Chers lecteurs,

Le bonheur m'étreint en voyant que j'ai toujours plus de vous (des lecteurs), continuez comme ça à me laisser des commentaires et des idées et allégations (je ne sais pas si ce mot convient bien dans ce contexte, mais je l'aime bien).

Merci à Nictocris, mon bêta pas bêta (ce qui fait de moi l'alpha, ou devrais-je dire... l'Al Pha).

Portez-vous bien, écrivez-moi, à lundi,

Al

PS : for my guests (cette fois-ci, j'en ai deux. si vous désirez être sûr que je m'adresse bien à vous, utilisez un prénom dans ceux proposés oreste, modeste, ernest, céleste, la peste, nord-ouest, paris-brest, piroueste cacahuèste) :

Sieste le Guest : eh bien luna réapparaîtra, ne t'en fais pas ! moi aussi je l'aime beaucoup. je trouve qu'elle apporte beaucoup de fraîcheur à harry dans les bouquins, j'essaie de garder la même idée. merci pour ta review !

Budapest le Guest : bonjour à toi, merci d'avoir osé poster un commentaire ! ça fait très plaisir ! j'espère que ce chapitre te plaira tout autant.


« Je comprends la sympathie qu'éprouve Charlie pour Hagrid. »

Harry jeta un regard en coin à Makhé : ils se trouvaient sur la route qui les menait à l'extérieur de Poudlard. Ils avaient passé trois heures chez Hagrid. Luna avait séché les cours : ce qui était sympathique, quand on est héros de guerre, c'est que les professeurs étaient plus coulants pour gérer les absences. C'était toujours difficile de retirer des points à une personne qui a combattu Bellatrix Lestrange ou Fenrir Greyback.

« Oui, tous deux adorent les créatures dangereuses.

- Attention à la suite de ta phrase, Potter. »

Harry ricana. Il en apprenait tous les jours un peu plus sur le monde sorcier. Comprendre que les patronus délivraient une information sur le caractère des gens, comme le patronus de Tonks qui avait changé quand elle avait changé de sentiments, le faisait réfléchir sur son propre patronus.

Pourquoi un cerf ? Pour ressembler encore plus à son père ? Qu'est-ce qui, dans son caractère, faisait émerger un cerf quand il avait des pensées heureuses ?

« Pourquoi ai-je un cerf pour patronus, à ton avis ? »

Makhé lui jeta un regard aigu.

« T'as dû le remarquer, en psychologie, je suis pas hyper forte… Tu ferais mieux de demander à Granger, elle maîtrise un peu plus.

- Je te demande ton avis, pas un diagnostic, la coupa Harry en enjambant une motte de terre boueuse.

- Le cerf est un animal sauvage, qui n'a jamais été apprivoisé. Tu dois lui ressembler pour ça. C'est aussi le roi de la forêt, ce qui veut dire qu'il est têtu et fier. Il me semble qu'il est capable de mourir pour protéger son troupeau, même s'il reste très solitaire. Comme pour les loups, il garde ses amis toute sa vie et on raconte qu'il pleure quand ils meurent. »

Harry cilla : il lui semblait entendre un portrait de son père et de lui. James Potter avait gardé comme amis Sirius, Remus et Pettigrow toute sa vie, il était mort pour les protéger, Lily et lui. Son cœur se serra et il décida de changer de cible :

« Et la loutre ?

- Les loutres sont des animaux intelligents, qui se tiennent par la patte pour éviter d'être emportées par le courant. Elles utilisent des petits cailloux pour ouvrir des coquillages. Elles ont une petite poche dans leur fourrure pour les ranger : elles sont prévoyantes. Et elles peuvent être aussi cruelles et manger les poissons par la tête. Tu penses à qui ?

- Hermione. Son patronus est une loutre.

- Ça correspond, gloussa Makhé. Je demanderai à Ron si elle a une petite poche sous l'aisselle pour cacher ses cailloux. Ron, c'est quoi ?

- Un chien, je crois.

- Fidèle dans l'âme, alors. »

Harry sourit. Ron l'avait lâché deux fois : en quatrième année quand il croyait qu'Harry avait voulu être champion de l'école, et pendant la quête des Horcruxes. Mais par deux fois il était revenu, la tête basse, et ne s'était jamais pardonné d'avoir failli. Hermione et Harry avaient essayé de lui expliquer que ce n'était pas grave, que ça pouvait arriver à tout le monde de douter ; pour Ron, cela avait été inconcevable. Comment avait-il pu laisser tomber ses meilleurs amis ? La honte avait été tellement grande ! Il s'en voulait encore, et Harry se doutait qu'il s'en voudrait toute sa vie.

En effet, Ron était fidèle et loyal comme un chien. Comme Sirius.

« Et Voldemort ? Il avait quoi comme patronus ?

- Personne ne le sait. Personne ne l'a jamais vu créer un patronus. Soit il n'avait pas de pensées heureuses, soit il n'a jamais éprouvé le besoin d'en créer un. Il aurait sûrement été un serpent, mais avec lui, on ne sait jamais. Allez Potter, on a dû franchir la frontière magique, on transplane. »

Harry saisit le bras de Makhé et ils disparurent tous deux. Ils avaient à faire sur le Chemin de Traverse. Il fallait éviter d'être pris de court puisque le lendemain, ils avaient rendez-vous chez le notaire.

OoO

« Bonjour Miss Lestrange, Mr Potter. »

Les deux sorciers entrèrent dans le bureau de Me Maître. La pièce était déjà occupée par une belle femme blonde et un blondinet passable. Drago Malefoy, en grand manteau noir aux coutures vert sombre, affichait un air hautain. Il paraissait toujours aussi maigre et mal en point, comme si la chute de Voldemort n'avait pas hâté son rétablissement, et qu'il vivait toujours dans la frayeur de se faire tuer. En voyant Makhé, il se détendit imperceptiblement. Narcissa Malefoy, au contraire, se crispa.

Une fois les salutations faites, enfin si on peut appeler salutations le regard froid et haineux que s'échangèrent Harry et Malefoy, Me Maître s'installa à son bureau. Il prit la procuration qu'Harry lui tendit et convint que la séance pouvait commencer.

« Il y a eu plusieurs versions des testaments de Mr Rogue, c'est pour cela que la justice a traîné. Nous avons dû dépoussiérer tout ça. La première version date de sa quatrième année à Poudlard. Il venait apparemment de survivre à une rencontre avec un loup-garou. »

Me Maître ne remarqua pas le tressaillement de Malefoy fils ni la grimace de Malefoy mère et commença la lecture.

Moi, Severus Rogue, ai pris conscience la nuit dernière de la fragilité de la vie.

Je lègue à mon amie Lily Evans ma baguette et ma collection de livres de potions.

Je lègue à mon amie Narcissa Black les trente-quatre gallions et dix-huit noises qui sont dans mon coffre à Gringotts.

Je lègue à James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow le coffre qui se trouve sous la statue d'Harold le Sanguinaire. Ils y trouveront de quoi s'amuser.

Harry pensa immédiatement à une mauvaise blague de Rogue. Oswald Maître posa le premier document sur son bureau et donna des explications succinctes :

« De ce testament nous retiendrons le sort de la baguette et du coffre de Poudlard. Il n'en a plus jamais parlé, donc nous considérons que la baguette et le coffre reviendront à l'héritier direct de Lily Evans et de James Potter, qui se trouve être aussi l'héritier de Sirius Black. Le coffre ayant disparu depuis longtemps, nous n'avons pas demandé à Andromeda Tonks de nous amener Theodore Lupin, héritier direct de Remus Lupin. Continuons. Ce deuxième testament date de 1981, trois jours avant la disparition de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. »

Moi, Severus Potter, lègue à Lily Evans mon coffret d'acajou, à Narcissa Malefoy le contenu de mon coffre à Gringotts et à Makhé Lestrange le contenu de ma bibliothèque.

Makhé, en parfaite Black, ne laissa rien transparaître.

« Le troisième texte est le dernier que nous ayons en notre possession. Il date de 1995, l'année du Tournoi des trois sorciers. »

Moi, Severus Rogue, lègue à Drago Malefoy le contenu de mes placards à potions, puisse-t-il y trouver de quoi résister au Seigneur des Ténèbres ; à Narcissa Malefoy le contenu de mon coffre à Gringotts, puisse-t-elle y trouver de quoi quitter son mari ; à Harry Potter, selon les désirs de Dumbledore, ce que ce vieux fou m'aura légué, ainsi que le coffret d'acajou ; à Makhé Lestrange le contenu de ma bibliothèque et l'appartement que j'ai à Pré-au-lard, ce qui lui permettra d'avoir un pied-à-terre en Angleterre ; que Poudlard dispose des effets de mon appartement à Pré-au-lard et de mon stock de potions caché dans les cachots.

Harry était sonné : Rogue l'avait vraiment couché sur son testament ! Il récupérait ainsi les biens de Dumbledore dont Rogue avait hérités, et un coffret.

Narcissa Malefoy prit la parole :

« Je prendrai rendez-vous avec les Gobelins la semaine prochaine. Je ne vois pas pourquoi je resterai ici, puisqu'il n'y a aucun effet personnel que Rogue ne m'ait légué. Je vous remercie, Maître Maître. Je vais en parler de ce pas à mon mari.

- Tonton Lulu est toujours à Azkaban ? » demanda Makhé, narquoise.

Narcissa Malefoy ne daigna pas lui répondre et quitta la pièce, après que Me Maître lui eut fait un baise-main.

« Voici donc les clefs de l'appartement dont vous héritez à Pré-au-lard, dit Oswald Maître en tendant un porte-clefs à Makhé. Je crois que vous savez où il se situe.

- En effet. »

Le notaire fouilla dans son bureau et en sortit un carton contenant un coffret d'acajou, une baguette en ébène qu'Harry avait longtemps vue entre les mains de son professeur de potions, une pensine, qui devait être celle de Dumbledore, des papiers en vrac et quelques objets bizarroïdes.

« Voici pour vous, Mr Potter. »

Harry saisit le carton et le glissa dans son sac (heureusement qu'il avait pris avec lui son sac agrandi magiquement avec l'aide d'Hermione !). Le notaire finit enfin en donnant une petite clef à Drago Malefoy :

« Le contenu de tous les placards qui pourront être ouverts avec cette clef vous appartient. Quant à ce qui revient à Poudlard, je passerai voir le professeur McGonagall pour lui remettre les clefs qui lui manquent. »

Makhé récupéra une carte de visite sur le bureau du notaire et prit congé.

« Je vous contacterai si j'ai besoin de quelque chose. »

Elle se tourna vers Harry et Malefoy à peine eurent-ils mis le pied dans le couloir.

« Bon, je vous propose d'aller boire un coup au Chaudron Baveur.

- Tu l'as découvert hier, et tu t'es déjà entichée de l'endroit ?, demanda Harry.

- Je me suis entichée du barman. »

Harry grimaça en imaginant la tête de Tom, le barman bossu du Chaudron, à côté de celle de Makhé, Malefoy gloussa de même.

« Vous croyez que vous arriverez à vous supporter pendant une heure ?, demanda Makhé.

- Ça devrait le faire, avoua Malefoy du bout des lèvres.

- On n'est plus à Poudlard, affirma Harry. Et on s'est mutuellement sauvé la vie plusieurs fois, donc ce n'est pas maintenant qu'on va se massacrer. Ce serait ruiner plusieurs belles actions légendaires. »

Devant le regard interrogateur de Makhé, il lui expliqua rapidement que Malefoy avait refusé de dévoiler leurs identités au manoir Malefoy et que, dans la Salle sur demande, Ron et lui avaient sauvé l'héritier sang-pur et son acolyte, Goyle. Les dettes étaient acquittées.

Une fois assis dans un coin au Chaudron, Makhé et Malefoy se lancèrent dans une conversation à balais rompus sur leurs vies respectives. Cela faisait longtemps que les deux cousins ne s'étaient pas vus, et malgré la différence d'âge, Harry les sentait proches. Il apprit ainsi que Malefoy n'avait jamais pris la marque des ténèbres (Voldemort n'avait pas besoin de compter dans les rangs de ses plus fidèles serviteurs le fils d'un Mangemort incompétent), qu'il s'était entraîné à l'occlumencie avec sa tante Bellatrix, que Goyle ne s'était toujours pas remis de la mort de Crabbe, que Pansy Parkinson avait fui en Italie (on ne restait pas en Angleterre quand on était la sorcière qui avait voulu offrir Harry Potter à l'ennemi pendant la Bataille de Poudlard), que Lucius Malefoy purgeait sa peine et que Narcissa Malefoy voulait marier son fils unique à une certaine Astoria Greengrass.

« T'imagines, Mak, une Greengrass ? C'est juste pour changer de nom qu'elle veut m'épouser, y a pas moyen.

- Tu ne m'avais pas parlé d'une Greengrass ? Une Diana ou quelque chose comme ça…

- Daphné, corrigea Drago. Elle était à Serpentard dans mon année. Une fille charmante. Très charmante. Elle est partie aux États-Unis étudier la métamorphose. Dommage. Astoria est en sixième année à Poudlard. Ma mère insiste pour signer des contrats de mariage tout de suite, alors que la fille n'est même pas encore majeure. Et toi, tes amours ?

- Mon coloc' remplit le cahier des charges.

- Quoi, Makhé, t'es maquée ? »

Harry recracha sa biéraubeurre par les trous de nez. Malefoy lui jeta un regard dédaigneux :

« À ta place, je l'ouvrirais pas. Si mes souvenirs sont bons, ta traîtresse à son sang n'est pas très fréquentable.

- Ce n'est plus "ma traîtresse", corrigea Harry. C'est fini entre nous.

- Alors ça, c'est la première fois que je te vois faire preuve de bon goût… Finalement, tu n'es peut-être pas irrécupérable. »

Makhé sentit qu'il fallait changer de sujet de conversation.

« À propos, ta mère m'en veut toujours ?

- Tu as dû le remarquer, véracrasse. »

Devant l'air interrogateur d'Harry, Makhé s'expliqua :

« Tante Cissy aurait voulu que je revienne pour me battre aux côtés du Seigneur des Ténèbres. Pour elle, une famille, ça doit être uni. Et une fille, ça doit soutenir sa mère. J'aurais dû être là quand elle est morte, et je devrais la venger. Mais je n'ai pas très envie de le faire. Ma tante m'en veut à cause de ça. »

Harry comprit que la situation devait être beaucoup plus compliquée que ce que laissait croire Makhé. Même si elle avait rejeté sa famille, elle était restée en contact avec son cousin. Elle ne voulait pas venger ses parents, mais c'était apparemment ce que les règles des vieilles familles sang-purs demandaient. Et en plus de tout ça, elle fréquentait le fils de la meurtrière de sa mère.

Quel imbroglio.

« Mais alors, commença Harry, s'attirant un regard dégoûté de Malefoy juste parce qu'il s'adressait à lui, comment as-tu pu valider tes ASPICs ?

- Je suis allé les passer à Durmstrang. Les Sangs-purs ont quelques facilités dans la vie, Potter. Karkaroff était un ami de mon père, et Koloff le disciple de Karkaroff. Les Malefoy sont dans leurs petits parchemins. J'ai débuté l'année à Poudlard et l'ai finie à Durmstrang, pendant que, il paraît, tu te la coulais douce au soleil français. »

Harry accepta l'explication sans broncher. Un silence se créa, qu'Harry rompit de nouveau :

« Merci, au fait. Apparemment c'est grâce à toi que j'ai survécu.

- On en a déjà parlé, Potter. Tu ne me dois rien. C'est ma mère qui t'a sauvé la vie.

- Non, c'est toi. À cause de ce qui s'est passé dans la tour d'astronomie. »

Malefoy resta imperturbable, mais des années à le fréquenter et une année, en particulier, à être totalement obsédé par lui, permirent à Harry de voir qu'il essayait de cacher quelque chose.

« Quoi ? Il y a un problème ?

- Tu ne me dois rien, Potter. Ça me pourrirait la vie de savoir que tu m'es redevable de quelque chose. Je n'ai pas envie qu'une dette nous lie.

- C'est trop tard, Blondie, le coupa Makhé en piochant l'olive qui était au fond de son verre. Je pense qu'Harry a contracté une dette de vie envers toi, et le connaissant, il est capable de la tenir. »

Harry essaya de se rappeler de ce que c'était une dette de vie. Ah, c'était ce qui devait l'avoir lié à Pettigrow : au moment le plus inattendu, cette dette contractée en troisième année parce qu'il avait laissé la vie sauve au traître les avait sauvés, lui, Ron, Hermione, Luna, Dean, Ollivander et Gripsec. Une dette à vie qui le liait à Malefoy, son pire ennemi ? Quelle idée ! Mais la magie et les engagements des sorciers passent au dessus des inimitiés.

Malefoy pinça les lèvres et leva ses sourcils d'un air dédaigneux.

« Drago, ça sert à rien de niaiser, c'est comme ça. Ça pourra toujours t'être utile, sait-on jamais.

- Tu sais très bien ce dont j'ai besoin, Mak. Et c'est pas d'un Gryffondor dans ma vie. Une dette de vie, quoi… »

Il frissonna. Ce fut dix minutes plus tard, quand ils attaquèrent les plats que Tom leur avait apportés pour déjeuner, que l'éclairage se fit dans la tête d'Harry.

Malefoy s'était jeté voracement sur un steak saignant, presque cru.

« Tu as été mordu ?

- Que veux-tu dire, Potter ?, demanda Makhé, faussement innocente, en attrapant une frite.

- C'est pour ça que tu as changé en sixième année ! Je pensais que tu étais devenu un Mangemort, mais non ! Tu as été mordu, sûrement par Greyback ! C'est lui qui a mordu Remus, parce que ses parents tenaient tête à Voldemort. À tous les coups, il t'a mordu pour punir ton père d'avoir échoué au Département des Mystères ! »

Le regard de Makhé faisait des va et vient entre eux deux. Elle se fixa sur Malefoy :

« À mon avis, tu peux lui dire. »

Pour toute réponse, Malefoy, honteux, remonta la manche de sa robe et montra sur son bras une cicatrice en forme de morsure.