es à balai. Tu cherches à utiliser ta magie sans être en colère ou avoir peur. »

Harry essaya de se rappeler de la sensation qu'il avait eue la veille, en descendant à toute vitesse pour atterrir. Makhé continuait à parler :

« Le feu est la première chose qu'on arrive à extérioriser. En revanche, c'est difficile à maîtriser. C'est pour ça que j'ai choisi un lieu sans combustible. Tu as le droit de faire ce que tu veux. Je vais sortir du cercle et te laisser t'amuser. »

Harry hésita :

« Hermione m'a dit que ça pouvait me tuer…

- La magie pure, comme elle est non contrôlée par un sort, peut puiser toute ta force magique et te tuer, en effet. Mais ne t'inquiète pas, je ne te laisserai pas faire. Et comme à Stonehenge, le cercle t'empêchera de faire des bêtises. Les peintures que tu vois sur les parois sont des peintures runiques de l'ère néolithique. Elles sont chargées d'ancienne magie, tu ne risques rien. »

Harry, à moitié rassuré, décida de se lancer. Makhé était sortie du cercle de pierre mais la boule de feu qu'elle avait créée était restée dans l'enceinte. Harry tendit le bras vers elle :

« Attention, Potter, c'est chaud.

- Sans blague… »

Harry se concentra sur le feu et essaya de le faire bouger. Au bout de dix minutes de concentration, il n'était toujours pas parvenu à quelque chose. La voix de Makhé traversa la salle :

« Comment as-tu fait, à Stonehenge ?

- J'ai fait du yoga, répondit Harry, en rougissant.

- Ben retente le coup. Ne te concentre pas sur le feu mais sur ce qui vibre en toi. »

La voix de Makhé Lestrange, si semblable à celle de sa mère, agressait ses oreilles et lui rappelait de fort mauvais souvenirs. L'irritation gagna Harry : cela paraissait si facile pour elle ! Elle avait applaudi et des flammes avaient jailli ! La frustration qu'il ressentait désormais dès qu'il pratiquait de la magie l'envahit. Alors qu'il essayait de se calmer en inspirant à fond, le feu se mit à gronder en augmentant en puissance, et la terre à trembler. Harry ne contrôlait plus rien : les flammes léchaient le plafond, l'eau qui suintait des murs s'évaporait sous l'effet de l'air qui devenait de plus en plus chaud. Il sentait que la magie sortait de lui, mais il n'arrivait pas à la tempérer.

Comme la magicologue l'avait prédit, la magie de Harry resta cantonnée dans le cercle de pierre. Seule la chaleur dépassa les stalactites. Soudain, dans un grand bruit d'explosion, des fleuves de boue brûlante passèrent entre les pitons rocheux et remontèrent dans le plafond qui laissa éclater des geysers de boue.

Makhé tint parole : au bout d'un temps qui parut infini à Harry, alors qu'il sentait qu'il tremblait sur ses jambes, elle opposa sa magie à la sienne. Une vague d'apaisement le traversa : il se laissa tomber, pantelant. Makhé attendit que toute la boue soit évacuée dans le plafond pour rejoindre le jeune sorcier.

« Tu as dû créer une belle éruption, Potter. Plus belle que les miennes. Je crois que nous ne pourrons plus rien faire aujourd'hui. Je te ramène à la maison. »

Harry hocha la tête. Il n'avait qu'une envie : dormir.

OoO

Harry prit une douche pour ôter toute la boue dont il était couvert puis alla se recoucher. Il émergea deux heures plus tard. Il avait faim et il avait dormi comme un loir. Même s'il ne raffolait pas de l'idée de se tuer en faisant de la magie pure, il fallait avouer qu'au moins, avec ça, il trouvait enfin le sommeil.

Il quitta le canapé et retourna dans la cuisine. Il y retrouva Ron aux fourneaux, en train de cuisiner des pâtes au pesto. Il touillait sa sauce en surveillant du coin de l'œil la cuisson des pâtes. Au dessus de la table, une râpe râpait toute seule de l'emmental et du parmesan.

« Tiens, tu peux mettre le couvert, c'est prêt dans cinq minutes. »

Harry obéit, sans se poser de question sur la normalité de la situation. Ils étaient chez Charlie et sa colocataire, en Roumanie, et Ron semblait parfaitement à l'aise en cuistot. Harry ouvrit plusieurs placards avant de trouver les assiettes :

« Je mets un couvert pour Charlie, aussi ?

- Oui, il rentre manger. »

Les arômes d'ail et de basilic faisaient saliver Harry. Il finit de mettre le couvert et s'assit à table. Il se servit un verre d'eau fraîche tandis que Ron égouttait les pâtes.

« Où est Hermione ?

- Dans le jardin, avec sa nouvelle meilleure amie. »

Le ton acerbe de Ron poussa Harry à hausser les sourcils.

« Makhé ?

- Ouais. Elle lui a posé plein de questions à votre retour, et depuis elles ne se lâchent plus. Elles parlent de magie pure, de transfert magique, du lien avec les créatures fantastiques et tout. Je leur ai apporté du café, c'est à peine si elles m'ont calculé. À croire que les Lestrange n'ont jamais été à la solde de Tu-sais-qui. »

Harry ne releva pas. Ron pouvait se braquer, mais il savait reconnaître ses torts et être juste. Ça lui prenait juste parfois un peu de temps.

« Ah, Coucou est revenu. »

Ron lui lança deux enveloppes.

« Il est parti chasser. »

Harry saisit la première lettre. Il reconnut immédiatement l'écriture de Ginny. Il la parcourut rapidement : en gros, elle lui disait qu'il lui manquait, qu'en tant que capitaine de l'équipe de Gryffondor elle allait programmer les sélections la semaine d'après et qu'elle avait hâte de le revoir à la Toussaint à Pré-au-lard.

« C'est Ginny ? Elle te dit quoi ?

- Qu'elle a hâte de me voir à la Toussaint à Pré-au-lard.

- Mais, s'interrogea Ron, on sera à Pré-au-lard pour la Toussaint ?

- J'en sais rien. Je ne sais même pas ce qu'on fait demain. Aujourd'hui ça a été épique. Je te raconterai. »

Harry saisit l'autre lettre qui, elle, provenait de Luna. La jeune sorcière lui apprenait qu'il y avait bien de la famille Lestrange survivante, mais que celle-ci avait été reniée pour cause de non-adhérence à la mentalité sang-pur. Elle le remerciait pour ses notes très intéressantes, et lui demandait s'il pouvait en profiter pour avoir une interview de Krum, pour lui poser cette question fondamentale : avait-il des nuageux pour ancêtres ?

Harry replia la lettre en souriant, ce qui n'échappa pas à Ron :

« C'est qui ?

- Luna. Elle me dit que la dernière héritière Lestrange a été radiée de l'arbre généalogique des Black.

- Et ?

- Ben on a enfin la preuve que Makhé Lestrange est quelqu'un de bien. »

Ils éclatèrent de rire tous deux. Cela paraissait presque absurde de dire qu'une Lestrange était une personne fréquentable.

« J'ai du mal, tu sais, avoua Ron. Je crois que si Charlie n'en était pas amoureux, je l'aurais grillée. C'est une Lestrange, merde. Moi qui croyais qu'on en avait fini avec eux…

- Charlie est amoureux ?, demanda Harry en triturant un quignon de pain. Je n'avais pas l'impression. Ils n'ont pas l'air très proches.

- Tu sais, chez les Weasley, si on s'installe ensemble, c'est que c'est pour la vie. Nous sommes d'indécrottables romantiques. »

Harry se fit la réflexion biscornue qu'il avait bien fait de ne jamais avoir proposé à Ginny de s'installer avec lui, si elle était capable de le prendre comme une demande en mariage. Ils étaient trop jeunes. Et en plus il partait se promener dans toute l'Europe, elle était à Poudlard, c'était absurde de penser à emménager ensemble.

« Tu as pensé à emménager avec Hermione, toi ?

- Moi ? »

Ron cassa la tasse qu'il était en train de laver. Il marmonna un Reparo rapide et répondit, sans regarder son ami dans les yeux, preuve de sa gêne :

« Je crois que ça me fait peur. On se dispute tout le temps… Tu imagines si on habitait ensemble ?

- Je vois surtout qu'après avoir affronté des Mangemorts, des serpents, des araignées géantes, des Horcruxes, tu as peur de ta meilleure amie, ricana Harry.

- Rigole pas, je sais qu'à toi aussi, elle fait peur parfois.

- Qui te fait peur ?, demanda Hermione en entrant dans la pièce.

- Ma mère, mentit Ron, impassible.

- Je croyais que cette époque était révolue, souffla Hermione en s'asseyant à côté d'Harry. Alors, Harry, reposé ?

- Oui, j'ai dormi comme un troll.

- Makhé m'a tout raconté. Apparemment elle n'a jamais assisté à un tel déferlement de puissance magique. De ce qu'elle m'en a dit, il a fallu un bon moment avant que tu aies tout utilisé. Tu dois être un des sorciers les plus puissants de notre génération.

- Arrête de dire des bêtises, tu es bien meilleure que moi.

- Je n'ai pas dit que tu étais doué, j'ai dit que tu étais puissant, corrigea Hermione. Ça n'a rien à voir. La puissance magique, c'est l'énergie que chaque sorcier possède et qui lui sert à jeter des sorts. Je suis peut-être douée…

- Tu es très douée, la rabroua Ron, qui avait l'art de faire passer des compliments pour des reproches.

- Si tu veux. Donc, je suis peut-être très douée, mais ma puissance magique est dans la moyenne. J'ai toujours eu du mal à jeter des sortilèges puissants.

- C'est-à-dire ?

- Je suis très forte pour lancer des sortilèges de précision, mais les sorts de pure magie blanche, qui nécessitent beaucoup de puissance magique, sont exténuants pour moi. Lancer un patronus, transplaner, contrer des Imperium, des Doloris…

- Tu sais faire tout ça, la coupa Harry, qui n'y comprenait plus rien.

- Oui, mais ça me fatigue énormément. Souviens-toi, la fois où je vous ai fait transplaner, et où Ron s'est désartibulé ! Ça ne serait jamais arrivé avec toi ! »

Harry essayait de recoller les morceaux dans sa tête quand la porte s'ouvrit de nouveau et livra le passage à Charlie et Makhé.

« Alors Potter, tu t'en remets ? »

Makhé et Charlie s'assirent sur le même banc, les narines de Charlie humant le parfum de basilic.

« Comment ça se passe avec tes dragons aujourd'hui ?, demanda Hermione à Charlie.

- Bien, répondit Charlie en se servant de pâtes. J'ai Norberta (vous vous souvenez, la dragonne de Hagrid) qui a pondu trois œufs, on a peur qu'ils éclosent en même temps, ça nous ferait trop de dragonneaux. Faudra nous renouveler en moutons pour les nourrir. En plus, ils ne peuvent pas se nourrir tout seuls. Les Norvégiens à crête ont l'habitude de manger de la viande grillée, or quand ils viennent d'éclore, les dragonneaux ne peuvent pas encore cracher du feu. On est obligé de leur griller nous-mêmes leur viande.

- C'est à ces moments-là que je donne un coup de main, avoua Makhé.

- J'ai cru comprendre que tu aimais bien mettre le feu à des trucs, en effet, nota Ron.

- Potter aussi, de ce que j'ai pu voir.

- C'est une habitude chez les sorciers de mettre le feu ?, demanda Hermione.

- Oui, parce que c'est jouissif. Quand un sorcier fait de la magie spontanée, c'est sous le coup d'une émotion forte. Quand on fait du feu et qu'on le maîtrise, le sentiment qu'on éprouve est puissant mais contrôlable. C'est comme si on se prenait une cuite à la vodka Tastroff : c'est jouissif mais ça ne nous dépasse pas. »

Hermione parut méditer cette réponse en mâchonnant ses spaghettis.

« Je n'ai pas souvenir qu'on nous ait appris ça à Poudlard…

- La magie pure, ça fait peur, avoua Charlie. Et les Anglais ne sont pas connus pour leurs expérimentations. Déjà, rien qu'un dragon, ça les effraie.

- Les dragons pratiquent de la magie pure ?, questionna Ron.

- On n'en sait trop rien. Makhé travaille justement sur la magie des créatures surnaturelles. La réserve où je travaille fournit des sujets d'étude terrestres pour les chercheurs. En fait, le dragon est une créature qui se nourrit de magie pure. »

Charlie s'animait en parlant de ce sujet qui le passionnait. Le reste du repas se passa sans encombre, à discuter dracologie.

Charlie avait réussi à se faire remplacer pour l'après-midi et, accompagné par Harry et Ron, ils transplanèrent pour retourner à Corbak où devait se jouer le match amical. Les deux filles les laissèrent partir sans regret : elles prévoyaient de discuter théorie magique pendant tout l'après-midi. Harry frémit en imaginant ce à quoi il échappait.

Quand les deux sorciers arrivèrent au terrain, les autres joueurs n'étaient pas encore arrivés. Seuls Krum et Thaï, à moins que ça ne soit Touïe, s'échauffaient en virevoltant.

Quand il les vit, Krum vola vers eux et leur proposa :

« Eh, Charlie, Harry, ça vous dit un petit duel d'attrapeurs ?

- Un duel ? À trois ? » s'étonna Harry. Peut-être que les Bulgares comptaient différemment.

« Oh, à deux contre moi, c'est déjà en votre défaveur… » les nargua Viktor.

Harry sentit la petite pointe d'excitation qu'il ressentait avant de faire un match s'emparer de lui. Ce tressaillement ne passa pas inaperçu, puisque Ron lui dit :

« Je reste en bas, prêt à te rattraper si tu tombes de ton balai.

- T'inquiète, je ne compte pas écrire à Luna en plein vol. J'ai l'occasion de battre Krum, je ne vais pas la laisser filer. »