Mouhaha,
Cette fic est désormais sous mon contrôle! Je vais pouvoir changer l'histoire comme je le désire faire du bashing, des lemon et ... euh en fait j'ai des instructions ...
Reprenons :
Bonjour tout le monde,
Je suis Nictocris, la bêta d'Al et aujourd'hui c'est moi qui poste car Al est en ouikend (il y en a qui ont de la chance).
Merci beaucoup de lire (liker, suivre, etc) cette fic, de la part d'Al et de la mienne aussi. Je suis très contente de faire partie de cette aventure avec vous. Je vous laisse le soin de nous dire si vous aimez et ce que vous en pensez.
Je ne sais pas quand vous me relirez alors
A la prochaine !
Réponse au review :
Guest : Luna a toujours des idées très originales, c'est pour ça qu'on l'aime.
Nictocris : Dois-je vraiment me répondre à moi-même?
« Gourde de whisky ?
- Check.
- Vivres ?
- Check.
- Baguette ?
- Check. Parapluie rose ?
- Pas la peine de te moquer, Harry. »
Hagrid rajusta son sac sur ses épaules. Le demi-géant avait été plus que ravi quand Harry lui avait proposé une promenade champêtre dans la Forêt interdite. Harry avait tranplané à Pré-au-lard dès qu'Hermione et Ron étaient repartis à la Mag'fac et s'était installé pour quelques jours dans l'appartement de Makhé.
« Il faudra faire attention aux araignées. Aragog les contrôlait encore un peu, maintenant c'est vraiment compliqué de les approcher. Il faudra essayer de ne pas passer devant leurs nids et leurs toiles. En plus, comme elles ont servi sous Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, elles ont perdu beaucoup de leurs membres.
- De leurs pattes, vous voulez dire…, corrigea Harry en se disant qu'un appendice de moins sur huit ne devait pas changer grand-chose pour les arachnides.
- Elles ont toutes perdu un cousin, un frère, un parent. Ça leur a fait un choc. Les pauvres, elles sont très malheureuses… »
Hagrid se moucha bruyamment alors qu'Harry se sentait venir une envie irrépressible de rire : de toutes les créatures qui peuplaient la Forêt interdite, les araignées étaient celles qui étaient les plus repoussantes et malveillantes, et Hagrid en parlait toujours avec énormément d'affection.
« Tu veux que je t'emmène retrouver la clairière où Tu-sais-qui avait établi son camp, c'est bien ça ?
- Exactement.
- Tu n'as pas peur que ce soit trop dur ? Parce que, pour moi, ça va l'être… »
Harry n'avait pas voulu y penser.
« Je suppose que ça ira… »
Le regard d'Hagrid en disait long : ça n'irait pas.
Ils finirent de s'équiper. Harry avait acheté à Pré-au-lard une sorte de holster pour baguette : il avait déjà vu l'ustensile sur Maugrey et Tonks, en avait donc conclu que c'était l'objet idéal pour attraper sa baguette quand on était Auror. Et c'était vrai qu'il se sentait beaucoup plus à l'aise avec. Quand il s'habillait en sorcier, les grandes poches de sa robe lui permettaient d'y cacher sa baguette ou des bonbons. Mais quand il s'habillait en moldu, ce qui arrivait assez souvent (allez donc courser un dragon avec des jupons !), le holster sorcier était fort utile. Il n'avait plus à se soucier de risquer de casser sa baguette en s'asseyant ou de se faire disparaître une fesse. Vigilance constante, n'est-ce pas.
Il avait donc adopté un style moldu, plus pratique pour vagabonder entre les racines apparentes des arbres, et une veste avec plein de poches pour cacher plein d'objets en tous genres, et se sentait comme Hagrid la première fois qu'il l'avait rencontré. Le demi-géant portait d'ailleurs son éternelle veste à mille poches, et Harry savait qu'il pouvait y avoir des saucisses dans l'une et une chouette vivante ou un œuf de dragon dans une autre.
Harry resserra autour de son cou l'écharpe qu'Hermione lui avait offerte pour Noël : la jeune femme, qui avait pris l'habitude de tricoter pour libérer les elfes de Poudlard, confectionnait maintenant, avec beaucoup plus de talent, des écharpes et des bonnets chauds pour ses amis, et faisait ainsi concurrence à Mrs Weasley. Hagrid enferma Crockdur et ils partirent tous deux dans la Forêt.
« Vous laissez Crockdur seul ? Vous n'avez pas peur qu'il bave de partout et casse des trucs ?
- Luna va venir lui tenir compagnie, répondit Hagrid en avançant à grandes enjambées. Si je ne l'avais pas enfermé, il nous aurait suivis et, à un moment, il aurait eu peur et nous aurait fait une scène. Je préfère éviter ça. »
Ils marchèrent d'un bon pas, discutant des cours qu'Hagrid donnait aux élèves de Poudlard. Harry apprit tous les potins de l'école de sorcellerie : ainsi, la plupart des filles de sixième et septième années, pour ne pas dire toutes, et quelques garçons craquaient sur le nouveau professeur de défense contre les forces du mal (décidément, les Weasley avaient la cote) ; Ginny menait son équipe de Quidditch d'une main de fer, et cela portait des résultats ; Chourave correspondait énormément avec Neville, son meilleur élève depuis des générations, et ils s'échangeaient des graines de plantes du marché noir ; Luna oubliait d'aller en cours et préférait se promener dans le parc, discuter avec les tritons et observer les strangulots ; les première année étaient aussi peu froussards qu'Harry, Ron et Hermione en leur temps. Harry, lui, donna des nouvelles : Norberta se portait comme un charme, elle avait deux petits dragonneaux (un de ses petits était mort) ; Charlie avait adopté un nouveau magyar ; Kosma, un dragonnier de la réserve, lui faisait découvrir les dragons d'eau, des créatures entre la vouivre et les salamandres ; Krum lui avait appris à faire du balai au dessus de la mer.
Et soudain, ils y furent.
Harry reconnut les lieux avant même qu'Hagrid lui ait annoncé qu'ils étaient arrivés.
Les images étaient restées si fortement imprégnées sur ses rétines qu'il n'eut pas besoin de se concentrer pour les revoir.
Là, Voldemort. Ici, Hagrid enchaîné. Dans ce coin, Narcissa Malefoy, qui allait lui sauver la mise. Les arbres n'avaient pas changé de place, mais la terre restait marquée par les centaines de traces de piétinements. Harry s'approcha du centre de la clairière. Hagrid s'était tu et resta en retrait.
C'était là. Là qu'il était mort. Il se laissa tomber et passa sa paume sur la terre humide. Le givre n'avait pas fondu, il faisait trop froid, et recouvrait la terre foncée de cristaux plus clairs, comme si cela pouvait atténuer la violence de ce qui avait été vécu ici.
Les souvenirs affluaient, mais pas les sentiments. Aucun. Comme s'il avait évacué son traumatisme, ou qu'il s'en était détaché. Ou qu'au contraire il était encore tellement traumatisé qu'il ne parvenait pas à ressentir quoi que ce soit. Il se souvenait de la lumière verte, de Bellatrix Lestrange hurlant sa joie puis son inquiétude face à son maître affaibli, des cheveux de Narcissa effleurant son front, des cris de joie des Mangemorts, du silence qui avait suivi, comme si la Forêt tout entière s'était tue en signe de deuil. Les souvenirs étaient si forts qu'il lui semblait entendre les sanglots d'Hagrid.
Harry tourna la tête et vit qu'Hagrid pleurait vraiment. Il se releva et se dirigea vers lui. Les larmes coulaient et se perdaient dans sa barbe. Presque honteux de pleurer, Hagrid sortit un mouchoir grand comme une nappe pour s'essuyer les yeux.
« Tu étais si léger dans mes bras… Comme quand je t'ai amené chez ton oncle et ta tante. Si petit… »
Harry le serra dans ses bras, ou plutôt se fit écraser par les bras de son ami. Le demi-géant pleura encore plus fort, submergé d'émotions difficiles à contenir. Harry sentit les larmes monter et décida de les laisser couler : après tout, il n'était plus à ça près.
Ils pleurèrent pendant un long moment, enfin, c'est ce qui sembla à Harry. Ils finirent par se reprendre : Harry se moucha, Hagrid renifla.
« Bon, tu cherches quoi, déjà ?
- Une pierre noire, que j'ai abandonnée à l'orée de cette clairière. Elle est empreinte de magie noire, donc si vous la trouvez, n'y touchez pas. »
Ils se mirent chacun à chercher en commençant par l'endroit qui semblait le bon à Hagrid. Ils fouillèrent dans les taillis, les buissons, entre les racines. Harry, par acquit de conscience, lança un Accio qui n'eut aucun résultat : la pierre, en bon objet magique, voulait être trouvée à la moldue. Ils cherchèrent pendant un bon moment, continuant de discuter pour éviter le malaise qui les saisissait à cet endroit. Hagrid proposa une pause qui fut bien venue : Harry commençait à désespérer. Ils ne retrouveraient jamais la pierre…
Ce fut au milieu de l'après-midi qu'Hagrid remarqua quelque chose. Une pierre un peu plus noire que les autres, et un peu trop régulière pour que ce soit naturel, couverte de terre et de boue. Harry s'approcha et la reconnut immédiatement.
La pierre de résurrection. Il n'osa pas la saisir directement dans ses mains : la dernière fois qu'il l'avait tenue, il allait mourir. Il ne voulait pas connaître les effets de la pierre en pleine possession de ses moyens.
Il tira d'une de ses poches sa bourse en peau de moke qu'Hagrid lui avait offerte pour son dix-septième anniversaire et en sortit le vieux vif d'or que lui avait légué Albus Dumbledore. Le vif était resté ouvert : il n'aurait qu'à glisser la pierre à l'intérieur. Harry frissonna en la saisissant : même s'il ne touchait pas la pierre, ayant utilisé un pan de la bourse retournée pour la saisir, le sentiment de malaise qui l'étreignit était différent de ce qu'il avait ressenti la première fois qu'il l'avait utilisée. Comme si, maintenant qu'il était attaché à la vie, la pierre lui paraissait malsaine et maléfique. Il la lâcha dans le vif et ce dernier se referma : après la bague de Gaunt, la pierre avait trouvé son nouveau réceptacle pour les années à venir. Harry glissa le vif dans la bourse et la bourse dans sa poche.
« On peut rentrer, Hagrid ! »
Le soupir soulagé de son ami, posté derrière lui, lui souleva des mèches de cheveux. Ils rebroussèrent chemin.
« Tu restes dîner ?
- Avec grand plaisir. Je n'ai pas hâte de rentrer, mon colocataire n'est pas des plus aimables. »
Ils étaient en effet deux à squatter l'appartement de Makhé : Malefoy et lui. La cohabitation se passait plutôt bien : ils s'évitaient, se parlaient le moins souvent possible, ne s'insultaient qu'une seule fois par jour. Le pacte tacite qu'ils avaient conclu au Terrier, "être en bons termes avec ses familiers", portait ses fruits. Drago Malefoy vaquait à ses occupations et Harry aux siennes, en essayant tous deux que leurs occupations n'aient jamais rien en commun.
Ils parvinrent à la nuit à la cabane d'Hagrid. Luna leur ouvrit la porte : une fumée noire s'échappa par l'ouverture.
« J'ai essayé de cuisiner, avoua Luna. Je me suis dit que vous n'auriez pas envie d'aller manger dans la Grande salle.
- Tu devines bien, reconnut Harry.
- Tu as fait des biscuits ? »
La gourmandise d'Hagrid s'entendit. Si cela pouvait permettre de ne pas manger un casse-dents habituel, Harry approuvait la démarche. D'un autre côté, la couleur de la fumée et l'odeur de brûlé n'étaient pas engageantes.
« Non, ragoût de lapin. Il a un peu brûlé. Le laurier mélangé à la branchiflore donne des résultats surprenants. »
Harry sentit une partie de sa tristesse s'évaporer au contact de Luna. Depuis qu'il la connaissait, elle avait toujours été la personne qui allégeait sa peine par quelques mots. Après la mort de Sirius, c'était la seule à l'avoir compris et réconforté, à sa manière. Elle avait compris pour Dobby. La jeune fille portait ses fameuses boucles d'oreille en radis aux oreilles et avait remonté ses cheveux sales en un chignon calamiteux sur le haut de son crâne. Crockdur avait bavé sur le devant de sa robe et les immenses maniques qu'elle avait sur les doigts lui faisaient des mains de géant.
Bref, son allure de pauvresse n'avait rien pour plaire, et pourtant Harry sentit comme l'autre fois des jeux follets danser dans son ventre.
« Tu n'as pas eu trop d'ennuis avec le dernier article de Skeeter ? » s'enquit Harry en s'installant à table.
Il pensait à l'article où Luna, devenue croqueuse d'homme, payait Harry pour s'assurer de ses services sexuels et journalistiques.
« Pas vraiment. Ils étaient plus occupés à se moquer d'Astoria Greengrass, qui proclamait depuis le début d'année qu'elle allait épouser Malefoy. Trelawney lui avait pourtant prédit que le mariage se ferait à la prochaine lune rouge… Et puis j'en ai stupéfixé quelques uns, ça les a calmés. »
Harry se souvenait de Luna durant les leçons de l'A. D. : quand elle le voulait, elle était redoutable. Hagrid rit :
« Luna en a envoyé plus d'un à l'infirmerie. En plus, elle a le soutien indéfectible de Filius et Bill, deux professeurs influents.
- Le professeur Flitwick a été obligé de me donner une heure de retenue, pour faire bonne mesure, m'a-t-il dit, quand les dents de John Trovalto sont devenues violettes. Mais il a accordé dix points à Serdaigle, puisque Trovalto était apparemment beaucoup plus beau comme ça et que mon sort était très réussi. »
Harry se souvint que Trovalto était un Serpentard.
« L'entente entre les Serpentard et les autres maisons est toujours aussi délétère ?
- Ça dépend des gens, répondit Hagrid. La maison Serpentard s'est calmée depuis qu'il n'y a plus Rogue et que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom a été vaincu. Mais il reste quelques irréductibles. Minerva essaie de pousser tout le monde à travailler ensemble, pour éviter les scissions qu'il y a pu y avoir avant.
- C'était une idée de Dumbledore, il trouvait qu'on répartissait les élèves trop tôt. » ajouta pensivement Harry, se souvenant de la conversation entre Dumbledore et Rogue qu'il avait surprise dans la pensine.
Luna, qui scrutait sa tasse avec attention depuis un moment comme si elle allait y trouver une réponse au mariage prochain de Greengrass, sembla réintégrer la conversation à ce moment-là.
« Moi je ne trouve pas. La maison n'est qu'une possibilité, on devient toujours ce qu'on veut. À mon avis, c'est que les maisons se sont gangrenées dans une manière de faire. Les maisons initiales n'étaient pas prévues pour créer des tensions. Elles vantent des qualités avant de prôner leurs défauts. Chaque qualité peut devenir un défaut. »
Les raisonnements de Luna avaient prouvé, à plus d'une reprise, qu'ils étaient originaux, mais logiques.
« Je crois que je vais avoir besoin de tes éclaircissements, reconnut Harry.
- Regarde, une qualité des Gryffondor est la bravoure. Mais si tu pousses la bravoure jusqu'au bout, tu arrives à l'inconscience. Je pense que ça doit te parler… Une qualité des Serdaigle est l'originalité, et si tu vas trop loin tu tombes dans l'idiotisme.
- Les Serdaigle, idiots ?
- L'idiotisme, c'est le renfermement sur soi. Tu te coupes du monde tellement tu es original. Tu deviens anormal, hors-norme. Comment vivre en société après ça ? Tes maisons doivent t'apprendre à développer tes qualités sans qu'elles deviennent des défauts. Si tu n'as pas de maison qui cible ça pour te permettre de développer tes qualités jusqu'à la limite du défaut, comment contrer cette dérive ? »
Luna devait savoir de quoi elle parlait : même chez les Serdaigle, elle était considérée comme à part. Harry réfléchit : l'explication se tenait. Il n'aurait jamais pu faire la moitié de ce qu'il avait fait s'il n'avait pas eu Hermione et Ron à ses côtés : ils étaient pourtant de caractères fort différents. Hermione était forte mais savait reconnaître ses faiblesses et les forcer à reconnaître leurs limites. Ron, plus tête brûlée, était suffisamment déterminé pour agir sur un coup de tête mais suffisamment stratège pour passer par des voies détournées quand le besoin s'en faisait sentir.
« Nos maisons seraient donc plus des garde-fous que des cadres. On nous éduque, on ne nous formate pas.
- Exactement. Ce ne sont pas les maisons qu'il faut supprimer, ou la répartition, mais bien l'animosité qui existe entre elles. Surtout envers les Serpentard. S'ils sont toujours traités comme des parias, on aura un nouveau mage noir dans la prochaine génération.
- Ils sont aussi imbuvables, remarqua Harry.
- Qui du dragon ou de l'œuf, Harry. D'ailleurs, il semblerait que ce soit le dragon… »
Hagrid hocha la tête, comme s'il comprenait tout dès qu'on plaçait des dragons dans la conversation, tandis qu'Harry se demandait comment cette énigme universelle était enfin résolue.
« Ça se tient. Il nous fallait bien une Serdaigle pour voir ça, pas vrai Harry ? »
Il éclata de son bon gros rire de géant sans remarquer qu'Harry s'étouffait à moitié dans sa tasse de ravegourde. Luna ne cessait de l'étonner. Il avait l'impression que plus il l'apprivoisait, plus elle devenait insaisissable. Cette sorcière restait un mystère.
Quand Harry redescendit à Pré-au-lard, tellement tard qu'on aurait pu dire qu'il était tôt, il ne s'attendait pas à voir la lumière allumée dans l'appartement. Malefoy n'était donc pas couché ?
« Alors, Malefoy, pas encore au lit ? Je te manquais ?, claironna-t-il en entrant dans l'appartement.
- Salut, Harry. Il faut qu'on discute. »
La voix qui lui parvint de la cuisine n'était certainement pas celle de Malefoy. Il posa ses clefs sur le meuble de l'entrée et passa dans la cuisine.
Ginny Weasley était assise face à son fiancé.
Ambiance chelou, bonsoir.
« Que se passe-t-il ? Tu n'es pas censée être à Poudlard ?
- Passage secret. Et ne me fais pas la morale, faux frère, tu faisais bien pire à ton époque. »
Harry hésita : soit il s'asseyait à côté de son ex, soit il côtoyait son pire ennemi. Il finit par lancer un sortilège d'Attraction sur une chaise du salon et s'assit à l'autre bout de la table. Il se versa une tasse de thé et leur demanda enfin :
« Bon, qu'est-ce qu'il se passe ? »
Le regard sombre de Malefoy lui fit pressentir le pire.
« Quelqu'un est mort ?
- Non, mais ça va venir. »
Le ton glacial de Malefoy rappela soudain à Harry qu'il avait affaire à un loup-garou, donc un homme beaucoup plus bestial que ce qu'il avait été dans le passé. Son ton appelait du sang. Ses mains tremblaient. Harry le connaissait suffisamment pour savoir que Malefoy était au bord de la crise de nerfs. D'habitude, il se maîtrisait mieux.
« C'est bientôt la pleine lune ?
- Oui, et ça n'arrange pas la situation, grinça Malefoy. Je me ferais bien une grosse vache. »
Harry haussa un sourcil devant cette phrase : pourquoi Ginny ne mettait-elle pas une claque à son fiancé devant ce sous-entendu ? Elle ne ratait pourtant jamais une occasion de le rabrouer. Ce devait être à cause de l'horaire, il était peut-être beaucoup trop tôt pour qu'elle réagisse.
« Je croyais que les animaux n'attiraient pas les loups-garous, remarqua Harry.
- Je ne parle pas de ces vaches-là. »
De sa main libre, Ginny lui tendit la dernière Gazette. La une était on ne peut plus claire :
L'héritier Malefoy au sommet : plus dure sera la chute.
« Rita Skeeter ? Encore une fois ?
- Elle nous a inventé une liaison, Potter. On est apparemment des violeurs de sorcières : tu tapes dans la foldingue et moi dans le héros de guerre. »
Harry fronça les sourcils :
« Je pensais que tu allais maîtriser ton amie Rita comme tu l'as fait en quatrième année, quand tu ragotais sur mon dos.
- Je pense que t'as pas bien saisi, Potter. Elle nous a inventé une liaison ! Nous sommes en couple à Pré-au-lard, et nous invitons Loufoca et Weaslette pour nos soirées mousse !
- Et alors ? J'ai l'habitude.
- Des soirées mousse ? » demanda Ginny, surprise.
Malefoy leur lança, d'un ton froid et calculateur :
« Peut-être que tu acceptes qu'elle salisse ta réputation, voire que tu te réjouis qu'elle en fasse de même avec la mienne, mais je sais que ça doit te faire mal au cul qu'elle salisse celle de Granger ou Loufoca. »
Harry sentit en effet la bile lui brûler les entrailles. Si Hermione et Luna savaient se défendre (et elles l'avaient bien prouvé à plusieurs reprises), il n'en demeurait pas moins qu'il se sentait responsable de la campagne de dénigrement menée par la presse contre elles.
Néanmoins, Malefoy restait Malefoy. Mieux valait en savoir plus.
« Et ?
- Skeeter calomnie tous mes amis : Pansy, Gregory, Daphné, Blaise… Et là elle s'attaque à ma future femme. »
Ginny objecta :
« Je sais me défendre, merci !
- Il est hors de question qu'on s'attaque à ce qui appartient à un Malefoy, s'emporta Malefoy. Qu'elle s'occupe de Sang-de-bourbe, mais qu'elle n'ose pas s'attaquer à des gens comme moi !
- Surveille ton vocabulaire, Malefoy ! Et pour rappel, je ne suis pas ta chose ! »
Le ton que Ginny avait adopté ressemblait à celui de Mrs Weasley quand elle disputait les jumeaux. La jeune fille était furieuse :
« Il est hors de question que tu utilises ce terme en ma présence !
- C'est pas possible d'être aussi mal-luné ! Je suis là pour défendre ta réputation, et tu me cries dessus ?
- L'insulte mal-lunée de ta part, c'est fort sympathique, gloussa Harry en s'incrustant dans la dispute du couple.
- Ne crois pas que je vais rire à une de tes blagues, Potter, même si elle était bonne, je le reconnais. J'ai besoin de toi pour attaquer Skeeter en justice pour calomnie, diffamation, détournement de hiboux ou atteinte à la vie privée. Ou un cocktail des quatre. »
