Note de l'auteur : Merci à toi d'avoir cliqué pour continuer l'histoire ! J'espère sincèrement que ça t'a plu et que tu as envie d'en savoir plus. Sur ce, je n'ai rien de plus à dire, alors bonne lecture à toi !

Long Way

Chapitre 2 : Réflexions crépusculaires

Il avait mal dormi, pitoyablement mal dormi. Le repas de la veille avait été des plus sommaires, et c'était peu dire qu'il n'avait pas voulu avaler grand-chose, il était bien trop dans un état second pour se consacrer aux besoins de son corps.

Il avait eu tellement à penser qu'il n'avait pas pu trouver le sommeil avant cinq heures du matin. Il n'était pas allé en cours. Il n'avait pas bougé de son lit. Il n'avait pas ouvert les yeux.

La rage, la haine, la peur, la déception, rythmaient son train de pensées, l'occupant et le dirigeant sur le rail de la dépression et de la solitude. Il n'avait pas voulu dire un mot à sa mère, c'était quelque chose dont il devait réfléchir seul, ensuite il écouterait l'histoire en entière.

Plus tard, pas maintenant. Kenta était sincèrement épuisé mentalement, une faim certaine s'emparant et dévorant sa raison. Sentant enfin l'envie de manger lui venir, il se força à bouger de lit grinçant. Il sauta d'un bond en espérant que ce repas lui changerait les idées…

''Ton père… ton père est Enji Todoroki…''

Bon sang, cette phrase se répétait toujours dans sa tête et ne cessait toujours de s'amplifier et de résonner. Il avait voulu savoir, il avait su, mais aurait-il vraiment dû le savoir ?

Aussi mal que cela lui fit, et qu'il ne savait pas quoi penser, il ne pouvait plus rester dans l'inconnu à propos de son père.

Endeavor… Ah, il avait fallu que l'homme qu'il admire le plus se révèle être son père… père qu'il n'avait jamais connu. La pensée redonna de la force à sa mélancholie, les larmes apparaissant donc naturellement, mais il les repoussa, les empêchant d'essayer de rouler sur sa joue. Un homme ne pleurait pas et faisait face aux épreuves, comme le disait Crimson Riot. Certes, mais ça ne l'empêchait pas de souffrir.

Il se leva de son lit et saisit la poignée de sa porte, mais hésita à l'ouvrir, s'il sortait il verrait sa mère, mais que pourrait-il dire ? Rien. Dire quelque chose pour alimenter une conversation factice ne l'intéressait pas, il n'allait pas bien et ne voulait pas le cacher.

Aussi puissant et respecté soit-il, apprendre une telle nouvelle le brisa intérieurement et il n'allait pas faire son homme fort à dire ''Oui je vais bien ! Ce n'est rien !''. Non, il ne masquerait pas ses émotions, mais il allait essayer de les vaincre, de les dominer pour se sublimer.

Kenta Amatsume ne se laisserait pas détruire, il devait rester fort autant pour lui que pour sa mère. S'il s'écroulait, elle tomberait aussitôt, et il irait de même si elle s'écroulait.

Il allait devenir un héros, quel que soit son classement, ça ne lui importait pas, ce qu'il voulait c'était devenir un homme sur lequel les gens pourraient compter et s'appuyer, sortir de leurs problèmes. Il voulait devenir le type d'homme qui vaincrait toutes les menaces, que ce soit l'ultime vilain ou aider une vieille femme à traverser la rue.

Il serait l'homme le plus digne et droit possible, pour être digne d'être appelé un 'héros', pas comme les autres. Il voulait que sa mère ait le regard emplit de fierté lorsqu'elle parlerait de lui.

Endeavor… il était si partagé à son sujet, son admiration partageant sa place avec son dégoût. Il les avait abandonnés et il n'avait jamais tenté de revenir, quoiqu'il ait fait. Pour un homme qui se prétend être le héros le plus fort et indomptable, il ne l'était aucunement à ses yeux désormais, fuyant sa paternité alors que pourtant… il combattait des monstres capables de détruire un pays en quelque jours.

Un courage bien relatif selon le jeune homme.

Il poussa la porte de sa chambre, traversa le couloir et vit sa mère dans le salon, un air triste sur le visage. ''Hey mon chéri… tu vas bien ?''

Question évidente, réponse évidente. ''Non. Je ne parviens pas à y croire. Il… l'homme que j'admire depuis toujours est mon père, il est le symbole du courage et de la force. Il incarne la puissance. Pourtant, il t'a laissé tout seul pour m'élever. Je veux juste savoir une chose, une seule.''

Sa mère le regarda dans les yeux et s'approcha de lui, le prenant dans ses bras en signe d'affection. ''Je répondrais à tout.''

''Est-ce qu'il sait au moins que j'existe ? S'il ne le sait pas alors c'est normal qu'il ne se soit pas préoccupé de moi. Je veux juste savoir s'il est toujours l'homme dans lequel je vois le plus grand des héros.''

''Il… il sait que tu existes. Assis-toi, nous allons devoir parler.'' Dit-elle avec une voix un peu plus forte, cherchant à le faire aller dans son sens.

Il s'exécuta rapidement, sachant que son père savait qu'il existait, il n'était pas un fantôme dans son esprit.

Ils étaient tous deux sur le canapé, dans une ambiance très pesante, leurs visages défigurés par la pression et le malaise. ''Ton père… est un homme violent et qui m'a trompée de nombreuses fois. Il ne m'a jamais frappé mais… il voulait avoir un fils parfait, celui qui serait suffisamment doué pour atteindre la première place pour lui. À l'époque je ne voyais pas les choses comme ça, j'ai toujours pensé qu'il voulait avoir un fils devant un héros comme lui et qu'il t'apprendrait à te défendre. Mais non, il a franchi la limite. Tu devais avoir trois ou quatre ans et tu venais de développer ton pouvoir, il t'avait alors longuement félicité parce que tu avais des flammes bleues, mais il a commencé à t'entraîner très durement, te frappant si tu ratais quelque chose. Alors, la nuit même, je t'ai pris avec moi et on est partit chez des amis influent, ils ont changé nos noms de famille de ''Todoroki'' à ''Akamatsu'', puis nous sommes partis ici pour ne pas qu'il puisse nous retrouver.''

Ce fut des propos très compliqué à entendre, comprendre la vérité et l'accepter était dans ses moyens mais ce n'en était pas moins une chose difficile.

Il a mis maman enceinte pour avoir un enfant parfait ? Quel genre d'homme fait une chose pareille, qui est-il pour faire une telle chose à maman et décider de mon avenir ? Je fais ce que je veux ! Jamais je ne serais soumis à sa volonté. C'est horrible… et mais… Endeavor a d'autres enfants selon la presse… !

''Maman… je… je vais devenir le plus grand des héros et je le ferais pour moi comme je l'ai toujours voulu, pas pour lui.''

Elle le prit dans ses bras et le serra fort, les larmes montant à ses yeux. ''Tu seras un fantastique héros.''

Pour la première fois depuis la veille, un sourire s'installa sur ses traits et il se leva rapidement, semblant regagner son énergie. ''Je vais manger un bout et aller m'entraîner tout le reste de la semaine, je vais devenir le plus fort !''

Il prit une pomme traînant sur la table et croqua dedans, même si elle était toute sèche et qu'elle n'avait pas bon goût. Il regarda sa mère avec un sourire. ''Toujours aller le plus loin possible, disait-il. Je vais le faire, et il sera forcé de reconnaître ma valeur.''

Il ne l'admettrait pas directement, mais il souhaitait rencontrer son père encore plus qu'avant pour qu'ils aient une discussion les yeux dans les yeux, père contre fils, et que son paternel s'explique sur ce qu'il avait fait à sa mère.

Pour l'instant, il descendit les escaliers jusqu'à atteindre la cour pour s'entraîner. Il croisa deux trois types en échec scolaire mais il les ignora, trop concentré dans son entraînement à venir pour penser à eux.

Il allait passer l'examen d'entrée pour la prestigieuse académie de UA, et s'il était pris, il pourrait se montrer à Enji Todoroki avec fierté et bravoure, il ne serait pas n'importe quel gamin. Il ferait parti de l'élite de la jeunesse japonaise, et son père serait forcé de lui prêter attention.

Ce dernier était en service ce jour-là, s'attaquant à une zone qui lui était absolument inconnu, le quartier de ''sainan'', l'un de ceux réputés pour être les plus violent et sanglant de ce quadrant la ville. Il n'y était jamais allé parce qu'il ne travaillait plus dans ce coin, mais exceptionnellement on lui avait demandé d'aller mener une enquête sur les activités du coin.

Il avait accepté, normalement il aurait refusé pour se concentrer à sa zone de prédilection, mais il était d'une relative bonne humeur. Shoto, son fils rebelle avait réussi à passer le test d'entrée à UA, admis sur recommandation. Le numéro 2 avait bel espoir que sa descendance accepte son pouvoir pour pleinement embrasser son destin embrasé.

Il marcha dans les rues, et voyant un groupe de jeunes péquenauds fumer une sorte de pilon, il arriva vers eux, voulant démonter le trafic de drogue dans la région. ''Vous, ne bougez pas !'' Hurla-il en laissant ses flemmes lécher sa peau, illuminant les environ par sa prestance n'ayant d'égale que sa magnificence.

Les deux gamins, maximum dans la quinzaine, commencèrent à paniquer et coururent en direction d'un troisième gosse en train de faire de la musculation. Il était bien plus grand et musclé que les autres, et visiblement il était en pleine session, un air très concentré sur son visage.

Endeavor ne pouvait pas le voir de près mais il y avait quelque chose à propos de ce gosse qui était très étrange, paranormal, ça lui provoquait une sensation qu'il ne parvenait pas à décrire. Plus il s'approchait plus ça s'amplifiait, à chaque pas.

Il arriva à quelque mètre du groupe des trois adolescents qui discutaient à son sujet, le troisième venait de se lever et avait l'air absolument choqué de le voir. Habitué à ce que les petites crapules réagissent comme ça à son approche, il intensifia ses flammes afin de lui faire peur, c'était sûrement le dealer des deux autres.

''Kenta ! Kenta ! C'est Endeavor, qu'est-ce qu'il fait là ? Il veut nous mettre en prison !''

''Tais-toi idiot ! On n'a rien fait de mal, on a juste fumé une cigarette, il va juste nous passer une soufflante !''

''Et nous brûler la face ouais ! Hé Kenta ! Réagit par pitié et explique-lui ! T'es notre seul espoir !''

''Fermez-la, tous les deux.'' Sa voix était froide, et ses yeux ne dégageait qu'une immense haine envers le héros.

Les deux adolescents ne l'avaient jamais vu aussi remonté et soupirent alors dans un soulagement des plus auditif, se pensant sauvés par leur ami. Ils savaient qu'ils ne leur arriveraient rien tant que ''Hogo-sha'' sera là pour les protéger.

''Vous trois, vous me semblez étrange, vous deux, donnez-moi votre drogue.''

''Ils ne fument pas de la drogue, ce sont juste deux débiles profonds qui sèchent les cours sans aucunes raisons. La vie ici n'est pas facile et ils tentent de survivre avec de petit plaisir.'' Argumenta logiquement Kenta en serrant les dents, en colère face à l'homme pendant que le stress s'incrustait en lui.

Que fait-il ici ? Il n'a rien à faire là ! Il travaille de l'autre côté de la ville… Je ne voulais pas le rencontrer aussitôt, pas avant que je ne sois admis à UA !

''Hum, donnez-moi quand-même ce que vous avez, je vais vérifier.''

Les deux gosses s'ordonnèrent en voyant l'immense homme être aussi sérieux. Endeavor récupéra la cigarette et inspecta l'odeur, vérifiant si ce n'était pas de la drogue, si oui, ça pourrait l'aider dans son enquête. Malheureusement non, les gamins n'étaient pas des drogués… Quel dommage.

''Je vais laisser couler, vous n'êtes que des gosses sans avenir. Sauf toi, tu as quelque chose de spécial, je n'arrive pas à mettre la main dessus.'' Dit-il directement en pointant du doigt Kenta.

''Je n'ai rien de particulier. Vous devez vous tromper.'' Rétorqua-il, voulant écourter la conversation, plus que gêné.

''Kenta tu es fou ! C'est ton idole depuis toujours, demande-lui au moins un autographe !''

Je vais le tuer celui-là…

Endeavor capta son regard pendant un instant et n'y lut qu'une grande rage mêlée à de la… tristesse ? C'était presque touchant et Enji se sentait attiré par le gamin. Il voulait l'aider, il ne savait pas pourquoi, mais il voulait juste le faire, mais il avait une enquête à faire il ne pouvait pas pour l'instant.

Il y avait quelque chose en lui de si étrange, il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus mais il était persuadé qu'il y avait un détail qui lui échappait. De plus une petite voix lui soufflait qu'il ressemblait à Arame, ils avaient le même nez… cela attisa sa sympathie, tout ce qui lui rappelait son ex-femme lui rappelait qu'il n'avait pas toujours été un monstre complet.

Il fixa l'adolescent pendant quelques secondes, méditant sérieusement, puis il sortit un carnet de sa poche avec un stylo et griffonna quelque chose qui le surprit, il n'aurait pas pensé écrire ça un jour à un inconnu. Il était écrit : 'Viens ici : (Ici était marqué l'adresse) si tu as un problème, quel qu'il soit. Si tu as quoique ce soit qui peut m'aider sur l'enquête que je vais mener pendant les prochains jours, joins-moi au 08…'

Il plia le document en deux, et le tendit vers le gamin. ''Ne l'ouvre que lorsque tu seras seul. Je dois y aller maintenant.''

Puis il tourna les talons et poursuivi son chemin, direction les autres bâtiments pour faire du repérage. Toutefois, son esprit était consacré à autre chose, cet adolescent avait quelque chose de si étrange… mais encore une fois il ne parvenait pas à mettre la main dessus ! Ils se ressemblait beaucoup physiquement, mais ce n'était pas ça qui lui titillait l'esprit, c'était autre chose de bien plus profond.

Kenta était sous le choc, à peine avait-il fini son entraînement, pour paraître normal aux yeux des autres, il rentra chez lui le plus vite possible. Son esprit tourbillonnant de question alors qu'il tenait le papier dans sa main gauche (sa main directrice), il ouvrit la porte avec force, surprenant presque sa mère.

Il traversa le couloir d'entrée et regarda sa mère d'un air un peu hésitant, elle le pressa alors d'un mouvement de la tête. ''Il s'est passé quelque chose de très très très étrange. Je suis descendu pour aller m'entraîner, et là il y a Regis et Ken qui sont venu voir.''

''Ce n'est pas très étrange. Ces deux garçons t'aiment bien, ils te voient comme un ami.'' Ajouta-elle avec perspicacité.

Il avala sa salive et récupérant le courage pour dire la suite. ''Ils étaient venu me chercher pour que je les protège d'Endeavor. Il mène une enquête dans le quartier.''

Arame fut tout aussi choqué que lui lorsqu'il le vu, ne sachant que dire, mais elle se ressaisit rapidement. ''Qu'est-ce qu'il fout ici ? Il a travaillé toute sa vie de l'autre côté de la ville… Et que t'a-il dit ? Il a fait quoi ? Tu as dit quelque chose ?'' Commença-elle dans une frénésie de question pour masquer son stress.

''Il venait pour une enquête, il n'a rien dit de plus. Il m'a dit qu'il voyait de l'avenir en moi, alors qu'il ne me connaît même pas… mais… il m'a écrit ce papier, le faisant passer pour un autographe. Je l'ai pris et je suis rentré direct. J'ai eu peur maman, j'ai eu peur qu'il me reconnaisse, je ne sais pas comment, mais j'ai eu peur. J'ai eu peur qu'il me reconnaisse et qu'il vienne te chercher, oh maman, j'ai fait semblant d'aller bien mais j'ai failli paniquer.''

Il posa le papier sur la table tandis qu'il passait ses mains dans ses cheveux mi-longs, un peu bouleversé par ces dernières 24 heures. Ça faisait vraiment beaucoup à assimiler en très peu de temps, c'était presque s'il ne voulait pas retourner quelques jours en arrière pour retrouver cette ambiance calme et reposante.

Arame prit le papier et l'ouvrit pour en lire son contenu à vive voix. Elle buta parfois sur quelques mots, mais elle finit bien par tout dire, puis elle laissa le papier tomber au sol, déclarant ses craintes. ''Il t'a reconnu, j'en suis sûre.''

Le garçon secoua la tête. ''Non, je ne pense pas. Je ne le connais pas, mais il avait juste l'air perdu… il ne m'a pas reconnu mais il doit se demander qui je suis.''

''Kenta…''

''Oui ?'' Demanda-il craintivement en entendant le ton de la voix de sa mère.

''Que vas-tu faire ? Je ne t'empêcherais pas d'y aller… seulement, je veux que tu sois prudent au moins.''

''Je n'irais pas tout de suite. Je veux réfléchir, tout va si vite. Hier je ne savais même pas qu'il était mon père et aujourd'hui je le rencontre comme par miracle, c'est trop bizarre. Je veux faire les examens d'entrée à UA et si je suis pris, je vais y aller. Je veux lui parler, je veux qu'il s'explique. J'aurais voulu y aller avec mon diplôme de héros, mais peut-être qu'il vaut mieux y aller bientôt.''

''Je comprends… juste sois prudent lorsque tu vas y aller, Enji Todoroki est un homme dangereux et il n'a pas changé avec les années…''

Son fils hocha la tête, confirmant qu'il savait cela, sa mère lui avait expliqué la veille que son père biologique n'était pas un type d'homme à être profondément bon, alors il comprenait. Il comprenait pourquoi sa mère avait peur, et il pouvait que s'en vouloir d'être égoïste au point d'y aller, mais il avait besoin de savoir tant de choses.

Il voulait, au fond de lui, laisser au moins une chance à son père, afin de savoir s'il était vraiment aussi mauvais qu'il ne l'était auparavant, même s'il en avait eu une idée.

Le dessin qu'il avait eu de lui n'avait été tracé que par les médias relayant ses victoires, ses citations, sa grande puissance et son envie d'être le meilleur, mais il n'avait jamais eu un portrait de sa famille. Il savait que son père avait eu d'autre enfant, et une femme, mais il n'en savait rien de plus.

Il prit le papier et le regarda, analysant chaque détail trouvable dans ce minuscule bout de papier, allant jusqu'à déchiffrer sa manière d'écrire à ses fautes. Il regarda le papier, le relisant plusieurs fois, puis il se leva enfin, décidant qu'il était temps de faire autre chose, de se changer les idées tant bien que mal.

Sa vie avait changé en si peu de temps, mais il devait s'entraîner pour rentrer à UA et devenir un grand héros, il voulait devenir le meilleur et sauver les gens de la misère et du crime.

Il rentra donc dans sa chambre quelque peu miteuse, attrapa un sac poubelle traînant non loin de là et la rangea complètement. Il vida toutes les bouteilles d'eau par la fenêtre, vira les quelques morceaux de pain rachis traînant près de son lit pour quand il avait un peu faim la nuit, et il continua ainsi.

Au bout d'un moment, il regarda les poster d'Endeavor accroché aux murs de sa chambre, bien qu'il ne soit pas riche, il avait pu avoir au fur et à mesure des années passant, des images de son idole. Il les observa d'un œil plus attentif, plus aguerrit, et il se trouva à en être dégouté de les voir. Hier il n'y avait même pas prêté attention, mais aujourd'hui c'était encore pire, il ne pouvait en détacher le regard, perdu dans un flot de tristesse à propos de cet homme.

Il posa le sac qu'il tenait dans sa main et commença à enlever les poster et peinture de son symbole du courage et de la justice, prenant soin de ne pas les froisser. Il les posa tous, au nombre de sept, par terre, dans un coin de la chambre. Il les recouvrit d'un vieux vêtement qu'il avait trouvé dans son armoire et il se coucha sur son lit, ruminant ses pensées.

Il… avait des frères et des sœurs, la nouvelle lui faisait un effet étrange. D'une part il souhaitait les rencontrer tout de suite et pouvoir leur parler, savoir qui ils étaient, comment ils s'appelaient, même s'il le savait grâce à internet. Il voulait les connaître, et c'était tout.

Il restait lucide et ne plaçait pas trop d'attente, car il pensait qu'il pourrait être rejeté par ses derniers, ils ne le connaissaient pas et peut-être ne voudraient-ils pas le connaitre. Ce ne serait pas surprenant, il n'était qu'un enfant légitime et ils ne les connaissaient pas le moins du monde, peut-être qu'ils le haïraient immédiatement.

Ils venaient d'un monde absolument différent, tout contrastait entre eux. Lui était pauvre, avait étudié et vécu parmi les enfants de pauvre et il n'avait jamais eu la chance de se sortir du quartier de sainan. Eux avaient grandis dans la luxure mais avec un père agressif et violent, lui avec une mère aimante. Ils pourraient tout à fait ne pas s'entendre.

C'était une possibilité mais il espérait intérieurement pouvoir les rencontrer et écarter les craintes qui s'emparaient lentement de lui. Mais d'abord, il fallait qu'il soit reçu à UA, ensuite il irait les rencontrer.

Il ferma les yeux, bien qu'il ne soit pas tard du tout, et il se mit à penser à un monde où tout irait bien. Où son père l'accueillerait les bras ouverts et qu'il pourrait faire la rencontre de ses frères et sœurs avec joie et bonheur tout en savourant un copieux repas, sa mère le prenant dans ses bras tandis qu'il se jouait une douce mélodie soulignant la beauté de l'instant présent.

Voilà ce qu'il voulait réellement à ce moment-là, et peu lui importait que ce soit niais ou ridicule. Kenta était à la recherche du bonheur.

Endeavor se sentait étrange, il venait tout juste de rentrer chez lui, le soleil se couchant dans son dos, mais il n'était pas fatigué le moins du monde, trop occupé dans ses songes pour permettre à son corps de demander du repos.

Son enquête avait avancé et il avait comme qui dirait, trouvé les membres influant du cartel, mais ce n'était pas ce qu'il avait retenu le plus de cette journée. Ce gosse, il avait seize ans à tout casser et il lui ressemblait terriblement. Même visage, même taille, même carrure et visiblement même pouvoir.

Cela était très perturbant pour lui, il ne savait que penser de ce gamin, car lorsqu'il l'avait vu, il avait comme ressentit une étrange impression… une impression qui lui criait que ce gamin était spécial.

Pourtant rien ne pouvait prédestiner un gamin comme lui à être parmi les plus puissant, mais il dégageait de par son aura quelque chose d'assez stupéfiant pour pousser Enji en quête d'indice.

Il voulait en savoir plus sur lui, qui il était, comment il s'appelait, quelle était sa famille, allait-il entrer dans une école super-héroïque ? Tant de choses qu'il voulait savoir…

Il ouvrit la porte de sa demeure familiale, offrit un vague ''bonjour'' à sa fille et partit s'enfermer dans son bureau où il pourrait réfléchir au calme. Ses enfants imparfaits ne lui demandèrent rien, bien trop heureux qu'il s'en aille, comme lui était heureux de ne pas avoir à leur parler. Ils n'étaient pas parfaits et n'arriveraient à rien dans leurs vies respectives, ils n'étaient rien d'autre que des échecs pour lui.

Le seul qui n'était pas un échec était Shoto. Shoto le rebelle qui ne souhaitait rien d'autre que d'utiliser le fichu pouvoir de sa mère pour atteindre les sommets. Endeavor voulait absolument convaincre son fils idéal d'utiliser ses flammes mais cela semblait incroyablement compliqué, mais là n'était pas la question d'y arriver ou non.

Il utiliserait ses flammes qu'il le veuille ou non, et il atteindrait le sommet, car il était son fils parfait, nait d'une union achevée pour le mélange des alters. Shoto ne pouvait que réussir dans l'héroïsme et atteindre le sommet de la hiérarchie des héros, afin qu'à tout jamais All Might ne soit plus le premier. Il avait échoué à l'atteindre par lui-même ce fameux sommet, mais qu'empêcherait son fils de le faire ?

Rien, il n'était rien d'autre que le prototype de sa victoire ultime, sa victoire sur All Might. Il allait lui faire atteindre les sommets et il deviendra le meilleur héros pour lui, et l'idée plaisait démesurément à l'éternelle numéro 2.

Toutefois, ses pensées à propos de ses enfants stoppèrent lorsqu'il pénétra dans son bureau, il avait à travailler sur son ''enquête'' ou devrait-il dire ses ''enquêtes'', l'autre gamin obnubilant ses pensées de la journée.

Il retira son costume de héros et enfila une tenue plus propice à la détente. Il prit des vêtements de rechange qui trainaient dans l'une des étagères de son bureau et se changea, passant de la phase action à une réflexion plus poussé.

L'adolescent qu'il avait vu était particulier, il y avait quelque chose en lui qu'il ne parvenait pas à comprendre, un détail unique, signe qu'il allait être l'un des plus grand, il y avait quelque chose… mais il ne parvenait pas à mettre la main dessus.

La seule chose que parvenait à faire Enji était de remarquer qu'il y avait ce quelque chose sans pouvoir y poser la main, le frustrant au plus haut point. Il soupira et poussa un juron alors qu'il allumait son ordinateur.

Il allait faire des recherches à propos du quartier de ''sainan'' afin de savoir si ce gamin était connu là-bas, ce serait un bon début. Son enquête sur la drogue et la prostitution pourrait attendre un peu tant il voulait absolument en savoir plus sur l'adolescent.

L'ordinateur mit son temps à démarrer car il commençait à vieillir un peu, Endeavor ne faisant généralement pas ses recherches au préalable, préférant interroger les gens sur le terrain, que ce soit de gré ou de force s'il le fallait, car il était ainsi.

Il tapa le nom dans la barre de recherche et se rendit compte qu'il avait oublié quelque chose de ô combien important. Il ne connaissait pas le nom de l'adolescent… tant pis, il allait le découvrir plus tard, et au pire ce serait demain lorsqu'il reviendrait sur place, le gamin devrait s'entraîner, non ?

Bien évidemment, taper ''sainan'' lui proposa des articles parlant de la grande violence de la zone, et Enji ne comprit pas vraiment pourquoi les autres héros n'avaient pas agi plus tôt pour régler la situation catastrophique. Les informations fausse comme vrais ne tardèrent pas à apparaitre directement devant ses yeux et il apprit certaines choses intéressantes.

Il fouilla les recoins des journaux locaux avec un œil de lynx et trouva un article parlant d'un sujet qu'il l'intéressait beaucoup.

Le jeune génie de sainan : Aujourd'hui, la classe de quatrième du collège Toriyama a participé à un tournoi de football, les bénéfices étant recueilli pour être distribué aux enfants en difficulté. Ceci-dit, un jeune homme nommé Kenta Akatsume mena son équipe jusqu'à la victoire par sa grande force physique et sa science du placement tactique. Il a galvanisé ses camarades avec des propos pleins de sens et à permit grâce à son leadership de mener son équipe jusqu'à une victoire pleine, 8-0 en finale du tournoi contre l'équipe U15 de Tokyo. Nous avons interrogé le jeune homme et il nous dit vouloir devenir un héros grâce à son pouvoir fait de feu, mais s'il n'y arrive pas, nous n'avons aucun doute qu'il soit intégré à une équipe de football…

Enji finit alors de lire cette article le cœur serré… et cela lui fit un effet encore plus important lorsqu'il vit la photo du jeune homme… c'était exactement le même qu'il avait vu, et enfin il remarqua certaines caractéristiques physiques étant très proches de lui.

Les yeux, la formes du visage et plein d'autre détails, mais il y avait quelque chose qui fit trembler de part en part le grand homme. Il avait le même nez que Arame, son ancienne femme et la seule qu'il avait aimé. Un frisson parcouru tout son corps tandis que ses yeux scrutaient chacun des détails, une crainte viscérale s'incrustant en lui petit à petit alors qu'il remarquait de nouvelles choses.

L'enfant possédait un pouvoir de feu, une grande intelligence et du charisme… et si… et si…

La question ne pouvait sortir de ses lèvres, il avait fait son deuil après tant d'années, mais imaginé revoir son fils serait si… intense. A condition qu'il soit parfait, mais vu comment il était dépeint, il pouvait lui laisser une chance même s'il n'était pas la perfection même. Pourquoi ? Parce qu'il était son enfant avec Arame, il était le fruit de l'amour et non de sa recherche de la perfection.

Il était né à une époque où il voulait atteindre la première place plus que tout autre chose, mais grâce à son propre talent et non celui de sa descendance… il était l'enfant qu'il avait toujours voulu avoir et qu'il n'avait jamais eu… parce qu'il avait terrifié la femme qu'il aimait.

Cela l'avait terriblement durci, et il n'oublierait jamais le mot qu'il avait trouvé sur la table, le mot où elle expliquait que tout était de sa faute pour ce qu'elle comptait faire et que bien qu'elle l'aimât encore, pour la sécurité de leur enfant, elle ne pouvait plus vivre avec lui.

Enji ne l'admettrait jamais mais ce fut ce jour-là qu'il avait le plus pleuré de sa vie, regrettant son choix pendant des années, mais cela ne l'empêchait pas d'être sévère avec ses autres enfants dans leurs entraînements. Pire que ça, il fut affreusement dur avec ses autres enfants, extériorisant sa haine sur eux pour oublier toute sa peine.

Mais en scrutant l'image des yeux, il comprit quelque chose. Les yeux de l'enfant étaient blessés lorsqu'il l'avait vu, transmettait presque une colère sans fond lorsqu'il le regardait. Il ne l'avait pas compris, maintenant si.

S'il n'y avait plus qu'une seule chose qu'il voulait, c'était le rencontrer et savoir si sa Arame était encore en vie et qu'elle allait bien, qu'il puisse lui parler, lui exprimer ses regrets et sa honte. Mais le fait était qu'il n'en aurait pas la force car ce serait se remettre en cause, lui et son envie de la première place.

''Arame…'' murmura-il en fixant l'image des yeux. ''Kenta… je suis si désolé…'' Soupira-il en toute honnêteté, sachant très bien que cet enfant ne pouvait être que le siens, tout cela collerait trop bien. Lentement, il fit passer sa main droite sur la photo, et il soupira lamentablement tant il s'en voulait.

Elle avait dû aller voir les Yaoyorozu pour changer de noms et obtenir une nouvelle identité, puis elle avait fui dans un quartier malfamé et remplit de petites racailles, là où une personne de son rang n'irait normalement jamais. Tout ça par sa faute. Elle avait bravé tant de danger et de malheur car elle avait peur qu'il tue leur enfant…

Il s'en voulait tellement à ce sujet, si seulement il avait été un homme bon et honnête et qu'il ne l'avait pas trompé avec une autre femme pour avoir des enfants parfaits, et qu'il se soit bien comporté avec Kenta, peut-être aurait-il eu une autre vie ? Une vie bien plus heureuse où il aurait pu voir son fils grandir… et aussi… aussi une vie avec sa Arame.

Les larmes lui remontèrent aux yeux tandis qu'il s'imaginer la revoir, toute sa haine et violence disparaissant dès lorsqu'il la verrait, elle, sa beauté, sa gentillesse…

''Papa ? Tu es là ? Le repas est bientôt prêt…'' L'appela Fuyumi, sa fille, alors qu'elle poussait la porte, prenant son père au dépourvu.

Elle était effarée de voir son paternel si dur et méchant être aussi… triste devant son écran de pc, il avait l'air déprimé comme s'il avait appris le décès d'un proche, enfin s'il y avait quelqu'un dont il se souciait sur cette terre.

''Tu vas bien ?'' Demanda-elle en s'approchant lentement, pas sereine de le voir comme ça.

Endeavor sembla enfin la remarquer alors que l'obscurité recouvrait toute la pièce, il ne vu que son visage près d'elle et ses cheveux blancs. Se rendant rapidement compte de la position dans laquelle il se tenait, les larmes aux yeux, il fut très heureux de se rendre compte qu'elle ne l'avait pas vu. Il ne voulait pas que ses enfants le prennent pour un faible alors qu'il devait les éduquer pour devenir les plus fort possible.

Il prit donc sa voix des plus bourru et grogna rapidement, la faisant reculer. ''Je n'ai pas faim. Garde-moi ma part. Quitte mon bureau immédiatement Fuyumi.''

Ses phrases courtes et percutantes déstabilisèrent sa fille aînée qui murmura un bref ''d'accord papa'' avant de quitter la pièce pour le plus grand bonheur du paternel.

Il se passa bien dix minutes où il pensa à revoir sa Arame et lui dire ô combien il était désolé pour ses fautes, mais il le savait très bien. Il le savait qu'il ne le ferait jamais. Jamais parce qu'il était trop faible pour s'avouer à lui-même qu'il était véritablement trop faible.

Il se leva de son luxueux fauteuil en cuir et se servit un verre de cognac, le plus fort et de meilleure qualité qu'il avait. Il l'avala coup sec, alors que tout son chagrin se mêlait à la haine qu'il nourrissait à propos de lui-même. Sans elle il fut perdu, perturbé, la moitié de lui-même, son seul but étant de perduré dans les livres d'histoire et d'être couvert par son ambition colossal.

Il se servit un autre verre et décida d'affronter qui il était réellement, c'est-à-dire un homme des plus abject, battants ses enfants et voulant faire d'eux des surhommes.

Il se servit un troisième verre, puis un quatrième, se forçant à le boire malgré le mauvais goût qu'ils prenaient, sa tête commençant à battre comme si elle allait exploser.

Il sortit de son bureau, prenant conscience de qui il était, puis il se dirigea vers la salle à manger. Il voulait voir sa descendance, il les snobait en règles générales et ne mangeait que tout seul ou parfois avec Shoto pour le persuader, mais pas aujourd'hui.

Aujourd'hui il se voyait différemment, peut-être que l'alcool faisait son effet… mais il était conscient que c'était la vérité, pure et dure, et qu'il ne pouvait la nier plus longtemps.

Il ouvrit la porte de la salle à manger, faisant sursauter ses enfants qui ne s'attendait pas à sa présence le moins du monde, mais lorsqu'ils virent la bouteille d'alcool à moitié vide dans sa main, ils comprirent.

Shoto leva les yeux vers lui, choqué qu'ils soient ici, que voulaient-ils faire à la même table que ses enfants imparfaits ?

Fuyumi le regarda avec une immense surprise, elle avait voulu lui amener son plateau repas dans son bureau, mais il avait pourtant refusé. Que faisait-il ici ? D'habitude il ne mangeait jamais avec eux, et par jamais elle pensait véritablement cela. Ce ne devait être que la première ou seconde fois qu'il venait manger à leur table en près de cinq ans.

Natsuo regarda son géniteur avec surprise, il ne le voyait pour ainsi dire jamais, hormis à la télévision. Il l'évitait comme la peste depuis des années parce qu'il le jugeait indigne d'être son fils et d'être entraîné par ses soins. Comme les autres, il se demandait pourquoi il était là, pourquoi voulait-il manger à leur table ?

Enji ouvrit la bouche, remarquant l'absence de son premier fils tandis qu'il fermait la porte. ''Où est Touya ?'' Dit-il d'une voix chevrotante et pleine d'émotion.

''Il… il ne vient plus manger à la maison depuis deux ans… il préfère rester dans sa maison.''

''Mais ça tu le saurais si tu venais plus souvent…'' Fit remarquer violemment Natsuo alors qu'il fixait des yeux son père alcoolisé.

Shoto ne dit rien, préoccupé à le regarder et à essayer de comprendre, il n'était pas en colère, le questionnement prenant le pas sur tous ses sentiments.

Endeavor ne s'énerva pas et regarda son enfant avec un regard fait que de regret. ''J'aurais dû.'' Admit-il franchement, surprenant les enfants, plus que ça, les secouant.

Venaient-ils d'entendre le grand Enji Todoroki dire qu'il avait eu tort ?

''Pardon ?'' S'exclama un Natsuo choqué, alors qu'il ne cessait de regarder son père dans l'expectative, comme s'il se demandait s'il avait bien entendu.

''Je suis désolé. Vraiment désolé.'' Murmura-il assez fort pour que tous puissent l'entendre. Il prit d'ailleurs une nouvelle gorgée de son cognac, tandis qu'il laissait une part de sa faiblesse lui monter aux yeux. ''Je suis désolé d'être le pire des pères, je suis désolé Shoto, je suis désolé Fuyumi, je suis désolé Natsuo. Je suis désolé.'' Dit-il la voix emplisse d'une tristesse sans fond, ses larmes roulant sur ses joues tandis qu'il s'asseyait lourdement sur l'une des chaises.

Les trois enfants assis à table se regardèrent simultanément, tous en étant de choc, purement et simplement, ne sachant que répondre à cette vision de leur père ivre et dépressif. Ils étaient bouche bée en entendant ça, et Natsuo fut clairement plus touché que les deux autres, son caractère sanguin prenant le dessus sur lui.

Le jeune homme se leva de sa chaise, la renversant en arrière. ''Pourquoi ? POURQUOI ? Pourquoi… tu ne nous le dit que maintenant ?''

Fuyumi, en grande sœur, se leva elle aussi et réprimanda son jeune frère pour qu'il se calme. Il fallait calmer la situation… c'était tellement à prendre, et quelque chose lui disait que ce n'était pas fini.

Shoto s'autorisa un très mince sourire en voyant son père ainsi… une question lui brûlant les lèvres, même s'il savait pertinemment la réponse qu'allait lui donner son père s'il la lui posait directement. Il avait des regrets, certes, mais il ne changerait jamais, jamais ! Jamais un homme maltraitant sa mère ne le ferait.

Enji trembla en voyant son fils lui poser cette question, il ne savait s'il devait dire à haute voix ce qu'il savait… mais il voulait être un meilleur père… intérieurement et peut-être qu'il voulait le montrer à ses enfants, mais il n'agissait pas comme il le ferait en temps normal, l'alcool coulant dans ses veines tandis qu'il sentait les regrets et la honte prendre le dessus sur sa fierté et sa volonté. Il était déstabilisé après avoir entendu une telle nouvelle, et il savait pertinemment qu'il ne serait plus jamais le même le lendemain matin. Plus jamais.

Il ouvrit la bouche, un peu hésitant. ''J'aurais voulu que Touya soit là… au moins ce soir. Je… je… je viens d'apprendre quelque chose.''

Fuyumi le regarda avec curiosité, le comportement de son père était vraiment à l'opposé de celui qu'il est en temps normal, et il reviendrait rapidement à sa version originale, il avait peu à parier qu'il change pour de vrai, il ne le ferait pas à moins… à moins d'être véritablement sous le choc, et au vu de la bouteille dans sa main et de son regard hagard… elle se demandait ce qu'il avait bien pu se passer. La gravité de l'instant s'incrusta sur le visage de la jeune femme.

Shoto regarda son géniteur partagé entre une grande colère et une immense incompréhension. Qu'arrivait-il à son immonde père ?

''Je… Vous… Vous avez un autre frère. Il s'appelle Kenta… je l'ai eu avec une femme que j'aimais beaucoup… je… je l'ai cherché pendant des années mais je ne l'avais jamais trouvé mais aujourd'hui. Aujourd'hui… je l'ai vu lors de l'une de mes enquêtes, et j'ai senti quelque chose de spécial. C'était mon fils et je ne l'avais pas reconnu…''

La nouvelle fit l'effet d'une bombe sur les enfants Todoroki, chacun ne sachant comment réagir après une telle nouvelle… ils avaient tous un nouveau frère qu'ils n'avaient jamais connu. C'était tout bonnement incroyable, mais là encore, Enji Todoroki était un homme mauvais et qu'il soit allé voir d'autre femme n'était pas surprenant le moins du monde. Juste, le fait qu'il admette avoir eu des sentiments pour cette femme était déconcertant.

Les enfants Todoroki se regardèrent à nouveau, totalement bouleversé par une telle nouvelle. Leur père pleurait alors qu'il buvait une nouvelle gorgée, descendant donc dans une terre faite de regret, de honte et de peur. Peur que ses enfants ne veuille pas le pardonner, qu'ils le rejettent en l'insultant de père indigne, car c'était ce qu'il était, pas l'ombre d'un doute à ce sujet.

Fuyumi s'approcha de son père un peu craintivement mais l'entoura de ses bras, voulant le soulager de sa peine, et qu'il se sente mieux, plus accepté par ses enfants. Elle voulait lui pardonner, lui faire comprendre qu'il pourrait se faire excuser, que les choses pourraient devenir un peu normale, même si tout ne serait pas oublier. Fuyumi ne fut pas rejeté par son père bien au contraire, l'homme la laissa faire et murmura faiblement un merci.

Shoto s'emmura dans un grand silence, tout comme Natsuo, les deux garçons ne savaient comment réagir à une telle nouvelle. Le garçon bicolore se leva, marcha lentement vers son père et lui jeta un regard en biais. ''Tu auras beau pleurer tu ne changeras jamais. Tu resteras le même.'' Puis il quitta la salle rapidement, gagnant sa chambre, ne finissant même pas son repas.

Natsuo resta avec sa sœur mais ne s'approcha pas de son père, ne pensant pas qu'il pourrait réagir de la même façon qu'elle, il était encore sous le choc et ne savait ce qu'il devait faire à propos de son père… il n'avait jamais été là avant et maintenant il voulait se faire pardonner ? Après avoir bu comme un trou et leur avoir annoncer qu'ils avaient un frère ? C'était vraiment beaucoup à entendre.

Endeavor tourna la tête en direction de la porte pour apercevoir la silhouette de Shoto partir, et il s'en voulu, s'en voulu terriblement d'avoir même échoué à montrer ses regrets. Il n'en pouvait plus, il y avait trop de sentiments qui le submergeait comme s'il se prenait un tsunami en pleine face et qu'il se noyait dans une mer constituée des larmes de ses enfants.

Shoto… tout le mal qu'il lui avait fait, il s'en rendait compte, et c'était affreusement douloureux de se rendre compte qu'il n'avait été rien d'autre qu'un monstre. Il avait rendu son ex-femme folle et l'avait enfermé dans un asile, avait ignoré ses enfants imparfait et battu le seul qui pouvait arriver là où il le voulait.

Il n'était qu'un immense échec, toute sa vie n'était composée que de mauvais choix, que d'échec. ''Je suis un monstre, un échec… c'est normal qu'il ne me pardonne pas. Je ne mérite pas d'être son père.'' Annonça-il tandis qu'il apportait la bouteille à sa bouche, voulant en savourer une ultime gorgée.

Fuyumi prit la bouteille de sa main avant qu'il ne puisse en prendre ne serait-ce qu'une goutte, surprenant son père. Il se serait énervé mais il n'en avait pas la force, il ne voulait plus crier sur ses enfants, dans son état actuel il voulait surtout leur montrer qu'il voulait être différent. Un meilleur homme, tant l'alcool lui embrumait l'esprit.

''Non papa, non. Il va te pardonner. Si tu te comportes bien, que tu prouves que tu veux vraiment changer… Natsuo et lui te pardonneront sûrement.'' Dit-elle avec force pour le rassurer.

''Tu penses ?'' Demanda-il en avalant sa salive tandis qu'il jetait un coup d'œil à son autre fils, le détaillant du regard en se rendant compte qu'il l'avait toujours ignoré et ne lui avait jamais prêter attention.

''Oui, oui papa, tu peux changer les choses, tu peux devenir un meilleur père pour Shoto et les autres… peut-être même que Kenta voudra te rencontrer…''

Les paroles de sa fille le marquèrent profondément, elle se montrait comme un ange à ses yeux déprimés et ivres, elle prenait le temps de le réconforter malgré tout le mal qu'il lui avait fait pendant toute ses années.

Il pouvait changer… il changerait, il allait s'acharner à changer, à devenir un meilleur homme. Il ne pouvait pas devenir un meilleur héros, alors il deviendrait un homme digne de pouvoir être appelé un 'père de famille'.

''Je vais changer… je vais le faire ! Peut-être que Kenta voudra bien que je sois dans sa vie… ? J'espère. J'irai demain poursuivre mon enquête et je lui parlerais.''

''Non, demain tu vas dormir et réfléchir, tu as trop bu pour être sur le terrain. Reste à la maison, parle avec Natsuo, Shoto et j'appellerai Touya pour qu'il vienne te parler.''

Il hocha la tête difficilement et se sentit lentement partir dans le royaume du sommeil, ses yeux devenant aussi lourd et compliqué que le fait d'essayer de réfléchir. L'alcool lui donna un dernier coup et il ferma les yeux, s'endormant sur la table, face contre bois.

A suivre…