Chers lecteurs,

Il fait chaud (oui, j'aime asséner des vérités brutes).

Portez-vous bien, hydratez-vous, à samedi (si nous ne sommes pas encore liquéfiés),

Al

PS : time for reviews :

Nictocris : tu dis ça parce que tu n'as pas encore rencontré l'elfe des forêts katniss evergreen. bises (valises méprises maîtrises banquises)


Les six compagnons avaient bien organisé leur voyage : ils avaient eu le temps. Charlie et Kosma avaient apporté tout leur matériel pour gérer des dragons, ainsi que de quoi les pucer. Ron s'occupait de l'intendance : son inflexibilité dans les comptes leur avait permis un petit extra (du chocolat importé de France du célèbre chocolatier Lucas Kahaut). Hermione avait embarqué une bibliothèque (dragonologie, potions de premiers secours, magie russe, tricot) et un nécessaire à potions dans un nouveau sac, à franges, celui-ci. Makhé s'était dévouée pour rafler ce dont ils auraient besoin pour les premiers soins (l'infirmière de la Mag'fac lui avait fourni ce qu'il fallait en philtres, bandages, onguents, baumes, fioles et dolipranes).

Harry avait cédé : il fournissait les balais. Il avait trouvé à la boutique de balais de Corbak de vieux Brossdur d'occasion, ainsi qu'un antique Nimbus 1515 et un Filvite aux poils ébouriffés. Il avait voulu prendre son Éclair de feu dans ses bagages, mais Charlie le lui avait fortement déconseillé : il risquait de le roussir.

La route avait été longue et fatigante : il avait fallu prendre trois portoloins, puis un portexpress pour arriver. Ils avaient fini en zone moldue.

Ils étaient donc tous assis au fond d'un van bringuebalant datant d'avant la révolution russe, leurs bagages serrés contre eux : grâce aux sortilèges d'extension indétectable qu'Hermione avait lancés, leurs affaires ne se composaient que de sacs à dos. Ils avaient revêtu des vêtements moldus : Ron et Makhé paraissaient particulièrement mal à l'aise dans les frusques qu'Hermione leur avait trouvées à Silistra.

« Comment fais-tu pour avoir la classe, Weasley, je me le demande…, bougonna Makhé, jalouse. Kosma aussi est trop beau, il porte vraiment bien son nom, ce sagouin.

- On porte souvent des vêtements moldus pour poursuivre les dragons : un pantalon est plus pratique qu'une robe pour poursuivre un dragon. Tu le sais bien puisque ça t'arrive de me déshabiller, le soir, glissa Charlie, espiègle.

- Gardez vos histoires pour vous, s'exclama Ron en se bouchant théâtralement les oreilles. Je ne vous dis pas ce que je fais avec Hermione, moi.

- C'est vrai que tu te déshabilles tout seul, la plupart du temps, nota l'intéressée.

- Oh Merlin, qu'entends-je ? Et elle ne rougit pas ? » la taquina Kosma, qui avait pris ses aises dans le petit groupe.

Harry s'esclaffa : Kosma s'était bien intégré. C'était un dragonnier en formation à la réserve de Charlie : il avait eu l'occasion de discuter avec lui à de nombreuses reprises. Le Grec avait été présent lors de l'esclandre intellectuel d'Hermione face à Zoé Macrobe et de l'éclosion des œufs de Délivrance. Son petit côté prétentieux et suffisant avait disparu quand Hermione lui avait rabattu le caquet avec ses connaissances livresques et que Ron lui avait fait goûter sa tarte aux mirabelles et aux prunes dirigeables, pour laquelle il cherchait encore un nom (Harry avait proposé "magie-Brest", mais Ron n'était pas super partant).

« Nous arrivons bientôt, les coupa Charlie, chef de l'expédition.

- En fait, les moldus ont eux aussi leur Magicobus, s'étonna pour la dixième fois Ron. Ça servait à rien de me parler des suspensions d'une voiture, Hermione. »

Ils descendirent une demi-heure plus tard, sur la place centrale d'un village minier. Hermione prit les choses en main :

« Je vais aller voir l'office de tourisme pour leur demander si c'est possible de bivouaquer dans les montagnes. »

Elle les abandonna dans la rue. Le froid était mordant : Harry était frigorifié. Il avait pourtant enfilé trois pulls made by Weasley. Les doigts tremblants, il sortit une cigarette de sa poche et se bénit d'avoir pensé à la rouler à l'intérieur du bus, quand la température était encore supportable. Ron lui tendit son déluminateur, qui ressemblait à un briquet : il était hors de question qu'Harry fasse une flamme avec sa baguette dans ces conditions.

« Tu ne m'avais pas dit qu'il faisait moins soixante-douze degrés, Weasley, grelotta Makhé en coinçant son nez sur l'épaule de Charlie. J'espère qu'on trouvera tes dragons rapidement, ça nous réchauffera.

- Ce ne sont pas mes dragons, c'est bien le problème, corrigea Charlie en serrant Makhé contre lui. C'est justement parce qu'ils sont en liberté et sauvages qu'on doit venir vérifier qu'ils ne seront pas vus par des moldus, qu'ils sont en bonne santé, ou s'il est préférable de les déplacer dans une réserve. »

Ce devait être la première fois qu'Harry remarquait un rapprochement physique entre Makhé et Charlie : le froid faisait des miracles. Les rares moldus qui traversaient la place les remarquaient à peine : emmitouflés dans leurs chapkas et leurs manteaux fourrés, ils passaient furtivement, leurs pas étouffés par la neige givrée qui couvrait le sol, comme des ombres. Ou des Détraqueurs, pensa Harry : le froid ambiant lui faisait penser à ces créatures maléfiques qu'il avait rencontrées bien trop souvent à son goût.

Hermione revint vers eux, soucieuse :

« On peut bivouaquer. Le type de l'accueil m'a dit qu'il ne lancerait pas de recherches si on ne revenait pas : si on est suffisamment fous pour aller camper par ce temps, tant pis pour nous. Les ours et autres bêtes hibernent, on ne devrait pas faire trop de mauvaises rencontres. Il faudra se méfier des avalanches.

- Et des dragons qui, eux, n'hibernent pas. » ajouta Kosma en adressant un sourire charmeur à Hermione.

Harry aperçut la grimace de Ron : il n'appréciait pas les privautés que se permettait le dragonnier. Son ami s'approcha d'Hermione et lui demanda, la bouche en cœur :

« Je peux mettre mes mains dans tes poches ? Te connaissant, tu y as mis des pots de confiture chauffants. »

Hermione accepta sans remarquer l'air vainqueur qui se peignit sur le visage de Ron quand il se colla contre elle. Elle profita du rapprochement, Ron aussi, et Harry se résigna à voir ses amis toujours un peu jaloux bien qu'il soit évident pour tous qu'il était impossible qu'ils aillent voir ailleurs. Ils devaient fonctionner comme cela, ça devait pimenter leur relation de couple.

Ils se mirent en marche vers les monts Oural. Ils ne pouvaient pas transplaner, de peur de créer une perturbation magique et de faire fuir les dragons sauvages. La nuit tomba sans qu'ils s'arrêtent. Leurs pas marquaient à peine la neige tant elle était dure. Au bout d'une quinzaine de miles, Ron craqua :

« On s'installe ici pour la nuit. Et ce n'est pas négociable. »

Charlie voulut répliquer, mais le regard noir que lui lança Ron l'en dissuada. Hermione était éreintée, Kosma grimaçait à chaque pas qu'il faisait (il devait avoir des ampoules grosses comme pitiponks sur les pieds), et Harry ne sentait plus son nez, ni ses orteils, et encore moins le bout de ses oreilles, s'il lui restait encore des lobes.

Ron sortit de son sac la tente d'Arthur Weasley et l'installa de deux ou trois sorts maladroitement lancés. Makhé, la moins engourdie, alluma un feu sans utiliser sa baguette : ses gestes auraient, de toute façon, été trop anarchiques pour créer une belle flamme. Kosma coupa des branches qu'il jeta dans le brasier. Au bout de quelques minutes, ils étaient tous suffisamment réchauffés pour passer dans la tente poser leurs affaires.

Harry alluma le poêle qui se trouvait dans la tente. L'odeur de chat et de fumée qui y régnait lui rappela en une bouffée son année de vagabondages anglais. Charlie s'approcha de lui :

« Demain, on laisse Ron, Hermione et Makhé, et on va faire les repérages avec Kosma. Tu te joins à nous ?

- Avec plaisir, accepta Harry. Ron peut venir avec nous, il adore faire du balai. Ça le changera. Les filles ont normalement assez de livres pour ne pas finir hystériques.

- Pourvu que Makhé ne t'entende jamais quand tu tiens ce genre de discours.

- Pourvu qu'Hermione ne m'entende jamais quand je tiens ce genre de discours. »

Ils se couchèrent tôt ce soir-là. Le lendemain matin, Harry fut réveillé par une Hermione échevelée.

« Mais il fait encore nuit, grogna-t-il.

- Debout marmotte ! Vous partez dans dix minutes ! »

Harry se remplit un thermos de café et avala gloutonnement trois biscuits. Sur le départ, Hermione fit des recommandations inutiles à Ron, qui soupira, exaspéré :

« Oui maman, je fais attention aux dragons et aux courants d'air et aux différences de température et aux trous d'air.

- Je ne suis pas ta mère.

- Encore heureux. »

Harry enfourcha le Nimbus, Charlie et Kosma un Brossdur et Ron se vit attribuer le Filvite. Hermione et Makhé leur lancèrent quelques sorts, comme un Impervius et un Celsiusaugmento. Et ils prirent leur envol.

OoO

Ils passèrent cinq jours à quadriller les monts Oural avant de remarquer des traces de présence de dragons. Ils avaient fini par faire des roulements pour éviter de voler tous les jours : Hermione avait attrapé un rhume et Charlie une angine.

Ce furent donc Harry et Kosma qui remarquèrent les premiers les traces de dragons dans le paysage.

« Regarde, on voit bien les traces de pattes, mais elles ne correspondent pas à celles d'un cornelongue. Peut-être un magyar. Il y en a peut-être un deuxième : cette marque de griffe ne correspond pas exactement à celle d'un magyar. Peut-être un suédois ou un pansedefer… »

La clairière dans laquelle ils venaient d'apercevoir des traces de foyers encore fumants et des griffures dans le gel était grande et sauvage. Des rochers pointus transperçaient la terre et paraissaient être de parfaits gratte-écailles pour les dragons.

« Si tu regardes de plus près, tu aperçois des éclats de lumière. Ce sont les écailles qui se détachent du dos des dragons : ça leur arrive de se frotter contre les pierres quand ils ont des puces. Vu la couleur des écailles, ce doit être un suédois qui s'est frotté contre le sol.

- Donc on aurait un magyar et un suédois, c'est ça ?

- Ouaip. »

Ils notèrent les coordonnées de localisation et repartirent à balai pour faire leur rapport. Hermione fut enchantée de savoir qu'ils avaient trouvé une piste.

« Heureusement qu'il n'y a pas traces de pansedefers : j'ai lu qu'ils vivaient en troupeau, dit-elle, ravie de vérifier que ce qu'elle apprenait dans les livres correspondait à ce que les dragons faisaient.

- Je n'ai pas vu de marque de troupeau : il n'y avait pas assez de traces, rapporta Kosma, songeur. Donc c'est presque sûr que c'est un suédois.

- Les suédois sont un peu plus solitaires, même s'ils peuvent vivre en groupe, nota Charlie. Si nos sources sont bonnes, on aurait plutôt affaire à deux ermites plutôt qu'un troupeau. Mais il faudra rester vigilant. »

Hermione et Ron avaient appris le strict minimum concernant les dragons : c'étaient les deux qui n'en fréquentaient pas tant que ça. Makhé était habituée à griller des moutons pour les dragonneaux, Harry travaillait à la réserve depuis un petit moment maintenant. Ron était donc fébrile pour mettre en pratique ce qu'il avait appris.

« C'est la première fois que j'ai hâte de pratiquer la théorie !

- Il y a une première fois à tout, osa Hermione, narquoise.

- Je comprends enfin ce que tu vis, répondit Ron. C'est formidable ! »

Ils se préparèrent et se répartirent les tâches : comme ils n'avaient à faire qu'à deux dragons, autant en profiter pour être pédagogue. Charlie estima qu'ils pouvaient s'entraîner comme il le fallait. Il proposa à Kosma de préparer l'intervention comme pour son examen final de dragonnier. Harry comprit finalement qu'il craignait pour leurs vies : un dragon, ça reste dangereux.

Kosma prépara donc le plan de bataille, approuvé régulièrement par Charlie. Kosma et Hermione resteraient à terre pour approcher les bêtes : la sorcière, peu à l'aise sur un balai, serait plus utile comme présence au sol. Ils se mirent à l'écart pour réviser les sorts de protection nécessaires à l'intervention des quatre autres. Ron et Makhé seraient en vol stationnaire autour de la clairière, prêts à communiquer le plus vite possible avec Charlie et Harry, eux en vol de recherche. Charlie avait bien prévenu Harry : ce dernier ne devait qu'à ses talents d'attrapeur et au fait que les dragons soient deux d'être dans l'équipe en vol.

« On devra guetter la présence des dragons. Ils peuvent se cacher dans un creux du paysage, ou arriver d'un coup. Comme tu es attrapeur, tu ne devrais pas avoir trop de mal avec cette étape.

- Ça marche, répondit Harry en frétillant d'impatience.

- Tu dois obéir à tout ce que je te dirai, asséna Charlie d'un ton sérieux. Les dragons sauvages n'ont rien à voir avec ceux que tu connais. Imagine-toi Titus, mais en mille fois pire.

- Ah oui, ça donne pas envie, avoua Harry, à peine refroidi.

- C'est sérieux, Harry, continua Charlie. Ils ont beau n'être que deux, ils peuvent être très féroces. De plus, la réserve de feu des suédois est largement supérieure à celle des norvégiens. Tu te souviens de Norberta qui grillait tout d'un long jet de flammes ? Dis-toi qu'un suédois en a beaucoup plus en réserve. Et qu'il ne te connaît pas comme Nono te connaît.

- Je devrai leur parler ?

- Si besoin, je te jetterai un Sonorus pour qu'ils puissent t'entendre. Tu t'adresses toujours à eux en fourchelangue ?

- Je ne sais pas quand je parle en fourchelangue, je ne m'entends pas. Il faudrait convenir d'un signe pour que tu puisses me faire comprendre si tu me comprends ou si tu ne me comprends pas. T'as compris ? »

Devant l'air perplexe de Charlie, Harry recommença :

« Tu me diras si je parle fourchelangue ou pas. »

Il écouta religieusement les recommandations de Charlie. Son dernier conseil eut l'heur de lui plaire :

« Et surtout, écoute ton instinct. Tu vas forcément les attirer. Si tu sens que tu n'es pas capable d'en soumettre un, fuis à balai. Et pas de transplanage. »

Hermione et Kosma revinrent vers eux. Hermione avait l'air contente d'elle :

« J'ai quelque peu transformé les oreilles à rallonge des jumeaux. Nous aurons chacun une paire d'oreilles. Elles sont reliées entre elles par un sort d'audition : si vous parlez dans une oreille, les autres vous entendent. Il faut juste faire attention à ne pas tous parler en même temps.

- Et si on doit communiquer sans faire de bruit ?

- J'ai ajouté un sortilège protéiforme aux oreilles. Si vous devez communiquer sans vous faire remarquer, vous écrivez sur la face externe votre message, et il apparaîtra sur les autres oreilles. »

Le regard admiratif que Charlie adressa à Hermione valait tous les compliments du monde :

« Les sortilèges protéiformes sont très difficiles à maîtriser, siffla Makhé, extasiée. Je ne les réussis jamais. Tu es vachement douée, dis donc.

- Nous, on le sait depuis la première année, qu'elle est vachement douée, remarqua Ron. Et même en le sachant, elle arrive toujours à nous étonner. »

Hermione rougit sous les compliments et distribua les paires d'oreilles. Ron se chargea de la répartition des rations de survie :

« On part demain, mais on ne sait pas combien de temps ça va prendre. On installera la tente en retrait, au cas où on ait besoin d'un refuge. Je mettrai à garder au chaud des vivres, de la soupe et des herbes médicinales.

- Il y aura du brownald ?, demanda Harry, poussé par une gourmandise soudaine.

- Bien sûr que oui. En revanche, pas de viande. Charlie m'a dit que ça pouvait attirer les dragons. Donc ce soir c'est notre dernier repas carné. »

Ce fut au tour de Makhé d'annoncer où elle en était :

« Comme l'a dit Ron, les plantes médicinales seront ici. Je pars tout de même avec un nécessaire à soins. Si vous êtes blessé, faites-moi signe par oreille interposée, je viendrai vous voir le plus vite possible.

- Si vous sentez que votre vie est en jeu, ajouta Charlie, n'essayez surtout pas de transplanter (Harry sourit à l'évocation de ses anciens transplanages ratés). Demandez à votre équipier de vous mettre en lieu sûr. Je vous rappelle que les transplanages ne doivent avoir lieu qu'en cas de dernier recours : les dragons risquent de ne pas apprécier. »

Préparer une intervention musclée dragonnesque redonnait le sourire à Harry : après cinq jours sans avancée, ils passaient à l'action. Harry détestait attendre.

« Normalement, cela ne devrait pas être trop dangereux : ils ne sont que deux. Mais sait-on jamais, ils sont sauvages, ils ne voient jamais d'humains. Je vous rappelle qu'il faudra utiliser le moins possible de magie : ça chatouille leurs sens. »

Ils passèrent le reste de la soirée à se reposer. Harry compléta son journal de bord et ajouta des notes sur les dragons pour son futur article pour le Chicaneur. Hermione relut ce qu'il avait écrit et ajouta quelques informations bibliographiques.

S'ils n'avaient pas été dans une tente ballottée par le vent, Harry aurait pu se croire à une soirée normale à la Mag'fac.

La nuit fut agitée : Harry, les yeux grand ouverts sur le toit de la tente, écoutait les bruissements d'Hermione et Ron qui chuchotaient dans la chambre à côté de la sienne. Il lui semblait entendre son nom dans la conversation, ainsi que celui de Luna, mais il n'aurait pas pu dire si c'était dans un rêve ou la réalité.

Il s'éveilla quelques instants plus tard, ou en tout cas c'était l'impression qu'il eut. Hermione était fin prête, assise en face de lui. Elle ensorcelait des moufles et des écharpes pour qu'elles restent chaudes. Kosma préparait son sac et enfilait des gants en peau de loutre.

Harry émergea doucement et s'habilla à la hâte : s'il voulait prendre un café avant de partir, il avait tout intérêt à se dépêcher.

Ils partirent à balai. Ils abandonnèrent Hermione et Kosma à deux miles de la clairière, pour qu'ils continuent d'avancer à pied. Ayant trouvé la clairière, Makhé soupira dans sa paire d'oreilles :

« Je me poste à l'ouest. Weasley bis, tu te mets en face ? »

Les deux sorciers se positionnèrent à une hauteur correcte. Harry passa à côté de Ron au moment où Hermione chuchotait dans ses oreilles :

« Ron, tu fais attention, promis ? »

Les oreilles sans rallonge de Ron rougirent : Harry se passa de commentaires. Deux minutes plus tard, la voix de Kosma résonnait dans leurs oreilles : « En place. »

Harry monta dans l'air et remercia intérieurement Hermione pour ses sorts de hausse de température : l'air glacé lui fouettait les joues. Il vit Charlie en face de lui, prêt à agir.

« Vous êtes prêts ? »

La question de Charlie retentit dans les oreilles des cinq autres sorciers. Harry hocha la tête, certain que Charlie l'avait vu. Il entendit les autres acquiescer.

Charlie plongea en chandelle, suivi de près par Harry : le but était de s'approcher le plus possible du sol pour repérer les traces d'une grotte ou de dragons.

« Là ! »

Charlie pointa un doigt vers une forme vague, semblable à un amas de givre :

« Dragon à l'est. »

Harry vit du coin de l'œil Makhé changer de position et se rapprocher de la forme. Charlie piqua et s'approcha du dragon endormi pour l'observer de plus près. Harry continua à tourner dans les airs pour repérer la présence éventuelle d'un deuxième dragon.

« Spécimen mâle, annonçait la voix enthousiaste de Charlie. Environ cinq ans. Suédois. Jamais marqué par dragonnier. Écailles blanches, ce qui démontre adaptation à milieu naturel. Et merde ! »

Le juron et l'émotion qui transparut dans la voix du dragonnier interpellèrent Harry. Il prit du temps à reconnaître l'intonation : de la panique. Il n'avait jamais entendu ce ton chez le cadet des Weasley : Charlie ne paniquait jamais, c'était bien connu.

Il se passait quelque chose de grave.

« Écailles blanches ! Ils s'adaptent drôlement bien ! Ils se camouflent, merde ! Kosma, ça te dit quelque chose ? »

Harry fit demi-tour par un virage serré, en s'astreignant à ne rien dire pour écouter les indications des autres. Les voix s'entrechoquaient dans les oreilles à rallonge :

« Par les culottes de Merlin Hermione Harry oh bordel de crottin d'hippogriffe, balbutiait Ron.

- Weasley bis tais-toi, coupa la voix suraiguë et paniquée de Makhé.

- Qu'est-ce qui se passe ? » coupa Kosma.

La voix de Charlie annonça à toute vitesse :

« Ils sont pas du tout deux dragons ! Kosma, c'est un troupeau ! Un troupeau de pansedefers ! Avec un magyar au moins et un suédois !

- Comment ça se fait ?

- Leurs écailles sont devenues blanc argent, par camouflage ! Tu les as confondus avec le givre ! Y a au moins dix bêtes ! »