Chers lecteurs,
De prime abord, merci pour vos retours. Comme d'habitude, ils m'ont fait rire, réfléchir, plaisir, casimir et pour-le-meilleur-et-pour-le-pire. Continuez ainsi, je réponds toujours, n'hésitez pas.
Ensuite : les lettres de Rogue sont prêtes (ces fameuses lettres dans le coffret d'acajou dont Harry a hérité). Néanmoins, je ne pense pas les intégrer au récit, car elles ralentiraient le rythme des aventures de nos héros. Donc soit je les poste en fin de fic en OS bonus-cadeau-la-fic-est-finie-mais-la-fic-continue (je prévois d'autres petites bricoles, je vous en dirai plus une autre fois), soit je les poste en OS séparé sur mon compte. Dites-moi ce que vous en pensez, ou désirez, je me plierai à vos volontés (en gros, soit vous patientez, soit vous avez tout tout de suite).
Portez-vous bien, entretenez votre bêtacarotène (merci à mon bêta, d'ailleurs, encore une fois), à dimanche,
Al
PS : Réponse au Guest (cette fois unique) : merci ! l'euphorie m'étreint à la vue des réactions de mes lecteurs persévérants !
« Elle connaissait bien Rogue, Makhé ? »
Charlie ne se crispa même pas. Harry désespérait de faire réagir un jour Charlie Weasley : ce dernier restait d'un calme stoïque à toute épreuve, alors même qu'Harry avait choisi le moment le plus inopportun du monde pour poser sa question.
« En quoi ça te regarde ? »
La voix de Charlie était douce, mais Harry sentit comme une dureté cachée sous le timbre du dragonnier. Ce dernier avait les mains coincées dans le nid de Délivrance, une dragonne acariâtre, sous un œuf gros comme un souaffle : il tâtait la coquille pour repérer d'éventuelles fissures. Harry avait attiré Délivrance à l'extérieur, avec des cajoleries en fourchelangue.
« Je me pose des questions, c'est tout. J'essaie d'en apprendre un peu plus sur Rogue. »
Le silence de Charlie fit comprendre à Harry que Makhé avait dû lui en parler, et que le dragonnier avait tu le sujet par tact, non par ignorance.
« Les morts doivent rester avec les morts, Harry.
- C'est exactement ce que m'a dit Luna. Mais j'ai besoin de comprendre. C'est comme ça. Dumbledore m'a appris à aller chercher des réponses dans le passé, j'applique les leçons du maître. »
Charlie passa à un autre œuf sans relever son ton légèrement ironique et jeta un regard franc à Harry.
« Tu n'as qu'à poser tes questions directement à Makhé.
- J'ai peur de lui faire de la peine. Je marche sur des œufs, c'est le cas de le dire, d'ailleurs, ajouta Harry en observant Charlie effleurer amoureusement un œuf brûlant. Je n'ai pas envie qu'elle se braque.
- Je te comprends, dit Charlie dans un rire sans joie. On m'a dit qu'elle ressemble à sa mère quand elle s'énerve. »
Il garda le silence pendant un long moment, manipulant ses œufs sans regarder Harry. Alors qu'Harry pensait que c'était fichu, qu'il n'arriverait jamais à lui arracher une information, Charlie reprit :
« Si Rogue a toujours détesté Sirius, il s'entendait bien avec ses cousines, Narcissa et Andromeda Black. Ils sont restés amis. Quand Bellatrix a eu ses enfants, Makhé et Ptolémée, cela faisait plusieurs années que Mrs Malefoy essayait de donner un héritier à son mari. Bellatrix Lestrange ne voulait pas s'encombrer d'enfants : Tu-sais-qui lui demandait de plus en plus de dévotion, de temps et de meurtres. Elle les a confiés à sa sœur, qui n'attendait que ça, de s'occuper d'un enfant. Deux d'un coup, tu imagines la joie… Comme elle gardait les enfants chez les Lestrange, Narcissa demandait à Rogue d'être baby-sitter avec elle pour tuer le temps. Rogue n'était pas encore professeur à Poudlard, il était beaucoup plus disponible. Il logeait presque chez les Lestrange pour s'occuper des enfants. »
Harry sentait le drame venir : Makhé lui en avait parlé, à demi mots, lors du premier repas qu'ils avaient partagé à l'Antre de Fafnir.
« Mais Malefoy s'était embrigadé dans les rangs de Tu-sais-qui et sa femme se trouvait à devoir faire des réceptions chez eux, pour accueillir tous les Mangemorts. Un soir, alors que Makhé, toute gamine, était seule au Square Grimmaurd, que tous les Mangemorts étaient au manoir Malefoy, son frère Ptolémée a été pris d'une violente crise d'éclabouille. Il est mort dans ses bras. Elle avait six ans. Je crois qu'elle en a toujours voulu à ses parents de ne pas avoir été là pour protéger son frère. »
Harry frissonna. Six ans… suffisamment grande pour se souvenir, suffisamment grande pour savoir qu'elle n'aurait rien pu faire. Pour pouvoir en vouloir à ses parents. Pour pouvoir les haïr à cause de leur inaction et de leur absence. Pas étonnant qu'elle n'ait pas cherché à les venger.
« C'est Rogue qui les a trouvés. »
Harry sut qu'il n'en tirerait pas plus de Charlie. Le ton de sa voix indiquait que le sujet était clos. Ils terminèrent de tâter les œufs, chacun plongé dans ses propres pensées.
Quand ils rentrèrent le midi déjeuner à l'Antre, de nombreuses lettres et de plumes de hiboux les attendaient dans le salon.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Harry.
Le regard flamboyant de Charlie lui indiqua que le dragonnier était furieux mais qu'il restait toujours maître de lui. C'est avec une voix pleine de colère rentrée qu'il répondit :
« Ça fait un petit bout de temps que ça dure. Depuis que cette bécasse de Skeeter a rappelé aux Anglais l'existence de Makhé, elle reçoit régulièrement des lettres de menace et d'insultes. Ça s'était calmé, mais là, ça reprend. Je suppose que Skeeter a écrit un nouvel article. »
La porte d'entrée claqua rageusement, annonçant l'arrivée de l'intéressée. Ils migrèrent tous vers la cuisine, dans laquelle Makhé commença à tapoter hasardeusement les casseroles.
« On va commander Sorça, non ? »
La voix de Charlie ne laissait rien transparaître de ce qu'il avait vu dans le salon. Makhé ne fut pas dupe :
« Il y a quelque chose que tu veux me dire, Weasley ?
- T'as du courrier. »
Makhé fronça les sourcils.
« Je m'y attendais. Skeeter a dit que je rentrais bientôt en Angleterre pour passer Noël. »
Une suite de grognements inintelligibles parvint ensuite aux oreilles d'Harry tandis qu'elle quittait la pièce. Charlie passa un coup de cheminette dans la cuisine de Sorçarella pour commander trois pizzas.
« Vous allez en Angleterre pour Noël ?, demanda Harry, surpris.
- Je l'ai convaincue de rencontrer officiellement mes parents. Elle gère plutôt bien le stress, je trouve. »
À ces mots, le bruit d'une explosion leur parvint du salon. La porte s'ouvrit brutalement et Makhé, le visage noirci et les cheveux hirsutes, entra avec fracas dans la cuisine. Elle s'affala à côté d'Harry et s'appliqua un sort de nettoyage.
Des bras sorciers apparurent dans la cheminée, portant trois boîtes de pizza. Harry prit sa bourse pour régler mais Charlie fut plus rapide. Il donna un pourboire au serveur et revint poser les trois pizzas sur la table. Tous commencèrent à mâcher avec enthousiasme, jusqu'à ce que Makhé relance la conversation.
« Weasley ?
- Oui ?
- J'ai reçu du courrier de Drago. Il va falloir que j'aille le voir pendant les vacances. »
Charlie reposa sa part. Harry gigota sur sa chaise, partagé entre le malaise et la curiosité.
« Apparemment, il s'est mis dans la bouse de magyar.
- Rien de trop grave ?
- Je ne pense pas. Enfin, s'il demande l'aide de sa cousine chérie, c'est soit qu'il a mordu quelqu'un, soit que son tailleur personnel est mort et qu'il ne sait plus comment s'habiller.
- Rien d'urgent, alors.
- Le problème, continua Makhé, c'est que le manoir Malefoy est super loin. Je ne me vois pas loger à Pré-au-lard, village plein de sorciers du bon côté, toute Lestrange que je suis, ni enfreindre régulièrement l'hospitalité de tes parents. »
Harry sentit qu'il pourrait apporter une possibilité de solution :
« Tu pourrais venir au Square Grimmaurd, si tu veux.
- Vous l'avez débloquée ? »
Makhé le regarda avec des yeux ronds :
« La maison était devenue incartable !
- Protégée par un Serment du secret, dont Dumbledore était le Gardien. Depuis sa mort, nous sommes tous gardiens. Charlie ne te l'a pas dit ?
- Weasley a encore quelques secrets pour moi, merci bien.
- Ça pimente notre relation de couple. » ajouta Charlie en ajoutant de la sauce piquante sur sa demi-pizza restante.
Makhé parut réfléchir un court instant.
« Tu nous hébergerais ?
- Après tout, tu aurais dû en hériter si Sirius ne me l'avait léguée. Et puis je pense que je vais moi aussi loger là-bas. Ça risque d'être légèrement tendu avec Ginny, autant éviter de brasser la potion. »
Charlie lui lança un regard reconnaissant : il avait dû déjà y penser. Makhé réattaqua sa part avec plus d'enthousiasme.
OoO
Ron avait pu poser de très courts congés à Sorçarella (la rançon du succès, le patron n'était pas prêt à voir son chiffre d'affaires diminuer de moitié pendant les fêtes) : Hermione et lui rentreraient beaucoup plus rapidement à la Mag'fac, dès le 1er janvier. L'invitation d'Harry s'était étendue et le Square Grimmaurd accueillerait aussi quelques temps Neville Londubat, pour qu'il puisse être plus près de Sainte-Mangouste pour aller voir ses parents, et Luna Lovegood, qui voulait travailler sérieusement (Harry avait du mal à imaginer Luna sérieuse) pour une refonte du Chicaneur. Elle voulait profiter d'avoir son associé (ça faisait toujours bizarre pour Harry d'être appelé "associé" de Luna) sous la main pour changer ce qu'il fallait changer. Apparemment Xenophilius laissait de plus en plus la main à sa fille : les épreuves de la guerre avaient dû laisser quelques traces indélébiles et le père de Luna avait du mal à retrouver sa fougue et sa féerie d'antan.
Résultat, le jour du départ, Harry pensait à ce retour en Angleterre sereinement : la dernière fois qu'il était rentré au Square Grimmaurd, après son séjour en France, il ne voulait voir personne pour panser ses plaies comme un grand. Maintenant, sa maison allait être pleine d'invités, il allait passer Noël et le jour de l'an avec ses amis, vivre en vraie coloc' pendant une semaine, revoir Kreattur (c'est bizarre, mais l'elfe lui avait presque manqué). Pour une fois depuis longtemps, Harry envisageait son retour avec joie.
Le portoloin qu'ils devaient prendre partait du terminal des portoloins par lequel ils étaient arrivés. Harry, Ron et Hermione dormirent chez Krum la veille. Le lendemain, ils prenaient leur petit déjeuner quand Charlie et Makhé transplanèrent dans le salon :
« Weasley bis, rassure-moi, ta mère ne va pas essayer de nous marier ?
- Absolument pas ! Elle est beaucoup trop contente d'avoir Hermione comme bru, elle ne voudra jamais l'échanger contre toi.
- Quand je dis "nous", je veux dire Weasley et moi ! »
Ron ricana :
« Je ne sais pas. J'ai hâte de voir la confrontation, d'ailleurs, à mon avis vous êtes à armes égales. Dis-toi juste qu'elle a détesté Fleur pendant un an mais que maintenant elles s'entendent comme lardons en foire. » (Ron avait toujours un peu de mal avec les expressions moldues).
Avant que Makhé ait pu lancer un sort à Charlie, Harry leur proposa de toucher le portoloin. Hermione, Ron, Harry, Charlie et Makhé touchèrent donc la brosse à cheveux rose Barbie.
Ils arrivèrent dans le jardin du Terrier qui était couvert de neige. Harry et Makhé, plus habitués que les trois autres à voyager par portexpress, parvinrent à rester debout tandis que Charlie, Ron et Hermione s'étalaient dans la neige.
« Arthur ! Arthur ! Ils sont arrivés ! »
La voix surexcitée de Molly Weasley arriva à leurs oreilles alors même qu'ils n'étaient pas encore debout. Bill et Mrs Weasley sortirent à grands pas du Terrier pour se jeter sur eux.
Pendant un long moment, tout ne fut plus que longues embrassades, étreintes étouffantes et larmes à peine cachées. Mrs Weasley, tout à son bonheur de revoir ses deux fils chéris, sa future bru et son presque-fils, n'avait pas encore remarqué la nouvelle venue. Ce ne fut qu'une fois à l'intérieur, à l'abri dans la cuisine chaleureuse du Terrier, qu'elle nota la présence de Makhé.
« Oh, Harry, tu nous as amené ton amie de la Mag'fac !
- Euh… Plus précisément, Makhé est ma colocataire. » répondit Charlie, se jetant à l'eau.
Un grand silence se fit. Le visage de Mrs Weasley fut traversé d'un spasme indescriptible : après avoir réussi à accueillir Fleur et Hermione, était-elle capable d'accueillir la coloc de Charlie ? Harry jugea que le terme de "coloc" pour définir la relation de Charlie et Makhé ne rendait pas exactement compte de la situation, mais il valait sans doute mieux épargner encore un peu Mrs Weasley.
Ce fut Bill qui brisa la glace : il serra la main de Makhé.
« Content de te rencontrer, Charlie m'a un peu parlé de toi.
- Il ne raconte jamais grand-chose de sa vie, je suis donc très flattée qu'il t'ait parlé de moi. » répondit Makhé en essayant de faire un sourire engageant.
Bill ricana.
« C'est vrai qu'il est muet comme un strangulot, quand il s'y met. »
L'ambiance se dégelait. George restait un peu en retrait, Ginny rougissait, sans qu'Harry arrive à savoir si c'était de gêne ou de colère, et jetait des regards furtifs à Harry et Makhé en même temps, comprenant sûrement sa méprise. Percy salua Makhé, froid et distant comme tout bon Percy sait l'être. Makhé ne s'en formalisa pas, habituée aux manières sangs-purs.
« Makhé, vous pourrez dormir dans la chambre de Ginny, dans le lit qu'occupait Hermione, proposa Mrs Weasley.
- Maman, coupa Charlie, Makhé dort avec moi.
- Ah bon, hoqueta Mrs Weasley. Mais vous êtes… Je veux dire… Vous… Colocataires… Hum… Bien bien… »
La confusion dans laquelle était plongée Mrs Weasley fit réagir ses invités. Charlie entraîna Makhé pour lui faire visiter la maison, et Mrs Weasley, retrouvant son aplomb, se tourna vers Harry :
« Harry, tu pourras dormir dans la chambre de Fr… de George, se corrigea Mrs Weasley.
- C'est très gentil à vous, Molly, mais je rentrerai dormir au Square Grimmaurd. Ce sera plus simple pour nous tous, ajouta Harry en jetant un regard éloquent en direction de Ginny qui discutait avec Ron et Hermione.
- C'est dommage, mais je comprends, répondit Mrs Weasley, dont les yeux brillants indiquaient qu'elle ne comprenait pas pourquoi il préférait aller dans une maison triste et sombre et froide et absolument pas accueillante quand le Terrier pouvait le loger. Charlie chéri, vous dormirez ici ?
- Non maman, Harry nous loge à Londres. Makhé a des choses à y faire, ce sera plus simple.
- Mmm, grogna Mrs Weasley. Ron ? Hermione ? Je vous garde à dormir cette nuit ? »
Les deux interpellés levèrent les yeux vers elle et comprirent que ce n'était pas une question. Ron rougit et secoua la tête pour marquer son assentiment ; Hermione était donc forcée d'accepter.
Le déjeuner se passa simplement : la vraie fête serait le soir même. Harry avait réussi à s'installer loin de Ginny et s'était retrouvé entre Mr Weasley et Percy. Il avait bien discuté de ses recherches avec Arthur et avait pris la décision, au bout de quelques minutes, d'intégrer une rubrique "Moldus" au Chicaneur. Percy avait apporté son aide à la conversation, et Harry avait pris la décision, au bout de quelques secondes, de ne jamais y intégrer de rubrique "législation magique : les dessous obscurs du Code sorcier".
Harry était ravi de voir que Percy avait retrouvé sa place dans la famille Weasley. Même s'il s'en était beaucoup voulu de la mort de Fred, en croyant que c'était à cause de lui que son frère était mort, il avait réussi à se reconstruire un peu. Il avait gagné en humilité et, s'il était toujours insupportablement attiré par des questions complexes et inintéressantes, il avait perdu de sa superbe et était maintenant beaucoup plus accessible. Il se laissait même parfois aller à quelques touches d'humour.
Après le déjeuner, Harry alla se promener avec les garçons Weasley, Fleur et Hermione dans la lande. Makhé partit à Pré-au-lard voir son cousin tandis que Ginny migra chez Demelza Robins, une poursuiveuse de son équipe de Quidditch qu'Harry connaissait : elle avait intégré son équipe lors de sa sixième année, quand il était capitaine.
« Alors, Arry, content de la Mag'fac ? »
Harry sourit à Fleur : devant eux, Hermione discutait avec Percy. Leur conversation était inaudible. Les quatre autres Weasley traînaient la patte à l'arrière. Harry raconta un peu ce qu'il vivait, Durmstrang, le Quidditch. Il lui donna des nouvelles de Krum. Fleur caressait nonchalamment son ventre arrondi en l'écoutant attentivement.
« Tu y as fait tes études ?
- Non, je suis directement entrée en apprentissage chez un enchanteur, répondit Fleur avec son adorable et insupportable accent français. J'ai longtemps hésité entre potions et sortilèges, et finalement j'ai choisi d'être enchanteresse.
- Tu l'as toujours été, minauda Harry.
- Flatteur, gloussa-t-elle.
- Enchanteresse, ça consiste en quoi, précisément ?, reprit-il avec sérieux.
- J'enchante des objets. Des vêtements, notamment, avec des sorts protecteurs ou des runes brodées. Je travaille pour une entreprise française. Mais c'est un peu compliqué de travailler par correspondance… George me demande parfois de l'aide pour enchanter ses objets. Il m'a demandé si ça m'intéressait de travailler pour lui, en tant que vraie associée. Depuis la mort de Fred, il a du mal à tout gérer. Mais je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je vais voir. »
Harry était content de discuter avec Fleur : la jeune femme était très intelligente et réfléchie, bien qu'elle soit toujours un peu hautaine. Harry comprenait un peu plus ce qui avait pu plaire à Bill.
Leur balade les maintint dans une ambiance détendue. Makhé transplana pour le thé : ses sourcils froncés indiquèrent à Harry que la rencontre avec Malefoy ne s'était pas forcément bien passée. Heureusement, Makhé fut beaucoup plus loquace que ce qu'elle était quand les potins la concernaient.
« Dragonichou a mis une fille enceinte. »
Ron ricana, Hermione ouvrit de grands yeux, Harry s'étouffa avec son thé. Seul Charlie resta impassible, comme d'habitude.
« Au moins, il n'a mordu personne, constata-t-il.
- Ça viendra s'il ne fait pas attention. Heureusement qu'il se forme chez un potionniste reconnu, il peut se fabriquer sa potion Tue-loup sans se faire remarquer, grinça Makhé. On en trouve difficilement dans le commerce. Il m'a d'ailleurs passé commande pour des écailles de norvégien en poudre.
- Je devrais pouvoir lui fournir ça. Brad et sa sœur auront leur première mue en mars, s'il peut attendre un peu, ça ne devrait pas poser problème. »
Ron, content d'avoir un commérage sur son pire ennemi, relança la conversation :
« Mais la fille ? C'est qui ?
- Je ne sais plus s'il me l'a dit, répondit Makhé. Au moins, elle est Sang-pur et majeure. C'est le principal.
- Et consentante ?, demanda Charlie, qui avait un sens des priorités différent de celui de Makhé.
- Les Black n'ont jamais eu à forcer quelqu'un, mon chou. »
La conversation revint sur les écailles de dragon. Ron finit par investir la cuisine maternelle et aider sa mère à la confection de plats pour le réveillon. Vers 19h, Mrs Weasley demanda à Hermione un service :
« J'ai invité Rubeus et Abelforth pour le réveillon. Je n'avais pas envie qu'Abelforth soit seul pour Noël. Peux-tu m'aider à consolider ce banc pour Rubeus ? »
Harry se réjouit : s'il ne venait pas à Pré-au-lard, Abelforth Dumbledore viendrait à lui.
