Chers lecteurs,
Voici le chapitre 14, tout frais tout chaud (eh oui, c'est comme le pain, plus il est frais, plus il est chaud !).
Merci à vous pour vos petits mots. Continuez à cliquer sur la touche review, keep on clik on the review touch, weiter klicken sie auf den schlüssen review, continuar haciendo click en la tela review. Merci à Destrange pour les conseils de lecture, à Nictocris pour la relecture et à Google trad pour les traductions aléatoires.
Portez-vous bien, méfiez-vous des scroutts à pétard les après-midi giboulesques, à jeudi,
Al
PS : petits mots pour petits mots :
Lils : merci ! j'espère que ce chapitre te plaira tout autant !
Patfol le S : ton instinct de chasseur ne croit pas si bien dire. merci pour ta review !
PPS : j'ai failli oublier. le titre signifie "le savoir est dans les livres" Si vous voulez le recaser lors d'un dîner mondain, il n'y a pas de copyright.
Hermione comprit très vite que le mépris affiché de certains élèves envers elle était le signe que leur séjour ne serait pas aussi long que ce qu'ils avaient prévu. En quinze minutes de temps, elle avait subi douze regards meurtriers, six insultes envers son sang, trois crachats à ses pieds, deux tentatives de croche-pattes et, chose incompréhensible, une remarque sur sa vertu.
« Me traiter de Sang-de-bourbe, je peux comprendre, mais de catin… Si on tient une nuit, ce sera un miracle. J'ai envie de tous les exploser contre le mur.
- Je peux t'aider, si tu veux, grogna Ron, qui supportait encore moins qu'elle les remarques désobligeantes qu'elle recevait.
- L'intention est honorable, mais il n'en est pas question, le rabroua gentiment Hermione en lui caressant la joue. Je sais que c'est dur pour toi, mais on ne tape pas sur nos hôtes. En revanche, ajouta-t-elle d'un ton féroce, ça me déculpabilise totalement de leur voler des livres. Harry, je peux t'emprunter ta cape ? »
Harry fouilla dans son sac et lui tendit avec enthousiasme sa cape d'invisibilité. Elle les quitta, direction la bibliothèque. Les deux élèves qu'elle croisa sifflèrent en la voyant passer :
« Raclure de fond de chaudron…
- Sous-elfe… »
Ron tressaillit et sortit sa baguette :
« Pourquoi Hermione nous a-t-elle interdit de leur lancer des sorts ? Je les grillerais sur place, ces minables…
- Depuis quand on écoute tout ce que nous dit Hermione ?, répondit Harry, sa baguette à la main. Du moment que personne ne nous voit. Ça nous rappellera de bons souvenirs. »
Ils échangèrent un regard de connivence. Ils étaient experts dans l'art de ne pas se faire prendre.
« Furonculus !
- Dentesaugmento! »
OoO
« Qu'avez-vous encore fait ?, gémit Hermione, en s'installant à côté d'eux à la table des invités. On m'a dit que deux élèves avaient été retrouvés à l'infirmerie, l'un couvert de boutons, et l'autre avec des dents qui rayent le parquet, et ce n'est pas une métaphore.
- On est innocents, répondit Harry en se servant de légumes marinés. Mais de quelle longueur, les dents ?
- Tu n'as aucune preuve, répondit Ron en mordant dans une cuisse de poulet. Harry a du mal à doser ses sorts, tu sais bien… Tu as trouvé des livres intéressants à la bibliothèque ? »
Hermione accepta le changement de sujet de conversation de mauvaise grâce :
« Un livre de contes slaves, un autre sur les objets magiques. Rien de bien nouveau. En plus ils sont écrits en bulgare.
- C'est quoi le livre de contes ?
- Chansons d'Abner, le Minnesanger.
- Ce n'est pas un livre de contes, corrigea Ron. C'est un recueil d'histoires d'amour entre les différents sorciers des premiers temps, comme Rod, Svarog, Rojanice…
- Mais ce ne sont pas des dieux slaves ? » demanda Harry.
En bon touriste, il avait acheté dans le Londres moldu un Lonely Planet sur les pays slaves dans la même librairie où il avait trouvé son dictionnaire anglais-bulgare, dernière édition. Il l'avait lu durant ses nuits agitées à Silistra.
« Les Moldus les ont déclarés dieux mais c'étaient des sorciers très puissants, répondit Ron. Maman nous a toujours dit que Dumbledore avait autant de puissance qu'un sorcier des premiers temps. On raconte des choses énormes sur eux. Ils auraient combattu des dragons, fondé le monde terrestre. »
Hermione, songeuse, se servit de pommes de terre.
« Tu crois que tous les dieux dont on parle chez les Moldus sont d'anciens grands sorciers ?
- Vous parlez de beaucoup de dieux ?, demanda Ron, la bouche pleine.
- Mais ça ne correspond pas à ce que nous avons appris en cours d'histoire de la magie, marmonnait Hermione pour elle-même. Il faudrait comprendre… »
Elle se leva soudain.
« Harry, Ron, il faut que j'aille dans le monde moldu. Le plus vite possible. »
Harry et Ron la regardèrent, ahuris.
« Là, maintenant, tout de suite ?
- Il me faut des livres moldus. »
Harry et Ron se regardèrent :
« Elle a perdu la tête ou quoi ?, chuchota Harry.
- Non, si elle parle de livres, c'est qu'elle est encore consciente de ce qu'elle dit, répondit Ron sur le même ton, sûr de lui.
- Oui, mais elle parle de livres moldus… La dernière fois qu'elle a parlé de livres moldus, c'était pour nous dire que le dernier roman de Harold Pinter était, je cite, "une masturbation linguistico-intellectuelle qui ne méritait pas le tintouin médiatique qui a entouré sa parution".
- Les garçons, les coupa Hermione dans leurs messes basses, il faut que j'aille vérifier un truc. Vous venez avec moi ?
- Évidemment, répondit Ron sans hésiter. Mais ton escapade moldue attendra qu'on ait fini de faire honneur à ce repas. »
Hermione le regarda d'un air sombre :
« Tes livres ne vont pas s'envoler, on n'est pas pressés. Profite.
- Tu as raison, reconnut Hermione en se rasseyant à côté de lui.
- J'ai toujours raison, lui lança Ron, narquois.
- Abuse pas, non plus. » grogna Harry.
Ils finirent de dîner tranquillement. Makhé les rejoignit au dessert :
« Alors, pas trop dur, Granger ? Durmstrang grouille de Sangs-purs qui ont une conception assez erronée de la magie. »
Elle avait posé sa question sans lui jeter un regard, mais Harry sentit qu'elle était sincère dans l'attention qu'elle lui portait.
« Ça va. Nous allons juste devoir partir plus tôt que prévu. Comment passe-t-on chez les Moldus ?
- Vous ne restez pas dormir ?
- Non, répondit Hermione. Il y a des trucs que je dois vérifier.
- Parfait. Comme ça, ça me libère aussi. Je dois rentrer à l'Antre. Vous n'avez qu'à venir avec moi : il y a une sortie de l'Antre directement dans le monde moldu. »
Les au revoir furent brefs. Harry, Hermione, Ron et Makhé quittèrent le domaine de Durmstrang sans peine ni regret, mais avec des livres supplémentaires. Dès qu'ils eurent passé le portail, après une heure de marche à travers la plaine, ils transplanèrent à l'Antre de Fafnir.
Makhé leur proposa de rester pour la nuit, ce que les trois amis acceptèrent. Charlie n'était pas encore rentré de la réserve. Au bout de cinq minutes, ils avaient retrouvé leurs marques : Ron avait investi la cuisine, Hermione s'était installée dans un fauteuil dodu et lisait les chansons d'Abner tiré de son sac. Makhé, qui avait vaqué à l'étage, revint dans le salon et remarqua l'ouvrage.
« Tu as pu l'emprunter ?
- Oui, mentit Hermione, pas convaincante pour une noise.
- Tant que tu le rends en bon état, je ne vois rien à y redire. Au fait, Harry, tu as reçu du courrier. Ton hibou est dans la cage d'Édith. J'ai essayé de détacher la lettre de sa patte, mais il m'a griffée.
- Désolé, répondit Harry, confus. Il ne donne pas mon courrier à des étrangers. »
Édith était la chouette de Charlie. Makhé l'avait appelée comme ça car elle avait une mémoire de piaf. Harry avait compris l'allusion à la moldue qui chantait l'hymne à l'amour, Hermione aussi, et Ron était désormais persuadé que le terme "édith" était une insulte moldue. Harry passa dans le bureau de Charlie. Le bureau était couvert de schémas d'ailes et de pattes de dragon, en extérieur et intérieur. Des aquarelles représentant différents œufs de dragons tapissaient les murs. La cage, dans un coin, abritait Coucou qui sommeillait. Harry lui donna un morceau de viande séchée et un peu d'eau et détacha la lettre de sa patte.
C'étaient un mot de Neville, annoté par Luna et biffé par Ginny, un petit paquet contenant de la ravegourde séchée et un exemplaire du Chicaneur. Coucou avait dû rentabiliser son voyage en Angleterre et visiter plusieurs personnes avant de revenir en Bulgarie.
Cher H.,
L. m'a dit que tu avais du mal à dormir. Elle t'a conseillé l'infusion de ravegourde. Je me suis penché sur les bienfaits de la ravegourde : il n'y en a pas tant que ça qui sont connus. Elle aide pour les ongles et les cheveux, mais pour l'instant on n'en sait pas plus. Je te conseille plutôt le champifleur. C'est inoffensif pour la santé et ça a un effet déstressant.
Salue H. et R. de ma part, à bientôt j'espère,
N.
Suivaient les commentaires de Luna :
Jeune Potier,
Le champifleur se fume. Méfie-toi des rosiers d'Europe de l'Est : leurs épines sont venimeuses et provoquent des hallucinations. Papa se demande si tu peux faire un article sur les rondigus de Barbarie. Si tu as le temps… Les ventes du dernier numéro du Chicaneur ont augmenté de 23 % grâce à toi.
Prends soin de toi, Rubeus te salue,
Céleste
Ce qui était sympa avec les mots de Luna, c'est qu'elle n'avait pas besoin de coder ses messages pour qu'ils paraissent indéchiffrables aux yeux des autres mortels que les intéressés.
Et enfin la remarque de Ginny :
Cher Harry,
J'espère que tu as une bonne raison pour avoir oublié de me répondre. Je ne t'en veux pas, ne t'inquiète pas. Éclate-toi en Bulgarie, ne fais pas de bêtises, le balai avec Krum peut être dangereux.
Doux baisers,
Ginny
Harry bloqua sur la note de Ginny. D'abord, elle avait oublié de cacher leurs noms, alors qu'ils avaient pris l'habitude de coder, si ce n'est leurs lettres, au moins leurs destinataire et expéditeur. De même pour le lieu où il résidait. Il le lui avait répété avant de partir : on n'était jamais assez prudent avec la correspondance. De plus, devait-il comprendre le "je ne t'en veux pas" comme un reproche ? Ou ne lui en voulait-elle vraiment pas ? Mais dans ce cas, pourquoi lui en faire la remarque ? Il ne comprendrait jamais rien aux filles, c'était définitif. Si Ginny n'avait pas été la sœur de Ron, il serait allé voir son meilleur ami pour se plaindre à ses côtés du caractère incompréhensible de la gente féminine.
Harry passa au journal. Le gros titre affichait : Interview de Viktor Krum par Harry Potter. On voyait une photo de Krum où ce dernier cachait mal son fou-rire. Harry gardait un souvenir impérissable du moment où il avait dû prendre cette photo : Charlie lui avait prêté un appareil photo sorcier et Harry n'arrivait pas à le faire fonctionner. Il avait bien fallu dix minutes pour prendre une unique photo. Krum l'avait laissé se dépatouiller seul, tout en ricanant. Quand il avait enfin réussi à prendre une photo, il avait cassé l'appareil. Harry pouvait donc se vanter d'être le créateur d'un portrait unique : un Krum souriant, ce qui expliquait les 23 % d'augmentation du chiffre d'affaires.
Harry retourna au salon, qu'il trouva déserté. Il posa son fatras sur la table basse. Il lui fallait du champifleur et des feuilles à rouler. Il était certain que Charlie devait avoir ça dans ses affaires. Comme le salon était vide, il s'installa sur son canapé-lit-cuisse-de-dragon et retourna aux aventures de Merlin le merlan.
OoO
Le lendemain, Makhé les largua dans la rue côté moldu. Charlie était parti tôt le matin. La veille, il avait dû s'occuper de Norberta qui cumulait puces de dragon et rhume, ce qui la rendait particulièrement agressive et dangereuse. Quand il était rentré après avoir essuyé des jets de flammes violents, Hermione avait eu un gros coup de chaud en entrant dans le salon au moment où, torse nu, le dragonnier s'appliquait une pommade anti-brûlure sur les avant-bras. Harry avait bien ricané, Makhé avait fait une moue indescriptible et Ron avait grommelé quelque chose comme « s'il suffit d'avoir un dragon tatoué sur l'épaule pour que les filles tombent en pâmoison, je vais m'en faire tatouer un de ce pas ». Le dragonnier était donc parti s'occuper de Norberta et les trois amis découvrirent seuls, en vrais touristes, Silistra.
Silistra est une ville frontalière, entre la Roumanie et la Bulgarie. On y parlait donc un mélange des deux langues. Ron, Harry et Hermione avaient revêtu des vêtements moldus. C'était la mi-octobre, et un doux soleil d'automne les réchauffait de ses premiers rayons.
Hermione avançait d'un pas vif, suivie par Harry et Ron qui flânaient un peu plus. La sorcière trouva ce qu'elle cherchait dans une rue calme et sombre : une librairie.
« Lire des livres sorciers ne te suffit plus ?
- J'ai envie de trouver la version moldue des Chansons d'Abner le Minnesanger, Ron. Et d'autres trucs. Aidez-moi à trouver tout ce qui traite de mythologie. »
Les trois sorciers se lancèrent à l'assaut des rayonnages. Deux minutes plus tard, Ron se tapa le front, comme pris d'une inspiration subite, et se précipita vers la caisse, tenue par un vieillard nonchalant.
« Excusez-moi, pourriez-vous m'indiquer si vous avez des livres qui traitent de mythologie s'il vous plaît ?
- Moi pas parler anglais, répondit le vieillard.
- Ah zut, gémit Ron. Euh… mythologie ? Histoire ? »
Harry, qui l'avait rejoint, sortit de son sac à dos le fameux dictionnaire anglais-bulgare qu'il avait acheté quand il était fils unique de Molly Weasley et put poser sa question en un bulgare qui, s'il n'était pas parfait, avait le mérite d'être compréhensible.
Le vieux monsieur les précéda dans une allée et leur montra le rayon qu'ils cherchaient. Ils le remercièrent avec force gestes et allèrent chercher Hermione pour lui montrer leur trouvaille.
Cette dernière feuilletait un livre sur l'histoire de la sorcellerie et des rites païens de l'Antiquité à nos jours.
« Hermione, on a trouvé ce que tu cherchais.
- Eh bien moi aussi. »
Après avoir allégé grandement leur bourse et alourdi leurs sacs, ils sortirent de la librairie moldue et décidèrent de s'installer à une terrasse d'un café moldu. Hermione passa commande pour eux. Ron s'abstint de prendre une vodka (même moldue) et se lança avec Harry dans une partie d'échecs (ce qui promettait d'être épique puisqu'ils avaient demandé à leurs pièces de ne pas bouger toutes seules pour ne pas attirer l'attention sur eux, mais que certaines, et plus particulièrement les fous, grinçaient des dents et gigotaient en tous sens pour leur échapper quand ils les saisissaient) tandis qu'Hermione se plongeait dans ses livres nouvellement acquis en prenant régulièrement des notes sur son calepin gris.
Au bout d'un long moment, alors qu'Harry en était à sa troisième défaite consécutive, elle releva la tête :
« Je crois que je sais d'où vient la puissance magique ! »
