Note de l'auteur : Content de te revoir pour ce troisième chapitre, j'espère que l'histoire te plaira autant qu'avant ! Aujourd'hui au menu : La rencontre entre Kenta et la famille Todoroki…
Long Way
Chapitre 4 : Ipséité
C'était une journée tout à fait normale de prime abord, rien ne laissait présager qu'elle serait le témoignage d'une journée d'exception pour quiconque. Kenta Amatsume, fils illégitime de Enji Todoroki, autrement connu sous le nom de Endeavor, allait recevoir le courriel lui indiquant si oui ou non il avait été reçu à la prestigieuse académie de UA.
Il avait participé à l'examen d'entrée près de dix jours auparavant, et avait passé la majorité du temps à s'entraîner ou à écrire des poèmes pour passer le temps, car oui, il avait trouvé une nouvelle passion dans l'écriture. Cela avait un peu dérouté sa mère, mais la femme se dit que ça lui permettait de coucher ses sentiments sur le papier et de se sentir libéré, alors elle n'y toucha pas, préférant qu'il vienne lui montrer.
Les jours s'étaient enchaînés plus ou moins vite pour l'adolescent, qui devait l'avouer, ne cessait d'attendre l'arrivé du courriel, voulant à tout prix savoir s'il était pris ou non, voulant ainsi combler ses inquiétudes. Il voulait atteindre les sommets, ou tout du moins une bonne position, et pour y parvenir il n'y avait rien de mieux que l'académie de UA.
Il y avait aussi le fait que s'il était pris, il serait le premier du quartier de Seinen à y rentrer, le premier d'un quartier de criminel à devenir un héros. Enfin, il lui restait les trois années d'étude et le diplôme à décrocher avant de l'être officiellement, mais rentrer à UA signifierait tellement de chose.
Cependant, le jeune homme cessa de se tourmenter avec cette question, sachant que ça rendrait l'attente encore plus longue. Il devrait recevoir le papier d'ici une poignée de minutes ou d'heures, pas la peine d'y penser en boucle, ça ne ferait rien d'autre que de rendre le temps plus long.
Pourtant il ne cessait pas d'y revenir, tourmentant son esprit avec de telles questions. L'attente lui paraissait interminable et il avait envie de faire quelque chose pour que le temps passe plus vite mais rien à y faire… le temps semblait comme se mettre sur pause.
Kenta fit craquer ses doigts et joua avec ses flammes, les faisant se mouvoir autour de sa main, créant comme des serpents enflammés bleutées. Il trouvait ça hypnotisant, et il ne s'en lassait étrangement jamais.
Au bout d'un moment, il sortit de sa chambre pour regarder la télévision, se disant qu'il y aurait peut-être quelque chose qui lui permettrait de se divertir. Il salua sa mère qui travaillait sur l'un de ses projets avec beaucoup d'enthousiasme, et il se mit à analyser les différents programmes d'un œil très critique par moments. Il avait l'impression que c'était des émissions fait pour les imbéciles, comment même quelque chose d'aussi ridicule pouvait exister ?
Les jeux télévisés étaient juste si ennuyeux, quel était l'intérêt de savoir que telle ou telle personne pouvait crée des biscuits par la pensée ? ''Le meilleur boulanger et son alter''… quel titre étrange. Le jeune homme soupira devant l'ennui que semblait composer cette journée.
''Kenta, tu devrais peut-être aller voir si le courriel est arrivé.''
''Ouais mais j'y suis déjà allé vers 10 heure du matin, il n'y avait rien.''
''C'était il y a une heure, fait un petit effort, je sais à quel point tu attends ce papier, c'est ta fierté après tout. Fort comme tu es, tu dois être reçu à coup sûr !'' L'encouragea-elle avec un doux sourire.
''…'' Il la regarda les yeux un peu vides puis il se leva d'un bond. ''J'espère bien ! Bon, je n'ai que ça à faire de monter quarante fois les six étages.''
Chaque marche semblait représenter une épreuve tandis qu'il les descendait, son rythme cardiaque augmentant à chaque pas, se disant que la lettre devait être là, dans la boite, à attendre qu'il ne l'ouvre, qu'il en voit le résultat et qu'il tienne sa promesse.
Celle d'appeler son père et de le rencontrer, lui et sa ''nouvelle famille'' dès lors qu'il serait au courant d'avoir été admit à l'académie. Il s'était dit que c'était le strict minimum pour y aller, qu'il ne pourrait pas oser se présenter s'il ne partageait pas un peu de ses ambitions.
Finalement, il atteignit enfin le hall d'entrée et toutes les boites aux lettres, il chercha celle portant son nom de famille, puis il enfonça la clef dans la serrure. Il tira sèchement pour l'ouvrir et vit donc ce qui attisait tant de sentiment en lui, il la saisit, et fonça vers son appartement.
Il voulait l'ouvrir auprès de sa mère. Il savait qu'il était admis, il ne pouvait pas avoir échoué, du moins il s'en était persuadé mentalement.
Fuyumi était assise sur les marches menant au jardin, observant le paysage se déroulant sous ses yeux, donnant de l'attention aux moindres brins d'herbes. Elle avait besoin de prendre l'air, elle était de nouveau toute seule chez elle. Il n'y avait que Shoto, mais le fait est qu'il préférait l'ignorer et rester dans sa chambre.
Natsuo se préparait à ses examens de fins d'années, il révisait très sérieusement afin de les réussir, voyant dans l'obtention du diplôme un moyen de s'enfuir de la maison et d'aller vivre sa vie par lui-même.
Et elle, elle se retrouvait seule avec ses pensées et songes, elle pensait à tout, tout se rappelait à ses bons souvenirs. Souvenirs concernant majoritairement son père, la manière dont il traitait sa mère et ses frères, souvent avec une grande violence tout ça pour satisfaire ses ambitions démesurées.
Mais il changeait progressivement, et les espoirs naïfs qu'entretenait Fuyumi à propos de sa famille commençait à prendre forme. Elle voulait revoir tout le monde à table, y comprit son père.
Fuyumi avait beau lui en vouloir pour ses absences, le fait qu'il battait sa mère et la terrorisait, ou encore qu'il poussait Shoto à un entraînement bien trop intensif, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir son amour. Son père n'avait auparavant rien eu à faire d'elle ni de ses enfants imparfaits, mais depuis sa révélation de l'autre jour, il se montrait un peu plus bavard.
Ce n'était pas vraiment grand-chose, mais lorsqu'elle lui apportait ses repas dans son bureau, il lui demandait comment elle allait, ou comment allait Natsuo, certes ce n'était vraiment pas grand-chose pour n'importe quel père… mais pour lui, c'était un acte emplit de symbolique. Il voulait renouer le contact, bien que maladroitement, il voulait changer, devenir meilleur, un homme digne d'être appelé ''papa'' par ses enfants.
Il nourrissait toujours cette ambition au fond de lui, et voulait toujours que Shoto devienne le plus grand des héros… mais ce n'était plus la même chose selon la grande sœur. Elle le voyait se remettre en question, et ça signifiait beaucoup.
Maintenant lorsqu'elle mettait la table, car c'était bien l'une des seules choses qui pouvait lui faire oublier de réfléchir tant elle ne se focalisé que dans la cuisson des éléments et la mise de la table. Maintenant, elle touchait la table en bois, et se disait que bientôt, tous les sièges seraient occupés.
La jeune femme inspira une grande bouché d'air frais et regarda les nuages, se perdant dans leurs grandes formes blanches.
Il y avait de l'espoir maintenant, tout pouvait changer pour le mieux car son père le voulait… Il y avait juste un facteur que Fuyumi ne pouvait prévoir dans tout ça, et c'était à la fois l'une des choses qui la rendait la plus heureuse et inquiète. Son frère, celui qu'elle n'avait encore jamais vu, elle ne connaissait que son nom, Kenta.
Endeavor n'avait rien dit sur lui, pas même le moindre détail pour satisfaire la curiosité de la jeune femme. Elle se demandait comment il était, ce qu'il aimait ou juste ce qu'il voulait faire dans sa vie, des question basiques.
Fuyumi se disait qu'il pouvait être le catalyseur de leur famille et leur permettre de redevenir ''normal'', car il avait bien réussi à faire changer leur père avec ne serait-ce qu'un échange.
Cependant, après avoir passé plusieurs minutes à l'air libre, elle se décida à rentrer, elle n'avait rien à faire pour tuer le temps. Elle recherchait un emploie dans la région, elle avait récemment fini ses études à la faculté et voulait rester proche de cette maison, avant elle ne serait rester que pour Shoto, mais maintenant il y avait bien plus de chose qui lui donnait envie de rester.
Ennuyée de ne savoir que faire, elle décida alors d'aller voir Shoto car il ne sortait plus de sa chambre. Mais comme il n'était pas dans sa chambre, elle décida d'aller le chercher dans la salle d'entraînement qu'il partageait avec leur père, et elle partit donc de l'autre côté de la demeure.
Elle traversa les couloirs d'un pas hâtif, mais elle passa devant le bureau de son père et entendit comme un… vibrement ? Curieuse, elle s'arrêta devant la porte, et la voyant ouverte, elle se décida à attendre devant pour réécouter, et oui, le téléphone sur le bureau sonna à nouveau.
Personne n'avait ce numéro, qu'une poignée ''d'heureux'' élu en était en possession, elle pensa donc qu'il fallait peut-être répondre. Quel bon choix ce fut. Fuyumi attrapa alors le téléphone et répondit. ''Allo ?''
La réponse mit quelque seconde à venir. ''Vous n'êtes pas Endeavor… ? Je pensais pourtant que le numéro était bon.'' Emit une voix relativement jeune, avec une assez grande surprise dans le ton de la voix.
''Pardon ? Mon père ne donne le numéro qu'à quelque personne. Puis-je savoir qui vous êtes afin de lui dire que vous avez appelé, il est en mission.'' Répondit-elle en saisissant un papier non loin d'elle et un stylo. Elle se demandait bien qui appelait son père.
''Je m'appelle Kenta Amatsume, et je souhaite rencontrer Enji Todoroki, j'estime que c'est important.''
Kenta… La révélation fit alors tilt dans son esprit et elle se surprit à pousser un petit cri de surprise. Fuyumi était tout simplement en état de choc, elle n'avait jamais imaginé le rencontrer comme ça, son fameux frère secret. Ça faisait quelques semaines que son père l'avait rencontré, et le jeune homme avait dû murir sa réflexion avant d'appeler.
''Je…'' Commença-elle hésitante, ne sachant que dire, elle décida de laisser son cœur et son honnêteté parler. ''Je sais qui tu es… Je m'appelle Fuyumi Todoroki. Je pense que père sera très heureux de savoir que tu as appelé.''
Il y eut comme un blanc derrière l'appareil, un grand silence prenant alors place. Au bout de quelque secondes interminables, la jeune femme entendit son interlocuteur soupirer. ''Quand ?''
''Quand ?''Répéta-elle un peu dans l'incompréhension.
''Quand est-ce que je peux venir.'' Clarifia-il directement.
Enji Todoroki devait finir son service vers dix-neuf heures ce soir-là, et il avait dit à ses enfants, par le biais de sa fille aîné, qu'il viendrait diner avec eux. La nouvelle avait eu un certain effet d'ailleurs, Natsuo se montrant légèrement en colère tandis que Shoto se maqua derrière son éternel masque de glace.
''Je… père finit son service à dix-neuf heures, peut-être pourrais-tu venir un peu plus tôt.''
''Très bien.'' Répondit-il d'un ton bref avant d'ajouter quelque mots. ''On se voit ce soir.''
Fuyumi hocha la tête et allait lui donner une réponse, mais il décrocha avant qu'elle ne le puisse, surprenant légèrement la femme.
Elle déposa le téléphone et prit une seconde pour inspirer et expirer calmement elle venait de parler avec son frère. Son frère caché. Pour un premier échange, ça c'était bien passé, et elle était heureuse de savoir qu'elle pourrait le rencontrer bientôt.
Elle espérait que toute la famille serait de bonne humeur et qu'ils s'entendraient tous bien ensemble, elle était optimiste peut-être que son jeune demi-frère serait quelqu'un de joyeux et gentil.
Maintenant, elle n'avait plus qu'une seule chose à faire, aller informer les autres membres de la famille de l'arrivée prochaine de Kenta.
Kenta venait tout juste d'enfiler sa meilleure tenue, c'est-à-dire un jean bleu et une chemise noire, ce qu'il avait de plus sobre et raffiné. Cela n'était pas resplendissant mais il était plutôt fier de l'allure qu'il avait lorsqu'il en était vêtu, mais ce n'était pas cela qui faisait le plus battre son cœur.
Non, loin de là. Il allait rencontrer son père, et ses frères et sœurs, bien qu'il eût déjà parler à Fuyumi par téléphonie. Il avait voulu informer son père qu'il viendrait à sa rencontre prochainement, mais il n'imaginait pas tomber sur quelqu'un d'autre que lui, mais au final ce n'était pas si dérangeant.
Il ruminait ses pensées alors qu'il tentait tant bien que mal d'arranger les manches de sa chemise et de se peigner les cheveux. Il allait tous les rencontrer et cela lui faisait autant peur que ne le rendait heureux, Kenta avait une profonde peur du rejet venant de son père. Il l'avait déjà abandonné une fois, mais le garçon aux flammes espérait que son père voudrait bien lui expliquer pourquoi il ne fut pas présent dans sa vie.
Le fils caché était en connaissance de certaine information à ce sujet, il savait que son père voulait un enfant parfait pour qu'il atteigne la première place pour lui. Il devait admettre avoir été choqué lorsqu'il avait entendu ça, mais il connaissait évidemment les ambitions de son paternel par la télévision mais il n'avait jamais pensé qu'il aurait fait tant de mal pour combler ses désirs, surtout pour un héros.
Qu'importe, sa rage ne l'avait pas quitté mais elle était bien diminuée, il avait reçu la lettre de UA. Lettre l'informant qu'il avait fini dans le top 5 des élèves, et plus précisément à la quatrième position cela l'avait rendu fou de joie avec sa mère, de savoir que bientôt ils pourraient partir de ce fichu quartier. Il devrait recevoir une belle bourse pour pouvoir se payer un appartement pour lui et sa mère, la bourse dépassait largement les 4 000 $ (note de l'auteur : je vais éviter d'utiliser les yens pour la facilité du lecteur).
Quoiqu'il en soit, il était temps de partir. Sa mère avait passé l'appel à ses côtés, mais il lui avait demandé d'y aller tout seul. Il craignait la réaction de son père en voyant sa mère et il préférait y aller tout seul, il se pensait capable de gérer les questions d'Endeavor. Il pensait que c'était capable et il allait s'en assurer Kenta Amatsume réussissait dès lors qu'il y mettait le cœur.
Il n'avait beau ne pas souvent être tout feu tout flamme, dès l'instant que quelque chose l'intéressait il ne rechignait pas à la tâche et y mettait toute ses forces, toute son âme pour parvenir à son but. Il était ainsi, mais il savait se fixer des limites lorsque ce qu'il souhaitait n'était pas véritablement sain.
Toutefois, il sortit de sa chambre avec fière allure et ferma bien la porte derrière lui, d'un mouvement ferme. ''Maman, j'y vais.''
Arame se tourna de son écran, puis regarda son fils avec un petit sourire triste. Elle savait qu'il devait y aller sans elle, alors elle avait accepté qu'il parte là-bas bien qu'elle ait peur d'Endeavor. Elle avait peur qu'il change son précieux fils, la prunelle de ses yeux, qu'il ne veuille faire de lui ce qu'il ne veux pas être.
''D'accord… promet-moi de m'appeler dès que tu rentres, et n'oublie jamais que je t'aime.''
''Moi aussi maman, je t'aime mais je dois y aller. Je veux le voir. Je le dois.'' Déclara-il alors qu'il attrapait une petite sacoche ou il rangea ses clefs et son téléphone. ''J'y vais.''
Il quitta l'appartement rapidement, il devait rencontrer son père, il en avait le plus grand besoin.
Il avait besoin de marcher pour soulager le stress en lui, l'évacuer pour se sentir allégé. Il aurait pu prendre le bus, mais l'envie n'était pas là, il ne pouvait pas rester assis à ruminer ses pensées. Kenta soupira alors et remonta le boulevard, se frayant un passage à travers la foule de gens. Il n'y prêtait pas la moindre attention tant il était concentré dans ses songes.
Sa famille… Il avait toujours considéré que sa mère était sa seule et unique famille. Il s'était parfois posé des questions, mais n'avait jamais vraiment fouillé en profondeur. Et maintenant ? Que devait-il penser alors qu'il était sur le point de faire connaissance avec eux… eux, son père, ses frères et sœur, qu'ils n'avaient jamais rencontré. Comment devait-il se sentir ? Comment était-il censé se comporter ?
Une multitude de question s'opérait en lui, fourmillant en lui, lui donnant l'impression de perdre pied. Son père n'était pas un homme bon. Il avait toujours espéré le contraire et même sans jamais l'avoir su, il respectait profondément le héro en lui. Endeavor était le symbole de la force et du courage, de la recherche du perfectionnement.
En réalité, l'homme derrière le symbole était différent. Naïf, il avait longtemps crû que son idole était une personne parfaite à laquelle il fallait ressembler. Maintenant, alors qu'il marchait dans les rues bondées, il ne savait plus quoi en penser.
Il espérait juste obtenir des réponses et rentrer chez lui heureux. Toujours garder espoir, voilà sa ligne de conduite.
Ses frère et sa sœur, qu'en penser ? Il les connaissait vaguement, de par les documentaire sur Endeavor, mais aussi parce qu'il avait pu parler à sa sœur. Fuyumi, était-ce bien son nom ? Il n'en était pas sûr.
Ses frères, il y en avait trois. Il ignorait tout d'eux hormis leurs noms, mais à quoi bon connaître les noms s'il ne pouvait pas le mettre sur des visage ?
Au fur et à mesure qu'il progressait dans son chemin, il fini par quitter les grandes rues et fini par se retrouver dans un petit quartier riche, où se trouvait de bien belles maisons traditionnelles. Kenta avait du marcher durant une bonne heure dans les rues marchandes, mais le voilà enfin arriver à destination.
Il fouilla dans sa poche et sortit un bout de papier, qu'il lu rapidement. Il observa les maisons pendant quelque secondes, un air pensif collé à son jeune visage. Toutes les demeures dégageait un certain calme, de la bienveillance et de la tranquillité, le seul bruit audible étant la chute d'eau des fontaines.
Il s'appuya contre un mur et observa, observa cette paix pendant de longues minutes, rêveur. Rêveur de lui aussi pouvoir vivre là, parmi le calme et la sérénité, auprès de sa mère et de sa 'nouvelle famille'.
Il sortit son téléphone et regarda l'heure. Il était temps d'y aller, d'affronter cette épreuve et d'en ressortir plus heureux, plus accompli. Tout allait bien se passer, qu'il se disait en craquant ses doigts pour se calmer.
Il marcha pendant deux petites minutes, zyeutant toujours les maisons à ses côtés, puis il fini par atteindre celle sur laquelle il fini par fixer son regard.
Elle était belle, grande, majestueuse, témoignant par sa superficie toute sa superbe, toute sa prestance. Ne serait-ce que le portail, l'entrée, était richement ornée et témoignait d'une grande classe. Le jardin, immense, si ce mot pouvait suffire à le décrire, dégageait une certaine aura bien plus marquante et impressionnante que les autres maisons qu'il avait vu plus tôt.
Le plus important, le grand batiment, la maison en soi, était tout bonnement gigantesque, comportant plusieurs étages et ne semblant n'avoir aucune fin à ses yeux. Peut-être était-il trop impressionné pour y voir une fin, ou était-ce simplement un fait.
Peu importe, il s'approcha lentement du portail, pas à pas, précautionneux de ses gestes. Il continua à regarder pendant quelques secondes qui lui parurent des heures, puis enfin, il s'annonça. Il appuya simplement sur la sonnette, mais pour un acte aussi simple, cela lui coûta bien du courage.
Fuyumi avait convoqué ses frères dans le salon pour accueillir leur nouveau frère, bien qu'il fallu insister pour Natsuo, qui se sentait mal-à-l'aise, Shoto rejoignit la pièce avec flegme, impassible sur ce qu'il ressentait. Ses yeux fixaient d'un air vague le jardin depuis la fenêtre, tandis que Natsuo grignotait avidement les apéritif posé sur la table et que Fuyumi lui sommait d'arrêter, prétextant que c'était dans le cas où Kenta aurait faim. Ses demandes tombèrent dans l'oreille d'un sourd.
Il régnait une drôle d'ambiance dans la pièce, comme une sorte de pression et de malaise ambiant, explicable par le fait qu'ils allaient rencontrer un inconnu qui partageait avec eux les liens sacré du sang.
Il était l'heure. Comme pour appuyer ce fait, leur visiteur venait d'arriver, la sonnette l'indiquant très clairement. Ils se jetèrent un coup d'œil, et même Shoto fit l'effort incommensurable de quitter la fenêtre des yeux. Personne dans la pièce ne savait ce que ressentait le fils parfait d'Endeavour il ne montrait jamais ses émotions.
Fuyumi, remarquant que la tâche d'accueillir Kenta était sienne, car aucun de ses frères ne sembla enclin à le faire, sortit enfin du salon. Le trajet jusqu'à la porte d'entrée lui sembla encore plus long qu'à l'accoutumé, c'est dire. Le caractère gigantesque et sans fin de la maison se montra particulièrement cruel. Chaque pas fait en direction de la porte accélérait son rythme cardiaque, sa nature anxieuse se dévoilant parfaitement.
Elle y arriva enfin, exténuée comme si elle avait marché pendant des kilomètres. Sa main attrapa la poignée, mais elle sembla hésiter durant l'espace d'une seconde. Une petite voix dans sa tête lui demandant si tout allait bien se passer ou non.
Repoussant ses craintes et saisissant son courage à deux mains, littéralement, elle abaissa la poignée de porte.
Kenta rencontra enfin sa sœur, dont la tenue et l'apparence, lui donna un sentimet de protection. Il ne savait dire exactement pourquoi, mais son simple regard tranchait avec ceux qu'il voyait toute la journée. Elle semblait calme, paisible, bien qu'il ne remarquât absolument pas le sourire crispé. Il se contenta de l'admirer pendant quelque seconde, qui lui parurent bien plus longue.
Il ne savait pas ce qu'était d'avoir une sœur, mais elle se rapprochait certainement plus de l'image qu'il en avait. Une figure aimante et protectrice. Sans même la connaître, Kenta la vue ainsi en captant son regard.
Les yeux de Fuyumi étaient ceux d'une personne saine d'esprit et conciliante. Là où il vivait, cerner les gens en quelque seconde était primordial il a rapidement appris à maîtriser cet art.
Il ne la quitta pas des yeux, elle non plus. Ils restèrent ainsi durant plusieurs secondes. L'un voyant un possible futur radieux, et l'autre le moyen de sauver une famille brisée.
Fuyumi ne pu s'empêcher de remarquer la ressemblance physique de son jeune frère avec leur père. Ils étaient les mêmes, à quelques menus détails. Il se tenait droit, avec fierté, son regard l'analysant en quelque seconde. Un mince sourire s'étendait sur ses lèvres, mais il ne vacilla à aucun instant.
''Bonjour, je suis Fuyumi'' Déclara-elle avec autant de calme qu'elle pouvait. ''Je suis heureuse de te rencontrer.'' Continua-elle en se décalant pour le laisser rentrer.
Il s'y engouffra alors, déclarant ceci : ''Je… moi aussi je suis content de te rencontrer. Je m'appelle Kenta Amatsume.''
C'était maladroit, il avait du mal à trouver les mots pour exprimer ce qu'il ressentait. Une multitude de sentiments s'abattait en lui comme un torrent dévastateur. Un mélange de peur, anticipation, joie et espoir dansait joyeusement en lui.
''Shoto et Natsuo sont dans le salon, pour t'accueillir. Nous sommes impatient de faire ta connaissance.'' Dit-elle avec un petit sourire en le guidant vers la salle. Elle remarqua son frère observait les moindres recoins de la demeure, y trouvant visiblement quelque chose à son goût. S'il pouvait s'y sentir comme chez lui, ça ne pouvait être qu'une excellente nouvelle.
Ils rentrèrent enfin dans la pièce, deux jeunes hommes guettant son arrivée. Natsuo semblait s'empiffrer de petit four tant il semblait mal-à-l'aise, et Shoto regardait par la fenêtre, comme si rien n'était censé se passer aujourd'hui.
Leurs regards se croisèrent pour la première fois, et Kenta fit la découverte de ses frères.
Enji venait de terminer ses patrouilles, fatigué par le travail, mais pas plus qu'à son habitude. Il n'avait pas eu énormément d'arrestation à faire, quelque délinquants, un braqueur de superette et un vendeur de drogue.
Pourtant, le héros était blasé. Il marcha longuement jusqu'à sa voiture, puis sans entrain, il s'obligea à y rentrer. La situation chez lui… était compliqué. Depuis qu'il s'était rendu compte de tout le mal qu'il avait provoqué chez ses enfants, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de la culpabilité. Ça l'étouffait presque de voir leurs regards, soit haineux ou las. La seule qui lui montrait de la compassion étant sa fille.
Fille qu'il avait toujours délaissé, comme tous ses autre enfants imparfait, tant il n'avait d'intérêt pour Shoto. Il devait admettre que sa haine avait brisé sa famille, après avoir rendu fou Rei et privé ses enfants de mère, il ne pouvait pas s'attendre à un pardon.
Il ne pouvait pas, mais pourtant, elle lui avait donné de l'espoir, celui que s'il changeait maintenant, peut-être que leur famille pourrait se ressouder.
Touya, son fils ainé, avait quitté la maison il y a bien longtemps, du jour au lendemain, mais Endeavour n'y a même pas penser. Sa seule réponse fut : Un déchet de moins sous mon toit.
Il se haissait pour ça, mais c'était bien ainsi qu'il avait prit la nouvelle. Avec détachement et peut-être une légère joie. Il n'aimait pas Touya, trop frêle, trop fragile mentalement, son potentiel au combat n'était pas risible, mais il n'aurait jamais pu dépasser All Might.
Il lui parut donc imparfait, comme tous ses autres enfants. Le seul fils imparfait pour qui il ressentit de l'amour, disparu du jour au lendemain, au même titre que sa mère. Cela à cause de lui et de son désir ardent.
Il aurait du se remettre en question, pleure le pardon de la femme qu'il aimait, mais son orgueil le bloqua. Plus que son orgueil, il se mit à la détester pour l'avoir ainsi blesser, il mit bien longtemps à comprendre que le problème ne relevait pas de son ex-femme mais bien de lui. Il n'était pas plus un héro qu'un vilain il était le monstre qui sommeillait en lui.
Ecartant ses pensées mauvaises, il finit par arriver chez lui au bout d'une petite demi-heure de route. Il ouvrit le portail, gara sa voiture et alla ensuite ouvrir la porte. Immédiatement, quelque chose le frappa, il entendit des rires et une voix d'homme familière, mais dont il ne pouvait se souvenir.
Ses yeux scrutèrent l'entrée et il remarqua une paire de chaussure étrangère, non pas qu'il connaissait celle de tous ses enfants, mais celle-ci lui sembla nettement différente des marques que préférait ses enfants.
Son attention retourna donc au bruit. Peu sûr de lui, il marcha discrètement jusqu'au salon, de petite voix lui chuchotant de vilaine paroles ce qu'il espérait ne se réaliserait pas. Ses espoirs prirent le dessus sur lui et il accéléra le pas, pénétrant enfin dans la pièce.
Tous les bruits cessèrent brusquement et les regards se tournèrent vers lui. Il y avait quatre personnes dans la pièce :
Shoto semblait en retrait, adossé au mur, derrière sa sœur. Fuyumi était assise sur le canapé et semblait boire un cola tranquillement. Natsuo était souriant et il racontait sûrement des histoires drôle, le voir ainsi heureux surpris son père, qui ne le voyait jamais comme ça.
Et enfin il y avait un dernier jeune homme, similaire à lui, grand et fort physiquement, la même chevelure, les mêmes yeux. Quelques détails le choquèrent, ce qu'il pouvait ressembler à sa mère…
La petite scène joyeuse aurait pu réchauffer le cœur d'un prisonnier de Tartarus, mais Endeavour fut trop choqué pour ça. Kenta était ici. Chez lui, sous ses yeux, sans qu'il ne le sache. Ils se regardèrent pendant quelque secondes, le fils ne lâchant pas le père du regard, une certaine fierté dans sa posture.
''C'est bien toi, Kenta ?'' Se demanda-il plus qu'à son interlocuteur.
''Oui. Je suis venu vous rencontrer, tous, et savoir qui vous êtes. Je veux savoir qui est mon père, qui est l'homme derrière Endeavour.'' Déclama-il avec un calme impressionnant tout en se levant du canapé.
Un nouvel échange de regard eu lieu, pendant que ses autres enfants analysaient la scène.
''Je répondrais à tes questions.''
''Alors pourquoi ? Pourquoi ne t'ai-je jamais connu ? Je ne comprends pas, pourquoi veux-tu donc tellement un enfant 'parfait' que tu ais dû nous faire ça ?''
Le père Todoroki le regarda pendant plusieurs secondes, surpris mais pas outrée par la question : c'était brusque mais direct et sensé. Le garçon voulait savoir pourquoi il n'avait pas eu de père, pourquoi son désir l'avait poussé à aller aussi loin, à le blesser ainsi. L'homme grimaça mais décida de répondre.
''Je voulais dépasser All Might, c'était devenu ma seule raison de vivre. Je le veux même encore aujourd'hui, mais à l'évidence je n'y arriverais pas. C'est pourquoi je veux un fils pour le faire à ma place. J'aime, j'aimais ta mère, assez que j'ai pu ignorer le fait que tu ne sois pas parfait, pour me mettre à ton entrainement. J'ai cru que je serais assez bon pour faire de toi un grand guerrier. Je me suis fourvoyé, tout ce que j'ai fait était le mal. J'ai blessé ta mère, je t'ai blessé, tout ça pour mon désir malsain.'' Déclara-il, la gorge nouée, cerner par tous ses enfants, désireux de l'entendre. ''Je suis désolé, je n'ai pas été digne d'être appelé un héro depuis longtemps, et encore moins un père''.
Shoto, qui observait la scène avec un air dégouté, quitta la pièce immédiatement, ne pouvant plus supporter cette mascarade. Personne ne peut changer aussi vite, et encore moins cet homme. Natsuo ne bougea pas, choqué, bien qu'il ait déjà entendu son père s'excuser, ce n'était pas en étant sobre et lucide. Bien qu'il déteste l'admettre, l'homme qui était devant lui changeait, lentement mais sûrement. Il hésita pendant quelque secondes à rester dans la pièce, mais de douloureux souvenirs lui revirent en tête et il quitta la pièce quelque secondes après son frère.
Fuyumi resta, les larmes aux yeux. Elle savait que son père faisait des efforts, et elle l'encourageait, mais le voir et l'entendre était autre chose. Ce qu'il dit fut sincère, une représentation de ce qu'il est et était. Celle d'un homme atteint, qui ne vit que par ses rêves brisés, ne vivant son bonheur que par procuration.
Kenta le regarda pendant quelque secondes et sa dureté sembla flancher. Désormais il savait, désormais il pouvait pleinement comprendre les tenant et aboutissant de sa situation. Son père avait été brisé par son ambition et en avait fait payer les êtres chers, comme s'il était maudit par sa défaite. Comment serait son existence s'il avait réussi ?
Cet aveu le fit reculer d'un pas, et il cessa de fixer l'homme en face de lui, il cessa de fixer Endeavour et vit alors Enji Todoroki. Pas un héros, un homme. Le fils caché regarda sa sœur, et voyant qu'elle pleurait, il posa sa main sur son épaule il détestait voir les gens pleurer.
Les deux se captèrent du regard et elle lui sourit faiblement, comme pour lui dire que tout allait bien. Pendant ce temps, le héros pro observa la scène, mal-à-l'aise avec lui-même, mais surtout, il ne parvenait pas à saisir la réaction du jeune en face de lui. Il sembla reculer, l'effet de surprise, mais il ne pipa mot, contenant ses sentiments en lui.
Kenta avança vers son père biologique et lui sourit, un de ces sourires tristes, mais étrangement, il brillait dans ses yeux une pointe de joie. Le garçon leva la main, fixa l'homme dur pendant une seconde puis posa sa main sur son épaule.
''Fais en sorte de te faire appeler héro et père, c'est possible. Je n'oublierais pas, je ne sais pas pour les autres, mais je ne vais pas me laisser tourmenter par ma colère toute ma vie. Je te pardonne pour le mal que tu as fait, il faut aller de l'avant maintenant !''
Enji fut touché jusqu'au plus profond de son être, ce garçon à qui il avait fait tant de mal, à qui il n'avait offert rien d'autre qu'une vie dans les quartiers défavorisé parmi les bandits, le pardonnait. Todoroki n'était pas la personne qui montrait le plus ses sentiments, mais il s'autorisa à montrer sa surprise, puis sa joie. Un large sourire se dessina sur ses traits fatigués et il sembla rajeunir de plusieurs années.
''Merci mon garçon'' Dit-il gentiment en posant sa main sur son épaule, dans une rare démonstration.
Fuyumi cessa de pleurer en regardant l'échange, elle y voyait l'espoir. Tandis que le soleil déclinait et que la lune donnait un aperçu de sa présence, la faible lumière illumina la scène de dos.
''Tu restes pour le dîner ?'' Demanda le père. ''Shoto et Natsuo se joindront à nous je pense.''
Le garçon sembla hésiter. ''Non, je vais rentrer chez moi avant que la nuit ne tombe complètement. Ma mère doit m'attendre.''
''Comment va-elle ?''
Kenta le jaugea du regard, il s'attendait à cette question. ''Aussi bien qu'elle puisse aller.''
''D'accord.'' Dit-il pendant que son fils prenait son petit sac, qu'il avait au préalable posé derrière le canapé.
''Tenez'' Dit-il aux deux dernières personnes dans la pièce. Il leur tendit un papier avec une suite de numéro. ''Pour m'appeler ou m'envoyé un message. Je risque d'être occupé d'ici deux semaines, alors profitions d'ici là.''
Fuyumi leva un sourcil, au même titre que son père. ''Tu commences le lycée, c'est ça ? Tu ne nous a pas dis où.''
Le jeune homme sourit jusqu'au oreilles. ''Je vais à UA, filière héroïque.''
Cela surpris père comme fille. ''Comme Shoto… Dans quelle classe ?''
''La lettre disait 1-A, il me semble.''
Enji était fier, son fils perdu avait dû s'entraîner comme un professionnel pour arriver jusqu'à UA. C'était l'académie la plus prestigieuse d'asie, et rare était celle dans le monde à égaler sa prestance à l'international, peut-être celle de Paris et de Los Angeles avait meilleure réputation. C'était assez incroyable que deux de ses fils soient dans la même classe, dans la plus grande école super-héroïque du continent. Il s'abstint de commentaire, considérant que ce serait de trop.
Fuyumi sembla très impressionnée et contente. ''Quelle bonne nouvelle, tu seras avec Shoto à UA ! Vous pourrez faire meilleure connaissance.''
Kenta le prit bien, comme si c'était un défi à relever que de trouver le cœur froid de son frère. Il hocha la tête, arrangea ses cheveux et décida qu'il était temps d'y aller. ''A la prochaine !'' Déclara-il alors qu'il trouvait le chemin du retour bien plus rapide.
Note de l'auteur :
Salut tout le monde, qu'en avez-vous pensé ? Pas le plus facile à écrire comme chapitre ! J'ai mis un long moment pour y arriver mais je suis fier de moi ahaha. Surtout avec tout mes problèmes de pc. Bref, si ça vous a plu et que vous continuez à lire cette histoire, n'hésitez pas à m'envoyer une petite review des familles. Même si c'est une critique négative, m'en fout tant que c'est constructif
