Plusieurs semaines avaient passé depuis cette nuit là. Et Aiolia venait tous les soirs voir Shura, qui lui, prenait soin de passer tous les jours à l'horloge. Régulièrement Aiolia s'éclipsait de son temple la nuit pour revenir dormir avec Shura.

Il lui avait demandé s'il ne pouvait pas juste aller chez lui, mais Shura prétexta d'avoir honte de son petit appartement de silver, que ça ne serait pas le luxe de la maison d'Aiolia, mais comme il insistait, il lui rappela qu'il y avait des chances qu'ils se voient en vrais.

Un fils du temps qui passait Aiolia avait de plus en plus confiance en Shura et l'excuse de la lumière, n'était plus vraiment une excuse pour lui. Au contraire, il commençait à avoir vraiment très envie de voir son inconnu, et bien qu'il ne semblait pas le remarquer, le lien d'amitié qu'il avait tissé n'était plus que du besoin, mais du désir. Il voulait le voir, tout le temps. Et juste l'horloge commençait à ne plus lui suffire.

Shura lui avait du mal, beaucoup de mal, il mourrait d'envie de revoir Aiolia, mais il en appréhendait chaque visite. Il lui mentait. Tous les jours. Et bien que cela était dans l'intérêt du lion, il sentait que la situation glissait dangereusement. Lui mentir pour l'aider avait marché, en quelques semaines, il avait grandit, avait arrêté de se faire violenter aussi souvent, et luttait sans relâche, après chaque bataille il revenait vers Shura était consoler et remotivé.

Mais il devenait prisonnier de son propre mensonge, il aimerait arrêter de mentir, mais comment ?

- Je suis là !

Dis une petite voix qui avait tendance à partir dans les aigus ces temps-ci.

- Je descends !

Il sauta sur les matelas, et il entendit quelques pas dans les tissus puis sentit une petite bombe se heurter rapidement contre lui. Il tomba en arrière et rit de bon cœur.

- Tu es pressé de me voir dis donc ?

- Comme toujours ! Aujourd'hui ! Ils m'ont embêté, et je suis resté debout, ils ont fini par abandonner !

Ça ne paraissait pas être grand-chose, mais pour Aiolia. C'était un grand pas en avant.

- Vraiment ! Je suis fier de toi !

Il lui caressa la tête doucement, très fier de son élève. Mais Shura ne sembla pas vraiment comprendre quelque chose d'important qui changeait chez lui.

- Arrête de me caresser la tête comme ça. Je ne suis pas un petit chien.

- Et tu voudrais que je te récompense comment ?

- Tu sais bien.

- Ah non… Je ne sais pas là?

Shura se redressa pour montrer qu'il était sérieux.

- Tu te souviens quand tu m'as dit que quand je serais suffisamment fort, je pourrais essayer de me trouver une copine ?

- Oui.

- Et bien c'est ça que je veux.

- Ça quoi ? Tu veux qu'on te trouve une petite amie ?

- Non, pas du tout, enfin, pas tout de suite… Je voudrais juste un baiser.

- Ben il faut qu'on trouve une petite amie avant. Y'a quelqu'un qui te plaît ?

- Bien sûr.

- Alors ?

- Rousse. Chevalier d'argent. Ça te rappelle quelqu'un ?

Shura ne percuta absolument pas. Sachant bien qu'il avait les cheveux noirs et était chevalier d'or. Ça ne pouvait pas être lui dont il parlait, ne se souvenant même plus de son mensonge initial.

- La chevalière de l'aigle ? Elle est plutôt mignonne, c'est vrai. Tu es sûre de toi ?

Aiolia eut du mal à comprendre l'ironie de Shura. Ça voulait dire que son inconnu était chevalier d'argent de l'aigle ? Ou qu'il y en avait vraiment une autre ? Il ne comprenait pas.

- Heu… Oui. Sûre.

- Bon, bah on verra ça la prochaine fois ?

- Promis ?

- Promis.

Shura fit un sourire et caressa le haut de la tête du lion qui grogna un peu. Le capricorne comptait bien aller parler avant le lendemain soir à la jeune Marine de l'aigle. Qui, dans son souvenir, était rousse.

- Bon sinon petit, quel cadeau tu voudras quand tu arriveras à mettre la pâté aux mecs qui te tabasse, et à mains nues ?

- On pourra voir ce jour-là ? Dit ? Si j'ai mon baiser je ne saurais pas quoi demander de plus.

- D'accord. Mais je sens que la date se rapproche.

- Moi aussi. Puis je t'ai pas dit, mais j'ai pris presque 15 Kilos ces deux derniers mois !

- Nan ?!

- Si ! Je me suis pesé ce matin.

Shura passa sa main sur le ventre d'Aiolia, se demandant s'il ne c'était pas juste gavé de sucreries pour faire passer son début de dépression. Mais il fut impressionné de voir que son ventre était plat, dur, et même, franchement musclé. Il tâta ensuite les bras, pas de graisses non plus.

- T'as pris des kilos de muscles en fait ! On dirait le chevalier du taureau !

- Non c'est pas grand-chose… Vu que j'étais tout maigre et tout petit, j'ai juste grandit et prit un peu de muscle, il était temps, j'ai l'air déjà moins chétif.

- Tant mieux. Je suis sûre que ça va plaire ça.

Il ne le vit pas, mais Aiolia devina le clin d'œil de son ami.

- On dort ensemble ce soir ?

- Je sais pas, je préfère qu'on dorme ensemble demain a vrais dire.

- Ah ? Pourquoi pas ce soir ?

- Je sais pas, j'ai envie que ce soit demain, et j'ai peur que ça fasse trop pour toi deux soirs de suite. Puis, j'ai envie d'attendre mon baiser de demain pour dormir avec toi.

- Bon d'accord. Demain soir alors.

- Super.

Aiolia se blottis contre lui, et Shura lui raconta sa journée à son tour, il le félicita à nouveau pour son combat. Il ne lui dit pas, mais il était presque pressé qu'on l'agresse à nouveau pour savoir s'il était capable de se défendre ou toujours pas.

Le lendemain matin, Shura se leva tôt, et passa aux arènes des femmes chevalières. Il demanda à la jeune fille qui gardait les arènes s'il pouvait parler à Marine. Elle lui dit de ne pas bouger et qu'elle allait la chercher, Shura resta dos aux arènes, essayant d'être respectueux de l'intimité de ses demoiselles, et mine de rien, un peu gêner de faire une telle de demande, encore moins pas en son nom propre.

- C'est pour quoi ?

Demanda une voix timide, mais sûre d'elle.

- Bonjour, je viens de la part d'un ami a moi, je sais que c'est un petit peu bizarre…

Il se gratta la tête rouge de gène.

- Je lui ai demandé avec qui il voulait sortir et il m'a répondu avec vous. Je ne vous demande pas d'accepter arbitrairement. Mais… J'aimerais bien que vous preniez le temps de lui parler un peu et de le connaître. Si ça ne vous dérange pas…

La jeune fille sourit derrière son masque, ce qui s'entendait dans sa voix.

- Vous êtes sûre que ce n'est pas de vous dont il s'agit ? Vous me semblez bien gêner monsieur le chevalier d'or.

- Ben… Je suis pas très doué pour ça, et j'ai promis de l'aider du mieux possible.

- Pourquoi ne vient-il pas lui même ?

- Il s'agit d'Aiolia du lion… Comme beaucoup de gens ont de l'amertume envers lui, il pensait que jamais vous n'accepteriez et que ce n'était même pas la peine de demander. Shura haussa les épaules, ne sachant quoi ajouter.

- Et donc… Vous, Shura, vous jouez l'entremetteur pour Aiolia ? J'ai du mal à y croire. Vous ne lui tendez tout de même pas un piège ?

- J'ai peut-être la réputation de traîner avec Deathmask, mais je ne suis pas lui.

- Je vous propose quelque chose. Je vais passer chez lui, la prochaine fois que je monterai voir le temple du Pope, je passerais chez lui pour lui parler. Pas de piège possible, je ne promets rien à l'avance, j'y vais pour discuter. C'est entendu ?

- C'est bien plus qu'il n'espérait. Je vous remercie infiniment. Et… s'il vous plaît… Ne lui dites pas que c'est moi qui suis venu vous voir… Juste… Que l'initiative vienne de vous… Je préférerais rester dans l'ombre.

- Le héros du sanctuaire qui souhaite rester dans l'ombre ?

Shura commença à partir.

- Ne m'appelez pas comme ça… S'il vous plaît.

- D'accord.

Marine n'avait pas compris grand-chose, à part qu'elle avait sûrement une touche avec le chevalier d'or du lion, qui lui paraissait plutôt lâche sur le moment. Mais elle irait le voir, on lui avait demander gentiment et poliment sans la rabaisser à son statut de femme chevalier. Alors elle irait.