Chapitre 2 en avance, je ne sais pas si je vais avoir le temps ce weekend finalement. Puis, mieux vaut trop tôt que trop tard !


Il ne fallut pas longtemps à Aiolia pour se faire agresser à nouveau, il ne vint pas le lendemain, bien qu'il ait reçu à nouveau des coups, mais il sembla vouloir en rendre plus, ce qui lui valut le jour d'après d'avoir une seconde séance de baston déloyale après l'entraînement, et, toujours pas en un contre un. Ce qui expliqua facilement l'état du jeune homme. Il hésita longuement avant de retourner dans l'horloge, mais il avait envie de parler à quelqu'un et personne d'autre n'aurait voulu lui parler, alors il y retourna, puis si curieux qu'il était, il avait envie d'en savoir plus au sujet de cette personne bizarre qui était gentille.

Une fois à l'intérieur de l'horloge, il avança doucement, déjà plus en confiance avec le bâtiment.

- Hey…! Y'a quelqu'un ?

Il attendit un petit instant, puis il entendit quelque chose tomber à pieds joints sur les mezzanines.

- J'arrive.

Lança la voix de l'homme de la dernière fois. Aiolia sourit, il n'avait pas menti, il était bien là… Il eut peur toutefois, que ce soit un piège et que plusieurs personnes l'attendent pour le frapper. Alors, avec l'aide de son cosmos, il sentit les présences, il n'y en avait que deux, la sienne, et celle de l'inconnu. Ouf...

Une fois rassurer, il laissa l'homme approcher sans crainte.

- Alors ? On t'a fait des misères ou tu avais juste envie de discuter ?

- Des misères…

Avoua Aiolia avec un peu moins de honte que la première fois.

- Qui t'a fait des misères ?

- Les mêmes que la dernière fois.

- "Les" mêmes ? Eh bah mon pauvre… Viens t'asseoir, tu dois avoir mal partout, on peut s'asseoir par là, suis ma voix.

Il avança doucement et répéta plusieurs fois de le suivre pour qu'il sache où aller, Aiolia sauta sur l'occasion, il avait mal dans ses deux jambes à force d'être debout et de se prendre des coups. Une fois assis tous les deux, gardant 80 cm de distance de peur que l'inconnu ne fasse du mal au lion, ils commencèrent à parler.

- Tu es beaucoup blessé ?

- Pas tant que ça, j'ai connu pire.

- Mais qu'est-ce que tu leur as fait pour qu'ils t'en veuillent à ce point ?

- Ben…

Aiolia n'avait pas d'explication, c'était comme ça, c'est tout.

- Je ne sais pas. C'est parce que je suis moi, je suppose que personne ne m'aime.

- Mais… pourquoi ils ne t'aiment pas ?

Shura lui, ne comprenait pas. Il n'était pas sympathique et avait peu d'amis, mais il savait bien pourquoi. Si on veut, on peut, c'était sa devise.

- C'est comme ça.

- Tout le sanctuaire entier ne peut pas te détester quand même ?

- Si. Tous, sans exception.

Aiolia avait peur qu'il finisse par deviner qui il était, et qu'il cesse de lui parler pour de bon.

- Mais…! Pourquoi ?! Tu as fait quoi pour que tout le monde te déteste à la fin !?

- Moi je n'ai rien fait de mal… C'est ma famille qui a fauté, et maintenant, je paie pour eux. Si on peut dire...

Dis assez vaguement le lion pour ne pas que son interlocuteur comprenne. Shura hocha la tête. Comprenant plus ou moins ce qu'il venait de lui dire.

- Je vois… Tu ne peux pas leur expliquer que tu n'es pas eux et que tu n'as pas à subir à leurs places, je suppose, sinon tu l'aurais déjà fait ?

- Ils ne peuvent plus payer, ils sont morts.

- Oh...

Un petit blanc s'installa au milieu de l'obscurité de la pièce, Shura ne savait pas quoi dire, et Aiolia stressait qu'on découvre qui il était. Le capricorne hésita longuement avant d'ouvrir la bouche et de prononcer ses mots, un peu gêner, mais bon, un enfant qui nous annonce ses malheurs et que toute sa famille est décédée… c'est particulier comme cas. Et cela a même touché le coeur de Shura.

- Est-ce que… tu veux un calin ?

Le coeur du lion rata un bond et se mit à battre plus vite, stressant, sentant plein de choses parcourir son corps. Un calin ? Comment ça un calin ? À lui ? On le lui proposait ? Au frère du traître? Vraiment ?

Il ne savait pas quoi répondre, et son esprit hésitait à dire oui tant c'était surréaliste. Il avait l'impression de faire un rêve, un rêve qu'il n'avait pas le droit de faire. C'était si prétentieux de sa part… Que quelqu'un comme ça, veuille être gentil avec lui.

- Hey ?! Tu me réponds plus à nouveau ?

- Je heu… Désolé… Mais je crois que c'est la première fois qu'on me propose ça. Et… ça ne serait pas correct de dire oui si tu savais qui j'étais, car tu ne voudrais plus m'en faire un…

Aiolia regrettait déjà de ne pas avoir dit oui. Si ça se trouve il venait vraiment de dissuadé l'inconnu et il lui dirait que c'était idiot, parce que… C'était idiot.

- On ne t'a jamais fait de câlins ? De toute ta vie ? Ou c'est seulement la première fois qu'on te propose ça à l'oral ?

- Je crois que… le dernier câlin que j'ai reçu… remonte à plus de dix ans…

Shura fut choqué, lui même n'aimait pas trop les rapprochements physiques, d'ailleurs les calins eux-mêmes il était loin d'être fan, mais là… Dix ans sans calins, sans un mot gentil, pour un ado, c'est compliqué.

- Tu me dis si je touche une blessure, hein ?

Calmement, Shura se tourna et prit le plus lentement possible le lion dans ses bras, resserrant tout doucement son étreinte pour qu'elle soit rassurante. Sans rien dire, sans ajouter quoi que ce soit, il posa sa tête sur celle plus basse sans trop appuyer nulle part, juste un calin, pour un enfant en manque d'affection.

Longuement, le contact dura, et Aiolia revit une expérience qu'il pensait oubliée. C'était chaud, c'était réconfortant, c'était rassurant, c'était… si bien. Aiolia leva le visage, sentant le cou chaud de l'inconnu contre son nez, doucement, il sentit les larmes couler sur son visage, descendre ses joues et se loger jusqu'à son t-shirt. Un simple câlin l'avait fait pleurer, pensa Shura quand il remarqua que le jeune homme tremblotait. Mais pour lui, ce n'était pas un "simple" câlin, c'était tellement plus, c'était quand même un "Câlin", un vrai de vrai, avec une autre personne et pas son oreiller, son doudou, ou le frère imaginaire qu'il avait eu à la mort de son vrai frère. C'était un calin. Avec quelqu'un. Il pouvait se laisser aller, et ne pas se sentir seul, pour la première fois depuis… Que sa vie de frère du traître avait commencée. Le premier câlin de sa vie. Oui… C'était ça.

Un tourbillon de sentiments étreignit son coeur, sentant des bons souvenirs aimants du passé ressurgir. Retrouvant un peu d'amour, bien que cet inconnu ne devait pas l'aimer plus que ça d'ailleurs. Mais ce qu'il avait fait pour lui… Comment l'oublier après ça ? Comment ?

Shura desserra ses bras, voulant se retirer, mais Aiolia l'agrippa et le sera à nouveau à lui, alors le capricorne suivit, et le serra encore.

Pour être honnête, Aiolia avait mal, mal car il appuyait sur ses blessures, mais peut importe où il le toucherait, ça ferait mal quand même. Il ne dit rien, il ne voulait pas que ça cesse.

- Est-ce que ça va mieux mon garçon ?

Aiolia gloussa.

- On dirait que t'es mon père quand tu dis ça.

- Ah... Ah bon ? Pardon.

- C'était rigolo.

Shura se défit de l'étreinte du lion, il avait mal au dos penché comme ça et Aiolia le lâcha à regret. Ça avait fait plaisir au plus vieux d'entendre autre chose que des pleurs et des gémissements de la part de l'enfant.

- Je suis pas assez vieux pour être ton père de toute façon.

- Ben ça dépend, t'as quel âge ?

- Vingt ans.

- Houaaaa ! Je n'aurais pas diiit !

Shura fronça les sourcils.

- Comment ça ? T'aurais dit quoi ?

- Humm… Je sais pas… Quarante !

- Qua-..! Mais je n'ai pas quarante ans bordel de merde ! Je fais si vieux ?!

- Ben physiquement je sais pas… Mais la voix et l'air moralisateur, ouais.

- Ben j'ai une voix… d'adulte quoi. Pas d'enfant comme toi, j'ai mué.

- Et l'air moralisateur.

- Là je n'ai aucune excuse.

Aiolia sourit, et cela le surprit aussitôt. Ça n'était pas arrivé depuis quand ça aussi ? De sourire ? Le simple fait de savoir qu'il avait souri le fit sourire davantage. Soudain, Aiolia sursauta, et sentit une main dans le haut de son dos le frotter doucement.

- Ca a l'air d'aller mieux toi non ? Tu sembles plus détendu.

- Ça… Veut dire que maintenant que je vais bien, je dois partir ?

- Non, du tout, reste. Même si on a arrangé ton moral, le corps ce n'est pas ça. Mais tant que tu ne voudras pas de lumière, je ne pourrais pas te soigner tes blessures.

- Je… Pourrais revenir te voir même si on ne me tape pas dessus ?

- J'ai bien peur que si je te disais non, tu ailles te faire frapper exprès, alors oui, tu peux revenir.

- Un peu plus un peu moins…

- Non ! Ne dis pas ça imbécile. Jamais il ne faut abandonner, et s'ils te frappent tu rends les coups, au minimum, ça leurs passeras l'envie de recommencer.

- Non… Au contraire… C'est parce qu'avant on me tabassait à l'entraînement, maintenant que je me défends un peu dans l'arène, on me tabasse à plusieurs après… Je sais pas si rendre les coups c'est vraiment une bonne idée.

- Ça l'est toujours. Tu crois que le destin du faible c'est de le rester ? Non. Même si c'est dur, même si tu n'y arrives pas, il faut le faire. On est chevalier d'Athéna non ?

- Toi aussi tu as une armure ?

- Oui. Je sais bien ce que c'est comme fardeau. Il faut toujours se battre petit. Toujours.

- Et voilà le moralisateur revient !

- Ohhhh !

Fit Shura faussement indigner. Ils discutèrent de longues longues minutes, puis Aiolia vit une toute petite lumière s'allumer. C'était les quelques leds d'une montre qui pointait en vert.

- Il est l'heure que je rentre, je suis de patrouille ce soir. Ça va aller pour toi ?

- Oui. Je vais rentrer aussi… J'ai… Bien aimé discuter avec toi.

- Moi aussi. Ça m'a occupé.

- On… pourrait recommencer ?

Demanda gêner Aiolia, entendant l'inconnu se lever.

- Bien sûr. Quand tu veux. Je suis là tous les soirs au coucher du soleil, après mon entraînement.

Aiolia sourit et se leva entendant l'inconnu monter les marches de la mezzanine.

- Je peux savoir ton nom ?

- Le jour où tu me donneras le tient.

Il s'en alla comme ça, et Aiolia sourit tout bêtement, seul, dans l'horloge. Avait-il… un ami ?

Ca y ressemblait bien.


Déjà finit, je voulais faire des chapitres courts, mais manifestement le découpage c'est pas mon truc X'D
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez penser, ça me fait progresser.