Chers lecteurs,

The show must go on, comme dirait l'autre. (Voilà, c'est dit. Aucun rapport, mais j'ose espérer que vous l'aurez dans la tête pour la journée).

Merci à vous pour les commentaires / les étoiles / les suivitudes / les conseils de lecture / la relecture / le chocolat noir 100% (rayez les mentions inutiles).

Portez-vous bien, pratiquez bien le handspinner, à mercredi,

Al


« Je déteste la Saint Sylvestre. » grogna Ron.

Ils étaient assis dans le salon du Terrier. Les Weasley étaient partis en randonnée, et le Trio d'Or (George avait ri aux éclats, ce qui était suffisamment rare pour être remarqué, quand il avait appris le surnom que Marguerite Verbiage de Sorcière-hebdo avait donné aux trois amis) était resté digérer devant la cheminée.

« Je déteste la Saint Sylvestre. » répéta Ron, un peu plus fort.

Harry ne releva pas, concentré sur sa reine blanche qui tremblait d'appréhension ; Hermione non plus, concentrée sur son livre.

« D'abord, continua Ron, parce que je prends une année de plus, ensuite parce que mes vacances sont bientôt terminées, et enfin parce que j'ai de très mauvais souvenirs avec mes robes de soirée, continua-t-il à ronchonner.

- Ronald Weasley, répondit Hermione d'un ton égal, d'abord ton anniversaire est encore lointain, donc tu ne prends pas une année tout de suite, ensuite la Saint Sylvestre est dans trois jours, tu as encore le temps de profiter de l'année présente et de tes vacances, et enfin si tu continues à te plaindre, je te jette un sort.

- C'est ça. T'oserais pas. Tu aurais trop mauvaise conscience.

- Un Silencio n'a jamais tué personne, nota Harry. Et je te rappelle qu'elle t'a déjà jeté des oiseaux à la figure. »

Ron rigola :

« Ah oui c'est vrai. C'était totalement injustifié, d'ailleurs.

- Injustifié ?, s'offusqua Hermione, réagissant enfin. Lavande te collait comme une moule à son rocher, tu ne traînais plus avec nous ! Elle t'avait totalement intoxiqué !

- Quand toi tu traînais avec Krum, je ne t'ai jamais lancé de sorts !

- Ron, on en a déjà parlé, souffla Hermione, exaspérée. J'ai embrassé Viktor une fois, et on s'est tout de suite rendu compte que ça ne fonctionnerait pas ! Avec Lavande, vous étiez pires que tout ! Vous aviez des surnoms affreux ! Lav-Lav et Ron-Ron !

- D'ailleurs, coupa Harry qui sentait la dispute s'envenimer (quand ils sortaient les surnoms que Ron et son ex se donnaient, c'était signe que ça pouvait rapidement dégénérer), vous avez des nouvelles de Lavande ? »

La jeune fille avait été attaquée par Fenrir Greyback lors de la bataille finale : Harry n'avait jamais su si elle avait été mordue ou si elle avait gardé des séquelles de ses blessures. Il savait qu'elle était vivante, mais comme ils avaient fui tous les trois en France juste après la guerre, il n'avait pas tant d'informations que ça.

« Elle a été soignée à Sainte-Mangouste et y a finalement trouvé un emploi, répondit Hermione, plus au courant que Ron de ce qu'était devenue son ancienne camarade de chambrée. Elle est aide-soignante : elle aide les guérisseurs et les elfes à s'occuper des patients. Je crois qu'elle veut devenir guérisseuse, à long terme.

- On parle bien de la fan de Trelawney, là ? Elle ne veut plus faire devineresse ?

- Elle a dû se rendre compte que c'était voué à l'échec, répondit Ron. Depuis que Tu-sais-qui est mort, les prédictions apocalyptiques ne sont plus à la mode. Les Sinistros ne courent pas les rues…

- On peut aller la voir si vous voulez. »

Même s'ils ne le voulaient pas forcément, ils n'avaient rien de mieux à faire pour occuper leur après-midi. Hermione accepta de changer l'apparence de ses deux amis pour qu'ils puissent se promener tranquillement dans les couloirs de l'hôpital magique sans que les journalistes leur sautent dessus. Elle allongea les cheveux d'Harry jusqu'à lui cacher sa cicatrice sous une frange de mauvais goût et lui ajouta une barbe. Ron devint blond et quelques taches de rousseur disparurent. Hermione se fit un chignon serré pour cacher son impressionnante chevelure et chaussa des lunettes rectangulaires pour se donner un air sévère.

Harry, contre son gré, intercepta le regard énamouré de Ron et entendit cette remarque judicieusement placée :

« Ça, c'est sûr que tu les portes ce soir. »

Une Hermione rougissante lança de la poudre de cheminette dans l'âtre du Terrier. Ils débarquèrent dans les cheminées du hall de Sainte Mangouste. Harry se força au calme : cela lui rappelait les nombreuses sessions où ils avaient dû aller voir un psychomage. Hermione s'en était débarrassée en deux minutes (elle avait réussi à rabattre le caquet d'Ella Can en trois coups de spatule à chaudron en lui sortant des références de psychologie finlandaises), Ron avait rendu chèvre son psychomage en imitant parfaitement Gilderoy Lockhart (le psychomage était toujours en psychanalyse pour comprendre ce qui avait pu clocher dans son approche avec son patient), et Harry avait jonglé entre trois psychomages : le dernier, Zigmunt Freund, avait fini en slip, avec les cheveux roussis et des oreilles en chou-fleur.

Le hall de Sainte Mangouste ne rappelait donc pas forcément de bons souvenirs aux trois amis. Hermione se dirigea vers le bureau d'accueil.

« Nous cherchons à voir Lavande Brown, qui travaille ici. »

La secrétaire, sans les regarder, leur annonça :

« Quatrième étage, service de pathologie des sortilèges. »

Ils empruntèrent les escaliers. Hermione nota :

« Ce n'est pas l'étage de Lockhart et des parents de Neville ?

- Peut-être, répondit Harry. Il n'y a qu'un seul hôpital sorcier ? »

La question ne l'effleurait que maintenant.

« Non, il y a une maternité, Pur Suricate, fondée par un Sang-pur, d'où le nom, qui est juste à côté. On est tous nés à Pur Sur. Papa nous a raconté que les mage-femmes en avaient assez de voir sa tête : apparemment, il était toujours hyper stressé quand maman accouchait et il les suivait dans les couloirs pour les harceler. Il y a aussi une maison pour vieux sorciers, dont la magie devient erratique, l'Opossum. Mais la maison pour vieux est hors de Londres : c'est trop dangereux. »

Les explications de Ron essoufflé par les marches satisfirent Harry. Ils atteignirent enfin l'étage voulu.

Les couloirs étaient éclairés d'une lumière sorcière douce et ambrée, qui n'agressait pas les yeux comme celles d'un hôpital moldu. L'ambiance à l'étage des fous était plus décontractée qu'à l'étage des blessés par créatures magiques. En effet, les patients n'avaient pas vocation à rentrer chez eux un jour. Tout était donc fait pour leur rendre la vie la plus agréable possible. Harry, Ron et Hermione cherchèrent Lavande du regard.

Et, comme l'explique la loi de Chépluki (grand arithmancien adepte de probabilités moldues), ils tombèrent sur quelqu'un d'autre.

« Neville ! »

Neville Londubat hésita un instant puis reconnut ses trois amis malgré leurs déguisements. Il était accompagné d'une sorcière en robe blanche, qui avait tout l'air d'une guérisseuse.

« Ah ben ça alors ! Je vous offre un verre ? »

OoO

Neville et ses trois comparses Gryffondor étaient attablés au cinquième étage, au salon de thé. La guérisseuse qui discutait avec Neville, une certaine Bella Done, était repartie en lui promettant de lui envoyer par chouette les résultats des analyses de ses parents. L'état de Frank et Alice Londubat n'empirait pas, mais ne s'améliorait pas non plus.

« Je fais doucement le deuil de ne jamais les rencontrer tels qu'ils étaient avant que Bellatrix Lestrange ne les torture. En plus des rumeurs courent sur l'existence d'une héritière Lestrange. Si je suis les coutumes sang-pur, comme me l'a demandé ma grand-mère, il faudrait que je me mette en quête de la fille Lestrange, si elle existe vraiment, pour venger mes parents. J'ai un peu la flemme. Donc ces derniers temps je me suis disputé avec ma grand-mère et j'ai failli me faire bouffer par un Carnivorax ferox. Et vous ?

- On a rencontré la fille Lestrange, annonça Ron. On a migré à la Mag'fac. Hermione étudie la magie pure et Harry la pratique. Je suis devenu pizzaïolo. »

Ron avait toujours le chic de donner le maximum d'informations en un minimum de mots. Il n'avait pas remarqué le blêmissement soudain de Neville à la mention "Lestrange" ni la suffocation théinée qui le prenait depuis. Hermione lui donna de grands coups dans le dos pour faire passer.

« Vous connaissez la fille Lestrange ?, hoqueta Neville.

- Elle s'appelle Makhé, et elle est… presque sympathique, répondit Harry. C'est la coloc du frère de Ron. Elle-même s'est disputée avec sa famille parce qu'elle refuse de venger sa mère. »

Neville, écarlate, cherchait encore son souffle. Ce fut Ron qui commenta en voyant l'air étonné d'Hermione :

« Les lois sang-pur sont censées protéger le droit sorcier, mais elles datent de l'époque des fondateurs : les mentalités ont changé, mais les lois, non. Avec le nombre de Sang-pur qui diminue, quand les Sang-pur se marient entre eux, ça devient difficile d'avoir à venger ta famille sans tuer quelqu'un de ta famille. Quand c'est un Sang-pur le coupable, bien entendu. On n'est pas censé se poser la question quand c'est un Né-moldu le responsable.

- Il faut vraiment que je me procure un livre sur le droit sorcier. » répondit Hermione.

Neville paraissait amer. Les coutumes sang-purs paraissaient obsolètes, même aux yeux d'un sorcier élevé dans ces règles. Harry sentit que c'était le moment de changer de sujet :

« Et donc du coup tu étudies la botanique ? »

Le visage de Neville s'éclaira d'un grand sourire.

« Oui, je travaille à la Grande Serre magique. Chourave m'a fait une super lettre de recommandation, et je crois qu'avoir participé à la bataille de Poudlard m'a bien servi. Ça m'énerve que les gens aient confiance en des sorciers juste à cause de la publicité qu'a faite la presse.

- Oui, et quand c'est le contraire, c'est tout aussi bête, constata Hermione, amère.

- J'ai lu ça, répondit Neville en ajoutant du sucre et du lait dans son thé. Apparemment Skeeter est dans les bonnes grâces du rédac chef. Je pensais qu'elle en avait fini avec sa carrière de journaliste, mais bon. Elle a été réembauchée dès la fin de la guerre. »

La conversation passa rapidement sur tout le mal qu'on pouvait dire des journaleux, comme Skeeter, et tout le bien des journalistes, comme Harry ou Luna. Puis, à force de parler de leurs occupations, ils en vinrent à la présence de Neville en ces lieux.

« Je viens souvent à Sainte Mangouste parce que la Grande Serre les fournit en plantes pour les potions. On produit de tout, et j'en suis presque à regretter les cours de Rogue, ricana Neville. En gros, dès qu'on parle d'une plante, il faut savoir à quoi elle sert, comment on la cultive, à quoi on la reconnaît. Les deux matières vraiment utiles, c'est botanique et potions.

- Du coup tu étudies les potions ?, demanda Hermione, curieuse. Il me semblait que la Grande Serre était spécialisée dans les plantes, d'après Institutions anglaises et entreprises nationales.

- C'est bien ça le problème : on les fournit aussi en potions maintenant. Depuis quelques temps, certaines potions manquent sur le marché sorcier, surtout pour Sainte Mangouste. Les stocks de Sainte Mangouste diminuent, et ils nous demandent de les fournir en potions. On leur a proposé de travailler avec la Pharmakon, mais ils refusent de signer un contrat avec eux.

- Ça me dit quelque chose, dit Ron, songeur. C'est pas l'entreprise de potions de Phil et Dolly ? »

Neville acquiesça et reprit ses explications en voyant les yeux perdus d'Harry et Hermione :

« C'est une des plus vieilles entreprises de potions du monde sorcier. Comment tu sais ça ?

- Tu écoutais donc pendant les cours de Binns ? Tu ne faisais donc pas la sieste…, commenta Hermione, narquoise.

- Carte Chocogrenouille, se rengorgea Ron.

- Pour les incultes, gloussa Neville, Dolly Moly est à la Grande Serre ce que les fondateurs sont à Poudlard. Elle est presque mythique. C'était une botaniste hors-pair et avec son partenaire, Phil Troum, un Maître des potions, ils ont fondé la Pharmakon, la plus grosse entreprise de potions du monde sorcier. On raconte qu'il a formé un unique disciple quand il était en vie, et son savoir se transmettrait de Maître à disciple.

- Pourquoi Sainte Mangouste ne veut pas s'allier à eux, si ce sont les meilleurs ?

- Ils sont chers, expliqua Neville. Et leur Maître des potions est mort sans laisser de disciple. Donc la qualité n'est plus assurée.

- Oh, attends, on n'est pas à une coïncidence près, le coupa Hermione. C'était Rogue, c'est ça ? »

La tête de Neville leur valut affirmation.

« À la Grande Serre, on travaille avec Pharmakon : les entreprises sont liées. On leur fournit les plantes dont ils ont besoin. Mais ils n'ont pas de fabricant de potions. On cherche donc à exporter et à importer, pour trouver un chaudronneur aussi compétent que leur ancien Maître.

- Tu devrais venir à la Mag'fac, voir comment ça se passe, s'enthousiasma Ron. Tu pourrais trouver des étudiants qui ont envie de faire des potions…

- Je te rappelle que ce sont principalement des chercheurs, pas des praticiens, le coupa Hermione. Les apprentis-sorciers sont chez les maîtres-sorciers, pour pratiquer. Pharmakon va devoir chercher des potionnistes ailleurs. »

Ils passèrent encore une à deux heures à discuter tranquillement dans le salon de thé de Sainte Mangouste. Harry observait à la dérobée les patients et leurs familles qui venaient prendre un thé ou un café. Des chats poursuivaient des boursoufs entre les pieds des chaises. Un air de musique planait dans l'air. Cela ne ressemblait tellement pas à un hôpital moldu…

Hermione, en bon cerveau, ramena finalement la conversation sur le sujet qui les intéressait.

« Lavande travaille toujours ici ? On était venus pour la voir, initialement.

- Oui, même si je pense qu'elle va virer à Pur Sur. Elle aime trop les bébés ! Le dernier bébé qui est né a fait faner toutes les fleurs de l'hôpital, elle était toute contente d'avoir pu assister à sa naissance.

- Des fleurs magiques ou des fleurs moldues ?, demanda Hermione, intéressée.

- Des fleurs magiques, je crois…, réfléchit Neville. Les mandragores ont perdu leurs feuilles, j'ai vu un bubobulb sans pustule… »

Harry pensa immédiatement que le bébé qui venait de naître avait dû capter la magie ambiante, présente notamment dans les plantes magiques, pour la fixer sur lui et créer ainsi son potentiel magique. Le regard éloquent que lui jeta Hermione lui indiqua qu'elle pensait exactement la même chose.

Ainsi donc, au bout de huit années d'amitié, ils n'étaient pas loin de la télépathie.

« Il faudrait que je vérifie dans les registres, conclut Neville.

- Sainte Mangouste tient des registres de toutes les actions magiques des nouveau-nés ?

- Non, mais des plantes à renouveler, oui. Et comme c'est mon secteur…

- Laisse tomber, Neville, le coupa Ron. Hermione ne va pas te lâcher sinon. Elle va vouloir tout savoir et réussir à te faire sortir tous les registres depuis Mangouste. »

Neville éclata de rire.

« On peut lui envoyer une note, si vous voulez.

- À Mangouste ?

- À Lavande. La maternité n'est pas loin. »

Il prit un morceau de parchemin, écrivit dessus On est au thé de S. M. Tu viens ?, plia la feuille en avion et pointa sa baguette dessus en articulant : « Volet. » Le papier partit comme une flèche dans les couloirs.

Harry trouvait Neville beaucoup plus assuré que pendant ses années à Poudlard. Il se souvenait de Neville pendant la bataille : le sorcier avait défendu vaillamment son école, il avait même obtenu l'épée de Gryffondor par le biais du Choixpeau. Le sorcier joufflu de première année qui avait perdu son crapaud était devenu chef de guerre, avait vécu une année à Poudlard sous les ordres de Mangemorts et avait vaincu. Il en gardait forcément des cicatrices et des comportements. Harry le trouvait étrangement serein.

« Comment tu as fait, pour t'en remettre ? » demanda Harry de but en blanc. Il allait vraiment falloir qu'il apprenne à faire des transitions.

Neville reprit son sérieux et n'eut même pas à demander ce à quoi la question d'Harry renvoyait. En interceptant les regards douloureux de Ron et Hermione, il répondit :

« Comme vous, je suppose. Sans fuir à l'étranger pour autant, ma grand-mère ne me l'aurait jamais pardonné. Avec des petits trucs du quotidien. Je crie beaucoup : je vais face à la mer et je hurle. Ça, ça fait du bien. Je traîne à Pré-au-lard pour voir Abe, Luna, Ginny, Chourave, Hagrid… Chacun trouve des trucs auxquels se raccrocher, des trucs qui nous font nous sentir bien. On ne s'en remet pas vraiment. Voir ses amis mourir… Bizarrement, à Sainte Mangouste j'ai de bons souvenirs. Donc je viens le plus souvent possible. »

Harry pensa à son champifleur et à sa ravegourde, qui lui rappelaient tous deux des soirées posées avec Luna ou Ron et Hermione. Cela fonctionnait un peu comme un patronus : pour lutter contre les Détraqueurs, il fallait des pensées heureuses pour lutter contre les souvenirs, ou les accepter un peu mieux, il fallait des bons souvenirs.

« C'est un si bon souvenir que ça, que d'aller voir ses parents ? »

Le manque de tact de Ron, parfois, donnait des envies de meurtre à tout le monde. Alors qu'Hermione lui écrasait les orteils, Neville répondit en rougissant :

« Entre autres…

- C'est Bella Done qui te plaît ?, continua Ron, ignorant les coups de coude puissants qu'Hermione lui envoyait dans les côtes.

- Elle m'aurait bien plu, mais elle est plus intéressée par mon statut de héros de guerre que par moi. »

Harry grimaça :

« J'ai vécu la même chose. C'est pas facile. Après, à l'étranger, on est un peu moins vus comme des bêtes curieuses. À la Mag'fac, les sorciers connaissent un peu les événements qui ont eu lieu ici, mais ils ne cherchent pas plus loin. On a un peu plus d'anonymat. »

La double porte s'ouvrit soudain et livra le passage à une jeune fille qui provoqua un rougissement aussi soudain que violent sur le visage de Ron. Lavande Brown se précipita vers eux.

« Salut ! Ça fait plaisir de vous voir ! »

La sorcière n'avait pas tant changé que cela. Seules des cicatrices blanchâtres parcourant ses avant-bras qu'elle avait dénudés indiquaient qu'elle avait vécu la guerre et l'autre côté de Sainte Mangouste. Elle les embrassa chaleureusement, serra fort Hermione dans ses bras : Hermione lui avait sauvé la mise pendant la bataille, ce qui avait effacé les animosités qu'elles auraient pu conserver l'une envers l'autre à cause de Ron, ou presque.

Elle s'installa à table à côté d'eux et se tourna vers Harry.

« Félicitations !

- De quoi tu parles ?, demanda Harry, qui pensait, à juste titre, qu'il ne se faisait pas féliciter pour avoir fait la vaisselle le midi même.

- J'ai vu les résultats de Ginny…

- Je ne suis plus avec Ginny, l'interrompit Harry.

- Attends, c'est pas toi le papa ? »