Chers lecteurs,
Je voulais vous faire part du pire truc quand on écrit des fanfics. Je vous le donne : trouver les orthographes correctes de Mimbulus Mimbletonia, Kinsgley Shacklebolt, Abelforth Dumbledore et Justin Finch-Fletchley. Parce que, reconnaissons-le, on ne les lit jamais en entier. On reconnaît le début et baste. Donc là j'ai un document que je complète à mesure avec toutes les orthographes reloux. Et après petit copié collé des familles pour éviter de tout retaper avec trois graphies différentes. Quelle organisation.
Merci à Nicto pour la relecture.
Portez-vous bien, buvez un litre d'eau par jour, à lundi,
Al
PS : commentaire sur commentaire :
Guest : oui oui oui. je te laisse découvrir ça (dans cinq chapitres je pense). Merci pour ta review !
« Harryyyyyyyyyyyyyy ! »
Le hurlement d'Hermione n'avait d'égale que le pétillement malicieux des yeux de Ron. La sorcière se jeta dans les bras de son ami et le serra fort contre elle, alors que Ron s'avançait d'un pas tranquille vers eux.
Harry rendit son étreinte à Hermione : ses amis lui avaient manqué. Ils avaient vécu un mois sans se voir, et c'était comme un siècle. Quand il les avait prévenus qu'il rentrait à la Mag'fac, en utilisant un téléphone moldu pour éviter les interférences skeeteriennes, Hermione avait roucoulé dans le combiné « Tu nous manques », ce qui ne lui arrivait jamais.
Et en effet, en serrant dans ses bras Hermione et en souriant à Ron, Harry se sentait enfin complet, comme s'il lui avait manqué des parties de lui pendant tout ce temps.
« Tu vas bien ? Ça s'est bien passé avec Malefoy ? Tu as vu Hagrid ? Et Luna ? Et Ginny ? Et Skeeter a refait des siennes ? Tu as la pierre ? Tu as fait bon voyage ? Coucou est avec toi ? Tu as reçu l'appel de Molly ? Tu as les pots de marmelade à l'orange amère ? Et les crèmes canari pour Ron ?
- Hermione, ça fait beaucoup trop de questions, la coupa Ron.
- Je n'aurais pas dit mieux, répondit Harry. Oui je vais bien. Je suis content de vous voir. »
Ils quittèrent le terminal des portoloins bras dessus bras dessous. Hermione leur proposa d'aller prendre un pot à Sorçarella. Un portexpress plus tard, ils s'attablaient dans le restaurant.
« Tu reçois toujours des lettres d'insultes ?
- Toujours. On a dû demander au concierge de la Mag'fac de filtrer les hiboux. Mais il y en a un peu moins : je reçois les hiboux au Terrier ou à l'ancienne adresse de mes parents, à Liverpool. Ils n'ont toujours pas trouvé mon adresse moldue, à Londres, ce qui me rassure : je n'ose imaginer la tête de mon concierge si une horde de hiboux se permettait de squatter son hall d'entrée. Molly ne me fait suivre que les lettres d'expéditeurs connus. Peu de courrier arrive à la Mag'fac.
- C'est hyper bizarre, reconnut Harry. Le nom Hermione Granger était connoté sauveur du monde sorcier, et maintenant tu es adepte de Voldemort.
- Comme si je n'avais pas été torturée par ses adeptes, exactement. Je me dis que la campagne de publicité de Skeeter va finir par péricliter.
- Je persiste dans mon idée de faire pression sur elle, proposa Ron.
- Quoi ? »
Hermione but une gorgée de chocolat chaud avant de continuer :
« C'est le sujet de conversation favori de l'Antre de Fafnir ces derniers temps. Makhé a proposé de s'occuper personnellement de Skeeter qui lui fait une réputation d'affreuse mégère. Elle s'est dit qu'elle pouvait toujours lui décrire tous les supplices qu'elle pourrait lui faire subir. Comme elle a la même tête que sa mère, elle voulait en profiter un peu pour faire sa diva psychopathe et marquer les esprits…
- Tu oublies de dire que, dans son plan, Charlie lui prêterait un dragon, comme Khaleesi. »
Khaleesi était le Vert gallois le plus câlin de la réserve, et totalement inoffensif, bien qu'atteignant la taille d'un immeuble de trois étages. Comme il était le plus imposant, il avait tendance à effrayer les gens beaucoup trop rapidement, ce qui le rendait malheureux, puisqu'il adorait les gratouillis. Harry adorait Khaleesi et Khaleesi le lui rendait bien.
« Comment pourrait-elle transporter Khal ?, demanda Harry, se prêtant au jeu d'imaginer les stratagèmes d'intimidation de Makhé.
- Elle ferait transplaner Skeeter sur l'île de Man, où l'attendraient Charlie et trois écailleux. Les dragons seraient venus par la voie des airs, tout contents de couvrir une grande distance : ça leur dégourdit les ailes. Charlie trouve parfois que la réserve n'est pas assez vaste pour les grands prédateurs. Ils ont besoin d'un peu plus de liberté.
- Je vois que ce plan est mûrement réfléchi. Le transplanage est possible d'Angleterre à une île ? »
Harry était étonné : il était convaincu que le transplanage était impossible de pays en pays.
« L'île de Man appartient à l'Angleterre, elle obéit à la même législation magique, expliqua Hermione. On peut donc transplaner dessus depuis la Grande-Bretagne. Je n'ose imaginer le transfert par portoloin d'un vert gallois… »
Ron ricana.
« Le dragon serait vert de rage… »
Hermione ne daigna pas sourire à ce calembour. Harry raconta ce qu'il avait vécu, parla du Ch'abboté où il avait passé pas mal de temps durant ce dernier mois, d'Hagrid, de Luna qui ensorcelait ses camarades pour avoir la paix, des gobelins qui l'avaient reçu à Gringotts, de Ginny qui s'entendait de mieux en mieux avec Malefoy.
« Tant mieux, nota Hermione. C'est suffisamment difficile comme ça, il ne faudrait pas en plus qu'ils se détestent.
- On parle de Malefoy, là, ronchonna Ron. On ne peut pas ne pas le détester, quoiqu'en disent les lectrices de Verbiage…
- Ginny n'a pas le même passif que nous avec lui, corrigea Hermione. C'est une bonne chose qu'ils arrivent à s'entendre : ils vont se marier et habiter ensemble, autant qu'ils ne mettent pas des pièges à scroutts dans leur maison. D'ailleurs, où vont-ils loger ?
- Je crois que Makhé n'a pas compris qu'elle prêtait aussi son appartement à Ginny, répondit Harry. D'ailleurs, Bill a dû ajouter quelques sorts pour consolider les murs, ces deux-là s'envoyaient tellement de maléfices et d'assiettes dans la figure que les barrières magiques de Rogue ne suffisaient plus.
- Donc penser à de la vaisselle indestructible pour leur liste de mariage. » nota Ron pour plus tard.
Un cri parvint des cuisines :
« King Weasley ! On a besoin de vous !
- Il faut vraiment que je demande à Pablo d'arrêter de m'appeler King, répondit Ron en rétablissant en position verticale sa longue carcasse. J'ai toujours l'impression d'être le fils illégitime de Kingsley. »
Il lâcha une bise à Hermione et salua Harry :
« On se voit ce soir ?
- Bien sûr, répondit Harry, ravi d'avoir Hermione pour lui tout seul. Si tu me rapportes de l'hermignardise. »
L'hermignardise était un mélange entre une tarte aux fruits et une mousse au chocolat appellation d'origine magiquement contrôlée Ronald Weasley, dédié à Hermione qui rougissait à chaque fois qu'elle entendait ce nom. Hermione piqua donc un fard, ce qui était le but avoué d'Harry quand il commandait cette pâtisserie.
Ron disparut en cuisines après un clin d'œil et Harry se tourna vers son amie.
« Oh oh, je connais cette tête. Harry James Potter, quelle question féminine vas-tu donc me poser ?
- Comment fais-tu pour savoir quel genre de question je vais te poser ? J'essaie pourtant d'être impassible, s'offusqua Harry.
- J'ai bien vu que tu as fait des progrès pour cacher tes émotions, bravo, mais je suis trop finaude, tu le sais. Comment as-tu fait, d'ailleurs ?
- Malefoy m'a aidé, ronchonna Harry, déçu d'avoir été percé à jour aussi facilement. On s'entraîne pour le procès de Skeeter.
- Ça explique le léger regard hautain ajouté à cette moue désinvolte : on reconnaît la patte du maître. Allez, dis-moi tout. Il s'est passé quelque chose avec Luna, c'est ça ? »
Voyant la tête d'Harry, elle ajouta :
« Il se passe quelque chose avec Luna.
- Mais comment t'as deviné ? » s'étrangla Harry.
Il lui avait fallu une correspondance assidue, un passage troublant dans les toilettes du ministère et un mois de fréquentation régulière pour qu'il identifie quelques symptômes, sans réussir à mettre la baguette dessus.
« C'est donc si visible ?
- Plutôt. Même Skeeter a pu s'en rendre compte.
- Je suis un peu… heu… assez souvent troublé, commença Harry, abandonnant définitivement toute tentative de ne pas avoir l'air coincé dans un téléfilm tiré d'un roman de Jane Austen. Il y a des jours où j'ai l'impression de ne penser qu'à elle : la ravegourde, le champifleur, la magie pure, la forêt, les discussions à des heures improbables… À chaque fois que je la vois, elle… elle dénoue tout, tu comprends ? »
Hermione leva les yeux au ciel.
« Ok, je comprends bien qu'elle ne fait pas le même effet à tout le monde. » ajouta Harry.
Elle posa une main apaisante sur son bras tandis que le serveur leur apportait deux tasses de thé et deux parts d'hermignardise.
« Calme-toi. Et si tu me racontais ce qui s'est passé le jour de l'an ? »
Harry obtempéra. Il se rendit compte qu'il se souvenait surtout de la main de Luna sur son front et de l'arbre dans sa bulle d'oreille, mais qu'il avait oublié pourquoi ils s'étaient retrouvés dans les toilettes, ce qui était légèrement flippant. Hermione l'écoutait attentivement et semblait remplir elle-même les blancs dans les souvenirs d'Harry.
« Qu'est-ce qui te dérange, en fait ?
- Mais rien, rien du tout. J'aime passer du temps avec elle, je suis plus serein quand elle est dans les parages, c'est tout. Quand je suis avec elle, je me sens… Je sais pas. C'est à la fois simple et compliqué, je ne m'y retrouve pas.
- Et si tu laissais le temps faire son œuvre, coupa Hermione. Continue de la voir et de la fréquenter et arrête de te prendre la tête. De toute façon, elle n'est pas du genre à se prendre la tête, vous resterez sur la même longueur d'ondes. »
Elle attaqua son hermignardise :
« Ginny ne m'a jamais manqué comme Luna me manque, continua Harry comme s'il n'avait pas entendu ce que Hermione lui disait.
- Ginny n'a jamais eu le temps de te manquer, voilà tout. Elle est là depuis la deuxième année quand tu lui as sauvé la vie, puis quand Voldemort est revenu, quand on s'est battus contre ses Mangemorts, quand on a fait la guerre, quand on est partis en France, et pendant les vacances que tu passais chez les Weasley. Elle était même là sur le quai le jour de ta première rentrée à Poudlard ! Et elle voulait venir te saluer dans ton wagon !
- Luna s'est battue avec nous, dès qu'elle a pu. Elle s'est beaucoup investie, elle a beaucoup été là…
- Et elle est suffisamment évaporée pour ne pas te le rappeler à chaque fois qu'elle te voit. »
Harry grignota la mousse aérienne de son hermignardise en assimilant les remarques d'Hermione.
« Et t'as pas l'impression que c'est rapide de se poser des questions comme ça juste après ma rupture avec Ginny ?
- Juste après, juste après…, soupesa Hermione. C'est toujours moins tôt que Ginny et Malefoy – j'oublie toujours qu'il va entrer dans la famille. De toute façon, ça fait un petit bout de temps que ça dure : tu lui écris tout le temps, tu parles sans cesse de tes articles pour le Chicaneur, tu te passionnes pour des trucs qui n'existent pas. Et ces derniers temps, vous vous croisez beaucoup. Vraiment beaucoup. T'as pas remarqué ? »
Harry s'était aussi rendu compte de ces faits, mais les voir aussi évidents pour son amie lui paraissait difficile à digérer.
« Et donc, t'en dis quoi ?
- Euh, c'est difficile à dire. En cinquième année, on avait tous pas mal de choses en tête mais ton amitié avec Luna s'est développée malgré tout. En y repensant bien après, tu lui as fait confiance tout de suite pour l'A. D. malgré son… originalité. Bizarrement, vous avez toujours bien accroché, comme si tu étais capable de la comprendre.
- Mais c'est elle qui me comprend ! »
Harry avait l'impression que cette conversation ne menait absolument nulle part, comme si parler de Luna avait le même effet que parler avec Luna. C'était bien la peine d'essayer de mettre des mots sur ce qui se passait.
Hermione finit par lui proposer :
« Si vous vous comprenez si bien, pourquoi ne l'inviterais-tu pas comme cavalière pour le mariage de Ginny et Malefoy ? »
Hermione ne le savait pas, mais Luna était déjà sa cavalière attitrée.
OoO
Khaleesi fut ravi de retrouver Harry, Norberta lui fit la fête et Brad se jeta sur lui avec tellement d'enthousiasme qu'il le fit tomber. Allongé dans l'herbe avec le museau de Norberta qui farfouillait dans son cou et le corps de Brad lové contre son torse, Harry se sentit enfin chez lui. La réserve où travaillait Charlie lui procurait une indicible sensation de liberté. Pas qu'il ait voulu être dragonnier (il aurait fallu refaire une formation en soins aux créatures magiques), mais il s'y sentait bien : les dragons ne le jugeaient pas, ne conspiraient pas, n'écrivaient pas d'"article" à la Gazette du sorcier. Les dragons lui semblaient plus humains que les sorciers. Il commença à gazouiller en fourchelangue, pour le plus grand plaisir de Khaleesi qui se mit à ronronner très fortement.
« Bougez-vous, s'écria Charlie en rompant ces retrouvailles envahissantes. Laissez Harry tranquille ! »
Khaleesi, dont la queue s'enroulait autour des jambes d'Harry, se dégagea nonchalamment et inclina la tête face à Charlie pour que ce dernier lui gratte la tête. Brad, résolu, siffla et s'installa avec plus d'obstination sur le torse d'Harry, qui grimaça : ses écailles rugueuses s'enfonçaient dans son ventre.
« Je suis désolé, s'excusa Charlie. Tu leur as manqué et ces balourds sont incapables de te le montrer autrement qu'en te sautant dessus. Heureusement que tous les dragons ne sont pas comme ça…
- J'imagine mal Titus rechercher ma compagnie, gloussa Harry en essayant de se relever.
- Tu m'étonnes. D'ailleurs, à propos de dragon acariâtre, les œufs de Délivrance devraient bientôt éclore, si tu veux assister à la naissance de deux petiots, dis-moi, je demanderai à Kosma une combi de protection. »
Bien qu'Harry se soit levé, Brad restait agrippé à lui. Il n'allait toutefois pas s'en plaindre : le dragonneau lui tenait chaud.
« On a besoin d'une combi de protection pour la naissance d'un dragon ?
- Un peu, mon boutefeu. La mère est affreusement susceptible, elle risque de brûler tout sur son passage. La dernière fois, quand ce sont les œufs de Norberta qui ont éclos, j'ai cru que j'allais finir chauve. »
Charlie aida Harry à déloger Brad de ses bras : le dragonneau roucoula et se glissa sur l'épaule du dragonnier, tout chafouin. Charlie adressa un large sourire à Harry :
« Content que tu sois de retour ! Makhé était plus ronchon que d'habitude, à croire qu'elle t'apprécie. Mais entre mes dragons qui râlent et ma coloc qui rouspète, ça faisait beaucoup. Je crois que tout le monde s'est habitué à toi. »
Harry songea que Charlie déguisait à peine ses propositions : il allait lui demander bientôt s'il comptait s'installer pour une plus grande période à la réserve. Et ça ne rata pas :
« Si tu veux t'installer plus réglementairement, il faudrait que tu passes quand même une licence de biomagie, tu le sais ?
- Je n'ai pas envie d'être dragonnier, coupa Harry, immédiatement. J'apprécie la compagnie des dragons, mais pas de là à vouloir les fréquenter toute ma vie.
- Tant mieux ! »
L'expression soulagée de Charlie fit rire Harry :
« Je suis si mauvais que ça, avec les dragons ?
- Non, pas du tout, expliqua Charlie. C'est juste qu'un dragopote sur une réserve ça finit forcément par créer des embrouilles. À un moment, les mâles se concertent et essaient de te griller sur place, c'est normal : ils éliminent la menace. Je voulais te mettre au courant avant que ça dégénère, avant que tu t'attaches trop à eux, mais je n'y arrivais pas. Ils sont si mignons, j'aurais compris que tu veuilles rester. »
Harry rassura Charlie tandis qu'ils marchaient tous deux d'un bon pas vers le hangar de la réserve. En route, ils abandonnèrent Norberta qui gronda pour que Brad la suive : des trois dragonneaux qui étaient nés, Brad était le moins farouche. Sa sœur Milady était restée à la réserve quand Norberta était tombée malade : elle n'avait jamais vécu trop près des humains, contrairement à Brad qui les adorait. Charlie s'inquiétait : il espérait que Brad réapprendrait à craindre les humains pour ne pas se faire attraper par des chasseurs de dragons.
« Tu comprends, notre réserve est normalement ouverte à tous les sorciers, dans des conditions strictes de sécurité, mais on n'est jamais sûr. Si on doit les remettre un jour dans un endroit sauvage, autant qu'ils sachent fuir les humains.
- Les sorciers ?
- Mais non, les dragons. »
Les deux sorciers passèrent le reste de l'après-midi à tourner à balai autour de la réserve pour repérer des failles dans les sortilèges de sécurité. Harry en renforça quelques uns, sur les conseils de Charlie. Le dragonnier était, comme d'habitude, intarissable sur son sujet préféré.
« Le boutefeu est un dragon asiatique féroce, le plus difficile à approcher : souviens-toi de Titus. Ses écailles sont très recherchées, et ses os ont des particularités magiques uniques. On les utilise pour les potions de revigoration et de dépétrification. Tu imagines bien qu'on a eu une commande de poudre d'os de boutefeu l'année où la Chambre des secrets a été ouverte. Il ne faut pas uniquement de la mandragore. Le cœur de dragon est aussi beaucoup utilisé dans la fabrication de baguettes. On est donc très sollicités pour certaines fournitures magiques. Sans parler des sacs en écaille qui reviennent à la mode…
- Où trouves-tu les os et les autres organes ? Tu n'as pas à tuer des dragons pour avoir ce que tu veux, nota Harry.
- Les dragons décident de tous mourir au même endroit : il y a un endroit unique au monde, le cimetière de dragons, expliqua Charlie en évitant un banc d'oies sauvages.
- Comme les éléphants ? »
Harry se souvenait très bien de ce dessin animé moldu qu'il avait vu avec Hermione, en France. C'était l'histoire de sa vie. Un lionceau se retrouvait dans un cimetière d'éléphants.
« Peut-être, je ne m'y connais pas assez en animaux moldus. En tout cas, sa localisation est conservée secrète.
- Pourquoi ?
- Marché noir, répondit Charlie d'un ton grave. Les dépouilles de dragons sont très recherchées : ces bêtes vivent très longtemps et sont difficiles à tuer. Donc si on trouve un cimetière de dragons, tu peux être certain que tous les vautours du monde sorcier vont vouloir y piller pour leurs collections personnelles. »
Pour avoir vu au cou de Malefoy un pendentif en dent de lait de dragon, Harry songeait que les familles sang-pur devaient en effet rechercher à tout prix un squelette de dragon.
« Certains os de dragons sont utiles en potions, où l'art de la précision confine à la perfection, ajouta Charlie dans une envolée lyrique qui en disait long sur ses propres cours avec Severus Rogue. Or, une fois qu'un dragon est mort, il faut être un expert en dragonologie pour repérer les différentes races de dragon. Si tu prends des écailles de magyar au lieu de norvégien, tu risques d'avoir les effets inverses d'une potion de Poussos. Tu ratatines tes os au lieu de les faire repousser. »
Le Poussos… Ça lui rappelait une nuit d'insomnie à Poudlard avec Dobby qui venait faire du trampoline sur son lit d'infirmerie.
« Donc vous gardez cette localisation sous serment ?
- Exactement. Sur les six réserves mondiales, on est environ une vingtaine de dragonniers à connaître l'emplacement du cimetière. »
Ils terminèrent leur tour sans parler : le froid commençait à se faire beaucoup trop sentir. Harry se fit une note mentale pour demander à Hermione de lui préparer un feu portatif dans un pot à confiture pour sa prochaine sortie à balai.
Une fois revenus à l'Antre de Fafnir, ils prirent un thé brûlant. Makhé et Hermione les rejoignirent.
« Weasley, t'as reçu du courrier. »
Makhé jeta un pli devant Charlie. Il ouvrit la lettre, pas pressé pour une noise, et ses yeux pétillèrent :
« Des sorciers ont aperçu des dragons sauvages en Russie ! Apparemment un suédois à museau court et un cornelongue cueillent des élans dans les monts Oural !
- Et ?
- On est les dragonniers les plus proches. Il faut qu'on aille les voir, vérifier qu'ils ne sont pas dangereux, et les déplacer si besoin est.
- Je viens avec toi, dit Makhé. Ça me fera des vacances.
- Hors de question, c'est trop dangereux, répondit Charlie sans réfléchir.
- Regarde-moi dans les yeux et répète-moi ça, ajouta-t-elle sur le ton de la conversation.
- Et la Mag'fac ?
- Ça leur fera des vacances. »
Hermione ricana dans son coin.
« Je prendrai Kosma, il est plutôt doué et ça lui fera du bien de voir des dragons sauvages. Les autres dragonniers resteront sur la réserve. On n'a pas besoin d'être plus nombreux : ils ne sont que deux.
- Je peux venir ?, demanda Harry, plein d'espoir. Comme je parle fourchelangue, je…
- Harry ! C'est dangereux ! »
La voix d'Hermione était intraitable.
« Je suis pas ton coloc, répondit Harry, en insistant sur le déterminant possessif.
- Dans ce cas, je viens. »
Ce fut au tour de Charlie de ricaner dans son coin.
« Ron ne te laissera jamais partir, nota Harry. Son sommeil est trop précieux et son boulot trop prenant.
- Il viendra, répondit Hermione, catégorique. Son contrat se termine dans deux semaines, si le voyage peut attendre, il nous accompagnera. »
Devant l'air résolu d'Hermione, Harry se réjouit : ses deux amis venaient avec lui en Russie chasser le dragon sauvage.
C'est ainsi que, deux semaines plus tard, Harry, Ron, Hermione, Charlie, Makhé et Kosma se rendirent en Russie. Comme au bon vieux temps, avec des amis en plus dans leurs bagages.
