Les Combats d'une Vie

Disclamer : Rien n'est à moi à part l'idée de l'histoire.

Couple : Harry/Charlie principalement. Le reste : Surprise ! :D - C'est un rating M

Thème : UA Sans magie - Armée - Famille - Romance - Drame (En fait, je crois que tous les thèmes vont être abordés :o )

Parution : Un Chapitre par semaine - plus particulièrement le vendredi ou le samedi

Histoire : Elle est en cours d'écriture. Actuellement 26 Chapitres d'écrits - elle n'est pas terminée.

Blabla de Moi !

Bonjour, Bonsoir !

Ouah ! Je crois que mon histoire a eu un certain succès ! J'en suis vraiment heureuse ! Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont mis mon histoire en Alertes et en Favoris, mais aussi mon compte d'Auteur en Follow et Favoris ! Est-ce que cela veut dire que j'écris pas trop de bêtise ?

Sinon comment allez-vous ? Moi je dois dire que je me suis pris un coup de vieux, il y a trois jours en atteignant mon quart de siècle. Avoir 25ans c'est pas si facile. Du coup, je me demandais, quel âge avez-vous ? Est-ce qu'il y a plus de jeune ou des vieux (je fais partie de la catégories des vieux ...) qui lisent les fanfictions ? Dites moi tout ça !

Je pense avoir répondu à toutes les personnes qui m'ont envoyé des reviews. Si c'est pas le cas, je m'en excuse ! Je tiens par ailleurs à remercier : Abi (Merci ! C'est vrai qu'il n'est pas fréquent pour ça que j'espère ne pas faire trop de bêtise !) Aya31 (Merci beaucoup ! J'espère qu'elle restera originale !) amlou (Merci !) Kittycat62 (La suite est là ;) !) Auriane07 (Merci beaucoup!) Archer60 (Je préfère James à Lily, ça doit pas mal se sentir dans mes fics, donc j'espère que tu vas aimer leur échange à tous les deux ! Merci).

Pour finir, dans ce chapitre, vous allez tomber sur le nom de la mère adoptive d'Harry et avoir je l'espère quelques surprise ! Parce qu'honnêtement, même moi après avoir écris ce chapitre, j'ai été surprise ! Je remercie encore une fois Patmol25 de sa correction de mon chapitre ! Je vous embête pas plus !

On se retrouve en bas !

Enjoy,

Khay.


Deuxième Chapitre

Breath

Il n'était pas vraiment sûr de ce qui l'avait réveillé. Était-ce son corps qui souffrait ou bien son esprit qui lui rappelait les horreurs qu'il avait vécu ? La seule chose dont il était sûr était qu'il était réveillé et en état d'alerte. Doucement, ouvrant ses prunelles vertes, il reprit contrôle de chacun de ses sens. Le plafond blanc de la pièce où il était fut la première chose qu'il vit. Un bip constant et imposant lui agressa les oreilles. Le doux drap sur lequel il était lui donna une sensation de bien être. Pourtant ce fut l'odeur de l'aseptique et de l'alcool qui lui confirma sa localisation.

Avec le rappel de sa dernière mission, il inspira doucement et essaya de bouger doucement chacun de ses muscles pour mesurer les dégâts que son corps avait subit. Tout comme il essaya de se rappeler pourquoi il était dans cet état. La dernière chose dont il se souvenait était d'avoir récupéré les informations, puis s'être séparé de ses collègues une fois qu'ils furent repérés. Les sourcils froncés, les souvenirs commencèrent doucement à envahir son esprit. Il se rappela de sa fuite avec son ami puis de la mini-bombe que Ron avait créé quelques heures, ou bien semaines- avant. Il se rappelait avoir heurté un arbre et avoir eu mal partout. Il s'était même cru mort. Il avait vraiment pensé qu'il serait perdu là-bas et que personne ne viendrai les chercher.

Finalement, ils étaient venus les récupérer.

Toujours dans un état comateux, il commença à bouger son corps. A voir la difficulté à bouger sa jambe et son bras, pas de doute qu'ils étaient au moins cassés. Soupirant, bien malgré lui, il se rendit compte qu'il en aurait au moins pour plusieurs semaines, voir des mois pour pouvoir réutiliser sa jambe et son bras. Mais pour le moment, il voulait surtout se débarrasser du marteau piqueur qui sévissait dans sa tête depuis son réveil. Remerciant l'armée et son idée d'avoir guéri sa myopie grâce à un de leur laser, il était heureux de savoir qu'il ne risquait pas d'avoir encore plus mal à la tête à cause d'un froncement de sourcil trop prononcé pour réussir à voir plus loin que le bout de son nez. Même si le marteau piqueur présent dans sa cervelle lui faisait comprendre qu'il était vraiment dans un mauvais état.

Bon au moins, il était en vie.

Malgré son corps qui hurlait de douleur à cause de ses blessures et de ses courbatures, il se redressa et observa la chambre d'hôpital. Le dos calé sur les oreillers de son lit, il observa les murs blancs, l'odeur du désinfectant. Tout était là pour lui rappeler qu'il était en convalescence et qu'il valait mieux se ménager. Qu'est-ce qu'il pouvait détester les hôpitaux. Il avait tellement rendu visite aux médecins qu'il avait commencé à remarquer que toutes les chambres se ressemblaient l'une et l'autre. Pourtant quelque chose était différent dans celle-ci. Si la présence d'Alastor Maugrey était plutôt habituelle, la présence de ses deux personnes ne l'étaient pas.

Il ne pensait pas revoir un jour sa mère adoptive et son père.

Après dix ans sans les avoir vu, Harry devait avouer que les deux avaient beaucoup changés.

Bien malgré lui, il ne put retenir un sourire en voyant la même chevelure indisciplinée de son père. Tout comme pour leur visage, il ne pouvait y avoir aucun doute sur son lien de parenté avec James Fleamont Potter. Du haut de son mètre quatre-vingt et quelques, son père avait toujours eu cette stature à la fois imposante mais si rassurante. Qu'il aurait aimé voir le corps de son père se mettre entre lui et tout ceux qui l'avaient jugé. Peu de personne cherchait des problèmes à James. Cela devait peut-être avoir avec son métier de policier. Être à la fois terrifiant mais si réconfortant. Oui, cela n'avait pas changé. La seule chose qui avait peut-être changé était probablement l'apparition de mèches grises, lui donnant un côté plus mature, et les rides. Mais pourtant il était le même qu'il avait connu.

Glissant son regard vers sa mère, qui avait posé sa tête sur l'épaule de son père, le brun admira la belle chevelure châtain et ondulée de la femme. Combien de fois avait-il aimé la sentir en étant enfant pour se rassurer. Les yeux fermés, mais qu'Harry savait bleu, avaient été parfois si sévères lorsqu'ils le fixaient mais si délicat et empli d'amour qu'il aurait aimé les voir ouvert et s'y perdre pour se rassurer. Elle avait toujours été si juste avec lui, le punissant lors de ses bêtises et le récompensant lorsqu'il faisait bien. Peut-être était-ce pour ça qu'il avait envié tous les enfants qui avaient eu sa mère comme maîtresse mais aussi comme Directrice d'école. Ses traits doux et fin l'avaient toujours apaisés. Alice Augusta Potter avait toujours été bien trop belle pour qu'il puisse rester en colère trop longtemps contre elle. Et elle était sûrement la seule contre qui il ne pouvait se fâcher. Elle avait toujours eu cette aura qui le calmait.

Les yeux fermés, il tenta de lutter contre le flot de souvenirs qui remontait en lui. Il ne pouvait pas leur permettre de l'envahir, il avait bien trop longtemps lutter contre eux. Pourtant il ne pouvait rien y faire. Il était stupide d'avoir pensé qu'il pourrait tirer un trait sur sa relation avec ses parents. Peu importe à quel point il le voulait, il savait maintenant que la tendresse de sa mère était bien trop gravée en lui pour pouvoir l'oublier.

Sa mère.

Combien de fois s'était-il retrouvé face à Maugrey pour évacuer sa colère, sa peine, sa haine contre cette femme ? Ou plutôt contre lui-même. Il avait beau se dire qu'il ressentait du ressentiment contre la femme qui l'avait élevé mais il se mentait à lui-même. A chaque combat, même s'il essayait de se rendre furieux contre sa mère, il n'y arrivait pas. C'était contre cet amour qu'il se battait. Contre son envie de rejoindre sa mère. A chaque fois qu'il regardait cette photo qu'il avait pris le jour de son départ, il avait tellement envie de la revoir. Mais reconnaître le manque qu'il avait ressentit, reconnaître l'envie de la revoir, le rendait si colérique envers lui-même. Même s'il se cachait la vérité en pensant qu'il était furieux contre sa mère, il savait à quel point il avait tort. Il était énervé contre lui-même. Pour ressentir ce besoin de ressentir les bras de sa mère autour de lui. D'avoir envie de voir ses yeux. Ça le mettait hors de lui de réfléchir ainsi.

Ses sentiments remontant à la surface le rendirent si dépité qu'il ferma les yeux, essayant de les rejeter. Son avant-bras droit valide se posa sur ses yeux, laissant le temps à son inconscient de gérer ses souvenirs. Habituellement dans ses situations, il n'avait qu'à se concentrer sur sa guérison. Rien de plus. Le Général Alastor Maugrey le rejoignait pour voir s'il avait besoin de quelque chose avant de repartir. Sauf que voilà, ce n'était pas lui qui était là mais bien ses parents. Il n'arrivait même pas à en comprendre la raison.

« Bonjour Colonel, heureux de te voir réveillé. »

Tout en enlevant son bras de devant ses yeux, Harry ne retint pas son grognement en entendant la voix de son ami docteur qui venait d'entrer. S'il avait espéré pendant quelques instants avoir un moment de répit, c'était raté. Surtout en ressentant et entendant les mouvements de ses parents, réveillés par l'entrée du médecin.

« Oh mon dieu, James, Harry est réveillé. »

Même s'il avait entendu l'exclamation de sa mère, le Colonel se contenta pour regarder son ami. Pour le moment, il ne pouvait pas les gérer. Et à voir le léger mouvement de recul de son père, lui non-plus. Cela était bien meilleur de leur laisser du temps de se rendre compte à quel point il avait changé depuis dix ans. Lui avait pu l'observer silencieusement durant leur sommeil, alors qu'eux ne l'avaient jamais vu éveillé. C'est pourquoi, il ne se tourna pas vers eux et ne fit aucun signe pour les enjoindre à se rapprocher. Il se concentra sur sur son ami, plutôt.

« Si je possédais toutes mes capacités, tu peux être sûr que j'aurai déjà ôté ce maudit sourire de tes lèvres. »

« Tu me dois de l'argent, Potter, bien sûr que je vais sourire. »

« Si un jour je ne trouve plus le nord, je viendrais juste te voir. »

Un sourire aux lèvres, Théodore Nott se rapprocha de son ami, le saluant d'une accolade amicale. Malgré les taquineries dont il avait fait preuve, il avait été vraiment effrayé lorsque son confrère l'avait appelé en lui demandant le dossier médical d'Harry Potter tout en lui expliquant l'état critique dans lequel il se trouvait. Des années à le voir côtoyer son hôpital avait finalement permit aux deux hommes de se rapprocher et de boire quelques bières lors de leurs permissions. Petit à petit, ils avaient commencé à se lier jusqu'à devenir amis. Leur amitié qui avait doucement débuté s'était solidifiée lorsque quelques temps plus tard, ils s'étaient rendus compte qu'ils avaient plus en commun qu'ils ne le pensaient. C'était peut-être pour cette raison que le docteur aux yeux bleus-gris pouvait facilement comprendre ses questions muettes.

« Le Général Maugrey est actuellement en mission, je n'ai pas réussi à le joindre, » répondit-il un sourire contrit aux lèvres, regardant à la fois son ami mais aussi les parents de ce dernier.

Attrapant le dossier médical du Colonel, le brun s'assit sur le rebord du lit.

« Bien, j'ai pourtant l'habitude de te le dire souvent, mais cette fois-ci Harry, les docteurs n'avaient plus d'espoir, Potter. Tu es arrivé dans un état critique à la base médicale. Hémorragie interne, une côté a transpercé ton poumon. Tu as également eu une hémorragie cérébrale. L'os de ta jambe droite et de ton coude est totalement brisée. Il n'y avait pas un seul endroit de ton corps qui n'était pas touché. »

Les yeux fermés, Harry écouta son ami lui détailler toutes les blessures sans ciller. Il s'était déjà bien rendu compte de lui-même à quel point il était blessé. Il connaissait assez bien son corps pour savoir que cela allait prendre du temps avant de guérir. Quand bien même il aurait souhaité se lever et prendre le large, il savait qu'il devait laisser le temps à son corps d'aller mieux.

« Tu as fais de nombreux arrêts sur la table Harry, les docteurs ont vraiment eu peur. Ils t'ont mis dans un coma artificiel pour que ton corps puisse récupérer. Tes chances étaient trop basses. »

« Combien de temps ? »

« Tu es resté dans le coma pendant trois semaines. »

« On est déjà le mois d'avril ? »

« Yep. Ça va faire sept mois que tu n'es pas rentré au pays, ce week-end. Tu as devant toi au moins deux mois avant que je ne t'enlève ces plâtres. »

Hochant la tête, le Commandant attrapa le papier que lui tendait son ami et la lu rapidement avant de signer en bas de son arrêt médical obligatoire. Cela rendait son arrêt maladie plus officiel et ni lui, ni personne ne pourrait le contester.

« Qu'en est-il de Griffy ? »

Une grimace aux lèvres, Théo regarda les parents de son ami qui fronçait les sourcils. Ne serait-ce pas une meilleure idée de les faire sortir ? Après tout l'état de santé de leur ami ne les concernait pas. Même si l'identité de Ron était protégée par le surnom, cela n'en restait pas une violation de la vie privée.

« Il est toujours en soins intensif. Il a été beaucoup plus touché que toi. Il ne sera rapatrié que lorsque son état sera stable. »

Si le docteur ne fut pas surpris de ne voir aucune émotion sur le visage du colonel, les parents de ce dernier le semblait. Pourtant Théo le savait. Au fond de lui Harry était totalement terrifié pour son ami. Mais ce n'était pas la première fois que l'un d'entre eux était blessé, même aussi gravement. Si au départ, il s'en était inquiété au point de perdre parfois la notion de la réalité, maintenant, il apprenait plus doucement à ne pas imaginer le pire. Il ne pouvait plus se permettre d'imaginer que tout irait mal et rester défaitiste jusqu'à avoir une bonne nouvelle. Parfois c'était le plus douloureux. Attendre pour recevoir une mauvaise nouvelle. Alors discrètement, garder espoir en rendant visite à son ami était parfois la meilleure solution. Que ce soit pour Ron ou pour lui.

« Quand puis-je sortir de ton lieu de torture ? »

Un sourire aux lèvres, Théo laissa pourtant sa main sur le genou de son ami, alors que ce dernier changeait de conversation. Peu importe comment il avait tourné la discussion dans sa tête encore et encore, il n'avait pas d'autres choix que d'y aller franchement. Il se devait d'être honnête avec Harry. De toute façon, le brun n'accepterai jamais qu'il omette une quelconque information. Prenant son courage en main, il lui sourit doucement.

« Concrètement, tu vas bien. On va te faire passer une IRM pour vérifier qu'il n'y a plus aucun risque de traumatisme ou autre. Tes blessures ont été emplâtrés. Ta côté est presque guérie. Cela fait maintenant plus de trois semaines que tu étais dans le coma, » déroula le docteur. « Maintenant le problème est ce que tu vas faire. Si quelques mois auparavant, tu avais quelqu'un pour t'accompagner, ce n'est pas le cas, ce coup-ci. Alors, tu as deux solutions devant toi. Soit tu restes ici jusqu'à ce que tu sois guéri, soit tu rentres avec tes … parents et tu ne reviens que pour les rendez-vous de routine. »

Un silence pesant s'installa dans la petite chambre d'hôpital après les paroles du médecin. Théo, qui connaissait très bien la situation familiale de son ami, lui lança un sourire encourageant. Malgré les dix années qui étaient passées et les nombreuses fois où Harry avait dit et redit que c'était du passé, il savait très bien que la blessure était toujours présente en lui. Il savait que son entraînement au combat lui avait apprit à ne pas se laisser submerger par ses sentiments, pourtant parfois il n'arrivait pas à lutter contre cet état. Il devait laisser ses émotions prendre contrôle de son corps.

« Je vais vous laisser discuter entre vous. Je reviendrais plus tard. »

Son regard sur la porte que venait de fermer son ami, Harry se demanda pendant quelques secondes s'il ne pouvait pas simuler un évanouissement. Après tout, n'avait il pas subi un traumatisme crânien ? Alors il était normal qu'il soit fatigué, non ? Pourtant ce ne fut qu'un soupir qui effleura ses lèvres lorsqu'il se rendit compte qu'ils n'étaient plus que trois dans la chambre.

« Bonjour Harry, » murmura doucement la voix de sa mère alors qu'elle prenait sa main dans les siennes. « Nous avons eu vraiment peur pour toi. Comment te sens-tu ? »

« Bonjour, » chuchota James derrière sa mère, tout bas. Peut-être avait-il peur qu'en parlant, ses projets de revoir son fils à la maison ne se réalisent pas. Était-ce pour cette raison qu'il laissa sa mère menait la conversation plutôt que lui-même ? Comprenait-il vraiment le ressentiment qu'Harry ressentait envers lui ?

« Je vais bien, merci. Et toi, comment vas tu ? »

Malgré la froideur de sa voix, Harry savait très bien que sa mère ne s'éloignerait pas de lui. Elle avait bien trop l'habitude de son maudit comportement. Elle avait probablement été la seule à venir le voir à chaque fois qu'une violente dispute s'enclenchait entre lui et son père. Ou n'importe quelle autre personne de son entourage. En fait, elle avait vraiment été la pour lui, à lui donner son amour sans même demander quoique ce soit en retour. Elle avait été la seule à l'aimer autant, malgré son sale caractère.

« Nous allons bien, mieux, » sourit-elle doucement. « Tu as l'air très proche du docteur Nott. »

« Assez, Théo m'a plusieurs fois sauvé la vie, alors j'imagine que ça permet de tisser des liens entre nous deux. »

« Nous …, » Alice se racla la gorge. « Nous n'avons jamais été averti de tes passages à l'hôpital. »

La voix de sa mère avait légèrement tremblé alors qu'elle se rendait probablement compte que son fils avait de nombreuses fois frôlé la mort sans qu'elle ne soit au courant. Et peut-être était-ce mieux ainsi. Sinon, vu le nombre de fois, pendant ses dernières années, où son pronostic vital avait été engagé, elle serait encore plus pâle et terrifié. Parfois omettre certaines informations faisaient plus de bien que de mal.

« Mon instructeur à l'armée est mon premier contact. Il a les autorisation pour avoir accès aux missions que j'ai faites mais aussi à mon dossier médical, du coup, c'est plus simple pour me soigner. »

Si le mensonge qu'il venait de livrer s'était fait remarquer, ni Alice ni James ne dirent rien à cela, tous les deux savaient que leur relation n'était pas assez bonne pour se permettre de faire une remarque à l'homme qu'était devenu leur fils. Le petit garçon avait laissé place à un militaire imposant. Ses cheveux étaient toujours aussi incoiffables pourtant ses yeux avaient gagné en intensité. La couleur verte ressortait si violemment qu'on ne pouvait les rater. Les parents avaient l'impression qu'ils passaient un test sous l'intensité du regard de leur fils. Et la stature, si fine mais pourtant si présente de leur garçon sous sa chemise d'hôpital ne laissait aucun doute quant à sa capacité à se défendre.

« Est-ce que tu …, » serrant la main de son époux, Alice regarda son fils dans les yeux. « Serais-tu d'accord pour passer ta convalescence chez nous ? Neville et Élisabeth seraient vraiment heureux de te revoir. »

La main dans les cheveux, Harry regarda sa mère droit dans les yeux. Depuis le début de la rencontre, il s'était demandé à quel moment il entendrait parler de son frère et sa sœur. Non, demi-frère et demi-sœur.

Neville avait toujours été son petit protégé. Malgré leur quatre ans de différence, tous les deux avaient grandi collés l'un à l'autre. Ils avaient été tellement proches. Lorsqu'ils étaient jeunes, l'un n'allait pas sans l'autre. Les premières bêtises avaient toujours été faites à deux, bien que la plupart du temps, Harry prenait les fessés à la place de son frère le protégeant de tous les dangers. Leur relation avait été fabuleuse. Enfin jusqu'à ses treize ans. A cet âge-là, Harry avait commencé à remarquer les différences que son père faisait entre lui et son frère. Ne pas venir le voir à ses matchs de rugby alors qu'il allait très souvent voir Neville jouer au base-ball. Ne pas le féliciter lorsqu'il ramener des bonnes notes alors qu'il appelait souvent son parrain lorsque son frère avait des A à ses devoirs. Ne pas lui proposer des sorties alors qu'ils les voyaient, lui et Neville revenir parfois avec d'immenses sourires après une journée entre eux. Tant de choses qui les avaient différenciés. James avait toujours été fier de son frère. Quelque part, il avait ressenti un manque, cela avait été si dur pour lui. Il avait eu l'impression que James n'était que le père de Neville. Pas le sien. La dureté de la réalité lui avait été insupportable. Adolescent et si en colère, il avait alors réagi impulsivement, mettant une grande distance entre lui et son frère.

Si au départ, Neville avait tout fait pour revenir près de lui, Harry avait tout fait pour l'éjecter de sa vie. Et au bout d'un moment, à force de se battre avec lui et de l'insulter à tout bout de champ, cela avait marché. Il était devenu un total étranger pour son frère. Tous les deux n'avaient plus de relation, ils ne se parlaient même plus. Des fois, ils échangeaient un regard noir mais rien de plus. L'un comme l'autre préférait garder leur distance. D'ailleurs le dernier jour où Harry avait vu Neville avait été le jour où il avait fait son sac pour aller au camp d'entraînement de l'armée. Son frère n'avait absolument pas ouvert la bouche, le regardant faire silencieusement. Harry n'avait jamais su s'il aurait préféré que son frère crie pour l'arrêter. Ou si le silence de son cadet l'avait rassuré. Après tout, malgré la distance qu'il avait mit entre eux deux, Neville restait son petit frère. C'est pourquoi cela lui l'avait quelque part rassuré de voir que Neville l'avait regardé faire ses bagages, calmement.

Contrairement à sa petite sœur, Élisabeth. Son petit rayon de soleil comme il aimait l'appeler. Âgé de huit ans à son départ, elle avait toujours été la chouchoute de la famille, à avoir tout ce qu'elle désirait, tout le temps de la part de tout le monde. En fait, il n'y avait pas un jour où elle n'obtenait pas ce qu'elle souhaitait. Malgré toutes les fois où il avait essayé, Harry n'avait jamais réussi à l'éloigner de lui. Elle restait sa petite sœur chérie. Quelques fois, rarement, lorsqu'il avait une ou deux permissions, il prenait sa voiture et allait à l'école d'Elisabeth et la regardait jouer dans la cour de l'école avec ses amis. Il n'avait jamais osé aller jusqu'au bout et parler avec elle. Pourtant l'envie avait toujours été présente. Mais les pleurs à son départ étaient encore gravés dans sa mémoire et il ne voulait pas que cela se reproduise à nouveau. Surtout qu'il avait eu peur qu'elle avoue à ses parents l'avoir vu. Ni l'un ni l'autre n'était prêt à se confronter.

Il se demandait bien ce que ces deux-là étaient devenus. Voilà maintenant près de trois ans qu'il n'avait pas cherché après eux. Peut-être que finalement, cela n'était pas une si mauvaise chose de rentrer. Mais un regard vers son père l'arrêta. Etait-il vraiment prêt à revivre cela ? A revivre cette maudite haine silencieuse ? Etait-il capable de la supporter ? Avait-il suffisamment mûri ou était-il encore immature ? Malgré que l'armée l'ait fait grandir, autant physiquement que mentalement, il n'en restait pas moins que sa famille avait toujours eu une certaine emprise sur lui qu'il ne pouvait combattre. En quelques mots, ses parents pouvaient presque détruire ce qu'il avait mis du temps à construire.

« Écoute chéri, » murmura sa mère, en s'asseyant sur son lit. « Je sais que nous avons tous nos torts. Que ce soit moi ou ton père. Mais cela fait dix ans que nous ne t'avons pas vu. Les seules nouvelles que nous avons eu de toi nous ont été donné par une dame de l'armée qui nous disait que tu étais en mission et dans l'incapacité de nous répondre. »

Passant sa main dans ses cheveux de son garçon, Alice le regarda dans les yeux.

« Je sais que tu nous en veux et tu en as parfaitement le droit mais s'il te plait Harry, j'ai vraiment besoin de savoir que tu as bien grandi et que tu vas bien. Peut-être pouvons-nous faire un essai ? Rien ne t'oblige à toujours rester chez nous, n'est-ce pas ? Si tu le souhaites, tu peux toujours partir si les choses deviennent trop … dures pour toi. »

Un sourire aux lèvres, Harry se rappela ses nombreuses fois où sa mère était venue près de lui, à lui caresser les cheveux en essayant de trouver des compromis. Faire en sorte que la relation entre lui et le reste de la famille se passe pour le meilleur. Elle avait vraiment désamorcé de nombreux conflits. Mais surtout, Alice l'avait empêché de faire plus de bêtise qu'il ne l'imaginait, ne lui permettant pas de fuir hors de son monde.

« Ta sortie d'hôpital est programmée pour dans quelques jours, selon ton ami médecin. Que dirais-tu d'y penser et de voir à ce moment-là, ce que tu souhaites faire. Mais saches que nous serions très heureux si tu venais avec nous. »

Alors qu'Harry allait répondre à sa mère, un femme blonde aux yeux bleus rentra dans la pièce, habillée de sa tenue militaire verte et de son béret ble. De son un mètre soixante-sept, la jeune fille avait un maintien droit, ses yeux fixés sur Harry. Sur son uniforme, en haut de sa poitrine, écrit en lettre capitale L. Lovegod. Le bras gauche le long du corps alors que la main droite était au niveau de la tête, en un signe de salut obligatoire auprès de son supérieur, la jeune femme regarda droit devant elle sans bouger.

« Colonel, on m'a demandé de venir vous faire mon rapport à votre réveil. »

« Repos, Sous-Lieutenant, » ordonna la voix d'Harry, attirant l'attention de ses parents sur lui. Un sourire aux lèvres, il regarda son amie. « Je suis heureux de voir que tu vas bien. »

Un immense sourire à ses lèvres, Luna Lovegood, compagne d'arme du Colonel Potter se rapprocha de son supérieur et lui claqua un gros bisous sur la bouche, rendant son supérieur blasé de son comportement. Luna avait toujours eu ce côté complètement fou qui rendait les gens totalement démuni quant a l'attitude à prendre face à elle. Elle était le genre de personne à toujours dire haut et fort ce que de nombreuses personnes pensaient trop bas. Peut-être était-ce pour cette raison qu'il l'avait pris dans son équipe ?

« Je crois qu'on va vous laisser, » murmura doucement Alice. « Vous avez sûrement des choses à vous dire. »

« C'est sympa de votre part, madame ! »

Ses doigts se frottant la joue, Harry s'excusa silencieusement auprès de sa mère du comportement de la jeune femme. Il y avait un temps d'adaptation nécessaire pour la comprendre. Serrant sa main, sa mère accepta ses excuses et attrapa ses affaires alors que son père lui ouvrait la porte.

« Les sorties se font en début d'après-midi à 14h. Je vous attendrai au bureau de sortie. »

Malgré la difficulté que Harry avait eu a sortir cette phrase, le sourire lumineux de sa mère lui réchauffa le cœur et le laissa plus serein pour la suite.


Fin du chapitre.

Surprise ! Alors ? Alors ? Alors ? Qu'en pensez-vous?

Alice en mère adoptive, Neville en demi-frère. Pas de Franck, ni rien. Je vous avais averti dans le chapitre précédent que certaines choses, certains couples sont totalement différents de l'histoire originale ! (Félicitations Yuko-chan59 ! Tu y étais presque !)

Agréablement surpris ou tristement ?

Oh et ma Luna ? Aurait-elle traumatisé la famille Potter par son comportement ? Héhé !

Maintenant que vous savez que le gentil Harry rentre à la maison, qu'imaginez-vous ? Va-t-il quitter la maison très rapidement ? Ou va-t-il finalement affronter ses démons du passé ? Sera-t-il le gentil garçon ? Ou le froid militaire ?

J'attends avec impatience vos retours !

A très vite,

Khay.