Chers lecteurs,
Que dire ? Comme d'habitude, un immense merci pour vos retours. Non seulement ça réconforte, mais en plus ça permet d'avoir un autre point de vue sur ce qu'on écrit. Continuez comme cela, vous êtes super (ou "supers", je ne sais jamais) (j'aurais tendance à dire "super", comme "cool", mais bon, rien n'est moins sûr) (j'ai jamais vu "cool" avec un s) (bon ben du coup j'ai vérifié : pour votre instruction, sachez que "super" est un adjectif invariable, et "cool" aussi) (ça nous fait une parenthèse intéressante et une belle jambe).
Portez-vous bien, guettez bien le ronflak cornu (il va bientôt sortir d'hibernation), à dimanche,
Al
PS : réponses aux petits mots des grands lecteurs :
Eliie Evans : je vais te chanter du desirelesse, voyage voyage, pour accompagner ta lecture ^^ jk rowling nous a laissé un monde à construire, c'est super cool d'inventer ce qu'on veut. je me fais plaisir et vois que ça fait plaisir à autrui, donc c'est super plaisant (eh ouais) ! merci pour ta review !
Xiu : thank yooooooooooooooooooooou for your review ! your wish is granted !
Charlie écarquillait des yeux.
« C'est pour ça que Norberta t'adore ! Parce que tu communiques avec elle ! Je ne m'en étais pas rendu compte !
- Mais je ne parle plus fourchelangue ! Je ne suis plus un Horcruxe, je ne dois pas parler aux serpents ! »
Hermione paraissait songeuse.
« Cela voudrait dire que la magie de Voldemort n'a pas totalement disparu. Il reste des traces. Il a bien dû y avoir un transfert magique. À quel moment ?
- Mais de quoi tu parles ? »
Harry semblait assez surexcité pour que Ron sorte sa baguette, prêt à pallier tout débordement. Charlie se leva et retourna dans la cuisine.
« Voldemort a dû te passer de sa puissance magique à un moment ! Ça expliquerait pourquoi ta magie fluctue ! Tu as en toi le potentiel magique du plus grand mage noir de tous les temps ! »
C'en fut trop pour Harry. Même s'il se doutait de quelque chose de cet acabit, c'était dur à entendre. Il avait en lui quelque chose de Voldemort. Une main calme se posa sur son épaule.
« Tiens, bois ça. »
Harry accepta le verre que lui tendait Charlie, plein d'une potion rougeâtre. Il but d'une traite.
« Qu'est-ce que c'est ?, demanda Hermione, suspicieuse.
- Potion calmante pour dragonneaux. Tu as de la chance que j'en aie sous la main. »
Harry sentit soudain son rythme cardiaque se calmer et s'endormit comme une masse.
OoO
Quand Harry se réveilla, il était allongé sur le canapé. Ron le veillait.
« Eh, vieux, ça va mieux ?
- Où sont les autres ?, demanda Harry en mettant ses lunettes sur son nez.
- Les filles sont à la bibliothèque de Durmstrang. Elles reviennent ce soir. »
Une sensation étrange emplit Harry. Un mélange de désespoir, de dégoût et de haine à la fois.
« Voldemort n'est pas mort ?
- Bien sûr que si, répondit Ron en se levant. Tu l'as tué il y a six mois. Ce qui reste, c'est son potentiel magique. On en a parlé : le potentiel magique est sûrement le même depuis la naissance des sorciers, et on se le partage. Là, Tu-sais-qui t'a donné son potentiel magique, c'est tout. »
Ron avait l'art de présenter les choses de façon logique et claire, ce qui était très rassurant. Harry suivit son ami dans la cuisine. Du thé infusait, des petits biscuits attendaient d'être éjectés de leurs moules et une odeur de gingembre frais flottait dans l'air. Ron servit une tasse de thé à Harry et, d'un coup de baguette, démoula les biscuits.
« Rhaaaa Brad, c'est pas pour toi ! Croque pas dedans ! Je vais te préparer un bout de viande. » grommela Ron en poussant le dragonneau qui squattait la table. Harry saliva : les biscuits devaient être au citron et au gingembre. Il reconnaissait là la patte de son ami. Une fois installés correctement, chacun devant une tasse de thé et Brad devant un steak à peine cuit, Harry retrouva le cours de ses pensées.
« Tu crois que Voldemort m'a passé sa magie ?
- C'est la théorie des filles, répondit Ron. Ça expliquerait pourquoi ta magie fait des siennes : tu en as beaucoup trop. Ça expliquerait aussi que ta baguette ait du mal : elle était habituée à une magie moins puissante. »
Harry gratouilla la tête de Brad qui ronronna de plaisir.
« Tu crois que…
- Que c'est un problème de baguette ?, le coupa Ron. Oui. »
Il avait l'air très sérieux.
« Toute l'histoire avec Tu-sais-qui s'est finie à cause d'une histoire de baguette. Ta baguette a beau être puissante, elle ne doit pas l'être assez. »
Harry sut immédiatement où Ron voulait en venir :
« Ron ! Pas la Baguette de sureau ! On en a déjà parlé ! Cette baguette est malfaisante !
- Une baguette n'est jamais malfaisante. C'est le sorcier qui l'utilise qui en fait quelque chose de malfaisant !
- C'est une Relique de la mort ! Il est hors de question que je l'utilise ! »
Harry s'était levé, outré et légèrement paniqué (sensation à laquelle il n'était pas du tout habitué) : il avait peur de perdre le contrôle dans la cuisine. Brad le regardait avec de grands yeux inquiets. Harry prit de profondes respirations et se calma un peu.
« Ron, je sais que le pouvoir de cette baguette te fascine, mais il est hors de question que je l'utilise. Elle est dans la tombe de Dumbledore, et elle y restera. »
Ron leva ses yeux bleu azur, comme le ciel sans nuage qui surplombe les montagnes de Roumanie (comme Hermione aurait pu le dire en s'appuyant sur ces histoires farfelues de Sorcière-hebdo) vers lui. Il paraissait las, ce qui était assez rare.
« Ta magie ne peut être canalisée que par une seule baguette, et c'est la Baguette de sureau. Tu restes plus dangereux sans baguette adaptée. »
Harry soupira : il se souvenait parfaitement du sentiment de puissance qui l'avait empli quand il avait utilisé la Baguette de sureau. Ce sentiment d'être le maître du monde. Il était sûr de tomber accro s'il réutilisait la baguette. Et il n'avait pas envie de devenir accro (sauf à la ravegourde et peut-être au champifleur). Il connaissait ses faiblesses et n'avait pas envie de tomber dans le panneau. Le conte des trois frères disait bien que c'était mauvais pour la santé.
Il se rassit face à Ron qui triturait un biscuit.
« Qu'en pense Hermione ?
- Pareil que moi. Makhé a voulu en savoir plus sur les Reliques de la mort, on lui a donc expliqué avec un peu plus de détails ce qu'il s'est passé. »
Harry se releva, pris d'une inspiration subite.
« Il faut que j'aille à Berca. Tu m'accompagnes ? »
Les deux sorciers transplanèrent à Berca. C'était la première fois qu'Harry emmenait Ron. Ce dernier s'émerveillait de ce qu'il voyait. Harry le mena au trou dans le sol et ils s'y glissèrent tous deux.
« Ne te mets pas dans le cercle. »
Ron regarda Harry créer de belles éruptions pendant un bon bout de temps. Harry extériorisait la tension, l'appréhension, le stress, la colère, tous ces sentiments qu'il essayait tant bien que mal de refouler la plupart du temps. Il se souvint que c'était Ginny qui avait dit qu'elle le reverrait à Pré-au-lard, alors qu'il n'avait rien prévu et qui avait dû donner, sans le savoir, des informations à la presse anglaise. Il se souvint de l'abominable campagne de presse menée par Rita Skeeter lors du Tournoi des trois sorciers pour le décrédibiliser. Il se souvint de cette fameuse cinquième année, durant laquelle il avait été considéré comme un pestiféré par le monde sorcier. Tous ces sentiments qu'il éprouvait face à la presse et à la politique sorcières ressortaient. Le feu, l'eau et la boue créaient des fleuves de lave marron qui se levaient, se tortillaient dans les airs, et remontaient dans le cratère principal avec force.
Une fois calmé, Harry chancelait sur ses jambes. Ron le sortit du cercle et lui lança un Evanesco pour ôter la boue qui le recouvrait. Il le saisit ensuite sous les aisselles et transplana avec lui directement chez Krum.
Viktor Krum, ainsi que ses colocataires, étaient absents. Ron avait heureusement le mot de passe, ce qui leur évita d'être grillés sur place par un sortilège anti-intrusion.
« Pourquoi on est là ?, demanda Harry.
- Je te rappelle que c'est Krum qui nous héberge pour cette semaine. Makhé et Charlie font déjà du drago-sitting. Je repasserai à l'Antre chercher nos affaires tout à l'heure, tu m'avais l'air trop crevé pour supporter un autre transplanage. »
Harry se laissa tomber dans un fauteuil. Il se sentait épuisé : il fut d'autant plus touché par la prévenance de Ron (son ami l'étonnerait toujours). Il allait falloir qu'il fasse attention à sa magie spontanée : elle pouvait le tuer. Ron, moins connaisseur des magies pure et spontanée, aurait peut-être eu du mal à le canaliser s'il avait eu un problème. Comme d'habitude, il avait agi sans réfléchir. Il aurait mieux fait d'attendre Makhé.
Penser à la jeune sorcière le fit penser à un autre problème :
« Brad est resté seul à l'Antre ?
- Oui, il va bouffer les pieds de tous les meubles, répondit Ron, goguenard. Ça va bien enquiquiner Makhé. »
Harry se tourna vers lui :
« Désolé pour tout à l'heure, j'aurais pu te blesser…
- Mais non, t'as géré, j'ai rien eu à faire. C'est hyper impressionnant, mais bon, c'est comme tout ce que tu fais, ça devient habituel... »
Ils passèrent le reste de l'après-midi à jouer aux échecs. Ron accepta de faire des parties sans sa reine pour laisser des chances à Harry, mais même là, il lui mettait la misère. Vers 18h, Krum et Hermione transplanèrent devant la porte. Harry et Ron saluèrent avec enthousiasme l'attrapeur. Krum proposa de faire un tour à balai à Harry, ce que ce dernier accepta. L'après-midi qu'il avait passé à ne rien faire l'avait revigoré.
Les jours suivants passèrent sans que le sujet de la Baguette de sureau ne revienne sur le tapis. Hermione n'en avait pas soufflé mot. Ron avait investi la cuisine de Krum avec autant d'aisance qu'un strangulot dans le lac de Poudlard. Il cuisinait des gratins de potiron, des carrot's cakes, des soupes divines, des veloutés de betteraves, bref, de quoi affoler les papilles. Ce fut Hermione qui proposa, un soir, l'idée du siècle :
« On va s'installer bientôt à la Mag'fac. J'y suis passée hier, et les tarifs pour deux chambres sont abordables. En revanche, on n'a pas de réserve d'argent énormissime et (et ce disant elle jeta un regard incendiaire à Harry) il est hors de question que nous taxions le coffre Potter. Donc, il faut trouver du boulot. Harry en a déjà un, il est chroniqueur pour le Chicaneur. J'ai trouvé un poste de laborantine dans le secteur potions de la Mag'fac.
- Tu travailles pour Koloff ?, demanda Krum en mordant dans une patate grillée à souhait.
- Non, pour un de ses collègues. Ron, j'ai peut-être trouvé quelque chose pour toi.
- Dis toujours, souffla Ron, exaspéré à l'avance à l'idée de travailler.
- Cuistot dans la pizzeria Sorçarella. »
Ron ouvrit de grands yeux :
« Cuistot ? Mais mais mais…
- C'est provisoire, c'est le temps de trouver autre chose. Et j'ai regardé les horaires, ça te laisserait du temps si tu as envie d'aller étudier à la Mag'fac. Leur cuistot est parti il y a un bon bout de temps, et ils ont du mal à en trouver un nouveau qui n'ajoute pas des œufs de tritons dans toutes les sauces. Ils t'accueilleraient à bras ouverts. »
Ron parut réfléchir intensément. Krum ajouta son grain de sel :
« Si tu es pizzaïolo, tu vas pouvoir remonter le niveau de la bouffe étudiante. Sorçarella est un des seuls restaurants de la Mag'fac à avoir des tarifs corrects. Et là, depuis des mois, on mange mal.
- Mais… je n'ai jamais cuisiné !
- Tu nous fais à manger tous les jours !
- Ben oui, mais c'est parce que… »
Ron se tut, rougissant. Harry savait exactement ce qu'il en était : son ami avait beaucoup souffert de la malbouffe l'année précédente, quand ils étaient en cavale. Hermione était piètre cuisinière, Harry n'avait jamais fait autre chose qu'éplucher les légumes et cuire le bacon de Vernon Dursley, et Ron ne s'était jamais penché sur la conception des repas. Pendant leur séjour en France, Ron avait beaucoup traîné dans la cuisine d'Apolline Delacour et avait appris ses bases en cuisine. À son retour au Terrier, il s'était mis à aider régulièrement sa mère à la préparation des repas. En gros, il s'était formé tout seul, à l'aide de ses papilles et de sa baguette.
« Tu sais cuisiner, même si tu n'as jamais pris de cours, argumenta Hermione. Tu n'as pas besoin d'avoir une formation pour nous faire des trucs trop bons, cette julienne de céleri en est un exemple.
- Et ça rapporte combien ?
- Pas grand-chose. Cinquante gallions le mois. »
Harry grimaça. Le système sorcier était différent du système moldu. Les prix étaient différents. Mais cinquante gallions, il trouvait que cela faisait peu. En voyant la tête réjouie de Ron, il comprit que pour lui, c'était une fortune.
« D'accord, je vais leur proposer mes services. »
Hermione lui lança un sourire heureux. Le reste du repas se passa sans anicroche. Le lendemain, Ron était embauché à Sorçarella.
Le monde tournait enfin rond. Harry avait enfermé dans un recoin de son esprit sa volonté de puissance et de contrôle. Il avait volontairement oublié les remarques de Ron. Il n'avait pas besoin d'une autre baguette que la sienne.
Il utilisait toujours aussi peu sa baguette de houx et plume de phénix, ses sortilèges étant certes plus contrôlés qu'avant, mais toujours hasardeux.
Coucou ne portait plus que rarement le courrier d'Harry. Il alternait entre différents hiboux pour brouiller les pistes. L'animal se reposait donc et reprenait du poil de la bête, ou plutôt, de la plume du volatile.
La veille de leur départ à la Mag'fac, alors qu'Harry aidait Ron dans la conception d'une salade d'endives, de noix, de roquette et de thym, un crac sonore leur parvint du salon. Makhé apparut dans l'encadrement de la porte.
« Potter, faut qu'on se pointe en Angleterre pour début novembre.
- Pourquoi ?, demanda Harry, sans se préoccuper des manières cavalières de la sorcière.
- Testament de Rogue. T'es convié. Ouverture du Papier le 5 novembre. »
