Les Combats d'une Vie

Disclamer : Rien n'est à moi à part l'idée de l'histoire.

Couple : Harry/Charlie principalement. Alice/James. Le reste : Surprise ! :D - C'est un rating M

Thème : UA Sans magie - Armée - Famille - Romance - Drame - Policier (En fait, je crois que tous les thèmes vont être abordés :o )

Parution : Un Chapitre par semaine - plus particulièrement le vendredi ou le samedi

Histoire : Elle est en cours d'écriture. Actuellement 26 Chapitres d'écrits - 3 de corrigés.

Blabla de Moi !

Bonjour, Bonsoir !

Comment allez-vous ? J'espère que vous avez passé une bonne semaine. La mienne a été très longue, j'ai couru à droite et à gauche, ce qui est vraiment épuisant sur la fin ! D'où la réponse un peu tardive à vos reviews, navrée. D'ailleurs, vous avez été un peu moins à reviewer cette semaine, bien que celle que j'ai reçu était vraiment super ! J'ai adore les lire ! J'en profite pour remercier les reviewers anonymes dont Archer60 (héhé ! J'ai moi-même été surprise de ce que j'ai écris, oui oui ! J'espère que ce chapitre te plaira aussi !) et Aya31(Merci beaucoup!).

Que dire de ce chapitre ? Il est un peu nostalgique, il pose deux trois caractères et ... il y a un couple surprise ! :D :D (Oui, il va y avoir beaucoup de couple surprise héhé!). J'espère que vous m'excuserez pour les deux trois petites erreurs techniques qui ont pu se glisser dans ce chapitre, je ne suis pas vraiment à l'aise avec les grades et autres. J'ai cherché partout sur Internet mais ... rien à faire, j'ai pas trouvé ce que je cherchais.

Ce week-end, je vais essayer de m'atteler aux derniers chapitres de mon histoire et harceler Patmol25 pour qu'elle les relise et me les corrige. Qu'est-ce que je ferais sans elle. D'ailleurs n'hésitez pas à aller lire ses histoires, elles sont vraiment super !

Du coup, je vous embête pas plus, et vous laisse découvrir la suite.

On se retrouve en bas

Enjoy,

Khay.


Troisième Chapitre.

Memories

Assis sur le siège avant de la voiture de son père, Harry regarda le grand portail noir qui s'ouvrait devant lui. Cela faisait tellement bizarre de revoir cette entrée de maison. Dix ans après et il avait l'impression d'être un étranger qui visite un lieu inconnu jusqu'alors. Pourtant, il n'y avait pas tant de différences entre les souvenirs de son passé et la réalité. Le jardin était toujours de la même taille par exemple. Pourtant les nombreux arbres, un pommier, deux figuiers, un olivier et pêcher, avaient bien poussé. Ils n'étaient plus aussi petits qu'à son départ. Chacun d'entre eux étaient aussi haut que le mur qui entourait le jardin et protégeait la maison du vis à vis.

L'une des différences avec ses souvenirs du passé, était probablement la présence d'un tout petit potager. Il n'était pas très vieux, les quelques légumes de saison avaient poussé. Cela devait être l'œuvre de sa mère. Elle avait de nombreuse fois dit à son père qu'elle souhaitait avoir un potager à la maison. Pourtant avec la présence de trois enfants ainsi que son travail, elle n'avait jamais vraiment eu le temps de s'en charger. Maintenant que Neville était suffisamment grand et que lui n'était plus à la maison, c'était plus simple pour elle de s'adonner à certaines occupations.

L'allée, qui menait vers la maison, avait maintenant du gravier alors que son père avait toujours voulu la goudronner. Mais Alice avait toujours été contre. Finalement, ils étaient venus à un accord. Étonnant. Leurs disputes à ce sujet avaient de nombreuses fois amusé la famille et les amis des Potter. Peut-être que finalement son départ avait du bon si tous les deux s'étaient mis d'accord.

Alors que la voiture de son père se garait derrière la porte du garage qui depuis des années servait plus de débarras qu'autre chose, il laissa son regard parcourir l'avant de la maison. Les murs blancs du domicile de la famille Potter avaient finalement été repeints, remarqua-t-il. Il avait, peu avant de partir, lancé des œufs pour montrer sa colère contre une injustice de son père. Sa mère l'avait attrapé peu de temps après et l'avait forcé à nettoyer chacune des traces. Et elle était restée derrière lui à l'observer pendant des heures. Même s'il avait réussi à tout frotter, certaines tâches étaient restées. Mais voilà que maintenant, elles avaient disparu.

Deux fenêtres au premier étage donnaient sur la façade de la maison et d'où une plante grimpante pendait. C'était la fameuse plante qui lui avait permis tant de fois de faire le mur et d'aller où il voulait. Il était tombé les premières fois mais après un certain temps, il avait pris le bon coup et n'était plus tombé, ce qui lui avait permis de sortir autant qu'il voulait. Ou de fumer ses cigarettes, discrètement, une fois la nuit tombée sans que sa mère ne vienne le gronder comme l'enfant qu'il était. Un sourire aux lèvres, il laissa ses souvenirs remonter dans sa tête, amusé bien malgré lui.

Surtout lorsqu'il fixa la porte d'entrée blanche. Combien de fois avait-il eu l'habitude de la claquer alors qu'il n'était qu'un gringalet ? Il avait toujours cru qu'en la claquant, cela énerverait suffisamment son père pour qu'il le suive et qu'ils se disputent encore plus. En fait, ce qui était marrant c'était ses réactions. Il se rappelait à quel point il était, malgré le manque d'amour de son père, gâté. Il ne s'était jamais excusé de ses crises de colère, et aucun de ses parents n'avaient demandé à les entendre. Alors que d'autres les auraient exigé. Peut-être auraient-il dû.

C'est avec une certaine nostalgie qu'il s'assit sur le fauteuil roulant qui lui avait été imposé alors que son père attrapa les béquilles qu'il avait aussi demandé. Sa main serra sa cuisse alors que certaines larmes affluaient. Les retenant, il soupira de dépit alors que son père venait derrière lui pour le pousser. Il avait été étonné que seul son paternel soit venu le chercher. Peut-être que sa mère avait pensé que tous les deux allaient discuter. Mais à part son envie de rester à la base, tous les deux n'avaient pas parlé. Ils avaient échangé les salutations de bases mais ça s'était arrêté là. Une ambiance tendue avait pris place tout le long du trajet. Même si son père avait tenté une ou deux fois d'ouvrir la bouche, son regard noir l'avait calmé directement.

« Tout le monde t'attend à la maison, » murmura doucement James.

Alors que son père le poussait vers la porte d'entrée, cette dernière s'ouvrit, laissant apparaître sa mère. Habillée d'un jean clair et d'une chemise sombre à manche courte avec des hirondelles, elle avait un sourire ému. Peut-être n'avait-elle pas cru à son retour. Jusqu'au bout elle avait dû douter, pensant qu'il refuserait au dernier moment. Après tout, les dernières fois où ils s'étaient vus tous les trois à l'hôpital, il avait la plupart du temps dû partir ou des haut-gradés venaient lui rendre visite pour discuter de sa mission. Et vu la confidentialité de celle-ci, impossible pour ses parents de rester. C'est pourquoi elle avait pensé que son garçon refuserait de renter à la maison.

« Bon retour, mon garçon, » murmura sa mère, une main sur son épaule, les larmes aux yeux.

Était-ce vraiment si intense que ça que de le voir revenir à la maison ? Peut-être. Après tout, dix ans était passé, ce n'était pas rien. Bien, rien que pour ça, il pourrait faire un effort. Attrapant une des béquilles que son père avait dans les mains, il s'appuya sur sa jambe et son bras valide. Un peu d'exercices pour muscler ses deux membres ne lui ferait pas de mal.

Tout en sautillant, il observa les murs de l'entrée peints en bleu. A la droite de la porte, il nota le meuble d'entrée avec ses deux tiroirs et ses petits clous où les clés de chaque personne de la famille étaient accrochées. Quelques photos aussi étaient suspendues le long du mur jusqu'à la porte qui menait à la cuisine à gauche et vers le salon à droite.

S'avançant doucement, derrière sa mère et son père, il laissa son regard glisser sur les escaliers en bois face à lui. Son regard allait vers gauche et regarda la cuisine où il avait l'habitude de prendre les repas avec sa famille. Au centre de la pièce, une table en bois prenait presque la moitié de la pièce, des tabourets de chaque côté du meuble. Le plan de travail donnait sur l'extérieur, permettant de voir qui arrivait à la maison. Harry se souvenait des nombreuses fois où il s'était enfui en voyant la voiture de son père apparaître par la fenêtre de la cuisine alors qu'il savait qu'il avait fait une bêtise. De l'autre côté, sa mère avait préféré mettre l'électroménager. Le frigo américain et le lave-vaisselle avaient aussi été changé depuis les dix dernières années.

Se raclant la gorge, il tourna son regard vers la droite, fixant le salon avec sa grande ouverture en arc de cercle. Ses yeux fixèrent immédiatement l'immense baie vitrée qui permettait de voir le grand jardin. Il se rappelait encore de ces nuits ou ces après-midi où il s'était calé sur le canapé noir qui donnait sur la véranda, réfléchissant sur le sens de sa vie et de sa famille. Il avait souvent apprécié voir la pluie tomber ou le soleil. C'était vraiment plaisant. Il avait aimé ces moments-là. La télé accrochée sur le mur à droite du canapé ne l'avait jamais intéressé. C'était plutôt le bar qui l'avait attiré. Si sa mère ne le fermait pas à clé tous les soirs, il pouvait être sur qu'il l'aurait ouvert et dévalisé de toutes les boissons. C'était marrant de voir que maintenant, elle était ouverte sans aucune crainte. Une petite table au centre de la pièce lui rappela les nombreuses sessions de jeu de société qu'il avait eu avec sa famille.

Sa famille, hein.

Depuis combien de temps avait-il enfermé ses souvenirs pour se sentir autant nostalgique aujourd'hui ? Après tout, même s'il cherchait à le nier, il avait passé de nombreuses soirées au côté de sa famille, s'amusant le temps d'une soirée. Même lorsqu'il perdait, il devait avouer que c'était marrant. Peut-être regrettait-il de ne plus pouvoir passer des soirées ainsi. Même si maintenant, il avait d'autres occupations. Perdu dans ses pensées, il se sentit partir en arrière alors qu'un immense poids s'accrochait sur lui. Un sourire aux lèvres, il évita la chute uniquement grâce à son père qui s'était posté derrière lui, son torse contre le dos de son fils.

« Harry ! » S'exclama sa sœur, alors qu'il sentait sa chemise bleu se mouiller.

« Salut, Eli, » murmura-t-il, le nez dans la chevelure châtain de sa petite sœur.

Qui avait bien grandit. Du haut de son un mètre soixante environ, Elisabeth Alice Potter n'était définitivement plus cette petite fille qui le suivait partout en pleurnichant quand elle n'obtenait pas ce qu'elle voulait. Ses cheveux châtains et autant ondulés que ceux de sa mère avaient bien poussé, lui tombant le long du dos. Ses lèvres fines faisaient la moue alors que ses yeux bleus le fixaient, fouillant dans le plus profond de son âme. Malgré sa toute petite taille, Harry se sentait légèrement mal à l'aise face à ce regard si intense, si semblable à celui de sa mère.

Un sourire aux lèvres, il passa son bras plâtré au dessus de l'épaule de sa sœur, la serrant contre lui. Oui, sa petite princesse avait bien grandi maintenant qu'elle avait dix huit ans, elle n'était plus un petit bébé. Finalement dix ans c'était long. Trop long. Pendant un court instant, du remord le traversa alors qu'il imaginait la douleur qu'avait du ressentir sa petite sœur lors de son départ. Peut-être pourrait-il faire un peu plus attention à elle pour les prochains jours où il serait à la maison. Il pouvait bien lui accorder au moins ça. Surtout qu'elle ne l'avait jamais blessé.

Levant les yeux, il perdit légèrement son sourire lorsqu'il se mit à observer les quatre autres personnes présentes dans le salon. Devait-il vraiment les affronter tous en un seul coup ? Inconsciemment, il resserra sa prise sur les épaules de sa sœur alors qu'il fixait sa famille devant lui.

Son regard s'arrêta finalement sur son oncle. Remus Lupin. Si des années auparavant il avait vu son oncle très souvent, peu de temps avant qu'il parte, leur rencontre était rare. Atteint d'un cancer du rein, Remus avait passé beaucoup de temps auprès des médecins. Peut-être était-ce pour ça qu'il avait dit ses vérités à James ? Parce qu'il pensait qu'il allait mourir ? Harry n'avait jusqu'alors jamais pensé à ça. Pourtant en le voyant encore plus fatigué qu'à son départ, il se demanda si cela avait à voir avec son cancer ?

Ses cheveux châtains, parsemés de mèches grises, lui tombaient devant les yeux, rendant ses yeux bleus encore plus sombre. Comme lorsqu'il se mettait en colère. Son visage avait de légère ride le rendant doux, n'enlevant rien à la beauté de son oncle. Parfois il se demandait comment l'homme pouvait rester célibataire. La peur de transmettre son maladie héréditaire devait jouer. Pourtant Harry savait que la voix douce et rauque de l'homme rendait certaines filles admiratives. Notamment ses élèves de classe. Et Elisabeth aussi. Sa sœur aimait tant que leur oncle leur raconte des histoires lorsqu'ils étaient jeunes. Il rendait l'intrigue si intéressante que parfois il luttait contre eux pour qu'ils s'endorment.

Et si lui arrivait à se faire entendre des terreurs Potter, ce n'était pas souvent le cas de son parrain. Sirius Orion Black était définitivement le parrain cool que tout gamin voulait avoir. L'homme, issu d'une famille aristocrate, avait totalement renié sa rigide famille pour faire partie de ce qu'il appelait une famille libre. Harry n'avait jamais compris les bêtises de son parrain. Et lorsqu'il lui posait la question, sa mère lui disait de laisser tomber, qu'il valait mieux ne pas poser de question. Que Sirius n'était plus cet aristocrate.

Pourtant ses traits n'avaient pas perdu cette caractéristique. Bien au contraire. Tout en Sirius Black criait la noblesse de sa famille. Que ce soit de la forme de son visage, si fin mais quelque peu hautaine, définitivement héritée des Black. L'homme était séduisant. Que ce soit de par ses yeux gris, insondables mais pénétrants ou ses cheveux, bruns longs et ondulés qui lui tombaient de temps en temps sur les yeux. Malgré son âge, Sirius avait toujours fait tourner des regards sur lui. Sa démarche nonchalante et son élégance si désinvolte avaient -et peut-être était-ce toujours le cas – toujours fait parti de son charme, le rendant très beau. Sa grande taille avait permis d'attirer les regards dès qu'il rentrait dans une pièce.

Mais malgré ça, son parrain ne s'était toujours pas casé. De nombreuses jeunes filles avaient pensé pendant un court instant être la perle rare, mais Sirius ne s'était jamais fixé. Préférant être volage et rester seul. L'homme, policier de fonction, avait toujours été calme et si doux avec eux. Lorsqu'il était plus jeune, Harry avait souvent pensé qu'il aurait aimé que Sirius soit son père plutôt que James. C'est pourquoi il savait à quel point son parrain avait été autant blessé par son départ que son père. Après tout, l'homme lui avait proposé de venir se réfugier chez lui si un jour, il voulait partir.

Sauf que savoir que son parrain connaissait pour sa mère biologique et ne lui avait rien dis, l'avait blessé plus qu'il ne l'aurait cru. Il s'était senti trahi. L'homme en qui il avait le plus confiance s'était finalement révélé capable de lui cacher quelque chose d'aussi important. Bien sûr, à l'époque, sa réaction avait été excessive. Mais tout pour lui avait été violent lorsqu'il avait appris la vérité. Il avait eu juste besoin de fuir ce monde qu'il ne reconnaissait plus. Et s'il y avait bien une personne qui devait le comprendre c'était bien Sirius. Finalement tous les deux se ressemblaient plus qu'il n'y pensait.

« Sirius ! Remus ! » S'exclama-t-il, heureux de les revoir. Qu'est-ce qu'ils lui avaient manqué. Les deux hommes lui rendirent son sourire et vinrent vers lui pour le serrer dans leur bras. Avec beaucoup de difficultés, vu le koala accroché à son torse, il avait juste souri simplement lorsque les deux hommes lui murmurèrent qu'il leur avait manqué. Toujours avec un sourire, il les regarda s'éloigner de lui, alors que la personne qu'il avait laissé pour la fin se rapprochait de lui, le forçant à le regarder.

Tout le long du trajet pour arriver à la maison, Harry s'était demandé ce qu'il ferait quand il rencontrerai son frère. Est-ce que son cadet voudrait le rencontrer ? Est-ce qu'il accepterai de rester dans la même pièce qu'eux ? Tout le temps de la route, il s'était torturé l'esprit à l'idée de ne pas le voir, même si une part de lui-même aurait été soulagée de ne pas l'affronter aussi tôt à son retour.

Les mêmes cheveux indisciplinés que les siens étaient pourtant présents dans le salon familial. Des yeux bleus le fixaient sans qu'il n'arrive à les lire. Un visage qu'il avait vu avec quelques rondeurs lors de son départ avait perdu ses traits d'enfants pour laisser place à une face masculine. Son nez droit, ses pommettes hautes. Il nota tous les détails qui avait changé chez son frère. Neville Sirius Potter était devenu beau garçon. A voir son visage, son frère devait être toujours aussi intelligent, calme. Pendant quelques secondes, il se demanda s'il avait perdu cette douceur qui l'avait tant caractérisée. Il espérait que non.

Ou alors qu'il la montrait à sa femme, Hermione Jane Potter, née Granger. Qu'est-ce qu'il avait été surpris des années auparavant, en revenant d'une mission confidentielle, de voir dans un de ses courriers un faire-part pour le mariage de son frère. Si cela avait été possible, il aurait aimé y assister, sauf qu'il était trop tard. Il n'était pas dans le pays au moment de l'invitation.

C'est peut-être pour ça qu'il avait voulu se rassurer quelque part en cherchant à savoir qui était vraiment Hermione Granger. Contrairement à ce que sa famille pouvait penser, il avait toujours gardé un œil sur eux. Malgré sa mauvaise relation avec eux, il n'aurait pas pu laisser son frère marié à n'importe qui. Après avoir demandé un service à une des ses connaissances, il avait très vite récolté les informations nécessaire pour savoir qui était la jeune femme. Une photo d'une fille aux yeux chocolats et aux cheveux châtains lui était parvenue, mais Harry devait avouer que la photo ne rendait pas justice.

« Neville, Hermione, » salua-t-il à nouveau.

« Salut Harry, » murmura Neville alors qu'Hermione le saluait d'un sourire et d'un signe de la main, en retrait.

Son regard se fixa à celui de Neville, cherchant à savoir à quel point il lui en voulait. Il le comprenait et ne lui en tenait pas rigueur. A sa place, il ne l'aurait même pas saluer. C'était si horrible mais en regardant son frère, Harry avait l'impression que toutes ses erreurs du passé le giflaient violemment. Les yeux bleus froids de son frère lui firent l'effet d'un étau qui se resserra autour de sa gorge, lui coupant le souffle. Pourtant aucun des deux n'échangèrent de mots. Mais la tension présente était si intense qu'il ne s'étonnait pas de ne voir personne se mettre entre eux. Tous les deux avaient besoin de discuter. Il détourna le regard lorsqu'il sentit le koala qu'était sa sœur s'éloigner de lui doucement, tirant sur son tee-shirt, le forçant à courber le dos pour qu'elle ait son visage face à lui.

« Tu fais définitivement plus sérieux et intelligent, » taquina-t-elle.

Peut-être finalement elle avait ressenti la tension de la pièce et avait décidé de l'apaiser. Ou peut-être était-ce juste son caractère. La jeune fille qu'il avait devant lui était quasiment une inconnue pour lui. En fait, chaque personne présente dans la pièce était devenue inconnue aux yeux d'Harry. Il ne les connaissait plus. Tout comme eux ne le connaissaient pas. Malgré cela, il ne se laissa pas abattre et ricana à la taquinerie de sa sœur.

« J'ai toujours été intelligent, petite, tu ne l'as juste jamais remarqué. »

Un regard amusé le suivi alors qu'il se détachait d'elle et se rapprochait du canapé. Peu importe à quel point il était sportif, il ne pouvait pas tenir plus longtemps dans la même position. Assis sur le canapé, il regarda l'immense jardin par la baie vitrée. Le jardin était toujours aussi magnifique. La table posée à côté du barbecue avait probablement servie de nombreuses années auparavant. La dépendance au fond du jardin lui rappela les nombres de fois où il était parti se cacher là-bas à observer les étoiles, lorsque l'atmosphère était trop pesante dans la maison. Tant de souvenirs se rappelèrent à lui qu'il ne se rendit pas compte du silence légèrement pesant dans la pièce.

« Je suis enchanté de te rencontrer Harry, » parla Hermione. « J'ai beaucoup entendu parler de toi. »

Assis droit, Harry observa la jeune femme. D'une certaine manière, il n'était pas étonné que ce soit elle qui ai débuté la conversation. Elle avait une vision bien extérieure de la famille Potter. Elle était suffisamment neutre et savait le rester grâce à son travail. Psychiatre de profession, la jeune femme n'avait aucun jugement à porter. Cela devait même être une opportunité pour elle de pouvoir observer une famille comme la sienne. Peut-être pourrait-elle même publier un article à ce sujet là. S'il était honnête avec lui-même, Harry aurait avoué qu'il la remerciait d'entamer la conversation. Il en était incapable et n'aurait pas supporté les questions.

« De même, » il tendit la main vers elle qu'elle serra en retour. « J'imagine qu'ils ne t'ont parlé que de mes bons côtés. »

Un sourire aux lèvres, Hermione regarda le brun. De nature décontracté, il paraissait très stable, comme si être ici ne le dérangeait pas. Pourtant Hermione en était sûre, il avait déjà repéré toutes les issues de secours et avait en tête les phrases qui blesseraient sa famille et lui permettraient de détourner l'attention de lui. C'était si typique des personnes qui ne se sentaient pas à l'aise. Blesser pour ne pas souffrir. Et elle savait très bien à quel point la relation entre sa famille et lui n'était pas bonne, par un manque de communication. Chaque personne des Potter avait été traumatisé par un événement passé. Pourtant à les voir réuni dans ce salon, elle ne pouvait s'empêcher de les voir comme une famille. Après tout, ils s'étaient tous réunis aujourd'hui pour pouvoir se revoir, comme si ces dix dernières années n'étaient qu'un mauvais souvenir. Du moins pour le moment. Les questions viendraient à un moment ou un autre. Et le militaire devrait y répondre s'il voulait rester une famille. Il ne dépendait que de Harry de reconstruire les liens.

Mais pour avoir traité de nombreux patients soldats, elle ne doutait pas d'à quel point ils pouvaient être renfermés sur eux-même. Et plus particulièrement ceux qui vivaient des missions dangereuses. Être Lieutenant-Colonel et à la tête d'une équipe à vingt-sept ans n'était absolument pas anodin. Les états de service du frère de son mari devaient être impressionnant. Et sûrement classés confidentiels. Si pour elle, cela était facile à supporter, son mari et sa famille allaient probablement tomber des nues quand ils se rendraient compte de la véritable personnalité de l'aîné Potter. Parce que ce qu'ils avaient devant eux n'était qu'un visage public et amical qu'il devait servir lorsqu'il était en terrain dangereux.

« Pas que, » rigola-t-elle. « Je suis psychiatre donc j'arrive à lire entre les lignes. »

« Je sais, » défia-t-il.

Un petit sourire apparut sur les lèvres de la brune, elle était prête à répondre à son défi.

« Est-ce que je marque un point ou est-ce que j'en perds un ? J'ai l'impression que vous, soldats, vous détestez les psy, » rigola-t-elle, sans relever le fait qu'il connaissait déjà son travail.

« J'ai un … ami qui analyse beaucoup les comportements, alors disons que je suis habitué aux gens comme toi. »

Les deux adultes échangèrent un regard alors que les autres observaient tout simplement la scène.

« J'ai un peu l'impression que vous menez une conversation secrète, » taquina Remus, heureux de voir son neveu. « Comment vas-tu, Harry ? »

« Je vais bien Remus, merci. Et toi ? Es-tu toujours professeur ? »

« Oui, le temps passe mais rien ne change. J'enseigne toujours au lycée. Les adolescents sont toujours aussi terrible. Mais aucun ne t'égale, » taquina l'homme. « On m'a dit que l'armée t'avais assagi ? »

Éclatant de rire, Harry remercia son oncle d'être toujours autant sincère dans ses paroles. Quand il était jeune, il avait toujours aimé ce côté. Remus n'avait jamais essayé de marcher sur des œufs avec lui. Il lui avait toujours dit les choses en face, peu importe leur nature.

« Après avoir été forcé à faire des centaines de pompes, des tours de casernes et d'avoir été de corvée plusieurs semaines de suite, j'ai bien été obligé si je ne voulais pas mourir d'épuisement. »

Un sourire effleura les lèvres de tout le monde alors qu'Alice déposait sur la table les cafés. La main sur sa cuisse, Harry observa sa mère quelques secondes avant de sentir son téléphone vibrer dans sa poche arrière. L'attrapant difficilement, il grimaça en notant le nom. Appuyant sur la touche pour ignorer l'appel, il haussa les sourcils alors que tous les autres le regardaient.

« C'est pas très important, » avant de fermer les yeux alors que le téléphone sonnait à nouveau. Ignorant l'appel, il pensa vraiment que la personne ne rappellerait pas, mais il avait tort. Soupirant, il porta l'appareil à son oreille.

« J'espère que c'est vraiment important parce que sinon tu peux être sûr d'être de corvée pour les trois prochaines semaine Aiglon ! »

« Bonjour Colonel, j'appelle pour vous informer que Griffy sera transféré dans une semaine. Ils ont demandé à notre équipe de le récupérer mais on a besoin de votre signature. »

« Apporte moi le dossier dès que tu peux, je le signerai. Comment va-t-il ? »

« Mieux. Les médecins sont beaucoup plus optimistes. Il respire tout seul et les derniers bouts de la bombe ont totalement été retirés sans risque. »

« Très bien. Avertis-moi quand tu viendras avec le document. »

Raccrochant, il se craqua la nuque alors que la pression redescendait brusquement en apprenant que son ami était enfin tiré d'affaire. N'ayant pas eu de temps à lui, il n'avait jamais vraiment pris le temps d'y penser, mais la peur de perdre l'un des siens était resté ancré dans son esprit. Mais voilà qu'il recevait enfin la nouvelle qu'il désirait. Il pouvait respirer et dormir sur ses deux oreilles.

« Une bombe ? » murmura la voix tremblante de sa mère à son père, ayant entendu la conversation de son fils.

Son regard dur et froid qu'il servait à ses soldats lorsqu'ils faisaient quelques chose de travers se posa sur sa mère. S'il vit le frisson qui la prit, il n'en tient pas compte. Il avait besoin de lui faire comprendre qu'elle n'avait rien à dire sur ce qu'elle avait entendu. Ce n'était pas ses affaires. C'était entre lui et l'armée. Et même s'il était plâtré et qu'il avait promis de faire des efforts, il n'hésiterait pas à partir. Parce que l'armée l'avait sauvé. Elle était devenue sa famille. Elle l'avait instruit. Alors pour une fois, il n'était pas prêt à entendre quoique ce soit. Surtout pas venant de son père qui ouvrait la bouche.

« Risques du métier, » rassura Hermione, lançant calmement un regard au frère de son mari et empêchant James de parler. « Alors Harry, dis moi à quel point étais-tu mauvais garçon ? »

Remerciant la jeune femme d'un regard, Remus regarda son neveu qui fixait toujours sa mère froidement. Il avait si peur qu'Harry se saisisse de cette excuse pour quitter la maison des Potter. S'en voulant d'avoir éloigné le fils de sa famille, il posa sa main sur l'avant-bras de la James, secouant négativement la tête, et l'incitant à se taire.

Harry n'avait jamais été le garçon très famille, à s'ouvrir juste parce qu'on lui pose des questions. Bien au contraire, il avait toujours tout gardé pour lui, exprimant ses sentiments uniquement en faisant des mauvaises choses. Jusqu'à l'armée. Honnêtement, Remus n'avait jamais vraiment eu d'informations sur lui. Il ne savait même pas depuis combien de temps il était Lieutenant-Colonel. En fait, son départ avait été une totale coupure entre eux. Comme s'il voulait donner du temps pour soigner son cœur brisé par trop de non-dits. Mais il avait l'impression que rien n'avait changé. Que les non-dits avait juste pris plus de place dans leur vie.

« Mauvais garçon hein ? » Ricana-t-il. « Légèrement sur les bords. »

« Harry a toujours été le badboy de la famille, » murmura Neville, un sourire nostalgique aux lèvres, perdant son expression indifférente. « Lorsqu'un que quelqu'un venait se plaindre, il n'avait même pas besoin de dire de prénom pour qu'on sache que c'était lui qui avait fait une bêtise. »

Laissant échapper un ricanement, Harry apporta la tasse à sa bouche alors que son frère le regardait toujours. C'était vrai. Il avait vraiment été mauvais garçon. Des voisins, des membres de la famille éloigné s'étaient souvent plaint de lui et de toutes les bêtises qu'il avait faites. Ça avait été sa manière d'exprimer sa colère. Même si maintenant il trouvait ça si enfantin.

« Après son départ, on a une de nos voisines qui a eu son jardin vandalisé, elle est venue nous voir, en nous demandant de contrôler notre sauvage d'enfant, » continua James, doucement, s'attirant le regard de son fils. « Elle ne savait pas que tu t'étais engagé. Je lui ai dis que si elle ne partait pas sur le champ, je l'arrêterai pour diffamation, et qu'elle ferait mieux d'aller voir la police au lieu de chercher des problèmes à des gens honnêtes. »

« En même temps, je la comprends, » soupira Harry, surpris malgré lui de la défense de son père. « Je lui en avais fait subir, la pauvre. »

En entendant son père, le brun se demanda pendant un court instant à quel point l'homme avait changé. Il n'aurait jamais cru qu'il prendrait sa défense. Surtout pas face à sa voisine. Cette pauvre femme, il lui en avait fait trop subir. C'était presque normal qu'elle vienne tous les jours pour se plaindre de lui.

« Si un jour, on m'avait dit que j'entendrais Harry Potter la terreur du quartier dire ça, je ne l'aurais jamais cru, » ricana son parrain.

« Vous êtes tous les deux policiers, il faut bien que je fasse semblant d'être gentil pour que vous ne me soupçonniez pas si quelque chose venait à lui arriver. »

Des éclats de rires lui répondirent, alors que son téléphone sonnait annoncer un message.

Si tu veux fuir, appelle moi.

Théo.

Un sourire aux lèvres, il se leva et annonça à sa famille qu'il allait prendre un peu de repos, fatigué de sa journée et du voyage. Tout en s'appuyant sur sa béquille, il composa son message alors que son père et son parrain se levaient pour l'aider à monter les escaliers.

Merci mais … tout va bien.


Fin du chapitre.

Alors ? Hermione et Neville ? Héhé ! Surprise ? J'ai eu envie d'imaginer ce couple !

Harry a l'air d'être prêt à faire des efforts, comme tout le reste de la famille, mais ... lorsque les véritables sujets seront abordées, est-ce que cela se passera vraiment bien ? Ou cela sera mauvais ?

Finalement, j'ai laissé Ron vivant, surpris ? Moi qui ne l'apprécie pas trop ? ^^

Malgré tout, il a des tonnes de moyens de fuite, grâce à Théo et certaines autres personnes, va-t-il rester lorsqu'on viendra l'embêter avec les sujets qui fâchent ?

J'attends vos retours !

A très vite,

Khay.