Chers lecteurs,

Mes plus plates excuses : mes chapitres augmentent en longueur. Je me surveille, mais parfois c'est difficile. J'essaie de rester dans les 2500 mots, et là je dépasse allégrement les 3000 mots. Mais bon, je pense que vous vous en fichez.

Merci à vous pour vos reviews, à Nictocris pour la relecture (et le caractère de Ginny) et au soleil pour son retour.

Portez-vous bien, attrapez des coups de soleil, à lundi (peut-être) (rien n'est moins sûr) (je fais ce que je peux),

Al

PS : réponses aux anonymous :

Élodie : tant mieux si cette histoire te plaît ! merci pour cette review ! (j'aime bien l'expression au top parce que ça me fait penser aux trucs sucrés qu'on met sur les gâteaux en amérique, comme des cacahuètes ou des pralines)

Guest : PAS LA PEINE DE CRIER, MES OREILLES FONCTIONNENT ! merci pour ta review !


Cela avait été un chaos total. Ron était tombé de sa chaise, Hermione avait glapi, Neville avait rougi et Harry avait cassé sa tasse en porcelaine. Cela fut encore pire, le soir, au Terrier, quand Ginny, la tête haute, avoua à ses parents qu'elle était enceinte de Drago Malefoy.

« Malefoy ? »

Le cri étonné d'Hermione attira l'attention générale sur elle, évitant ainsi à la face bicolore de Ron un public.

« On parle bien du même Malefoy qui nous a toujours traités de haut ?

- Du gars qui a voulu notre mort dans la Salle sur demande il y a moins d'un an ?

- Du mec qui a réussi à nous interdire le Quidditch notre dernière année à Poudlard ?

- Du type qui a insulté un nombre incalculable de fois Hermione de Sang-de-bourbe ? Et nous de Traîtres à notre sang ?

- De l'affreux jojo de la brigade inquisitoriale qui a tout fait pour nous pourrir la vie ?

- Du gonze qui a introduit des Mangemorts à Poudlard et qui a failli réussir à tuer Dumbledore ?

- Du fils du Mangemort qui a glissé le journal intime de Vous-savez-qui dans ton chaudron pour ta première année à Poudlard ? Ce qui t'a presque tuée ?

- De mon cousin ? »

Le silence était retentissant. Harry, qui n'avait rien dit, aurait pu jouer à "Rends à chaque personnage sa réplique", mais il ne s'en sentait pas capable. Il se trouvait en bout de table avec Hermione et sentait qu'il devait laisser les Weasley gérer leurs histoires sans s'interposer. Si ses relations avec l'ancien Serpentard s'étaient quelque peu apaisées depuis leur virée commune au Chaudron Baveur, ce n'était pas forcément le cas de ses amis.

Ginny avait tout essuyé la tête haute, et se préparait à la riposte.

« C'est gentil de me rappeler que le père de mon futur enfant est un immonde aristocrate doublé d'un fils de Mangemort qui a acheté ses diplômes et juge de la valeur d'un homme sur son sang. Merci bien, mais j'ai encore bonne mémoire. »

George s'approcha de sa sœur, presque menaçant :

« Ton futur enfant ? Tu vas le garder ?

- J'ai fait une connerie, j'assume, répondit fermement Ginny.

- Et on peut savoir comment tu l'as faite, cette putain de connerie ?

- Une noise dans le pot à gros mots, George ! » répliqua Mrs Weasley au quart de tour.

Alors que George sortait une noise de sa poche et la faisait voler en maugréant vers le pot à noises, Ginny commença ses explications :

« Deux ou trois jours après qu'Harry est passé à Poudlard, (tous les regards convergèrent un quart de seconde vers l'intéressé), je déprimais. J'ai fait le mur et je suis allée à Pré-au-lard.

- Par quel passage secret ?, demanda Percy, en bon ex-préfet. Je croyais qu'ils avaient tous été détruits.

- Un nouveau passage s'est créé, derrière le tableau du Cavalier ricaneur, répondit Ginny en ignorant les regards meurtriers de l'assistance qui était suspendue à ses lèvres. Il débouche chez Honeydukes. Je suis allée boire des coups aux Trois Balais, et j'y ai rencontré Malefoy. Après quelques insultes, on a commencé à boire des verres : on avait tous les deux des choses à oublier. Puis, l'alcool aidant, on s'est mis à se plaindre de nos vies et on s'est finalement décidés à se consoler mutuellement. »

Mr Weasley demanda, un peu perdu :

« Se consoler de quoi ?

- Son père à Azakban, la dépression de sa mère, la mort de Crabbe, sa morsure, que sais-je…

- Sa morsure ?, s'inquiéta Mrs Weasley. Il a été mordu ?

- Par Greyback, il y a deux ans. Bref, on s'est retrouvés dans son appartement à Pré-au-lard, et… Je ne suis pas rentrée à Poudlard cette nuit-là. Le lendemain, on a dessoûlé et décidé de ne plus en parler. Mais voilà, rien ne se passe jamais comme prévu. Je suis allée le voir cet après-midi, et il est au courant. »

Percy et Bill jetaient des regards mauvais à Harry, comme s'il était coupable dans cette histoire : s'il n'avait pas rompu avec Ginny, cela ne serait pas arrivé. Mrs Weasley paraissait sur le point de suffoquer d'indignation.

« Comment se fait-il qu'il ait été à Pré-au-lard ? Il n'a pas fini ses études ?

- Je lui ai prêté mon appartement, s'interposa Makhé. Mon cousin voulait prendre l'air loin de sa mère, c'était une manière d'occuper l'appartement de Rogue sans y vivre. »

Charlie grimaça en direction de Makhé, sachant d'avance ce qui allait se passer :

« Donc c'est à cause de vous que ma fille est enceinte ?, l'agressa Mrs Weasley en sortant sa baguette. Si vous n'aviez pas prêté votre appartement à votre cousin, il ne se serait rien passé ! »

Makhé pâlit sous l'accusation de Mrs Weasley mais, avant qu'elle ait pu répliquer, Charlie et Ginny s'écrièrent :

« Maman ! »

Toutes les têtes se tournèrent vers Charlie qui élevait rarement la voix. Reprenant rapidement son calme, il continua :

« Maman, ne t'en prends pas à Makhé pour une bêtise que ma sœur et ce "dandy" (Harry entendit les guillemets) ont faite tout seuls. Excuse-moi, Ginny, tout cela ne concerne que toi et ton amant, s'il mérite ce nom. Makhé et moi allons faire un tour. »

Le silence revint tandis que Charlie quittait la maison, traînant Makhé par la main (cette dernière semblait partagée entre l'envie de régler ses comptes et d'en apprendre plus sur la situation).

Ginny reprit :

« Charlie a raison. C'est ma responsabilité, je n'ai pas besoin de vos avis respectifs. Bill, Percy, arrêtez de murmurer contre Harry, après tout il n'était pas là, encore heureux, et il n'est pas responsable de la manière dont je me calme. Papa, maman, vous devriez envoyer une invitation à Malefoy mère et fils pour venir demain prendre le thé. »

Elle avait employé le ton de Molly, celui qui n'acceptait aucune objection.

Mrs Weasley regarda sa fille sans voix, choquée qu'elle ait pu utiliser cette autorité sur elle. Les garçons digérèrent l'information, ou plutôt essayèrent de la digérer. Vu la tête de Ron, l'information avait du mal à passer.

Au bout d'une minute, Molly, d'une petite voix, demanda à Arthur de rédiger une invitation en bonne et due forme à l'attention de la famille Malefoy.

« On n'a qu'à aller au manoir lui donner l'invitation en personne, ricana Ron, suivi de ses frères. À notre sauce, bien entendu…

- Ronald Weasley, nous allons accueillir le père de mon futur petit-fils avec déférence, le sermonna Mr Weasley en attachant le mot à la patte d'Errol. Une famille doit savoir se soutenir dans toutes les situations.

-Je ne vais pas m'écraser face à la fouine, bouda Ron.

-Ce n'est pas ce que je t'ai demandé. »

Mrs Weasley regarda sa grande famille ainsi que les pièces rapportées d'un air sévère et reprit les choses en main.

« Arthur, tu es dispensé de donner des conseils équivoques à nos fils. Fleur, Hermione, je ne vais pas gérer les états d'âmes de vos moitiés. Demain, je les veux dans une bonne disposition : s'il vous plaît, faites ce que vous pouvez pour qu'ils se calment. George, Percy, si vous n'êtes pas capables de vous maîtriser, je vous dispenserai de venir. Ce n'est pas ce que je souhaite mais nous avons des choses plus importantes à régler que vos querelles d'adolescents. Maintenant tout le monde dehors, Arthur, Ginny et moi devons parler. »

Le silence revint. Tous les garçons Weasley, qui maugréaient chacun dans leur coin, quittèrent la pièce. Harry, Hermione et Ron décidèrent d'aller sur le Chemin de Traverse. Hermione changea de nouveau leur apparence et ils passèrent incognito par le Chaudron baveur. Harry les emmena voir Ollivander : il avait hâte de se confronter au vieux fabricant de baguettes.

Le vieil homme était dans sa boutique et ne reconnut pas le trio quand ce dernier se présenta devant lui.

« Oui Messieurs Dame ? »

Harry sortit sa baguette. Ollivander y jeta un regard surpris et décida de fermer boutique pour quelques heures.

« Je suis ravi de vous revoir, Mr Potter, commença le fabricant de baguettes une fois toute sa clientèle mise dehors. Je suis perplexe à la vue de votre baguette : je la croyais cassée.

- J'ai réussi à la réparer, répondit Harry.

- Vous avez réussi à réparer une baguette ? Et elle a gardé ses fonctions ? »

L'étonnement perçait dans la voix du vieil homme.

« Oui, répondit Harry sans mentionner la Baguette de sureau (même si c'était lui qui les avait guidés vers la Relique, il n'était pas besoin de lui rappeler son existence). J'ai besoin que vous m'en disiez un peu plus sur les baguettes. »

Ollivander appela un elfe de maison qui leur apporta un thé et des biscuits (Hermione frissonna mais se contint en voyant l'elfe, Ron fit de même en voyant l'état des biscuits).

« Je vous rappelle que la baguette choisit son sorcier : si vous avez beaucoup de puissance en vous, c'est une baguette puissante qui voudra vous servir. Elle sert de canal magique. Quand vous avez une baguette puissante, elle attire plus de magie.

- Notre puissance n'est pas liée à notre potentiel magique ?, s'étonna Ron.

- Pas que. Votre potentiel magique n'est que le terreau de base pour pratiquer la magie. En gros, vous fonctionnez comme un aimant moldu. »

Le regard perdu des trois sorciers qui lui faisaient face poussa Ollivander à se livrer davantage :

« Votre potentiel magique attire la magie comme un aimant attire le métal. Plus vous avez un grand potentiel, plus vous attirez de magie. La baguette vous permet de canaliser la magie que vous attirez. Sans baguette, vous risquez de happer trop de magie qui se fixe sur vous par transfert. Dans ce cas, vous mourez : soit votre corps ne supporte pas la charge magique, soit votre corps réagit et rejette toute la magie d'un coup, même celle qui est fixée sur votre corps. C'est pour cela que les sorciers mineurs sont surveillés et ont interdiction de pratiquer de la magie hors de l'école : on a peur qu'ils pratiquent de la magie sans la canaliser. C'est à ça que sert la Trace. »

Harry était sonné : la Trace servait à veiller sur leurs vies. Elle avait donc réellement une utilité, elle ne servait pas juste à entraver les élèves de Poudlard.

« Votre baguette est puissante, elle vous a choisi parce que vous avez un puissant potentiel. Mais elle ne vous obéit plus ?

- Non, se reprit Harry. J'ai subi un transfert magique.

- Je pourrais essayer de vous fabriquer une baguette adaptée, mais je ne suis pas sûr d'en être capable. Votre baguette, et celle de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, étaient des baguettes déjà très difficiles à concevoir. »

Ollivander réfléchit un instant :

« Seul le Bâton de la Destinée pourrait vous convenir, puisque c'est la baguette la plus puissante jamais conçue. Mais nul ne sait si cette baguette existe vraiment. »

Harry détestait toujours le ton gavé de déférence et de convoitise d'Ollivander. Le fabricant de baguettes demeurait antipathique malgré l'histoire qui les liait.

Les trois amis prirent congé peu de temps après. Il faisait trop froid dehors pour rester à crapahuter dans les rues de Londres. Harry, Ron et Hermione se retrouvèrent à grignoter du pop-corn dans un cinéma devant The Big Lebowski. Ron laissait bruyamment éclater sa joie et son émerveillement, s'attirant des regards réprobateurs des autres spectateurs : il n'était jamais allé dans un cinéma moldu. Harry, plus discret, était toutefois dans le même état : il n'était pas allé souvent au cinéma avec les Dursley. Son oncle et sa tante préféraient le laisser chez Mrs Figgs plutôt que de payer une entrée pour leur neveu.

Ils rentrèrent au Square Grimmaurd en début de soirée. Un gros baluchon rapiécé duquel s'échappaient des branches de serpenlierre était posé dans l'entrée.

« Le Maître a de la visite, leur annonça Kreattur quand ils arrivèrent sous les injures du portrait de Mrs Black. Mr Dumbledore et Miss Lovegood sont dans le salon.

- Tu les as bien accueillis ?, demanda Harry, soupçonneux.

- Bien entendu. Je leur ai offert un verre d'eau. »

Harry haussa les sourcils tandis que Ron gloussait :

« Un verre pour deux ? Tu y vas fort, Kreattur, tu aurais pu leur passer un compte-goutte avec… »

Harry et Hermione passèrent dans le salon, Ron fila à la cuisine préparer une collation.

Abelforth et Luna discutaient calmement. Abelforth ne paraissait pas gêné par le fait que Luna était allongée par terre, les pieds posés sur un canapé.

« Tu es bien installée ?, s'enquit Harry.

- Très bien, Harry. Ta moquette mériterait toutefois un sort anti-poussière.

- En même temps, on n'a pas l'habitude de s'étaler par terre, remarqua Hermione en fronçant les sourcils.

- C'est pour éviter les trigorneaux. » répondit Luna.

Les sourcils d'Hermione se tordirent encore plus.

« Les trigorneaux ?

- Ce sont des créatures très dangereuses ! Elles vivent par terre et se glissent entre nos orteils pour nous envahir. Après, nos pieds dansent tout seuls. C'est très gênant en société. »

Que Luna Lovegood s'inquiète de paraître normale en société sembla tellement incongru à Harry qu'il gloussa. Les sourcils d'Hermione créèrent une figure géométrique encore jamais faite par des sourcils humains. Abelforth salua Harry et Hermione et, en homme efficace, entra directement dans le vif du sujet :

« J'ai bien réfléchi, Potter. »

Il sortit de sa poche la Baguette de sureau et la tendit à Harry. Ce dernier, estomaqué, balbutia, hésita, lambina et bredouilla. Abelforth le coupa :

« Je l'ai récupérée dans la tombe de mon frère. Tu n'auras pas à le faire. Fais-en bon usage. »

Il se leva et quitta la pièce, sans savoir qu'il utilisait les mêmes mots que son frère, des années auparavant, avait utilisés quand il avait rendu la cape d'invisibilité à son propriétaire. Harry l'entendit saluer Ron et le dernier Dumbledore quitta la demeure avant même qu'il n'ait pu le remercier pour la baguette.

« Tu as obtenu ce que tu voulais, dit Hermione en se laissant tomber dans un fauteuil. Tu ferais mieux de la tester le plus tôt possible : je n'ai pas envie qu'il y ait des débordements demain, et avec Malefoy dans les pattes, ça risque d'être explosif.

- Tu veux aller à Stonehenge ? »

La proposition de Luna fit sortir Harry de sa léthargie. Il accepta. Hermione ne proposa pas de les accompagner : elle avait déjà plongé dans Magie et baguette, une approche imparfaite. Harry attrapa un manteau chaud, glissa sa nouvelle baguette dans la poche de sa robe et transplana avec Luna à Stonehenge.

OoO

« J'ai l'impression d'être nécrophage, confia Harry à Luna après avoir pratiqué pendant trois heures la magie. Ou nécrophile.

- Parce que tu utilises la baguette d'un mort ? Pourtant, ça n'aurait pas dérangé Dumbledore… »

La nuit était tombée depuis un bon bout de temps. Luna avait attiré des jeux follets en chantonnant des ballades celtiques : les créatures les éclairaient en dansant autour d'un feu chatoyant qui réchauffait les deux sorciers. La jeune fille était allongée et regardait les étoiles.

« Qu'en sais-tu ?

- Il me l'a dit, pardi. »

Harry sursauta : ainsi, Luna avait encore de quoi le surprendre.

« Il te l'a dit ?

- Bien entendu ! On discutait assez souvent, en fait. Dès ma première année, il avait vu que j'étais souvent seule et il venait me parler, dans la tour d'astronomie ou dans le parc. Il avait toujours un mot gentil, pour me rassurer sur les méchancetés des autres : s'ils ne croyaient pas à ce que je disais, c'est qu'ils avaient besoin de lunettes. Il disait que tout n'était que question de manière de voir. Je crois que c'est pour ça que tu m'as toujours paru sympathique : tu portes des lunettes. Je me suis dit que tu avais meilleure vue, comme Dumbledore. Il était très gentil. »

L'ancien directeur de Poudlard n'avait pas eu de relation privilégiée uniquement avec Harry : il était attentif à tous ses élèves. Harry, allongé à côté de Luna, se tourna sur le côté :

« Mais il t'a dit quoi, à propos de moi ?, demanda-t-il sans craindre de passer pour un égocentrique : il avait confiance en Luna, elle ne le jugerait pas.

- Qu'il était triste, répondit Luna, songeuse. Il te plaignait : il trouvait que ce qui t'incombait était trop lourd à porter, que tu ne méritais pas de vivre ça. Cela revenait souvent dans la conversation, surtout après notre équipée au Département des Mystères. »

Elle se tourna vers lui :

« J'ai compris après qu'il savait que tu devais mourir. Ça devait lui briser le cœur de savoir un de ses étudiants partir se faire tuer. »

Harry repensa aux yeux luisants d'Albus Dumbledore dans son portrait.

« Dans ce cas, pourquoi ne m'a-t-il pas laissé être maître des Reliques de la mort ? »

Il se rendit compte qu'il avait posé la question à voix haute, alors que Luna n'était pas au courant de tous les développements de son année de vagabondages. Mais Luna répondit simplement, comme si elle avait toujours cru à la véracité des contes pour enfants sorciers :

« Ce n'est pas normal d'être maître de la mort. Dumbledore lui-même ne l'a pas été : la cape d'invisibilité était à ton père, Dumbledore ne possédait qu'une relique sur trois. La pierre, personne ne l'a vue pendant des siècles. »

Harry l'avait vue. La pierre avait été conservée dans la bague de Gaunt, c'était Dumbledore qui en avait été le dernier possesseur, ce que Luna ignorait. Elle avait toutefois raison : Dumbledore n'avait jamais possédé les trois reliques en même temps. Il les avait toutes trois tenues dans ses mains, mais n'avait jamais été maître de la mort.

« Comment tu sais que ma cape d'invisibilité est celle du conte ?, s'étonna Harry.

- Ginny m'a vanté ses mérites. Je lui avais demandé comment tu faisais pour te promener la nuit pour les réunions de l'A. D. Ta cape est indécelable, ce qui est l'apanage de la Relique. »

Harry songea que bien des secrets avaient dû être échangés entre les deux amies.

« Et donc ?

- Être maître de la mort, c'est refuser d'être humain. C'est mauvais pour la santé. »

Les arguments de Luna touchaient juste : Harry ne l'avait jamais vu comme ça. Dumbledore lui avait dit que le vrai maître de la mort, c'était celui qui acceptait la mort comme une vieille amie et ne cherchait pas à la fuir. Être maître de la mort, était-ce l'accepter ou la refuser ?

Il sentit la migraine poindre : il fallait arrêter de couper les crins de licorne en quatre.

« Donc quand j'étais maître de la mort, parce que je possédais les trois reliques, je n'étais plus vraiment humain…

- Je suppose. De toute façon, tu voulais te faire tuer pour nous sauver tous. Est-ce un comportement vraiment humain ? »

Harry garda le silence : Luna s'avérait être beaucoup plus philosophe que ce que ses cheveux parsemés de coquillages laissaient penser.

Il posa enfin la dernière question qui lui trottait dans la tête :

« Pourquoi, toi et moi, c'est à chaque fois en pleine nuit qu'on discute le mieux ?

- Parce que nous sommes des noctophiles, répondit Luna en tournant ses yeux globuleux vers lui. Je m'appelle lune, c'est normal que la nuit soit mon élément. »

Alors qu'Harry réfléchissait à la beauté de l'explication étymologique, Luna ajouta :

« Toi tu t'appelles le roi de la maison. Aucun rapport. »