Chers lecteurs,

Merci pour vos commentaires, vos mises en suivi ou favori ! Continuez à m'envoyer des petits mots, c'est toujours un plaisir de vous lire.

Portez-vous bien, bon rhume des foins, à lundi,

Al

PS : RAR (Retours Abracadabrants Récalcitrants)

Lils : luna ne revient pas dans ce chapitre, mais elle est prévue pour bientôt. quant à makhé, j'aime beaucoup imaginer ce personnage. tant mieux s'il te plaît ! merci pour ta review !

Nictocris : je crois que tu es atteinte d'indécrottable ron-antisme (oui je suis Adepte de Calembours Miteux !) merci pour la relecture ! valoche de galoches


Harry, Ron et Hermione passèrent le reste de la semaine sur le même modèle. Harry s'entraînait à manier la magie pure le matin, à Berca. L'après-midi, il partait avec Charlie à la réserve pour s'amuser avec le feu et les dragons. Il contrôlait la gravité sans baguette et lançait des projectiles dans l'air, pour le plus grand plaisir de Norberta, qui les grillait d'un long jet de feu avant qu'ils retombent. La dragonne se souvenait d'Harry et le laissait volontiers jouer avec elle.

Ron, lui, cuisinait et testait de nouvelles recettes sorcières : il avait acheté dans une librairie un livre de recettes bulgares et avait décidé de s'en servir pour apprendre le bulgare. Il avait investi la cuisine de l'Antre de Fafnir et devenait le roi de la casserole. Ses plats étaient parfois étranges et farfelus, mais toujours délicieux. Il s'inspirait de la cuisine de sa mère et de ce qu'il trouvait intéressant. Quand il ne cuisinait pas et qu'Harry se reposait, ils passaient chez Viktor jouer au Quidditch.

Hermione partageait son temps entre la lecture et la traduction. Elle squattait presque autant la cuisine que Ron, à boire du thé et à oraliser ce qu'elle découvrait. Elle se baladait dans Corbak et dans les environs. Ron et Harry essayèrent de lui faire faire un peu de balai, mais ce fut infructueux.

Quant à leurs hôtes, ils paraissaient apprécier leur compagnie. Charlie était facile à vivre et avait toujours des anecdotes brûlantes à raconter. Contre toute attente, Makhé et Ron s'entendaient plutôt bien. S'ils avaient été froids l'un avec l'autre au début, ils avaient réussi à se mettre d'accord sur une chose : les repas. Ils continuaient à se chercher des noises, mais c'était plus pour le plaisir de se disputer que par réelle animosité.

Le week-end se pointa comme un étranger dans cette ambiance détendue. Le dimanche midi, Makhé proposa aux trois amis de l'accompagner pour sa présentation trimestrielle à Durmstrang. Ils partiraient deux jours et auraient le temps de visiter l'école de sorcellerie.

« Ce serait avec grand plaisir, répondit Hermione, dont les yeux brillaient d'expectative.

- Cool, ça me fera des vacances » répondit Charlie, mi-figue mi-raisin. Charlie était un solitaire : il commençait à avoir besoin de se retrouver avec uniquement lui-même comme interlocuteur privilégié.

« On sera bien venus ?, s'enquit Harry.

- L'école a beau n'accepter que des Sangs-purs, il serait malvenu de ne pas accueillir les sauveurs du monde sorcier. Le directeur a épousé une Sang-mêlée, c'est dire à quel point il est ouvert, ajouta Makhé dans un sourire moqueur.

- Qui est le nouveau directeur de Durmstrang ?

- Nikolaï Koloff Dyouti. C'est un grand sorcier : il enseignait les potions à Durmstrang et il a une chaire à la Mag'fac.

- Ce n'est pas lui qui a inventé la potion d'euphorie ?, demanda Ron. Je crois que j'ai sa carte Chocogrenouille. »

Hermione se lança immédiatement dans une conversation à baguettes rompues avec Makhé à propos des bienfaits de la potion d'euphorie sur les créatures magiques.

Après le dessert, Harry se prépara sa désormais habituelle tisane à la ravegourde. Charlie lui avait expliqué que cette plante était aussi utilisée pour soigner les dragons de la griffite, une maladie qui s'attaquait aux griffes des créatures. Cela ne surprit pas Harry : Luna lui avait dit que c'était bon pour la repousse des ongles. Ce qui fonctionnait pour les dragons devait bien fonctionner pour les humains, après tout… Il regarda ses mains : ses ongles avaient-ils une plus jolie allure ? Se rendant compte qu'il n'avait aucun élément de comparaison, il laissa tomber cette passionnante question.

Charlie repartit travailler, Makhé l'accompagna pour préparer les moutons des trois dragonneaux de Norberta : les œufs avaient éclos deux jours avant, pour le plus grand bonheur et une fatigue grandissante de Charlie. Les trois amis restèrent à discuter autour de leur tisane/café/thé.

« Il faudra qu'on trouve une solution, si on reste en Roumanie. On ne va pas squatter chez ton frère éternellement, exposa Hermione. Et Harry va finir par avoir mal au dos : le canapé n'est pas l'endroit idéal pour dormir.

- Pas faux, répondit Ron, songeur. Tu penses à quoi ?

- J'en ai parlé avec Viktor, il peut nous loger quelques jours la semaine prochaine. Léon rentre chez lui pour aller voir sa grand-mère malade : sa chambre est donc libre.

- Tu crois que le canapé de Viktor est plus confortable ?, demanda Harry.

- En tout cas, reprit Hermione en ignorant l'intervention de son ami, on ne sera plus dans les pattes de Charlie et Makhé.

- La Mag'fac propose des chambres d'étudiant pour la semaine, proposa Ron. Charlie m'en a parlé.

- Il n'est pas question que j'aille à la Mag'fac en étant si peu maître de moi-même, coupa Harry. Imaginez que je mette le feu à une salle de cours…

- C'est sûr que dans un endroit rempli de sorciers majeurs et incroyablement doués qui peuvent tout à fait te maîtriser, voire t'assommer, tu es hyper dangereux…, ricana Ron.

- Si on fait une semaine chez Viktor, continua Hermione, ça te laisse encore une semaine pour apprendre à gérer ta puissance magique. Ça t'irait ? »

Harry prit le temps de réfléchir en touillant sa tisane. En une semaine, il avait fait des progrès notables. Et il était bien sûr très tenté à l'idée de découvrir la Mag'fac et l'Atlantide.

« Vendu, conclut-il. Je vais en toucher un mot à Luna. »

Il se leva de table et ne remarqua pas le regard étonné que s'échangèrent Ron et Hermione dans son dos.

Harry retourna dans le salon et se munit d'une plume et d'un parchemin. Il écrivit une lettre à Luna pour lui demander de la ravegourde (son stock s'épuisait et, bizarrement, il était devenu accro à cette plante), lui transmettre son interview de Krum (il n'avait pas d'ancêtre nuageux, malheureusement) et lui proposer un reportage sur Durmstrang et la Mag'fac. Il siffla ensuite Coucou et lui accrocha la lettre à la patte. Ce ne fut que quand le hibou se fut envolé qu'il pensa à Ginny : il aurait dû en profiter pour lui envoyer un mot. Il espéra qu'elle ne lui en tiendrait pas rigueur.

Ils passèrent l'après-midi à rassembler leurs affaires éparses et à faire du balai.

OoO

Le lundi après-midi, ils prirent un portoloin (cette fois-ci c'était une bouteille vide de vodka Tastroff) qui les déposa devant Durmstrang. Comme à Poudlard, il était impossible de transplaner dans l'enceinte de l'établissement.

Durmstrang était un immense palais dans un domaine extraordinairement grand.

« C'est incroyable qu'ils aient réussi à couvrir par des sortilèges anti-Moldus un aussi grand espace, s'étonna Hermione.

- Les fondateurs de Durmstrang étaient bien plus nombreux que ceux de Poudlard, expliqua Makhé en les guidant vers l'entrée. Selon la légende, douze sorciers ont fondé Durmstrang. Six sorciers se sont occupé de la construction, et six sorcières de la protection. Il y a six maisons, une par couple de sorciers, un peu sur le même modèle que Poudlard : durant l'année, les six maisons concourent pour avoir le plus de points. »

Ils traversaient l'immense parc, en suivant une allée sinueuse. L'air était glacial, des arbres inconnus tressaillaient dans les vents automnaux. Leurs feuilles étaient jaunes, rouges, orangées, ce qui était normal pour cette période de l'année, mais on trouvait aussi des arbres aux feuilles violettes, dorées et bleues. Ron souffla : « Neville serait aux anges… » Une rivière serpentait au milieu de l'herbe.

« Elle change de cours toutes les nuits. Les tritons qui la peuplent refusent d'être sédentaires, donc ils la déplacent tout le temps. On s'y habitue. »

Ils arrivèrent devant l'entrée du palais. Une volée de marches couvertes de mousse verte les mena dans un hall étincelant de givre.

« C'est normal qu'il fasse aussi froid ?, s'étonna Ron.

- Les fondateurs ont voulu élever les sorciers à la dure, répondit laconiquement Makhé. Ils se sont inspirés du modèle spartiate. Chez les Grecs, dans l'Antiquité, il y avait un peuple de guerriers. Ils se disaient que si le pire était vécu pendant l'éducation, alors les guerriers pourraient tout supporter dans le futur. Contrairement à Poudlard, où on chouchoute les élèves, ici on est vraiment préparés à ce qui nous attend après l'école. »

Harry pensa à ces journées dans les cachots glaciaux durant lesquelles Hermione enfermait des flammèches dans des pots à confiture pour se réchauffer et à leur première retenue, qui avait eu lieu dans la Forêt interdite, à rechercher Voldemort qui tuait des licornes (avec un chien trouillard et un demi-géant), mais se garda bien d'en faire la remarque à Makhé. Cette dernière les guida dans ce qui devait être l'équivalent de la Grande salle pour Durmstrang.

Quelques étudiants travaillaient en chuchotant, assis à six grandes tables alignées. Les murs étaient eux aussi couverts de givre, et les élèves couverts de fourrures. Aux murs étaient suspendus de grandes bannières sur lesquelles on distinguait différentes créatures.

« Ce sont les totems des maisons de Durmstrang.

- Comment se fait la répartition ?, demanda Harry, petit carnet de journaliste en main. Par un choixpeau ?

- On s'approche d'une horloge. Selon la direction que prend l'aiguille, on va dans une maison ou une autre. »

Ils traversaient la salle d'un bon pas, s'attirant les regards interdits des élèves présents. Makhé claqua la langue, et les élèves retournèrent à leurs devoirs. Elle devait être connue de tous, puisque personne ne semblait s'étonner de la voir. Elle les mena jusqu'à une autre porte, grâce à laquelle ils débouchèrent dans un couloir légèrement plus chaleureux.

« Et à quoi correspondent les différentes maisons ?

- À des créatures mythologiques, répondit Makhé. Ce serait beaucoup trop long à t'expliquer maintenant, Weasley bis. Retiens juste que la maison de Charybde est pour les meilleurs. »

Elle frappa à une lourde porte. Une voix grave claqua : « Entrez ! »

Les quatre sorciers obtempérèrent. Ils se trouvèrent face à un sorcier qui possédait une moustache en forme de guidon qui aurait fait une concurrence déloyale à celle de Vernon Dursley, une robe rouge sang et une calvitie sévère.

« Bonjour, Monsieur, le salua Makhé. Je vous présente Harry Potter et ses amis, Ronald Weasley et Hermione Granger.

- C'est toujours un plaisir de vous revoir, Lestrange, et encore plus quand vous m'amenez de si illustres connaissances. » répondit froidement le directeur de Durmstrang dans un anglais parfait, avec un regard gourmand vers les trois amis.

Harry le trouva immédiatement antipathique. L'homme les regardait comme s'ils étaient des bêtes curieuses. Hermione se dandina, mal à l'aise, Ron se rapprocha instinctivement d'elle. Makhé fit mine de ne rien remarquer et continua les présentations :

« Vous avez devant vous un des sorciers les plus puissants de sa génération, Nikolaï Koloff Dyouti. Il a été mon professeur de potions.

- Matière dans laquelle vous n'avez jamais été très douée, Lestrange, nota-t-il.

- Je préférais la manipulation magique, Monsieur. » répliqua Makhé, cinglante.

Il posa son regard perçant sur Harry et fixa la cicatrice qui lézardait son front.

« Potter… Nous avons entendu parler de vous jusqu'ici. Ce fut libérateur de savoir votre mage noir mort. Vous saviez qu'il y a de fortes chances que ce soit lui qui ait assassiné Gregorovitch, notre fabriquant mondialement connu de baguettes. Je vous en remercie.

- Ce fut un plaisir, répondit Harry, sans ciller.

- Je suppose que vous allez assister à la présentation de Lestrange cet après-midi ?

- Vous supposez bien. » répliqua Harry.

Le directeur de Durmstrang lui lança un regard noir :

« On ne vous a pas appris à respecter vos supérieurs, Potter ? »

Hermione lâcha un mini gémissement et Ron ricana : tous deux se doutaient de ce qui allait suivre. Et en effet, cela ne rata pas :

« Le dernier homme, d'ailleurs lui aussi professeur de potions, à avoir essayé de m'apprendre à respecter mes supérieurs a fini dévoré par le serpent de Voldemort… Monsieur. » claqua-t-il.

Koloff Dyouti perdit enfin contenance. Alors qu'il sortait sa baguette, Makhé se plaça devant lui.

« Monsieur, vous le regretteriez. »

Le temps parut suspendu. Koloff avait toujours le bras levé, les yeux rivés sur Makhé. L'atmosphère autour de la sorcière crépitait d'énergie. Harry remarqua des flammèches qui lui léchaient les doigts. Elle ressemblait dangereusement à sa génitrice : Harry n'avait jamais vu un regard aussi dur sur le visage de la jeune femme.

Au bout de quelques secondes, Koloff reprit ses esprits, baissa le bras et ordonna d'une voix glaciale :

« Vous ne devez la vie sauve qu'à votre service rendu au monde sorcier. Je ne vous reconduis pas, vous connaissez le chemin. »

Les quatre sorciers quittèrent le bureau sans demander leur reste.

OoO

« Ils sont tous comme ça, les profs ? » demanda Ron, alors qu'ils étaient attablés devant un verre de vin chaud. Makhé les avait emmenés dans ce qui semblait être le seul endroit chaleureux de Durmstrang : les cuisines. Elle avait demandé aux elfes de maison de quoi réchauffer ses invités.

« Non, seulement quelques uns. Koloff sait qu'il est le sorcier le plus puissant de Bulgarie, ou presque, et il s'en enorgueillit. Il a toujours eu du mal avec les élèves doués, j'ose croire que c'est pour ça qu'il ne m'aime pas. Savoir qu'il y a Potter dans son école, ça doit le flatter, et surtout le perturber…

- Il soutenait Voldemort ?, s'interrogea Hermione.

- Non, enfin bon, tu imagines bien que diriger l'unique école de magie européenne qui demande encore une attestation de pureté de sang, ça rapproche quand même de certains discours du Seigneur des Ténèbres. »

Harry remarquait qu'à chaque fois Makhé utilisait le surnom des Mangemorts pour parler de Voldemort, leur maître. Elle devait le nommer ainsi par déformation familiale. Elle avait beau vouloir s'éloigner de ses parents et de sa naissance, il subsistait dans son langage et dans son visage un héritage inaliénable.

À chaque fois que Makhé utilisait le surnom des Mangemorts pour parler de Voldemort, il pensait à Severus Rogue. Et quoi qu'ait pu en penser Voldemort, il n'avait jamais été le maître de Rogue.

Makhé continua ses explications :

« Le professeur d'ensorcellement est génial. Le prof de diction, M. Rhétor, est sympa…

- Prof de diction ?, demanda Harry, qui prenait fébrilement des notes.

- Malédiction et bénédiction. C'est un cours pour apprendre à bien maudire ses ennemis. C'est extrêmement complexe, faut avoir une grammaire runique, elfique et gobeline extrêmement précise. J'ai toujours été nulle mais c'est assez génial. Juste par quelques mots bien placés dans une conversation anodine, tu peux jeter le mauvais œil sur une personne. »

Les yeux d'Hermione brillaient : elle avait trouvé un nouveau terrain d'amusement !

« Après la prof de symbolique est un peu bourrue, mais hyper compétente.

- Ça consiste en quoi, la symbolique ?, demanda Hermione.

- Explications de symboles occultes, manipulation d'objets rituels, compréhension des signes, danses magiques, tout ça. Ce sont les professeurs plutôt ouverts. On a droit à des professeurs beaucoup moins sympathiques à Durmstrang. Koloff, en potions, est une plaie, même topo pour Pinard, le prof de Quidditch qui vient de France. Quand ils vous ont dans le pif, c'est foutu pour vous.

- Ça ne nous changera pas trop. On a l'habitude d'avoir un prof de potions imbuvable, remarqua Ron. D'ailleurs, pour un prof de potions, être imbuvable… Dites, ce vin chaud est super bon. Vous croyez que je peux demander la recette ? »