Ce fut Kagami qui se réveilla le premier.

Avant même de chercher à connaître où il était, le muteur tigre chercha de façon frénétique ses amis du regard.

Ne trouvant rien, il se mit à hurler, à rugir de rage afin qu'on lui rende son frère et ses camarades.

Mais évidemment, il ne réussit qu'à s'épuiser sans obtenir le moindre résultat…

Alors que le tigre s'apprêtait à se remettre à hurler, la porte de l'endroit où il était retenu s'ouvrit révélant l'homme qui l'avait fait monter dans la cage lors de leur capture.

« Ah ! Te voilà réveillé, j'espère que tu n'as pas trop la nausée : c'est assez communs pour les muteurs d'être malade au réveil. » lui dit l'homme avant d'enchainer d'un ton presque avenant :

- Au fait, au cas où tu aurais oublié avec tout ce qui s'est passé, mon nom est Kiyoshi. Kiyoshi Teppei. Et je suis là pour satisfaire tes demandes en attendant que tu sois amené devants mon maitre et ses frères. Alors, y a-t-il quelque chose dont tu as envie ? À manger peut être ?

- Tatsuya.

- Hein ?

- Je veux revoir mon frère Tatsuya.

- Le guépard ? Ne t'inquiète pas : Mibuchi l'a pris en charge et il le traite avec respect.

-Tatsuya n'est pas un guépard ! Ça c'est Hayama !

- Mais…Il n'y avait pas d'autre fauve quand…

- Normal puisque Tatsuya n'est pas un fauve ! C'est le renard que vous avez blessé !

- Le …Renard ?! Oh non…

- Quoi, quoi ?! Il est arrivé quelque chose à Tatsuya ?!

- Et bien…

- Répondez ! Qu'avez-vous fait à mon frère ?!

Kiyoshi avait l'air mal à l'aise et se massait l'arrière du crane en semblant chercher ses mots.

Puis après quelques secondes le châtain s'installa près du jeune fauve et lui annonça d'une voix peinée : « Toute mes condoléance pour ton frère… C'est Makoto qui l'a pris à sa charge »

Cette simple phrase suffit à Kagami pour regretter de ne pas être coincé dans un cauchemar.

...

Un cauchemar.

Ça ne pouvait être qu'un cauchemar.

Pourtant il n'arrivait pas à se réveiller.

Il se revoyait ce jour, en ce lieu alors qu'il n'était qu'un jeune muteur de 13ans.

Dans cette partie du canyon qu'il détestait plus que tout.

Qu'il craignait plus que tout.

Au milieu de l'un des dédales de pierre il aperçu un jeune muteur aux cheveux châtains de deux ans de moins que lui.

Et son cœur rata un battement.

« Ry… ! » eu t'il juste le temps de crier avant de s'élançer vers le garçon en courant.

Le plus petit sembla l'entendre et tourna vers l'autre muteur un regard triste, presque navré.

Et l'instant d'après, le petit muteur aux cheveux châtains fut ensevelit sous un écoulement de pierre.

Tout ça, sous le regard impuissant de l'autre qui se réveilla en hurlant.

« NON ! Ry… » S'époumona Hayama en se redressant avant de se rendre compte que tout cela n'était qu'un cauchemar.

«Ou plutôt…un horrible souvenir… » Songea amèrement le blond avant qu'une voix qu'il se surprit à trouver apaisante ne s'élèvent pour s'enquérir de son état …

« Ça va aller ? Tu veux un peux d'eau ? »

Relevant les yeux, le jeune guépard tomba sur ceux d'un vert magnifique d'un homme qu'il reconnu immédiatement : le négociateur.

Mibuchi.

C'était son nom si sa mémoire ne lui faisait pas défaut.

Mais avant même que le blond ne puisse répondre quoi que se soit, les souvenir fusèrent dans son esprit : son aveu de ce qu'il ressentait pour Izuki à ce dernier qui ne l'avait pas repoussé, l'attaque par ce groupe d'étranger, leur capture « négocié » par Takao pour éviter le pire et…et…

Izuki…

Un coup de cette étrange arme qui avait émit un bruit et une odeur désagréable…puis…

Un des intrus avait…visé Izuki !

Pris de panique et de rage, Hayama muta et se jeta sur Mibuchi près à lui arracher là tête quand des cris s'élevèrent depuis une pièce voisine.

Des cris d'oiseau.

« Takao ! » s'écria mentalement le jeune fauve en reconnaissant la « voix » caractéristique du muteur faucon.

Et il allait sans dire pour le muteur guépard que, quel que soit la personne qui gardait le jeune rapace, elle allait se faire arracher yeux et boyaux au sens propre du terme.

Car les cris de Takao n'étaient pas de la peur.

Mais un concentré de haine quasi hystérique.

Soudain, les cris cessèrent au grand étonnement d'Hayama qui se demanda sérieusement comment quelqu'un avait pu faire taire le faucon si vite.

« Ils ne l'aurait pas tué quand même ?!» s'interrogea-t-il avant que Mibuchi (toujours en situation délicate) ne lui réponde comme si il connaissait la question du fauve : « il semblerait que le capitaine de première division soit intervenu… C'est une bonne chose car avec Hyuga ça aurait pu déraper très vite. Maintenant si tu veux bien me lâcher…»

« Comme si j'allais gentiment lui obé…» songea le fauve qui comptait clairement lacéré le brun avant d'être soudainement coupé dans sa réflexion quand ses yeux se posèrent sur Mibuchi.

Aussitôt, toute volonté de tuer le brun retomba.

Il se retrouvait aussi impuissant qu'un chaton devant cet étranger.

A ce stade, ça ne pouvait pas être pire ou plus humiliant.

Du moins c'est ce qu'il supposa jusqu'à ce que l'impensable se produise.

Car on connaît tous le principe : c'est toujours quand on croit que ça ne pourrais pas être pire que là vie, cette garce, vous prouve le contraire.

Hayama eu ainsi la surprise de sentir les doigts de Mibuchi bouger dans sa fourrure pour venir le gratouiller derrière là tête comme si le guépard n'avait été qu'un bon gros chat.

Et si seulement cette humiliation c'était arrêté là ! Mais non ! Il avait aussi fallut que le propre corps du fauve le trahisse puisque, instinctivement, Hayama c'était mis à ronronner…

« Putain d'instinct animal ! Putain de vie et putain de beau gosse ! » ragea-t'il intérieurement avant de se figer d'effrois en réalisant une chose tout à fait inconvenante.

Il venait mentalement de qualifier Mibuchi de « beau gosse ».

« Merde.»

...

Il était dans la panade.

Et encore il était poli.

En se réveillant, Himuro n'avait pas eu le temps de chercher Taiga et ses amis du regard que déjà un puissant coup lui fut administré dans les cotes le faisant reprendre forme humaine.

Relevant la tête vers son agresseur, il le reconnu rien qu'a sa voix.

C'était ce type, Makoto…

Cet homme devait avoir quoi 1 ? 2 ans de plus que lui ? Pas beaucoup plus.

Pourtant, il lui suffit de parler pour provoquer un sentiment de mal être chez le muteur renard.

« Alors bien dormi ? J'espère que tu en as profité car j'ai prévu quelque chose de spécial pour toi … » déclara Makoto, un sourire (qui lui donnait un air calculateur) sur les lèvres.

« Où sont Taiga et les autres ?» fut la seule chose que voulut demander Himuro mais avant que les mots ne passent ses lèvres Makoto lui expédia un nouveau coup en rajoutant : je vais te laissez « aux bons soins » d'Haizaki. Ne t'en fait pas je lui ai précisé de ne pas te tuer juste de faire ce qu'il faut pour que ta parfaite petite gueule devienne assez repoussante pour qu'aucun des seigneurs ne te choisisse. Comme ça tu resteras avec moi après l'exposition.

Sur ces derniers mots, il quittât la pièce laissant Himuro seul avec Haizaki. Ce dernier craqua ses doigts après la sortie de son supérieur et l'enfer commença pour le muteur renard…

...

Takao avait eu l'impression d'être arrivé en enfer.

Dès son réveil, le faucon avait eu la mauvaise surprise de découvrir qu'il était seul.

Ou du moins il n'était pas avec ses camarades.

Mais plus que tout, ce qui l'avait paniqué, ça avait été le souvenir de l'homme qui avait visé Izuki.

Avait-il réussi à l'atteindre ? Avait-il manqué son coup ? Takao n'en savait rien.

Et cette incertitude le tuait.

Alors que le faucon c'était mis à hurler un homme était entré.

Ce n'était pas Hyuga.

L'homme paraissait légèrement plus grand avait des cheveux sombre une peau pale et un regard perçant se devinait derrière un objet (que Takao n'avait jamais vu) reposant sur son nez.

« Donc te voilà réveillé… Je me présente je suis… » Commença l'inconnu sur un ton qui se voulait cordial.

Mais il déchanta vite quand Takao muta et se jetât sur lui en bâtant rageusement des ailes, toutes serres sorties.

Cependant l'avantage que possédait Takao ne fut que de courte durée au vue de la surprise que lui avait réservée l'inconnu….