Chers lecteurs,
Réjouissons-nous d'être dans une société encore suffisamment chrétienne pour avoir un jour férié ! Alléluia !
Pour fêter ça, nouveau chapitre.
Merci pour tout (comprendre la relecture, les commentaires, les étoiles, le tabac et les poissons rouges).
Portez-vous bien, attention à ne pas écraser les pingouins qui se promènent sur la route, à mardi (sans faute, Nictocris a déjà fait le chapitre suivant, on l'applaudit),
Al
PS : petits mots pour petits mots :
noname : il ne faut pas confondre les danse-follets qui chantent, les jeux-follets qui dansent et les feux-follets qui brûlent (et sont bleus, accessoirement). merci pour ta review !
Guest : nous sommes d'accord, j'adore. merci pour ta review !
Nictocris : ce qui se passe dans les toilettes du ministère reste dans les toilettes du ministère.
Harry cligna des yeux, ébloui par les flashes des appareils photos. Il entendit à peine Judd As l'enjoindre à monter sur l'estrade. Il sentit une main s'entrelacer à la sienne et le guider doucement à travers la foule : il reconnut la touffe de cheveux d'Hermione, qui avançait devant lui tel un bouclier humain pour lui laisser l'espace nécessaire.
Arrivés au bas de l'estrade, Harry serra la main d'Hermione : il ne voulait pas qu'elle le laisse seul. Il était capable d'affronter beaucoup de monstres, de dragons et de Mangemorts. Mais affronter une foule de sorciers et de journalistes, c'était presque au dessus de ses forces.
Hermione comprit et grimpa les marches avec lui. Les flashes se turent, les applaudissements moururent. Harry observa un peu plus attentivement la foule qui lui faisait face.
Dans toutes les premières rangées, il n'y avait presque que des inconnus. Des sorciers issus du Magenmagot, des aristocrates, des vieux messieurs vêtus de robes démodées, des dames âgées parsemées de Glamours mal placés pour cacher les rides et les taches de vieillesse. Harry reconnut Drago Malefoy, sur le côté, le nez levé et le regard hautain, comme si, même parmi le tout sorcier de Londres, il n'était pas à sa place. Ginny se tenait à côté de lui, dans une robe froufroutante à la dernière mode. Si Malefoy s'affichait avec Ginny, c'est qu'ils reconnaissaient publiquement leurs fiançailles : la presse allait se ruer sur l'aubaine. Les œillades furieuses que Malefoy lançait en direction des journalistes laissaient penser qu'il avait déjà eu affaire à Rita Skeeter. Harry connaissait suffisamment Malefoy pour savoir qu'il allait se débrouiller pour ne jamais apparaître dans les tabloïds sorciers. Ou n'y apparaître qu'à son avantage.
Au fond du hall se trouvaient enfin les têtes connues : des rouquins, un grand garçon dégingandé, une blonde fleurie, des jumelles indiennes, un grand sorcier noir… Près du buffet, Ron se gavait de petits fours et chipait des bouteilles de champagne qu'il glissait dans un sac à paillettes qu'Harry connaissait bien. Harry respira plus largement en apercevant ses amis. Il n'était pas totalement en terrain inconnu.
« Harry, quel plaisir de vous avoir parmi nous ! On l'applaudit bien fort ! »
L'affabilité du ministre paraissait forcée. Les applaudissements reprirent. Harry, agrippé à Hermione, attendait que l'ovation passe. Il se sentait ébloui, étouffé et il avait une grande envie d'air frais et de champifleur. Hermione restait à son côté, droite comme la justice. Cette sorcière est un roc, pensa Harry. Elle jetait des regards incendiaires aux rangs des journalistes.
Après quelques salutations d'usage, Judd As posa quelques questions à Harry. Le ministre devait se souvenir de leur dernière rencontre et essaya de ne faire aucune remarque pouvant pousser Harry à sortir de ses gonds. Il encensa l'Angleterre et l'Élu, bénit Dumbledore et le Trio d'Or (même lui se laissait aller aux modes), loua l'Ordre du Phénix et le gouvernement magique en vantant la purge qui s'y était faite. Les éléments les plus nocifs avaient apparemment été éliminés.
Puis ce fut au tour d'Harry de faire un petit discours. Il sortit de la poche de sa veste un carton où s'étalait gracieusement l'écriture d'Hermione, qui avait utilisé tout son savoir-faire en relations sociales pour écrire un texte qui ne soit ni élogieux ni insultant.
Il prit une grande inspiration et commença :
« Mesdames et mesdemoiselles les sorciers, messieurs les sorcières… »
De discrets éclats de rire interrogèrent Harry : qu'avait-il fait ? La main d'Hermione se serra sur sa paume, et il continua vaillamment :
« Aujourd'hui nous fêtons le début d'une nouvelle année sans terreur, après la défaite de Lord Voldemort (Harry savoura le petit frisson qui traversa l'assistance). Aujourd'hui est le début d'une nouvelle ère. Nous devons réapprendre à vivre ensemble, avec nos défauts et nos faiblesses, avec nos qualités et nos forces. Nous devons rester unis, et pardonner. »
Harry leva les yeux et remarqua Malefoy qui se trémoussait, légèrement mal à l'aise. Ginny avait passé son bras à la taille de son fiancé, comme pour l'assurer de son soutien. Harry avait plaidé pour Malefoy et sa mère : il était donc tout à fait légitime pour parler de pardon.
Il continua à parcourir la foule des yeux.
Ce fut alors qu'il l'aperçut. Au fond, vêtue de rose, comme il l'avait toujours connue.
Ombrage.
La sorcière lui jetait des regards haineux par dessus son verre de champagne.
Je ne dois pas dire de mensonge.
La cicatrice sur sa main gauche le brûla soudain.
« Harry ? »
La voix d'Hermione le remit d'aplomb : il s'était arrêté de parler. Le ministre se pencha vers lui et lui souffla :
« Si vous le désirez, vous pouvez vous arrêter là. »
Harry lui lança un regard noir :
« Pourquoi Dolores Ombrage est-elle ici ? »
Le regard de Judd As se durcit :
« Dolores travaillait sous couverture. Le Ministère était tombé sous l'influence de Vous-savez-qui, elle a cru bon de rester à sa place pour protéger le maximum de gens de la fureur du Mage noir.
- Elle ment. Et il ne faut pas dire de mensonge. Elle a torturé des élèves de Poudlard alors que Voldemort n'était pas encore au pouvoir. »
Harry sentait sa colère rentrée revenir au grand galop. C'était maintenant Hermione qui s'agrippait à sa main pour l'empêcher de faire des bêtises.
« Elle a été innocentée, temporisa As dans un murmure. Si vous l'accusez, vous devez avoir de nouvelles preuves à apporter au dossier.
- Elle n'a jamais été sous Imperium. Elle adore torturer autrui. D'autres personnes sont restées travailler au Ministère pour limiter les dégâts, comme Kingsley Shacklebolt ou Arthur Weasley, et eux ont vraiment agi pour le bien ! »
Judd As se rapprocha, presque menaçant :
« Harry, je crois que vous n'êtes pas à même de juger de cette affaire. Vous savez bien que des personnages à caractère douteux ont été innocentés, votre ami Malefoy en est la preuve. Vous n'aimeriez pas que la presse se penche sur son cas, n'est-ce pas ? Surtout dans la situation dans laquelle il se trouve… »
La voix du ministre était basse, adressée à lui seul, et la menace à peine voilée. Harry braqua son regard vers le ministre et répliqua à voix haute :
« Monsieur, nous n'avons plus rien à nous dire. »
Hermione gémit et tira Harry en arrière : il entendait uniquement le scritch-scritch des plumes à papote des journalistes qui avaient saisi sa dernière phrase. Hermione articula à toute vitesse, avant qu'Harry la coupe pour ajouter une insulte, remarque ou autre objection stupide et malvenue.
« Veuillez nous excuser, Monsieur le Ministre, Harry est fatigué par le décalage horaire. Nous allons rentrer. Merci pour votre accueil. »
En grande dame, elle se tourna vers la foule :
« Je vous prie de nous excuser, Harry Potter doit nous quitter. Je pourrai lui transmettre vos salutations si vous le désirez. »
Elle descendit les escaliers en entraînant Harry à sa suite. Harry sentait un tourbillon d'émotions passer en lui, fait de colère face à cette injustice qui lui était faite et d'incompréhension. Les magouilles de la vie politique lui paraissaient de plus en plus obscures et perverses. Hermione l'entraîna vers les cheminées, tandis que la foule commençait à murmurer, commenter, jacasser sur leur compte.
Luna attendait devant une cheminée :
« Je vais le calmer. Essaye de rattraper le coup. »
Sa voix fluette apaisa brièvement Harry. Un accès d'irritation s'empara de lui tandis qu'il passait des bras d'Hermione à ceux de Luna, comme s'il était un gamin passant de bras en bras, accès qui disparut totalement quand il vit où Luna avait transplané.
Caerleon.
Le site magique, dans le Pays de Galles, était un immense amphithéâtre rond, qui avait été appelé par les Moldus "la Table ronde du roi Arthur". Les marches étaient recouvertes d'herbe givrée, qui craquait sous les pas de Luna et d'Harry.
« Pourquoi c'est toujours des ronds ? À Berca, à Stonehenge…, grommela Harry.
- C'est parce que la magie ne peut pas se cacher dans les coins : elle est forcée de rester dans le cercle. Quand c'est un polygone, il y a des risques que des résidus de magie restent dans le terrain. »
Les sorciers qui s'occupaient des préparatifs du feu d'artifice ne firent pas attention à eux. Luna entraîna Harry dans le cercle.
« C'est comme à Stonehenge. Laisse ta magie s'exprimer, tu ne crains rien.
- Quel animal vas-tu chasser, cette fois-ci ? »
Luna pencha la tête sur le côté, comme un hibou regardant sa proie :
« Je ne sais pas. J'ai entendu dire qu'il y avait des moutons d'or, mais ils doivent hiberner, à cette époque de l'année. »
Harry sortit la Baguette de sureau. S'il utilisait une baguette, sa magie serait moins incontrôlable : il ne blesserait pas Luna.
« Tu peux rester dans le cercle, si tu veux, proposa-t-il.
- Je veux bien. »
La voix ravie de Luna le fit sourire. Il commença par un Incendio particulièrement puissant, et avant que les flammes aient pu toucher le sol, il les força à se maintenir en l'air et à se tordre en arabesques. Luna éclata de rire, de son hululement de chouette, et d'un geste de baguette créa une cascade d'eau face aux flammes d'Harry.
« Hé ! Hé ! Pas de flammes, y a des Fuseboums partout ! »
Le cri de l'artifisorcier qui leur hurla dessus depuis les gradins parvint aux oreilles d'Harry. Il était sage, en effet, de ne pas allumer le feu trop tôt (n'en déplaise à Johnny, un artifisorcier pyromane qui avait défrayé la chronique l'année précédente).
Harry laissa la cascade de Luna éteindre ses flammes et récidiva en transformant sa cascade en bulles. Les bulles se métamorphosèrent en libellules bleutées, qui furent emportées par un vent sorcier chaud et doux charriant du sable. Petit à petit, les sorts d'Harry utilisaient de plus en plus de magie, et Harry sentait sa magie se calmer. Luna, qui avait déjà vu les exploits dont il était capable avec sa nouvelle baguette à Stonehenge, n'essayait plus de contrer ses enchantements mais les esquivait.
Au bout d'un moment, Harry s'arrêta, épuisé. La saine fatigue qui le prenait après une session de magie pure commençait à alourdir ses gestes.
« On arrête ?
- Pas de problème. J'envoie un message aux autres. »
Elle créa un patronus en quelques secondes, lui donna un message à transmettre et l'envoya à Hermione.
« C'est Tonks qui m'a montré comment faire, l'année dernière, dit-elle à Harry en voyant son regard interrogateur.
- Il faudra que tu m'apprennes. » répondit Harry en regardant le lièvre argenté gambader parmi les arbres dépenaillés.
Ils préparèrent le terrain pour l'arrivée de leurs amis. L'herbe avait dégivré suite au feu d'Harry, mais il restait quelques traces d'humidité que Luna assécha. Harry créa une barrière de sécurité sur un périmètre restreint, pour qu'ils soient certains de ne pas être dérangés quand les autres sorciers d'Angleterre arriveraient pour le feu d'artifice. La bulle qu'il créa fut bientôt balayée par un vent fleurant le printemps : Hermione était dans la place.
« Désolée, Harry, s'excusa-t-elle en ôtant sa cape. Je ne voulais pas que tu règles tes comptes avec Ombrage devant toute l'Angleterre. J'ai calmé les esprits échauffés par le champagne et ta sortie.
- C'est moi qui suis désolé, se repentit Harry. Tu as bien fait. »
Ron transplana juste après, le sac en paillettes d'Hermione ridiculement accroché à son épaule, suivi de Neville.
« Mon vieux, tu as l'art de faire des sorties stylées ! Tu peux être certain d'être à la une de tous les journaux d'Angleterre demain. Il se pourrait même que Magic-hall sorte un numéro spécial ! »
L'enthousiasme de Ron faisait plaisir à voir.
« Si on reparle d'Ombrage, il y a moyen de relancer la polémique.
- Je ne comprends pas comment elle a fait pour être blanchie, reconnut Harry.
- En soi, sa défense se tenait, expliqua Neville, qui avait dû assister au procès. On n'avait aucune preuve concrète de son adhésion totale au parti de Vous-savez-qui.
- C'est, somme toute, assez logique, expliqua Hermione. Elle s'en est toujours sortie parce qu'elle connaissait le code sorcier sur le bout des doigts. Elle a dû dire qu'elle a préféré faire semblant d'obéir à Voldemort – arrête de grimacer, Ron, il est mort depuis belle lurette – et qu'elle pourrait plus agir pour les sorciers en étant dans le Ministère. Le Ministère a dû être ravi de classer une affaire aussi rapidement.
- Comment ça se fait qu'on ne l'ait pas su ? On serait venu témoigner !
- Vous n'étiez jamais là. »
La voix de Ginny, pleine d'amertume, attira l'attention générale sur les nouveaux arrivants. Oui, les nouveaux arrivants. Malefoy, le bras posé sur l'épaule de Ginny, se hâta de la lâcher :
« Je déteste être l'escorte. La prochaine fois, c'est moi qui transplane. »
Ginny ne réagit pas à la remarque de son fiancé et croisa le regard d'Harry.
« Vous êtes partis une semaine après la Bataille de Poudlard, et vous n'êtes revenus que trois mois plus tard, quand les procès expéditifs étaient déjà tous classés. Puis vous êtes repartis en Bulgarie deux mois après. Vous n'habitez plus en Angleterre, je ne vois pas pourquoi on vous aurait tenus au courant de tout ce qui s'est passé ici. »
Harry aurait voulu s'offusquer, comme Ron qui commençait déjà à se défendre face à sa sœur, mais il devait reconnaître qu'elle avait raison. Tous trois avaient fui l'Angleterre. Ils avaient de très bonnes raisons, mais c'était quand même de la fuite. Et dire qu'ils se disaient Gryffondor…
La dispute entre les deux Weasley avait grossi, éclaté, et s'était calmée en aussi peu de temps qu'il en faut pour dire Quidditch. Ce qui était vraiment sympa dans la famille Weasley, c'est que les disputes étaient houleuses et spectaculaires, mais brèves.
« Pourquoi il est là, lui ? »
Ron, un peu calmé, déplaçait le problème. Harry savait que c'était une tactique typiquement ronaldienne : quand il sentait qu'il allait perdre une bataille, il déplaçait le sujet de conversation, comme sur un jeu d'échecs il déplaçait l'attention sur un malheureux fou quand sa reine était menacée.
« J'ai suivi Weaslette, avoua Malefoy d'un ton pincé.
- J'ai entendu le patronus de Luna et je vous ai vus vous échapper. J'ai suivi Neville, en me disant qu'il allait rejoindre Luna. Je ne pensais pas trouver aussi charmante compagnie, ajouta Ginny en lançant un regard en coin à Harry.
- Moi non plus. »
La grimace dégoûtée de Malefoy fit ricaner Harry : les remarques de Ginny étaient de bonne guerre, mais celles de Malefoy ne seraient peut-être pas appréciées à leur juste valeur. Cette dernière se tourna d'ailleurs vers Malefoy et, d'un ton autoritaire, lui asséna :
« Attention à ne dépasser la limite, Malefoy. Cette fois, nos parents ne sont pas là, tu ne peux pas te réfugier dans les jupes de ta mère. »
Le ton de Ginny était péremptoire et demandait à être obéi sans discussion. Harry comprit soudain pourquoi elle avait été meneuse l'année précédente, avec Neville et Luna : certes, elle avait toujours eu un tempérament de feu et elle était moins réfléchie que Neville (Luna étant hors-concours). Mais elle dégageait une autorité naturelle, un mélange entre l'autorité de sa mère et son caractère propre. Il avait rarement vu cette facette de Ginny. Malefoy faisait ressortir des côtés d'elle insoupçonnés…
Pendant ce petit temps d'explication amico-familiales, Neville et Hermione avaient sorti les victuailles raflées au Ministère du sac de perles. Les verres se remplirent de champagne, les saucisses cocktail furent mises à griller. En sentant l'odeur de brûlé qui s'échappait des toasts mis sur le feu, Ron réagit au quart de tour et se précipita vers le feu tel un niffleur ayant repéré un trésor de dragon, laissant Harry, Ginny et Malefoy en tête à tête.
« C'est la nouvelle année. On essaie de ne pas gâcher l'ambiance ?
- Je ne vois pas de quelle ambiance tu parles, Potter. »
Le signe de tête de Malefoy démentit sa réponse : la trêve continuait, même si Harry se doutait qu'il allait devoir s'habituer à l'humour douteux de son congénère. Ils rejoignirent les autres. Luna remarqua enfin la présence de Malefoy :
« J'ai toujours voulu te poser la question : tu te teins les cheveux avec de la sève d'armoise ou ils sont blonds naturellement ? »
Malefoy fit une tête bizarre, comme s'il avait avalé de travers (et par erreur) de la bave de crapaud. Il répliqua :
« Tu es folle naturellement ou tu te shootes à l'hellébore ?
- Tu n'as pas répondu à ma question, Mauvaise Foi.
- Ni toi à la mienne, Loufoca. »
Luna hocha la tête et déclara très sérieusement :
« Tu te défiles. Comportement typique du consommateur de sève d'armoise. Ça attaque les neurones via le cuir chevelu.
- Mais je ne me teins pas les cheveux, espèce de… »
Malefoy ne put achever sa pensée : Ginny lui avait jeté un sort.
« Malefoy, ne t'avise pas de terminer cette phrase. Ou je te jette un Chauve-furie. »
Le regard apeuré et soumis peint sur le visage de Malefoy fit rire toute l'assemblée : il devait déjà avoir tâté du sort préféré de Ginny.
Après cet incident, l'ambiance se détendit. Pas que Malefoy ait été accepté, mais disons qu'il était toléré. Harry sentait une vraie alchimie entre Ginny, Neville et Luna, comme si passer une année sous les brimades des Carrow et de Rogue les avait presque fusionnés. Que Ginny ait choisi (ou subi) Malefoy poussait Neville et Luna à lui faire bon accueil. Par la force des choses, Malefoy était peu à peu intégré au groupe.
Ils dînèrent, rirent, attendirent le feu de Fuseboums. D'autres sorciers, venus pour voir le tir, se tinrent à l'écart du groupe. Ils furent rejoints par George qui venait vérifier les derniers préparatifs du tir. Lee Jordan et la première équipe de Quidditch d'Harry l'accompagnaient. Olivier Dubois était toujours surexcité, Alicia Spinnet jacassait avec Angelina Johnson, Katie Bell chahuta Ron, Dean Thomas, Lavande Brown et Seamus Finnigan furent les derniers à arriver, juste avant le premier tir de Fuseboums.
« C'est parti ! »
Ils clôturèrent la soirée allongés dans l'herbe, à ignorer les roucoulades des couples et écouter les explications de Luna sur les constellations. Seamus, qui semblait s'y connaître beaucoup plus en astronomie que les autres (Harry se souvint qu'il avait toujours suivi les cours du professeur Sinistra avec attention) la corrigeait parfois et complétait son discours.
C'était, mis à part la présence de Malefoy et l'acquittement d'Ombrage, une soirée formidable, pensa Harry.
Il aurait dû en profiter un peu plus.
