Les Combats d'une Vie
Disclamer : Rien n'est à moi à part l'idée de l'histoire.
Couple : Harry/Charlie principalement. James/Alice. Neville/Hermione. Le reste : Surprise ! :D - C'est un rating M
Thème : UA Sans magie - Armée - Famille - Romance - Drame (En fait, je crois que tous les thèmes vont être abordés :o )
Parution : Un Chapitre par semaine - plus particulièrement le vendredi.
Histoire : Elle est en cours d'écriture. Actuellement 29 Chapitres, je n'ai plus que l'épilogue à écrire .
Correctrice : Patmol25 (Merci !)
Blabla de Moi !
Bonjour, Bonsoir !
Nous voici pour le septième chapitre ! Le temps passe vite non ? J'ai l'impression d'avoir publié mon premier chapitre juste la semaine dernière. Et on va encore être ensemble pour quelques semaines. En tout cas, j'espère que vous allez bien et que vous avez apprécié votre semaine, malgré ce temps totalement pourri. Je voulais aller à un super beau lac et le seul jour où je me décide : pluie. Je ne suis plus trop sûre d'être en Août depuis quelques temps ...
Je tenais à remercier à nouveaux les reviewers anonyme dont : Guest (j'ai supposé que tu étais Archer60, mais je ne m'avance pas trop par peur de me tromper. En effet, c'est la plus belle phrase du chapitres. Pour Harry et sa famille, il y a du mouvement dans ce chapitre ;) Mais je te laisse découvrir ça. C'est plus que frustrant lol. Merci de ta review !) et Nono (Merci beaucoup ! :D).
Alors que dire de ce chapitre ? Eh bien tout d'abord, il y a un invité que certains souhaitent voir depuis un petit moment, héhé. J'aimerai en dire plus sur ce chapitre, mais j'ai plus peur de vous spoiler qu'autre chose. Donc par décision réfléchie (même si je meurs d'envie de vous en dire plus), je garde le silence et vous laisse plutôt découvrir ce nouveau chapitre.
On se retrouve en bas !
Enjoy,
Khay.
Septième Chapitre.
Forgiveness
Assis sur l'un des tabourets entourant la table de la cuisine, James avala une gorgée de sa bière alors qu'il regardait le nom de l'appelant qui faisait sonner son téléphone. Avec un soupir désespéré, il rejeta l'appel avant de relever les yeux vers le jardin où Harry et Elisabeth étaient en train de faire dieu seul sait quoi. Il avait juste retenu les mots 'projets de sciences' et 'aide' avant d'abandonner. La science n'était pas son point fort. Et il le regrettait en voyant la scène plaisante qui se déroulait sous ses yeux. Il avait vraiment envie de les rejoindre et de partager ce moment avec eux. Mais il préférait laisser une certaine distance entre lui et son fils comme il le faisait depuis maintenant une semaine. Après l'horrible repas qui avait montré ce que Harry ressentait, James avait cru pendant un court instant qu'il partirait.
Mais Harry était resté.
Un bon mois s'était écoulé depuis qu'il avait ramené son fils à la maison, et une semaine depuis la dispute. Si les trois premières semaines, ils avaient tous partagé leurs repas ensemble, ce n'était plus le cas. Peut-être qu'il le faisait exprès, mais à chaque fois, Drago venait voir son fils dès qu'un plat se posait sur la table et soit ils discutaient tous les deux dans le jardin, loin d'eux, soit ils prenaient la voiture, sans leur parler de leur destination. Et cela effrayait James. S'il ne restait pas les affaires de son garçon au domicile familial, il aurait pu croire qu'il ne reviendrai plus. Mais Harry revenait à chaque fois. Oh James avait bien sur tenté d'inviter le blond a se joindre à eux pour manger mais le regard glacial du blond qu'il recevait à chaque fois lui répondait bien comme il fallait. Alors il avait arrêté d'essayer et se contentait d'espérer que son fils rentre chaque soir.
Mais s'il était honnête, James comprenait très bien la raison pour laquelle son fils évitait les repas. Entre les regards noirs de Neville et ceux désespérés de sa femme, lui-même aurait fuit depuis longtemps. Si son cadet préférait ne pas avoir de contact rapproché avec son grand-frère pour le moment, Alice désespérait de ne pas pouvoir être plus proche de Harry. La peur du retour de Lily était encore bien trop présente pour qu'elle l'ignore.
Oh lui-même était terrifié du retour de la rousse. Le premier jour où elle était venue sonner chez eux, James avait demandé à ce que personne n'en informe Harry. Peut-être était-ce une décision qu'il pourrait regretter plus tard, que son fils pourrait lui reprochait. Mais pour le moment, il ne voulait pas que quelqu'un se mette en travers de leur chemin pour redevenir une famille. Alors chacun avait gardé le secret. Personne n'avait rien dit à Harry. Même lorsque Lily était revenue à la charge le lendemain du maudit repas. Son fils, étant de sortie avec Drago, ne l'avait pas croisé, mais lui si. Et James en était vraiment soulagé. Jusqu'à ce qu'elle ne commence à le menacer.
« C'est mon fils, James ! Tu ne peux pas m'empêcher de le voir, » avait-elle dit doucement.
« Ton fils ?! Tu l'as abandonné Lily ! Tu es partie sans même te retourner ! Tout ça pour quoi ? Une meilleure vie ?! »
« Ne fais pas ton saint, James, pas avec moi, je sais très bien quelle relation vous avez tous les deux. Si moi je l'ai abandonné, toi tu l'as détruit. »
C'était triste à dire, mais James devait avouer que la rousse ne mentait pas. Il avait probablement détruit Harry. Plus que d'autres. Il était la cause de la souffrance de son fils. Il n'était pas naïf. Oh non, il ne l'était pas. Bien au contraire. Il savait tout ce qu'il avait fait à son fils. A détruire sa confiance en lui-même, sa confiance en les autres, sa vie. C'était si stupide de sa part.
De faire payer à son fils pour des erreurs d'adultes.
Lors de l'enfance de son garçon, il se rappelait très bien le nombre de fois où il n'avait pas pu regarder son fils dans les yeux. A chaque fois qu'il croisait les yeux verts de Harry, c'était ceux de Lily qui se superposaient. Et il n'avait peut-être jamais réussi à passer outre. Pas après les années de souffrance qu'il avait vécu avec la rousse. Il n'avait pas cherché consciemment à faire du mal à son fils, bien au contraire, c'était son bébé, son garçon, mais il n'avait pas réussi à gérer sa peine. Il avait été bien trop immature. Et il l'était resté. Pendant des années.
Jusqu'au jour où l'armée avait appelé chez eux pour leur annoncer l'état grave de leur fils à la suite d'une mission. Oh bien sûr, il s'était senti très mal bien avant, et il avait pleinement pris conscience de sa stupidité. Alors, il avait attendu avec impatience le retour de son garçon. Mais il n'était jamais revenu. Et il n'avait jamais donné de nouvelles. C'était si dur. Il avait expérimenté ce qu'il avait fait à son fils. Et Seigneur qu'est-ce que cela avait fait mal.
Mais lors de l'appel, il s'était vraiment rendu compte à quel point il allait perdre Harry. Que son fils allait quitter sa vie. Il avait passé tellement d'années à le repousser qu'il avait oublié que ce petit bout, cette petite chose était son fils, sa chair, son sang. Et le déclic s'était fait dans sa tête. Il s'était plongé dans de nombreuses photos, à chercher les ressemblances entre Lily et Harry, mais c'était la première fois où il s'était rendu compte que son garçon lui ressemblait plus qu'à sa mère. Et il en avait été si malade. Tellement malade.
« Tout va bien ? »
Levant la tête, James regarda son fils, un petit sourire sur les lèvres alors que ce dernier se servait un verre d'eau. Les années étaient passées, mais pourtant il remarquait enfin à quel point son garçon lui ressemblait encore plus.
« Je réfléchissais juste. »
« Tu vas avoir un peu de mal si tu bois. »
« Tu es juste jaloux de ne pas pouvoir boire, » ricana-t-il.
« Touché ! »
Un sourire aux lèvres, Harry rejoignit son père autour de la table de la cuisine après avoir bu une gorgée d'eau. Le projet de science de sa sœur étant presque fini, il pouvait se permettre de souffler quelques instants. Il n'aurai jamais cru que sa sœur serait autant exigeante. Elle était si perfectionniste. Trait de caractère qu'il possédait aussi. Peut-être que finalement c'était de famille. Il se rappelait très bien qu'elle lui avait ordonné de se reculer, de peur qu'il lui casse son projet avec un mauvais mouvement à cause des ses plâtres. Il en était resté bouche-bée.
Plâtres dont il espérait se débarrasser lors de son prochain rendez-vous avec Théo. C'était comme une libération pour lui. Voilà presque deux mois qu'il les avait sur lui et il allait enfin découvrir la liberté de ses mouvements. Enfin. Surtout qu'il avait vraiment besoin de pouvoir bouger comme il le souhaitait après les informations que lui apportaient Drago. Il savait qu'il allait devoir se mettre à travailler lui aussi. Il était sûr que dès qu'il serait jugé apte, il serait envoyé pour investiguer sur les récents événements survenus sur Londres. C'était si prévisible. Mais surtout, et vraiment ce qu'il attendait avec impatience, c'était de pouvoir s'éloigner plus rapidement des regards de sa famille.
Depuis la mini-dispute familiale, il avait l'impression d'avoir des yeux de faucons posés sur lui à chaque instant de la journée. Oh il comprenait la crainte de sa famille de le voir partir tel un voleur comme la dernière fois. Mais il n'en avait pas l'intention. Du moins pas avant sa prochaine mission. Selon comment cela pourrait se passer, il déciderait de repartir, mais pour le moment, il ne le souhaitait pas.
Peut-être était-il temps que lui aussi prenne les devants. Depuis son retour, il était resté passif à regarder les membres interagir entre eux ou venir d'eux-même lui parler, mais lui n'était jamais parti rechercher les raisons de ses problèmes. Pourtant n'était-ce pas la raison pour laquelle il était revenu ? Pour découvrir le pourquoi ? Mais voilà qu'il se contentait de les fuir. Alors qu'il pouvait juste poser les questions. Surtout depuis le temps qu'il était rentré, il aurait largement eu le temps. Temps qu'il n'avait presque plus. Alors peut-être était-ce le bon moment. Le très bon moment. Et puis, étonnement l'ambiance était propice aux questions. Inconsciemment, il le savait. C'était le bon moment. C'est pourquoi la question sortie de sa bouche avant même qu'il ne s'en rende compte.
« Pourquoi ? »
Malgré qu'il n'ait pas précisé la raison de cette question, le brun savait que son père comprenait très bien le sens. Peut-être avait-il préparé sa réponse depuis des années. Ou peut-être ne savait-il pas quoi y répondre. Mais Harry savait une chose. La conversation tant attendue entre lui et son père allait enfin arriver. La raison de cette colère et de cette ignorance allait enfin être connue. Et il en était si fébrile. Même s'il ne le montrait pas, il était terrifié. Non plus que ça. Il n'arrivait même pas à réfléchir. Il allait enfin comprendre. Après plus de vingt-cinq ans à vivre cette vie, il allait tout découvrir. Et il n'était absolument pas prêt.
« J'imagine que pour que tu comprennes le pourquoi, il faut que je t'explique tout ? »
Le père de famille joua pendant quelques secondes avec sa bouteille de bière alors qu'il essayait de rassembler ses pensées pour pouvoir répondre correctement. Il ne voulait pas gâcher cette opportunité. Il avait l'impression que selon ce qu'il allait dire, il était possible que son fils ne revienne jamais à la maison. Et ça c'était juste inconcevable pour lui. Pas après l'avoir eu à ses côtés pendant plus d'un mois.
« Ta mère s'appelle …, » commença-t-il.
« Lily Marie Evans, je sais, » le coupa Harry. « Vous vous êtes mariés lors de vos 18 ans. Vous vous êtes rencontrés au lycée et êtes sortis ensemble. Je suis né à vos 20ans. »
Surpris, James regarda son fils la bouche ouverte.
« Après des années à l'armée, j'ai finalement eu accès à mon dossier, le reste c'était juste de la supposition. »
Malgré sa surprise, James savait qu'il aurait du se douter que son fils avait voulu découvrir ses origines. A sa place, il aurait lui aussi chercher à accéder à son dossier pour savoir qui était sa mère.
« Avant ta naissance, durant sa grossesse, Lily et moi avions quelques problèmes. Tu n'étais pas exactement prévu. On était tous les deux en train de faire nos études, moi pour devenir policier et ta mère pour être biologiste. Sauf que sa grossesse est venue perturber les choses. Alors que moi j'ai pu continuer à étudier, elle a dû s'arrêter. Elle m'en a longuement voulu pour ça, me reprochant sa grossesse. Elle m'a souvent dit que je l'avais fais exprès. »
« Exprès ? »
« Lily a toujours été une passionné des études, » sourit James tristement. « Devoir s'arrêter a été pour elle une grande épreuve, trop grande peut-être. Alors que moi de mon côté, je voulais avoir un enfant assez tôt pour pouvoir vieillir avec lui. Je ne voulais pas l'avoir à trente-ans et ne pas pouvoir profiter de lui comme je le voulais. On s'est trop disputé à ce sujet, mais lorsque tu es venu au monde, je peux t'assurer que j'étais le plus heureux des pères. Pour moi tu as été comme un rayon de soleil. »
Les yeux dans le vague, James se rappela doucement de l'annonce de la grossesse de son ex-femme puis de la naissance de son fils. Lorsqu'il prit la toute petite chose dans ses bras. La première fois qu'il lui souriait. Les premiers pas. Le premier mot. La première dent. Tout lui revient en mémoire.
« Sans m'en rendre compte, j'ai souvent été appelé par le travail, quand je rentrais, je venais te voir toi en premier, me rapprochant de toi, jouant qu'avec toi. Inconsciemment, je laissais Lily de côté. Je peux te promettre que ce n'était pas intentionnel. Mais pour elle, ça l'était. »
Et c'était vrai. Jamais au grand jamais, James n'avait voulu laisser son ex-femme de côté. Il avait toujours pensé à elle, même s'il ne l'avait jamais montré. Mais voilà, il avait découvert à quel point son fils était merveilleux et si parfait à ses yeux. Il avait été tellement béat devant lui qu'il en avait négligé tellement de chose. Et il n'avait pas été le seul. Sirius l'avait été autant que lui. Tous les deux avaient été si fous du bébé Harry.
« Au bout d'un an, j'ai remarqué qu'elle avait changé. De plus en plus distante, elle ne rentrait plus à la maison, puis elle allait souvent dîner dehors, ou encore restait dormir dieu seul sait où. Jusqu'à ce qu'un jour je l'ai trouvé avec un autre homme. Je n'ai jamais su son nom. Tout ce que je sais, c'est qu'il la faisait se sentir femme et non pas comme une mère ou une bonne selon ses mots. »
La main dans les cheveux, James croisa le regard neutre d'Harry.
« Le lendemain, elle avait pris ses affaires et était parti, te laissant à moi. »
« Pourquoi m'avoir autant haï ? »
Choqué par la question, le père de famille tendit la main au-dessus de la table pour attraper celle de son fils et la serra dans la sienne. Il garda son regard dans celui de son fils, jusqu'à ce que ce dernier ne retire sa main, le faisant baisser les yeux. Alors c'était ce qu'avait ressenti Harry ? Il avait pensé que son propre père le haïssait ?
« Je ne t'ai jamais haï Harry, tu m'entends ? Jamais. » Il parla fortement, insistant sur ses mots. « J'ai juste cherché quelqu'un pour déverser ma colère j'imagine et tu étais là. J'ai souvent pensé que si tu n'étais pas né, si tu n'étais pas là, j'aurai eu cette vie que je souhaitais, auprès de Lily. Peut-être que des années après, vers nos vingt-cinq ans, elle aurait changé d'avis et nous aurions pu avoir un enfant. Mais c'était trop tard. Et malheureusement à chaque fois que je regardais tes yeux verts, comme ceux de Lily, je me rappelais d'elle. »
Les yeux fermés, James sourit alors qu'un de ses doux souvenirs remontaient.
« Mais quand j'ai rencontré Alice, à tes deux ans, j'ai arrêté de le regretter. Ta mère a été une bouée de sauvetage pour moi. Elle m'a tellement apporté. Elle m'a permis de me relever. J'ai finalement pu oublier Lily et me concentrer sur l'avenir que j'avais avec elle. »
« Pourquoi avoir continué à me … te comporter ainsi alors ? Si tu étais enfin guéri ? »
« Je n'en ai aucune maudite idée. J'ai peut-être eu peur. Peur que si j'ouvrais mon coeur et te demandais de me laisser prendre ce rôle de père auprès de toi, tu me rejetterais. J'imagine que je me suis protégé de toi alors que je n'aurai pas dû. »
Avalant une gorgée de sa bière, James se rappela doucement à quel point il avait tenté une ou deux fois de faire ce pas vers son fils mais, il s'était retiré par peur. Il ne valait pas mieux que Lily. Si elle, elle l'avait abandonné à la naissance, lui l'avait définitivement abandonné au cours de sa vie.
« Pourtant j'ai toujours été fier de toi. Tu as toujours été mon petit garçon. Je n'ai juste pas su comment t'aimer. Et puis à chaque fois que je me sentais suffisamment courageux pour faire un pas vers toi, tes problèmes de comportement se mettaient en travers de mon chemin. Entre tes bêtises, tes insultes, tes difficultés à l'école, je ne savais pas comment faire. Je l'ai fortement regretté, surtout lorsque tu es rentré à l'armée. Je n'y ai pas cru. Honnêtement, j'ai souvent pensé que tu avais fugué, jusqu'à ce qu'on ait de tes nouvelles. J'ai imaginé qu'à ta permission tu serais rentré à la maison, mais quand tu n'es pas venu, j'ai eu peur. Et encore plus après que tu aies été blessé lors de ta mission. »
Les larmes aux yeux, le père regarda son fils.
« Pour la première fois de ma vie, je me suis mis à ta place, j'ai ressenti ce que cela faisait d'être ignoré par son sang. Et je me suis détesté. Savoir que je pouvais te perdre sans avoir eu le temps de te dire à quel point je t'aime a été la raison de mes cauchemars. Alors quand l'hôpital nous a appelé pour nous dire que tu étais là, j'ai foncé, je suis venu. J'avais besoin de te voir, de savoir que tu étais enfin à ma portée. Que tu étais là. »
James se racla la gorge.
« Quand je t'ai vu aussi pâle sur ce lit, plâtré et que le médecin m'a expliqué que ça n'allait pas, j'ai vraiment eu peur. J'ai eu l'impression de mourir en même temps que toi. Tu imagines ? Mon fils allait mourir en pensant que son père le détestait. »
Un silence s'imposa dans la pièce alors que les deux hommes se regardaient. L'un suppliant l'autre de le croire.
« Lorsque tu as accepté de venir avec nous, à la maison, je crois que je n'ai jamais été aussi heureux. J'allais enfin avoir l'opportunité de discuter avec toi, de pouvoir te demander pardon et de me laisser une chance. Mes prières étaient enfin exaucées. » Il inspira profondément. « Je sais que mon comportement ces dernières années est impardonnable. Et je ne te demande pas de me pardonner. Je ne mérite pas ce pardon. Mais... »
Debout sur ses pieds, James contourna la table, tourna le tabouret de son fils et posa ses avant-bras sur les épaules du brun, le rapprochant de lui.
« J'ai besoin de savoir que tu me laisses cette chance Harry. J'ai besoin de savoir que tu peux me pardonner, que je peux être un père pour toi. J'aimerais tellement te promettre que je serais un père exemplaire, mais je ne suis pas si parfait, je ferai sûrement des erreurs et j'en suis désolé. Mais j'ai besoin de savoir que tu partiras pas malgré tout. Que tu resteras et que tu sera aussi fier de moi que je le suis de toi. »
Embrassant le front de son fils, le père se recula légèrement le regardant droit dans les yeux.
« S'il te plait. »
Ne faisant confiance à sa voix, Harry regarda l'homme devant lui. Pouvait-il vraiment lui pardonner ? Lui permettre d'être, enfin, son père ? Il avait enfin accepté le fait de grandir sans père, sans repères. Pouvait-il juste du jour au lendemain changer d'avis et laissé cet homme revenir dans sa vie ?
Il comprenait très bien la raison pour laquelle son père avait agit ainsi. Quelque part, lui même avait fait la même chose. La peur l'avait déjà forcé à faire des choses qu'il regrettait aujourd'hui. Et même si c'était terrifiant, il n'était toujours pas sûr de pouvoir revenir en arrière et changer les choses. Mais voilà, son père voulait changer les choses. Il avait enfin admis ses erreurs. Il avait envie d'avancer, avec lui. Et c'était si intense qu'il avait juste envie d'accepter. L'enfant en lui était si excité d'avoir enfin ce père près de lui. D'avoir juste un père.
Pourtant une part de lui avait peur. Elle avait peur de finalement s'ouvrir à l'homme pour être déçu. Donner son amour et une place dans sa vie à son père était prendre le risque de souffrir. Il pouvait du jour au lendemain le briser sans effort. Et il avait mis tant de temps à scotcher les morceaux de son coeur entre eux pour qu'il ne se foute pas en l'air. Mais ce coup-ci, s'il venait à s'ouvrir et que son père le blessait, il savait. Rien ne pourrait rassembler son coeur à nouveau. Il serait détruit pour toujours.
Mais il avait tellement besoin de cet amour paternel. Tellement besoin. Et pas de celui que Maugrey lui offrait à chaque réunion. Non, il avait besoin de ressentir que son propre père l'aimait. Lui. Harry Potter.
« D'accord, » finit-il par murmurer. « Reprenons tout depuis le début. »
Dès qu'il finit de prononcer ces quelques mots, il se sentit tirer en avant dans les bras de son père qui le serrait fortement contre lui. L'homme enfouit son nez dans son cou et inspira profondément l'odeur de son fils. Pour la première depuis plus de vingt-ans, il avait enfin son garçon dans ses bras. Il serrait son fils. Mais surtout son aîné le serrait en retour. Ils avaient enfin trouvé la place qui leur manquait.
« Autant, j'accepte qu'on reprenne depuis le début, » commença Harry, « autant j'aimerai que tu saches que je suis peut-être un peu trop vieux pour les câlins. »
Éclatant de rire, James se recula, essuya ses yeux et sourit à son fils avant de reprendre un visage sérieux. Il était temps de dire la vérité. Il ne pouvait plus lui mentir. Plus maintenant.
« J'ai encore autre chose à te dire, » murmura-t-il gravement. « Il y a quelques temps, Lily est …, »
« Venue frapper à la porte, je sais, » coupa Harry. « Elle t'a demandé de me voir mais tu as refusé. »
La bouche grande ouverte, le patriarche regarda son garçon. Comment pouvait-il le savoir ? Alors qu'ils avaient fait attention.
« Drago l'a aperçue devant la maison l'autre jour, il a très vite fait le rapport, » expliqua-t-il. « Oh c'est ce que vous me cachiez ? »
De dépit, James secoua la tête alors qu'il allait récupérer sa bière. Finalement, ils n'avaient pas été si discret.
« Elle souhaite te rencontrer. Elle m'a donné son numéro si tu désires l'appeler. »
« Pour le moment, je m'en passerais. Je te le demanderais peut-être un jour. »
Prêt à lui demander s'il allait lui parler, James se fit couper la parole par Neville qui venait de rentrer dans la cuisine en compagnie de sa mère, les regardant tous les deux.
« Harry ? Tu n'es pas en retard pour ton rendez-vous ? »
Les yeux sur l'horloge, ledit Harry jura tout en se redressant et cherchant autour de lui sa béquille que lui tendit sa mère.
« Allez viens, je t'emmène. »
La remerciant, il la suivit jusqu'à la voiture familiale où il s'installa sur le côté passager. Un doux silence s'installa entre eux alors que sa mère prenait le chemin de l'hôpital militaire. Les yeux fermés, la fenêtre ouverte, Harry profita du petit vent qui frôlait son visage. Il avait toujours apprécié l'air. Cela lui donnait la sensation d'être libre. Mais surtout ça lui permettait de réfléchir à toutes ses choses qui faisaient partie de sa vie.
« Je suis désolé, » finit-il par murmurer, alors qu'Alice jetait un rapide coup d'oeil vers lui.
« De ? »
« D'avoir dit que tu n'étais pas ma mère. Tu es et tu resteras ma mère. Même si Lily est de retour et que j'accepte qu'elle rentre dans ma vie, elle ne prendra pas ta place. »
Les larmes aux yeux, Alice continua à rouler alors que les battements de son cœur résonnaient à ses oreilles. Les paroles de son enfant, de ce fils qui n'était le sien que de cœur venaient de lui apporter une immense joie. Il reconnaissait sa maternité. Elle qui avait si peur de la perdre. De perdre ce garçon qu'elle avait élevé et aimé comme le sien. Au fond d'elle, elle avait toujours eu cette crainte que son fils décide un jour de repartir vers sa mère biologique. Elle pu se prétendre heureuse pour lui mais cela n'aurait été que de l'hypocrisie. Elle se sentait incapable de perdre ce fils. Ce doux garçon. Pourtant en quelques mots, son fils venait de la rassurer et de lui offrir le plus beau des cadeaux.
« Je t'aime, tu le sais ? Même si nous n'avons pas le même sang, tu es mon fils, Harry. Au même titre que Neville et Elisabeth. »
Un sourire en réponse et Harry posa sa tête, fatigué. Cette journée avait probablement été chargée en émotion et bien plus longue que prévue. Sans s'en rendre compte, il s'endormit et se fit réveiller par sa mère alors qu'elle se garait à l'hôpital. Descendant avec une certaine adresse qu'il avait acquit durant ces derniers jours, ils allèrent tous les deux se présenter à l'accueil, qui leur demanda de patienter. Sachant que Théo prenait toujours à l'heure, Harry alla s'asseoir le plus proche possible du couloir qui menait au bureau de Théo et attrapa un magazine qu'il feuilleta avant d'entendre son nom être appelé par une voix familière.
« C'est bien toi, Harry ? »
Les yeux vert fixèrent le propriétaire des yeux bleus qui venait de l'appeler. Face à lui dans son pantalon noir, un pull bleu, un ceinture en cuir, des bottines en cuir, les cheveux roux, Charlie Weasley n'avait pas changé malgré les années qui étaient passées. La même carrure, le même visage doux et la voix apaisante. Dieu, il était toujours le même.
Se mordillant les lèvres, Harry se redressa et serra l'homme dans ses bras après que ce dernier ce soit rapproché trop près de lui. Même la douce odeur rassurante était toujours la semblable. Peu importe à quel point les années, l'homme était resté le même.
Le brun se rappelait très bien de la première fois où il avait rencontré Charlie. Invité chez les Weasley alors qu'ils étaient tous en permission, il avait décidé que cela ne pouvait pas lui faire de mal de passer des vacances chez une famille. Se ressourcer près d'eux. Ron revenait toujours tellement heureux de son voyage près d'eux qu'il avait décidé de voir si cela serait la même pour lui.
Dès le départ, Charlie l'avait attiré. Dès le premier regard, il n'avait pu s'empêcher de le fixer et de le trouver beau. Sa voix hypnotisante, son regard charmeur. Tout en lui l'avait fasciné. Pour la première fois de sa vie, il ressentait une telle attraction pour quelqu'un d'autre. Sans même s'en rendre compte, ils avaient passé tous les deux des journées et des soirées ensemble, sans personne pour les déranger.
A cette époque, il s'était tellement remis en question. Il s'était toujours cru hétéro. Et il avait suffit d'un seul regard du roux pour le rendre confus. Des jours et des jours avaient été placé sous le signe de la lutte. Tout son corps, son cœur et son esprit avaient commencé à se battre pour pouvoir accepter son homosexualité. Et après des mois, il avait finalement pu l'accepter, et surtout avait revu Charlie.
Les premières sorties, les premiers baisers, les premières caresses, les premières nuits, le premier appartement. Leur relation avait duré cinq ans. Cinq ans de bonheur, où l'homme avait accepté son métier, ses départs, son côté secret. Où il avait tout accepté de lui. Le premier homme qui l'avait juste serré dans ses bras après avoir appris le problème avec ses parents. Le premier homme pour lequel il n'en avait que faire de la loi « Don't ask, don't tell ».
Son homme.
Jusqu'au jour où ce même homme avait tout détruit. Quelle avait été sa surprise lorsque lors d'une mission dans le territoire, il avait été mis en contact, sous son nom de code avec un membre du MI6. Qu'il avait fini par rencontrer. Et quelle fût sa surprise en découvrant Charlie lors de la première rencontre. Oh, bien sûr au départ, Harry avait eu du mal à se faire à l'idée que son compagnon travaillait pour le gouvernement, sous couvert de différentes identités. Et il avait eu du mal à s'y faire, mais il avait réussi. Il avait continué sa relation avec l'homme. Mais une certaine tension s'était installée entre tous les deux. Une tension qui avait implosé le jour où Charlie était revenu le voir après avoir feuilleté ses missions et découvert leur dangerosité. Le roux, horrifié par ses missions, l'avait de nombreuse fois supplié de se trouver un autre métier. Qu'il était même prêt à l'aider à s'installer dans cette nouvelle vie.
L'un comme l'autre avaient continué à camper sur leur position, refusant de comprendre le point de vue de l'autre. Puis une mission était arrivée et une dispute avait éclatée. C'était presque devenu une habitude pour Harry de quitter son domicile, pour ne plus jamais revenir. Tous les deux avaient rompus.
Ron n'avait jamais rien dit sur la rupture. Uniquement que le roux ne s'en était pas remis. Tout comme lui ne s'en était pas remis. Puis lors d'une permission, il était revenu et avait à nouveau croisé l'homme. Décidé à renouer, tous les deux avaient tenté de repartir sur de nouvelles bases, mais à cause d'une menace sur le territoire, ni lui, ni Charlie n'avait eu le temps de se revoir. Alors ils avaient pensé qu'il valait mieux ne plus rester ensemble tant que leur carrière ne leur permettrait pas. Ils avaient à nouveau rompus. Et cela avait été si douloureux. Si affreux à nouveau. Et Harry n'était jamais retourné chez les Weasley dès ce moment-là. L'amour et la colère qu'il ressentait pour Charlie était toujours présente. Sauf que voilà deux ans plus tard, ils se recroisaient.
« Salut Charlie, comment vas tu ? »
« Bien ! Et toi ? J'ai entendu dire que tu avais été blessé. »
« Je vais bien, je t'en remercie, » lui sourit-il avant de se tourner vers sa mère. « Maman, voici Charlie, le frère d'un ami. Charlie voici ma mère. »
Tout en regardant les deux personnes se saluer, Harry pria pour que Théo vienne vite le chercher. Il n'était pas sûr de pouvoir supporter cette conversation.
« Je ne te pensais pas à Londres ? » questionna le brun.
« J'ai été rappelé. »
Alice regarda son fils alors qu'il discutait avec le roux. Son instinct lui hurlait que quelque chose n'allait pas mais elle n'arrivait pas à se situer.
« J'ai appris que vous aviez demandé à Pouffy de vous aider. »
« Elle connaît mieux le dossier que nous. »
« Vous avez une localisation ? »
« Pas vraiment. »
Malgré le regard insistant sur roux sur lui, Harry tenta de rester neutre.
« As-tu changé de numéro de téléphone ? »
« Non j'ai toujours le même. »
« J'ai essayé de te rappeler après …, mais ça ne sonnait pas. »
« J'étais en mission, j'ai laissé mon téléphone à la base. »
Le silence s'installa entre les deux hommes, chacun cherchant à lire ce que l'autre pensait.
« Harry Potter, » appela la secrétaire de Théo.
Se redressant, Harry sourit à Charlie alors qu'il se dirigeait vers son ami qui fixait méchamment son ex-petit-ami.
« Si je t'appelle, me répondras-tu ? » Entendit-il.
Le brun se tourna en se mordillant la lèvre et fixa le roux.
« Peut-être. »
Fin du chapitre.
Est-ce que je ne vous donne pas un trop plein d'informations dans ce chapitre ? Les avez-vous vu ? Ou sont-elles trop bien cachées ? :D
Que pensez-vous de l'explication de James ? Est-elle logique ? Est-ce un vrai nouveau départ ou bien un problème va se mettre à nouveau entre eux ? Après tout, qui peut dire de quoi l'avenir sera fait ? (Surtout en sachant que c'est moi l'auteur de cette fiction et que j'aime les imprévus ! :D)
Ooooh, et Charlie. Membre du MI6 ? Un Charlie, agent secret ? L'avez-vous imaginé comme moi ? Un Charlie bien musclé et sexy ? ;) Très bien, à votre avis, y'a-t-il un avenir pour tous les deux ? Et si oui, comment Charlie ou Harry va-t-il attirer l'autre dans ses filets ? :D
Bien, je n'en dis pas plus, mais je tiens à vous dire que le prochain chapitre est chargé en émotion. Beaucoup. Mais surtout de surprise. Le titre du prochain chapitre est : The Begginning. Qu'évoque t il pour vous ?
A la semaine prochaine.
Khay.
