Chers lecteurs,

Je poste tôt aujourd'hui. Oui, parce que techniquement nous sommes samedi, mais dans ma tête, tant que ce n'est pas le matin c'est toujours vendredi. Mais il fait une chaleur à crever (et je gère très très mal la chaleur) (je suis du genre à me promener en short en plein hiver) (racontage de vie attention) donc je ne dors pas donc je poste maintenant.

Big up à Destrange pour avoir trouvé une calembredaine fort sympathique, hourra pour Nictocris et sa relecture, standing ovation pour vous tous, qui m'écrivez et me suivez et me favoritez, vivat pour tous ceux qui souffrent de la canicule et qui résistent, prouvant ainsi qu'ils existent, et qui se battent, refusant ce monde égoïste.

Portez-vous bien, hydratez-vous régulièrement (ceci est un message du ministère de la santé publique), à jeudi,

Al

PS : time for replies of reviews :

Guest : je vois que ton odorat est surdéveloppé. moi, si j'avais un tel nez, il faudrait sur le champ que je me l'amputasse. merci pour ta review :)


Harry jura : ce n'était pas du tout ce qui était prévu. Mais alors là, pas du tout.

Ron bredouillait :

« Charlie fais gaffe Harry fais gaffe Hermione fais gaffe Makhé…

- La ferme ! » claqua la voix de Makhé.

Harry survola la clairière et remarqua du coin de l'œil Makhé qui rejoignait Ron en essayant d'être discrète.

Ce qu'il avait pris initialement pour des amas de terre givrée se révélait être une douzaine de dragons féroces qui s'éveillaient doucement. Un magyar s'ébrouait dans un coin, le suédois cracha un long jet de flammes qui fit fondre une bonne partie du gel qui couvrait les autres bêtes. Le ciel s'illumina d'un coup : des traînées de fumée stagnèrent dans l'air, faisant tousser Harry qui passait au milieu d'elles.

« Kosma, on va avoir besoin de toi à balai, annonça Charlie, qui paraissait avoir retrouvé son calme. Laisse Hermione et ramène tes fesses ! »

Harry guetta l'arrivée du dragonnier : une silhouette à l'autre bout de la clairière lui indiqua que Kosma les rejoignait. Charlie continuait de donner des ordres précis :

« Le mâle dominant semble être le magyar manchot au centre. Il se réveille : il ne faut surtout pas passer à côté de lui, évitez-le plus possible. Ron, Makhé, sécurisez le périmètre : vérifiez qu'il n'y a personne dans les parages, jetez des sorts repousse-moldus et ne vous approchez pas ! Mettez-vous en sûreté dans les arbres une fois que c'est fait. Hermione, si tu peux essayer de monter à balai, tu seras plus rapide si tu dois fuir. Et surtout ne transplanez pas ! »

Harry n'avait pas reçu de directive : il continua à tourner comme un corbeau autour de la clairière, en essayant de repérer le maximum de choses.

« Il y a une femelle pansedefer qui couve au nord de la clairière, derrière le suédois, annonça Kosma, la voix légèrement lointaine (il avait dû mal mettre ses oreilles).

- Zut, c'est pour ça qu'ils sont agressifs… »

Des grognements à faire trembler les rochers résonnaient dans la clairière. Un magyar se mit à battre furieusement des ailes, comme décidé à s'envoler. Il resta néanmoins au sol, comme s'il sentait qu'il lui fallait protéger son troupeau.

L'air devenait surchauffé : Harry regrettait de porter des moufles chauffantes. De la buée se forma sur ses lunettes : l'Impervius qu'il avait jeté plus tôt dans la matinée devait être défectueux. Il prit sa baguette et jeta de nouveau le sort sur ses lunettes.

C'est alors que se produisit quelque chose auquel Harry n'aurait jamais pensé : tous les dragons réveillés tournèrent la tête vers lui. Leurs mâchoires claquèrent dans un fracas menaçant et des nuées de fumée sortirent de leurs naseaux : ils se préparaient à cracher du feu.

« Potter !, cingla la voix de Makhé.

- Harry, pas de magie ! T'es dragopote, bon sang ! »

La colère de Charlie immobilisa Harry.

« Ils restent au sol, parce qu'ils n'ont pas encore reconnu ton potentiel magique ! T'es une menace pour eux ! Mets-toi dans un arbre et ne bouge plus ! Je vais faire diversion ! »

Charlie piqua tandis qu'il ordonnait à Makhé de se mettre à l'autre bout de la clairière :

« Ton potentiel magique va les perturber ! Jette un sort et passe devant eux ! Il faut les éloigner d'Harry ! »

Makhé, blanche comme un linge, frôla Harry et changea de trajectoire. Les dragons tournèrent la tête vers elle, laissant à Harry le temps nécessaire à son repli.

« Il faudrait s'approcher d'eux pour leur jeter un sort de confusion, proposa Kosma.

- Tu veux qu'ils s'entre-tuent ? Je te rappelle qu'on a des moldus à moins de cinquante miles ! C'est du suicide ! »

La stratégie de Charlie semblait porter ses fruits : les dragons hésitaient entre l'endroit qu'occupait Harry, la trajectoire de Makhé et les zigzags de Charlie. Kosma tenta d'une voix blanche :

« Et le transplanage ?

- Les charges magiques risquent d'être perturbées par les dragons ! On a douze dragons, et peut-être des dragonneaux en puissance, ils doivent capter toute la magie ambiante ! On risque le désartibulement. »

Les explications de Charlie devenaient essoufflées : il fatiguait. La voix de Ron proposa :

« Charlot, je peux te remplacer. On doit avoir la même empreinte magique, je peux faire diversion : ils vont me prendre pour toi.

- Ron, arrête de dire des bêtises, c'est pas un jeu !

- Justement, si. Tu es un des rares à savoir ce que tu fais, il faut que t'aies le temps de réfléchir calmement. Passe près de moi, je prends ta place. »

Harry connaissait tellement Ron qu'il entendait presque dans son ton les rouages de son cerveau se mettre en branle : c'était comme une partie d'échecs, et Ron était imbattable à ce jeu. Charlie dut reconnaître la valeur des propos de Ron puisqu'il vira de bord et s'engouffra dans le feuillage du sapin dans lequel il était réfugié. Une silhouette rousse en sortit aussitôt : Ron commença le même manège qu'avait fait son frère.

« Est-ce qu'il faut que je place des sorts de détection de mouvement autour des œufs de la pansedefer pour nous laisser le temps d'aviser ?, demanda Hermione.

- Fais-le, mais discrètement, souffla Charlie, qui paraissait avoir repris un peu du poil de la bête. Tu peux nous prendre la température des dragons ? »

Hermione marmonna des sortilèges dans les oreilles. Harry se sentait impuissant, et cela lui était intolérable.

« Je fais quoi ?

- Tu t'éloignes pour qu'ils se calment, répondit Charlie. Tu n'utilises pas de magie et tu ne te fais pas remarquer. Tu es dragopote, tu es encore trop proche ! Ils t'ont repéré, ils ne sont pas près de t'oublier !

- Et tu ne t'approches surtout pas de la pansedefer qui couve, ajouta Kosma. Elle est féroce : elle protège ses œufs. »

Harry ne bougea pas d'un poil : hors de question de laisser ses amis prendre tous les risques. Il savait qu'Hermione n'était pas loin de la dragonne couveuse et il se sentait mal à l'idée de s'éloigner. Cette dernière annonça :

« 63° Celsius pour la pansedefer, entre 57 et 60° pour les deux magyars et les autres pansedefer, le suédois est à 54°. Températures normales, sauf pour la pansedefer, trop élevée. Elle doit être malade en plus d'être couveuse.

- Tu retiens vraiment tout ce que tu lis, c'est ça ? » s'étonna Kosma.

Malgré la situation, Harry ressentit une pointe de fierté pour son amie : oui, Hermione retenait tout ce qu'elle lisait. Il remarqua une silhouette à balai, qui progressait d'un vol mal assuré. La sorcière disparut dans un arbre.

Les dragons s'agitaient toujours, perturbés, sentant la menace sans vraiment la discerner. Makhé s'arrêta en vol stationnaire deux arbres après le sapin d'Harry, arrivant dans son champ visuel :

« Tes monstres sont toujours intéressés par l'arbre de Potter ! Il faudrait qu'il s'en aille !

- T'es toujours pas parti ?, s'irrita Charlie.

- Hors de question que je vous abandonne, coupa Harry.

- C'est peut-être pas la chose à faire, ajouta la voix étouffée de Ron. C'est le seul à parler fourchelangue, on pourrait en avoir besoin. »

Charlie proposa à Ron de prendre sa place, et ils effectuèrent le même tour de passe-passe que précédemment.

« Il faudrait leur jeter un sortilège d'endormissement discrètement, proposa Kosma.

- Le problème, c'est qu'ils risquent de sentir notre magie avant qu'on ait pu les approcher assez. »

Harry songea à ce que Charlie lui avait appris : les dragonniers avaient souvent de très grands potentiels magiques pour mater les créatures. Donc : Kosma et Charlie étaient de puissants mages ; Ron partageait à peu près le potentiel de son frère ; Makhé avait fait preuve de l'étendue de son potentiel ; quant à lui, il était pour l'instant hors de question qu'il se grille (façon de parler). La seule à pouvoir les approcher était…

« Je vais le faire, annonça Ron.

- Bêta, tu sais bien que c'est moi qui dois m'y coller, répondit Hermione, qui devait être parvenue aux mêmes conclusions qu'Harry.

- C'est trop dangereux ! Tu as beau être une née-moldue, pour les lancer le moins fort possible, il faut être très proche d'eux !

- Justement ! Les dragons ne reconnaîtront pas mon empreinte magique ! Ils seront déboussolés. J'ai déjà pu les approcher pour prendre leur température, je peux sûrement retenter le coup.

- Harry, dis quelque chose ! Faut pas qu'elle y aille !

- Ron, ça suffit, on n'a pas le choix, coupa Charlie. Hermione, tu peux lancer des sorts depuis ton balai ?

- Non, je ne suis pas très à l'aise en vol. » avoua-t-elle.

Harry l'imagina très bien en train de rougir.

« Kosma, tu passes prendre Hermione à l'arrière de ton balai. Ron, Makhé, tenez-vous prêts à faire diversion ! Harry, pas de bêtise ! »

Harry vit, à l'autre bout de la clairière, un balai passer : les deux personnes installées dessus commencèrent à faire du rase-mottes. Il distingua les mouvements gracieux d'Hermione qui jetait des sortilèges d'endormissement rapides.

« Le mieux serait encore une potion de sommeil, ajouta Charlie. Les sorts ne seront pas efficaces très longtemps, ça devrait juste nous permettre de déminer le terrain.

- De toute façon, si j'ai bien compris, prendre la fuite est impossible ? »

La voix de Ron, de nouveau calme, dénotait une certaine résignation.

« Il faudrait au moins pouvoir les séparer, qu'Harry puisse les soumettre un à un. Les mâles se rendront s'ils sont loin des femelles. Et entre la pansedefer qui couve et la magyar pleine, on est mal partis. S'ils dorment, on peut en éloigner quelques uns et jouer la carte dragopote. Autant qu'il nous serve à quelque chose. »

Harry reporta son attention sur le bas de la clairière : sur la douzaine de dragons, un tiers dormait déjà. Un cinquième dragon clignait des yeux, prêt à plonger dans le sommeil : Hermione, comme d'habitude, faisait des merveilles.

Charlie annonça :

« Harry, envole-toi. Passe doucement au dessus des dragons encore réveillés, ça devrait attirer leur attention. Si l'un d'eux te suit, tu le soumets immédiatement. Hermione, continue ce que tu fais. »

Harry quitta enfin son refuge. Il descendit pour passer le plus près possible des dragons. Il n'entendait que le battement de son cœur et des mâchoires des créatures. Immédiatement, ces dernières sentirent la présence d'un dragopote et unirent leurs forces pour lui faire payer l'humiliation que, des siècles auparavant, Siegfried leur avait fait subir.

Des flammes immenses jaillirent de leurs gueules, et Harry ne dut qu'à ses réflexes de ne pas finir grillé sur place.

« Aguamenti ! »

Makhé passa près de lui et lui hurla :

« Ça va, Potter ?

- Ça devrait aller, répondit Harry en évitant un nouveau jet de flamme, puis encore un autre.

- Mak' ! T'es folle ? Pas de magie près d'Harry ! Il est déjà une cible, pas la peine d'en rajouter !

- Weasley, il allait cramer ! T'aurais préféré Harry en barbeuk ?

- Pour les flammes, c'est le suédois, le pire, rappela Ron. Faites gaffe !

- Je m'en occupe, annonça Hermione. Kosma, rapproche-moi. »

Le brossdur se dirigea vers le suédois.

Malheureusement, les dragons que survolaient les deux sorciers n'étaient encore pas endormis.

« Kosma ! » cria Charlie.

Un torrent de flammes avait jailli en direction d'Hermione et Kosma, qui fit un écart brutal, évita un nouveau jet de flammes, et se retrouva la tête en bas.

« Hermione ! »

La voix de Ron était suraiguë, ce qui n'augurait rien de bon. Harry essayait toujours de ne pas se faire griller par les flammes du suédois et ne pouvait pas voir ce qui se passait. Il se rétablit et aperçut le magyar manchot qui avait craché du feu en direction de Kosma et d'Hermione : le dragon était debout sur ses pattes arrière, prêt à prendre son envol. Ses ailes battaient puissamment dans l'air, et ses pattes lacéraient le sol avec violence.

Sol sur lequel se trouvait Hermione.

Harry entendit Makhé jurer et vit le balai de la sorcière fuser vers le sol.

« Ron, reste en l'air ! Distrais les dragons ! Que Mak' puisse approcher Hermione ! »

Harry, toujours aux prises avec son suédois, fit un looping particulièrement osé sans pouvoir voir si Ron obéissait à son frère. Kosma passa à côté de lui, les cheveux roussis et les yeux rouges : les dragons ne savaient plus où donner de la tête tant la magie étrangère qui les dérangeait partait dans tous les sens.

« Cheville cassée, annonça Makhé. Je la transplane.

- Non, c'est trop risqué, coupa Charlie.

- Elle ne peut pas remonter sur un balai !

- Mets-lui une attelle ! Déplace-la !

- Weasley, j'ai pas le temps ! »

La voix de Makhé semblait énervée. Harry, inquiet, voulut se rapprocher des deux sorcières :

« Harry, n'amène pas les dragons vers elles ! Essaie de leur parler !

- Mais je ne sais pas si je vais y arriver ! »

Ron, blafard, arriva soudain devant lui et pointa sa baguette sur sa gorge :

« Sonorus ! »

Il partit avant de se faire griller. Harry louvoya, aperçut Charlie qui avait pris le relais d'Hermione.

Harry tenta le tout pour le tout, en espérant parler fourchelangue :

« Calmez-vous ! Nous ne vous voulons pas de mal ! »

Certains dragons parurent décontenancés, si tant est qu'un dragon puisse l'être. Un pansedefer baissa la tête, comme soumis. Charlie profita de ce moment de latence pour l'endormir.

Il restait quatre dragons réveillés.

Harry vit Kosma passer devant lui, suivi par un panache de fumée : la queue de son Brossdur avait pris feu. Harry vira de bord et le poursuivit. Kosma l'aperçut, lâcha son balai et lui attrapa le bras. Il se hissa derrière lui :

« Merci, souffla-t-il à son oreille. Si tu arrives à passer près du gros rocher, je pourrai choper le balai d'Hermione. »

C'est vrai que le balai de Kosma était irrécupérable : ils virent un magyar le croquer comme une vulgaire brindille. Harry prit un virage serré et s'approcha du rocher que lui désignait Kosma. Il entendit la voix de Makhé annoncer :

« Continuez comme ça, les gars ! J'ai bientôt fini. J'emmène Hermione.

- Elle va bien ?, demanda Ron, angoissé.

- Je vais bien, répondit Hermione. Je suis juste non opérationnelle. »

Harry amena Kosma à l'endroit voulu, se rapprocha le plus possible du sol et le lâcha à un mètre de hauteur. Le Grec sauta et se précipita vers le balai. Harry sentit le soulagement l'embraser : Hermione allait bien, Kosma était de nouveau dans les airs, Charlie et Ron continuaient à endormir les dragons. Tout n'était pas perdu.

Harry fit demi-tour, toujours suivi des flammes de son suédois, qui ne paraissaient pas diminuer en intensité. Il virevolta, croisa Charlie qui tenait fermement sa baguette.

« Il vous en reste combien ?

- Deux, on n'est pas loin, faut encore tenir un petit bout ! Soumets le magyar, t'auras le troupeau ! »

Makhé annonça :

« C'est bon, on est en lieu sûr ! »

Harry lui laissa libre passage pour qu'il mate le suédois et se dirigea vers le magyar, prêt à en découdre.

C'est alors qu'il entendit :

« À l'aide ! »