Shura était embêté, Marine lui avait dit qu'elle passerait voir Aiolia, mais elle n'avait absolument pas donné de date ou d'heure, alors qu'est-ce qu'il pourrait dire à Aiolia lorsqu'il viendrait. Et si jamais ça se passait mal ? Aiolia serait à nouveau anéanti et il faudrait tout recommencer depuis le début. S'il était encore possible de recommencer…

- Bonsoir ! Dit une petite voix fluette venant d'en bas.

- Bonsoir.

Shura leva la tête et partit accueillir Aiolia, marchant, pas très sûre de lui, un jour de plus à cause du poids de son mensonge.

- Alors ?! C'est tout bon pour mon baiser ?

- Disons que c'est en bonne voie, elle…

Avant que Shura ait le temps de finir sa phrase, il se fit tirer légèrement en avant par le col.

.

.

Et sans qu'il comprenne quoi que ce soit.

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Il se fit embrasser.


Shura écarquilla les yeux, ne voyant rien d'ailleurs, ne sachant vraiment si c'était ce qu'il pensait qui se collait contre ses lèvres. Et que ça arrivait réellement. Il ne bougea pas et attendit qu'Aiolia se retire, et les bras coincés le long du corps dans un câlin presque forcé. Le capricorne ne comprenait plus rien.

- Mais… qu'est-ce que..;?

- Merci !

Le lion semblait plus que ravi. Et était tout heureux, comme si tout allait parfaitement bien. Shura resta interdit face à ce qu'il venait de se passer pendant un long instant puis explosa.

- Mais pourquoi tu as fait ça ?!

S'énerva le capricorne d'un coup.

- Ben… Tu as dit que c'était bon hier ? Tu avais même promis, tu sais ?

- J'ai promis de t'aider à trouver une copine, pas à être moi même ta copine !

- Mais quoi ? A quoi tu as pensé quand je t'ai dit chevalier d'argent, roux ?! Enfin ?! J'en connais pas cent cinquante !

- Tu as dit chevalière ! .Lière. Alors j'ai été voir Marine de l'aigle pour toi ! Elle est rousse et chevalière d'argent ! Et c'est une fille, elle !

- Mais qu'est-ce que je m'en fiche que ça soit une fille ou un garçon ! T'es le seul qui veut de moi ! Pourquoi je voudrais d'une nana que je ne connais pas ?!

- Ben j'en sais rien c'est toi qui m'as dit ça ! Mets toi à ma place !

Shura se calma quand il entendit les sanglots commencer chez son ami. Il inspira silencieusement et ferma les yeux. Il lui caressa la tête doucement.

- C'est pas grave, je suis désolé, je n'aurais pas dû te crier dessus. On s'est mal compris. Ca peut arriver.

- Et maintenant tu vas plus vouloir me voir… Parce que j'ai fait ça et que je suis bizarre.

- Mais non. Tu n'es pas bizarre et je ne t'en veux pas… C'est moi qui n'ai pas du tout compris. Pardon.

Aiolia le sera plus fort. Continuant de pleurer. Le capricorne se sentait mal, à cause de son mensonge toujours… Il avait dit ça en l'air il y a longtemps, et ne s'en souvenait plus. Il n'avait pas vu l'évidence de ce qu'avait dit Aiolia, car il avait menti, et n'était ni chevalier d'argent, ni roux, et l'avais complètement oublié.

- Je suis désolé petit… dès fois, je te vois encore comme un enfant, et d'autres fois tu es tellement mature, je n'arrive jamais à savoir quand tu es sérieux sur certains sujets. Et je ne pensais pas que je pouvais t'intéresser.

- Bien sûr que tu m'intéresses.

- Non, mais je veux dire que je t'intéresse comme ça…

Aiolia attendit un long moment puis se lança à demander.

- Dis-moi…

- Moi.

Aiolia tiqua.

- Oui, tu voulais ?

- Est-ce que… enfin… Si ce n'est pas trop te demander ...tu voudrais bien -

Shura devina immédiatement de quoi il était question, et lui coupa la parole.

- Non. Désolé. Je suis ton ami. J'essaye de te paterner. Je ne peux pas faire ce genre de chose avec toi en étant dans cet optique, ça serait bizarre. T'en fais pas… Tu trouveras quelqu'un fait pour toi.

Le lion ne dit rien, et Shura sentait qu'il ravalait son gros chagrin très difficilement. S'il avait su qu'il en serait la cause finalement… Ils partirent s'allonger l'un contre l'autre, mais pour Shura, tout avait changé. Ce n'était plus qu'un simple câlin innocent comme avant. Ou il caressait son dos sans crainte. Là, c'est à peine s'il osait bouger, il n'osait plus coller tout son corps contre le jeune homme tout comme avant. D'ailleurs, ce n'était plus un petit garçon, c'était un jeune homme. Et toutes leurs relations prenaient une direction étrange à partir de ce fait là. Le capricorne ne savait vraiment plus sur quel pied danser. Il avait peur aussi que ses câlins et ses intentions soient mal interprétés, et ainsi lui donner de faux espoirs.

Un simple baiser, qui renversait tout.

L'ambiance était tendue, et même Aiolia sentait que ça ne se passait pas bien et décida de se relever.

- Je vais rentrer chez moi. Je voulais dormir avec toi, mais là tant pis. J'ai tout gâché. Désolé.

- Non, non... Tu n'as rien gâché du tout.

- Tu n'oses plus me toucher, tu ne me parles plus. Ça ne va pas. Pour une fois, c'est moi qui vais te le dire, mais regarde les choses en face. Ce soir… Ça ne fonctionne plus.

- J'ai peur que si tu pars, tu ne reviennes plus.

- J'ai peur que si je reviens ça ne se passe plus jamais bien.

Ils regardèrent chacun vers le bas.

- Alors qu'est-ce que tu veux faire ? Ne plus jamais revenir pour garder le souvenir ? Ou tu veux te battre pour garder nos moments ?

- Un très très vieux sage tel que toi m'a dit de toujours me battre et de ne jamais abandonner.

- Alors tu reviens demain ?

- Je reviendrai la prochaine fois que je me battrai comme avant. Et que je gagnerais. Je veux que tu sois fier de moi.

- Je suis déjà fier de toi.

- Non. J'aimerais te prouver que je suis suffisamment fort. Et que je n'ai plus besoin que tu te conduises comme mon père. Et espérer qu'un jour tu m'aimes. Que tu m'aimes comme je suis. Frère d'un traître ou pas.

- Je ne t'ai jamais considéré comme tel.

- Ce jour-là, je te dirais mon nom, quand je n'aurais plus peur que tu partes.

- Arrête de dire tout ça.

Shura fermait les yeux, qu'est-ce que le lion pouvait être stupide et niais ! Et lui il était ridicule à lui cacher tout ça.

- Mais je.

Il prit une grande inspiration, et lui avoua.

- Je sais qui tu es Aiolia. ...Depuis longtemps.

Le lion sentit son coeur rater un battement, il l'avait appelé par son prénom. Il savait. Il savait ! Il savait… Et pourtant il était toujours là ? Et s'il savait depuis plus longtemps, ça voulait dire qu'il l'acceptait...depuis longtemps ? Qu'il n'avait plus à se cacher ?! Aiolia mit un certain temps avant de se calmer et de demander, le coeur battant si fort qu'il sentait ses pulsations dans ses tempes au point que s'en était douloureux.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- Pour ne pas que tu fuies, et pour ne pas que je te dise mon nom.

- Mais, pourquoi ?

- Tu ne t'es jamais dit… Que si toi aussi tu découvrais mon identité, tu me détesterais?

- Non. Jamais. Comment je pourrais te détester ?

- Moi je sais que tu ne m'aimeras plus. Et c'est égoïste, mais je veux continuer de te voir. Quitte à ne rien te dire.

Shura caressa le front et la naissance des cheveux du lion qui ne cessait de trembler comme une feuille depuis que son prénom avait été prononcé.

- Hey… Calme-toi, tout va bien.

- Je.. J'ai du mal là… J'y arrive pas...

- Viens avec moi.

Il le prit par la main et le tira jusqu'en haut des mezzanines, là, il disposa Aiolia devant lui le dos contre son torse. Et fit quelque chose jusqu'à lors interdit.

Il ouvrit la trappe, et laissa entrer la lumière.

Il dit à Aiolia de monter, mais il tremblait trop pour le faire, trop parce qu'il savait que son inconnu allait le voir. Shura posa ses mains sur ses bras et frotta doucement.

- Ça va aller. Je sais qui tu es. Et ça ne me dérange pas.

Il l'incita à monter l'échelle et Aiolia s'exécuta tant bien que mal.

- Monte et va quelques mètres devant, attention à ne pas tomber.

Shura suivit juste en dessous, il fit attention et fit vite pour rattraper Aiolia avant qu'il ne se retourne par mégarde ou autre raison et lui fit un câlin, le bloquant dos à lui pour ne pas qu'il le voie.

Une fois pris dans ses bras, il les fit s'asseoir. Shura posa ses jambes de part et d'autre d'Aiolia assis et le serra contre lui, regardant le coucher de soleil que le brun admirait tant.

- Avant que tu ne viennes me voir, je venais juste pour voir ça.

- C'est joli.

Aiolia était mal à l'aise et terriblement bien à la fois. Il voyait quelque chose, les bras de son inconnu autour de lui. Ses jambes aussi, il était là, juste derrière lui. Et c'est la première fois qu'il le voyait pour de vrai. Qu'il voyait vraiment son corps.

- Tu sais… Parfois… Je me disais que j'étais fou, et que t'étais p-t-être pas vraiment là.

- Si si. J'existe. Je suis bel et bien là. N'en doute jamais.

- J'en douterais toujours, je crois. C'est surréaliste.

Aiolia poussa un soupir de bien-être et sentit la tête de l'inconnu se poser sur son épaule. Juste à côté de son visage. Il n'aurait qu'à tourner la tête, et il le verrait. Mais il respecta leur règle, celle de ne pas se voir, et n'en fit rien.

- Et du coup… Qu'a répondu la femme chevalier ?

- Elle a dit qu'elle passerait te voir.

- Et si ça ne marche pas avec elle ?

- On trouvera quelqu'un d'autre.

- … D'accord.

- Reviens demain. C'est tout ce que je veux.

- Oui…

- Ne sois pas triste, tu ne peux pas m'en vouloir d'avoir dit non.

- Je sais.

Après le coucher du soleil, Aiolia redescendit et Shura suivit. À nouveau dans l'horloge, ils se firent un dernier câlin, dans le noir complet et Aiolia partis. Ne pensant hélas, pas revenir le lendemain. C'était une fin si parfaite… Il ne voulait pas gâcher ses beaux souvenirs avec de nouvelles déceptions.


Voilà, j'aime pas la fin de ce chapitre, ça serait mentir que de dire "ce n'est pas moi qui décide" mais pardonnez moi, j'aime le drama !

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